LES LIVRES FORMANT L'ÉCRITURE SAINTE
les livres qui en font partie et qui sont en conséquence divinement inspirés?
Nous répondons: ce sont les livres reconnus comme inspirés par l'Eglise, gardienne de la révélation divine ou dépôt de la foi, et qui possède évidemment, comme telle, le droit d'en juger. C'est donc l'Eglise qu'il faut écouter ici.
Le saint Concile de Trente passe en revue le canon des Livres saints, les énumérant chacun par le nom sous lequel ils étaient ordinairement désignés. Mais le contenu de chacun de ces livres n'était pas défini par cette nomenclature et ne pouvait l'être à moins de les transcrire tous intégralement. Le livre des Psaumes que le Concile définit de plus près en l'appelant : le Psautier de David de cent et cinquante psaumes fait exception dans une certaine mesure.
Cependant les pseudo-réformateurs rejetaient, comme ne faisant pas partie de l'Ecriture, des passages de quelques-uns des livres énumérés par le Concile ; c'est pourquoi celui-ci a trouvé bon de dire qu'il entendait désigner les livres susdits intégralement et avec toutes leurs parties.
Mais encore comment peut-on reconnaître l'intégrité de chacun de ces livres en particulier? Le Concile indique deux moyens: 1° l'usage commun de ces livres dans l'Eglise catholique « prout in ecclesia catholica legi consueverunt » ; 2° (ce moyen est propre surtout à l'Eglise latine) « et tels qu'ils sont contenus dans 'l'édition ancienne de la Vulgate latine. »
Ces deux moyens ne sont pas adéquatement
368 MÉDITATIONS THÉOLOGIQUES IIIe PARTIE
distincts, comme nous le verrons plus loin; aussi le Concile ne dit pas : ou comme on les trouve dans la Vulgate ancienne, mais : et comme on les trouve dans la Vulgate.
Le S1 Synode établit ensuite et déclare que de toutes les éditions latines c'est cette même édition Vulgate qui doit être considérée comme la version authentique à l'effet d'être employée dans les controverses publiques, dans les prédications, etc.
1 1 . Il nous paraît opportun de signaler ici certaines conséquences que les théologiens ont tirées de cette définition. Les unes sont légitimes, les autres ne le sont pas.
Et tout d'abord, le Concile a-t-il défini quelque chose par rapport à l'identité des auteurs humains auxquels ces livres doivent être attribués, parce qu'en les énumérant il dit : les cinq livres de Moïse, le Psautier de David, les quatorze Epîtres de S1 Paul, etc?
Faut-il croire comme étant de foi que les cinq premiers livres de la Bible, et ces livres tout entiers ont Moïse pour auteur? Que les quatorze Epîtres attribuées à S1 Paul sont réellement de lui? Le Concile n'a pas entendu le définir et il n'ignorait pas que dans le Psautier tous les psaumes ne sont pas de David. A-t-il voulu affirmer que le Pentateuque entier, le livre de Daniel, tels que nous les lisons, sont respectivement de ces seuls et uniques auteurs ? Eu égard au but du Concile, il ne faut pas regarder la définition comme visant les auteurs humains de ces livres.
Plusieurs questions se présentent au sujet de