‹ Méditations théologiquesChapitre 46 sur 50 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Comment le Fils de Dieu a préparé, dès son incarnation, et ensuite accompli l'œuvre de la rédemption; et comment il a, en même temps, constitué son Eglise pour transmettre les fruits de cette rédemption à tous les hommes.

194. Au début de la troisième partie des « Méditations théologiques », nous avons placé quelques Préliminaires et une Introduction, qu'on fera bien de rtlireici. Ensuite, dans cinq chapitres consécutifs, nous avons montré le gouvernement de la Providence, dirigeant tous les événements vers le Rédempteur promis. A présent, dans ce sixième chapitre complémentaire, nous voulons démontrer comment le Sauveur lui même a exécuté le plan divin de la rédemption du monde.

Il l'a fait : l°en préparant, dès son incarnation, l'œuvre de la rédemption, faisant converger tous les événements vers le but de se faire connaître et reconnaître, par la foi, comme le Messie promis, par les hommes sincères, simples et bons, tandis que les princes des prêtres, les scribes et pharisiens, tous les orgueilleux et fourbes, le rejetteraient et deviendraient ses persécuteurs, les instruments du démon pour le conduire à sa passion et sa mort.

2° Dans sa vie publique, il continue sa mission pour ce même but, et il prépare d'une manière plus

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prochaine sa passion et son sacrifice sanglant, par lequel il rachètera le monde, contre l'attente du démon. Celui-ci en livrant le Sauveur à la mort, deviendra, à son insu et malgré lui, l'instrument de sa propre ruine et confusion et du salut des hommes.

3° Au moment choisi par lui et librement décrété de toute éternité, sans violenter la liberté de ses créatures, le Rédempteur se fera conduire au supplice, qui sera pour lui le sacrifice en expiation des péchés du monde. Ensuite il ressuscitera glorieux, conversera encore pendant quelque temps avec ses Apôtres pour achever son œuvre, en vue de l'application de ses mérites aux hommes jusqu'à la fin des siècles ; enfin il montera au ciel pour être assis à la droite de son Père, comme chef des Anges et des hommes élus, restaurateur de l'ordre troublé par le péché mais glorieusement et définitivement rétabli dans la cité céleste et éternelle.

4° Cette transmission et application des fruits de la rédemption à tous les hommes, le Christ l'eut en vue pendant toute sa vie sur cette terre. Car, de même que tous ceux qui furent sauvés avant sa venue le furent en vertu de ses mérites futurs ; ainsi ses exemples, sa doctrine, les nouveaux moyens de salut institués par lui étaient destinés, non à ses contemporains seuls, mais encore à toutes les générations futures jusqu'à la fin des siècles. Tout ce que le Christ a fait en vue de l'application future de ses mérites peut se résumer en un seul fait, la fondation de son Eglise, qui en realité transmet à tous les hommes ses exemples et

sa doctrine, et tous les moyens de sanctification qu'il a institués.

Nous divisons donc ce chapitre en quatre articles : le premier sera consacré à la vie cachée du Sauveur ; le deuxième, à sa vie publique ; le troisième, à sa passion et sa mort, et à sa glorification ; le quatrième, spécialement à son Eglise. Le tout sera brièvement résumé, en supposant le récit evangélique connu.

Article ï

Comment le Fils de Dieu commença sa mission rédemptrice dès son incarnation et pendant sa vie cachée.

195. Quand la plénitude des temps fut venue, le Messie apparut. La plénitude des temps, c'est le moment prédéfini de toute éternité par la Providence, et préparé par son action depuis l'instant même de la chute de l'homme et de la promesse du Rédempteur : préparation providentielle du monde matériel et du monde moral ; préparation spéciale du peuple élu, dont le Sauveur devait naître, mais aussi, dans une certaine mesure et d'une façon différente, des peuples de la gentilité.

