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Nous soumettons cette question à l'étude

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des théologiens. C'est une de celles dont nous disions, dans la Préface de ce livre, que ce sont des questions nouvelles. Non que rien doive ou puisse être ajouté à la parole révélée par Dieu ; ce serait une impiété de le penser. Mais au sens qu'il est opportun et souverainement utile de nous efforcer de pénétrer toujours plus avant dans les profondeurs lumineuses des vérités révélées. En d'autres termes, nous rappelons ici que de nouvelles questions théologiques surgissent chaque jour et qu'il convient de les étudier au moyen de l'analogie de la foi, à la lumière de la vérité divine renfermée dans les Livres saints et dans les traditions des Pères.

L'analogie qui existe entre les vérités de 1 > foi et la question présente est indiscutable.

Ce que nous venons de dire et notamment la comparaison avec l'union au Saint-Esprit en fait foi, aussi bien que les textes de la Ste Ecriture que nous avons rapportés. On peut y joindre la doctrine sur l'union sacramentelle avec le Christ dans la sainte Communion, que tous les théologiens s'accordent à reconnaître comme étant le gage de la gloire à venir.

Cette union sacramentelle demande une union préalable avec l'Esprit saint ; elle est, de la sorte, une union intermédiaire entre celle-ci et l'union glorieuse et éternelle avec le Verbe, dont elle est le symbole et le gage. Il serait donc opportun d'en appeler ici aux enseignements remarquables des Pères de l'Eglise sur les effets de la Ste Communion tant dans l'âme que dans le corps de celui qui communie saintement.

INTRODUCTION

L'union avec le Verbe de Dieu se conçoit donc comme glorifiant la créature tout entière.

Son intelligence est irradiée par la lumière de la gloire qui lui communique la faculté de voir Dieu ainsi que la gloire des Bienheureux, et, par opposition, la laideur des damnés inférieure à la nature même.

La volonté est douée, au ciel, de la perfection de la charité, avec la faculté proportionnée d'aimer Dieu qu'elle voit et d'en jouir.

Le corps humain lui-même est glorifié, et les sens reçoivent une faculté proportionnée à cette gloire pour percevoir les corps glorifiés comme tels, ainsi que leurs contraires dans les damnés descendus plus bas que l'état de nature même.

L'union hypostatique exceptée, on ne peut donc imaginer rien de plus élevé, de plus glorieux ni de plus heureux que l'union des élus avec le Verbe de Dieu.

Pour résoudre dans son entier cette question de l'union béatifique il faudrait parcourir l'Ecriture sainte et la tradition ; nous le ferons un jour s'il plaît à Dieu. Le temps nous fait actuellement défaut pour mener à bonne fin une étude aussi importante, pour laquelle il faut, outre le temps et le travail, de la sagesse, de la prudence et de l'humilité d'esprit. Car, lors même que l'union avec la Verbe serait bien telle que nous venons de la décrire, encore sa vraie nature et son caractère demanderaient-ils de nouveaux développements.

Par conséquent nous disons, et avec plus