A l'avènement du Sauveur, le monde connu était tout entier réuni sous le même sceptre des empereurs romains ; les grandes routes romaines le sillonnaient en tous sens ; une même langue, la langue grecque commune (xoiyr,), était devenue de fait commune aux juifs de la diaspore ou dispersion, et aux gentils, grecs et romains : l'Italie méridionale et fa Sicile étaient devenues la grande*

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Grèce, et les lettrés, au cœur même de l'empire, à Rome, voire même le peuple, se servaient volontiers de la langue grecque. Tout cela, sous l'action de la Providence, avait pour but de faciliter la propagation de l'Evangile par la prédication des Apôtres et par leurs écrits inspirés.

Pour ce qui est de la préparation morale, le peuple élu en avait été l'objet constant et d'une façon toute spéciale à travers les siècles, comme nous l'avons expliqué longuement. Quant aux Gentils, rappelons seulement que plus de sept siècles avant Jésus-Christ, Israël fut mené en captivité parmi eux, à Ninive, et dispersé parmi ces nations payennes de l'Asie, ignorant le vrai Dieu, « afin de leur apprendre ses merveilles, et de leur faire savoir qu'il n'y a d'autre Dieu tout-puissant en dehors de lui. » C'est ainsi que parle l'Esprit- Saint même, par la bouche de Tobie, l'un des captifs (1). Un siècle plus tard commence aussi pour Juda la captivité de Babylone. Sans aucun doute les Juifs communiquèrent également aux Gentils la promesse du Rédempteur.

De même qu'en Asie, les Juifs de la diaspore passèrent en Afrique, plusieurs siècles avant la venue du Messie. Ils y étaient si nombreux qu'Alexandrie devint pour ainsi dire une seconde Jérusalem. Et, fait remarquable, trois siècles environ avantJésus-Christjleurs livres sacrés;qui contenaient la vraie doctrine religieuse et les promesses du Rédempteur futur, furent traduits en langue grec-

(l) Tob., XIII, 4.

que commune (xotvr,) sous le roi Ptolémée Philadelphe, pour être insérés dans !a bibliothèque mondiale que ce roi résolut de créer à Alexandrie. C'est la célèbre version des Septante, qui devint bientôt d'un usage universel et dont les Evangéîistes et les Apôtres mêmes se servirent. Ajoutons les relations officielles de la nation juive, dans les derniers temps avant Jésus Christ, avec Sparte et avec Rome, ainsi que le rapporte le livre des Machabées (1).

196. Donc, dans la plénitude des temps (2), la venue du Sauveur était dûment préparée. Il était attendu d'une manière spéciale par les Juifs (3). Eux seuls, en effet, étaient dépositaires des promesses, et l'institution même du peuple juif comme sa conservation à travers les siècles étaient le signe et le gage surnaturel de la véracité de ces promesses. Il était encore attendu par les Samaritains (4). Il faisait aussi l'objet de l'attente des Gentils, qui tenaient l'annonce de sa venue des Juifs de la dispersion et qui, accablés de misère, avaient accueilli sans difficulté cette nouvelle. Enfin le démon lui même attendait sa venue : il en avait été averti dès la chute de l'homme (5).

(1) 1 Machab., XII, X!V, XV.

(2) Voir ci-devant, pages 339 et sulv.

(3) Plusieurs tndro ts des évangiies établissent cette assertion: p. ex. : Maît ,\\, 1 et suiv. ; Xl,3, suiv. ; XXI, 9 , XXVI, 63 ; XXVII, 11, 37, et endr. parall. des autres évangiles ; Luc, II, 25, 26, 38; III, 15 ; XXIII, 51 (Marc, XV, 43); XXIV, 21 ; Joan., I, 19-27, 41, 45-51.

(4) Joan., IV, 25-30.

(5) Gen., III, 15.

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L'attente des Juifs avait pour base les prophéties qui leur représentaient le Messie, conformément à la vérité, comme le fils de David et comme un second David ; mais, par une interprétation fausse, conforme à l'intelligence de la chair, les Docteurs juifs attendaient le Sauveur comme un roi terrestre, qui soumettrait toute la terre à ses armes, étoufferait partout l'idolâtrie, rétablirait le culte du vrai Dieu et la royauté juive, et régnerait éternellement (1).

Contrairement à cette attente universelle des Juifs, le Christ vint sous les dehors les plus humbles ; tout en apportant aux hommes de bonne volonté des preuves convaincantes de sa mission divine.

Voici lès faits. Les temps étaient révolus et Dieu avait écarté de la famille de David tout éclat de gloire humaine (2). A Nazareth, une bourgade de Galilée, la Vierge Marie, de la race de David, mais pauvre, fiancée à l'ouvrier Joseph, qui lui aussi était de la lignée de David, crut au message divin apporté par l'archange Gabriel. Par cet acte de foi et d'acquiescement à la volonté divine, elle conçut le Christ du Saint-Esprit (3) comme l'avaient prédit les prophètes (4). Cette conception resta cachée à son époux et au démon.

Le Christ, dès le premier instant de sa conception accepta la mission de racheter de la mort éternelle, par sa mort, tous ses frères selon la chair : sa mort donnerait satisfaction à la divine justice et

(1) Cf. / Parai , XVI!, 11-14.

(2) Voir plus haum°192.

(3) Matt, I, 18 suiv. ; Lnc, I, 26 suiv.

(4) Voir au chapitre précédent (V), entre autres Iscïe, VII, 14.

mériterait à tous les hommes les moyens de salut : rémission des péchés et giâce pour parvenir à la vie éternelle.

Notez attentivement que c'est pour ce double but : d'une part, de la mort expiatoire qu'il voudra subir et, d'autre part, de la communication des fruits de celle ci par la foi en Lui, et conséquemment de l'édification de l'Eglise à sa ressemblarce, que : d'abord, le Christ demeure dans un état de dénuement, d'abjection et de passibilité complète, contrairement à l'attente universelle des Juifs et du démon ; qu'en sec'ond l'eu, il donne parallèlement des marques surnaturelles de la divinité de sa mission, démontrant qu'il est le A^essie, le Christ. Or ces signes élaient pour les Juifs, ou des raisons de croire, s'ils étaient de bonne volonté, ou, s'ils ne l'étaient pas, une occasion d'incrédulité, et dès lors de contradiction, de négation et plus tard de persécution.

Le démon, lui, en vertu des mêmes signes, savait que Jésus était le Christ ; mais contrairement à son attente il le voyait dans l'abjection et sujet à la souffrance.

Comme en même temps, il ignorait de quelle manière s'opérerait la rédemption, l'abjection et la passibilité du Christ le portaient à croire qu'il pourrait le perdre et empêcher le rachat des hommes.

Ainsi donc, pour des motifs différents, les Juifs incrédules et le démon désiraient la mort du Chiist ; ceux-là parce qu'ils le rejetaient; celui ci parce que, le connaissant, mais ignorant le mode de larédemp-

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tion et le voyant sujet à la souffrance, il ci oyait par la mort du Christ pouvoir empêcher le rachat de l'humanité (1).

197. Accomplissant donc sa mission, le Christ envoie de Nazareth en Galilée vers une lointaine bourgade de Juda (peut-être Hébron) sa mère qui le portait en son sein. Il la dépêche vers son précurseur pour sanctifier celui ci dès le sein de sa mère Elisabeth, femme du juste Zacharie, prêtre d'un rang inférieur, et pour lui révéler, par.l'intermédiaire du Saint Esprit, le mystère de l'Incarnation. Il y fait séjourner Marie jusqu'à la circoncision du précurseur ; à cette occasion, en présence des voisins et des proches, la langue de Zacharie se délie: les paroles qu'il prononce sont claires pour tous ceux dont Dieu illumine l'intelligence, mais pour le démon et pour quiconque n'a en soi que des dispositions mauvaises, elles laissent dans l'ombre et le doute la divinité du Christ ; en présence de Marie, Zacharie proclame qu'en elle le Verbe s'est fait chair ; il annonce que son propre

(1) Cf. lhymne, du temps de la Passion : Pange lingua gloriosi lauream certaminis, surtout dans les strophes suivantes :

Le plan divin voulait que telle fut l'œuvre de notre salut : que la sagesse déjouâ: les multiples ruses du traître, et fît trouver le remède là même où l'ennemi avait trouvé le poison.

Lorsque donc fut venue ia plénitude du temps sjcré, le Fils, créateur de l'univers, fut envoyé du palais de son Père, et naissant d'une Vierge il vint au monde revêtu de notre chair.

Enfant, il vagit au fond d'une crèche étroite. La Vierge mère enveloppe et lie ses membres de langes, et des bandelettes emprisonnent les mains et les pieds d'un Dieu.

fils sera le précurseur de ce Verbe incarné, le Messie, le Christ attendu, afin que tous les assistants aillent divulguer parmi leurs proches les choses dont ils avaient é;é les témoins et relèvent ainsi les espérances d'Israël.

198. Revenu à Nazareth, le Christ par l'intermédiaire d'un ange calme les inquiétudes de Joseph, et lui fait part du mystère pour l'amener à reconnaitre Jésus Christ par la foi (1). A la veille de sa naissance, à l'occasion du recensement général de l'empire romain, prévu et préordonné à cette fin par Dieu, il envoie Marie et Joseph à Bethléem : il y naît et est inscrit, avec Marie et Joseph, sur les registres publics ; l'on pourra constater ainsi la réalisation de la prophétie ayant trait à l'origine du Christ et à son lieu de naissance. Or, par une disposition divine il se fit qu'il n'y avait point place pour eux à l'auberge et que le Christ naquit dans une étable. Mais, par ses Anges, il se manifesta à des bergers : de cette façon, la foi le ferait reconnaître et adorer dans la crèche, et par la bouche de ces humbles les autres hommes apprendraient que le Sauveur était né (2).

198. Le huitième jour après sa naissance, bien qu'il fût au dessus de la Loi, il voulut être circoncis et se fit donner le nom de Jésus, qui signifie Sauveur, nom dont l'avait appelé l'ange dès avant sa conception (3). Son but, en subissant la circon-

(1) V Matt., I, 18 suiv.

(2) V. Luc. II, 1 suiv.

(3) Luc, II, 21, comp. I, 31 et Matt., I, 21.

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cision, ouire l'humilité et l'obéissance dont il donnerait l'exemple, était de proclamer sa descendance d'Abraham ; et de faire en sorte que le démon, le voyant sujet à la souffrance, se trompât lui même en cette occurrence : car ignorant de quelle manière s'accomplirait la rédemption, il mit dès lors tout en œuvre pour faire mourir le Christ et accomplir ainsi la rédemplion à son insu et à son détriment.

199. Le quarantième jour après la naissance de Jésus, par son inspiration il conduit sa mère au temple, quoiqu'elle non plus ne fût point soumise à la Loi, en vue d'y accomplir sa purification par l'offrande des pauvres ; lui-même, supérieur à la Loi, veut être offert selon les préceptes de la Loi et être racheté au prix du pauvre : outre ce nouvel exemple d'humilité, il montrerait ainsi son origine juive, et se manifesterait dans le temple à Siméon et Anne ; ceux-ci le reconnaîtraient publiquement, et sous une inspiration prophétique annonceraient sa mission et sa passion (1) ; il se manifesterait encore aux autres hommes fidèles à Dieu : tous répandraient la benne nouvelle parmi leurs proches, comme déjà, avant sa naissance, Elisabeth et Zacharie l'avaient fait dans les contrées montagneuses de Judée et à Jérusalem, et après sa naissance, les bergers à Bethléem.

Tout cela afin que les âmes fidèles, par la comparaison .des prophéties avec les événements, soient préparées à croire au Christ, au règne de Dieu c'est à dire l'Eglise, lorsque plus tard le Christ

(1) Voir tout ceci dans Luc, II, 22 suiv.

sortira de l'ombre et entreprendra la prédication et l'institution de son royaume.

200. Bien que son intention ne fût pas d'exercer par lui-même son ministère en dehors d'Israël, le Christ, venu pour sauver tous les hommes, voulut cependant se faire reconnaître et adorer aussi par les Gentils. Il choisit donc, comme prémices des Gentils, des Mages, sages et riches, et cela pour les motifs suivants : d'abord, parce que ce sera plutôt dans la gentilité que ses disciples se recruteront parmi les puissants, les intellectuels et les riches ; en second lieu pour que, sages et riches, les Mages trouvent un accès plus facile au palais d'Hérode, que l'on ajoute foi à ieurs paroles, que toute la ville de Jérusalem soit dans le trouble, que l'on consulte les Ecritures et que, -par le massacre prévu et non empêché des innocents de Bethléem, la nouvelle de la nativité du Christ reçoive par le monde une diffusion plus large. A cette fin il fait apparaître l'étoile, selon la prédiction de Balaam, prophète gentil (1) ; il fait savoir aux Mages que l'étoile signifie la naissance du Messie en Judée, et les pousse à aller l'adorer ; au cours du voyage il fait disparaître 1 étoile pour qu'ils entrent à Jérusalem et se fassent introduire auprès du roi ; apiès les avoir éclairés par la parole de l'Ecriture il les envoie à Bethléem, et de nouveau l'étoile apparaît ; elle les mène à l'endroit où il est, et là ils le trouvent dans la plus profonde abjection : ainsi ils peuvent le reconnaître par les yeux de la foi et l'adorer.

(1) V. Nombr., XXIV, 17.

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Enfin les ayant avertis par le ministère d'un ange, il les reconduit dans leur pays par un autre chemin, de peur qu'ils ne retournent chez Hérode qui, sous l'instigation du démon, méditait sa mort. En évitant volontairement d'empêcher que le roi impie, se croyant trompé par les Mages, tuât tous les enfants de Bethléem et des environs, âgés de deux ans et au-dessous, conformément au temps où l'étoile était apparue selon le renseignement obtenu des Mages, le Christ avait pour but de répandre par le monde la nouvelle de sa naissance. Le Christ lui-même, après qu'un ange eut averti Joseph, fuit en Egypte. Après la mort d'Hérode, il revient, non à Bethléem, dans la province d'Archelatis, prince impie et cruel comme son père, et où il eut été trop facilement reconnu, mais à Nazareth, d'où l'on ne pensait pas que dût sortir le Messie, et « pour que s'accomplisse la parole des Prophètes: Il sera appelé Nazaréen (1). » Ce qui peut être doit se comprendre comme suit : Il sera humble et méprisable comme les Nazaréens, cependant d'autre part il apportera à la foi des arguments irréfutables de la divinité de sa mission. Cette fuite en Egypte et ce retour à Nazareth ont eu pour but l'accomplissement de ce qui, au sens typique, avait été prédit par le Prophète disant : « J'ai rappelé mon fils d'Egypte (2) » ; ils servirent également à confirmer le démon dans ses idées au sujet de la passibilité du Christ et, au temps de sa

(1) Matt., II, 23 : voir les exégètes.

(2) Osée, XI, 1 (cf. Exod., IV, 22) et Matt. , l\, 15.

vie publique, à le faire reconnaître par la seule foi dans ses œuvres ou à le faire rejeter par les incrédules (1).

201. Lorsque Jésus eut atteint l'âge de douze ans, il accompagna ses parents à Jérusalem, et là, pendant trois jours, en l'absence de sa mère, de son père nourricier, de ses parents et de ses connaissances, il se mêla à la foule de ceux qui écoutaient les Docteurs de la Loi. Par ses questions et ses réponses, il voulait faire entendre, en se tenant au texte des Ecritures, que le Messie était venu et que malgré le massacre de Bethléem, il se ferait connaître en son temps. C'est à quoi il faisait allusion en disant : « Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe tout entier des choses de mon Père ? » Et revenu à Nazareth il était soumis à Joseph et à Marie, jusqu'au jour de son apparition en Israël (2).

Quant aux exemples de vertus, aux supplications qu'il adressa à son Père et aux actes méritoires qu'il fit au temps de sa vie cachée en vue de la rédemption de l'humanité, de la constitution de son Eglise future et pour rendre l'œuvre de cette Eglise féconde jusqu'à la fin des siècles, Lui seul les. connaît qui les a accomplis.

(1) Sur tout ceci voir : Matt., II.

(2) Voir à ce sujet : Luc, II, 41, suiv.

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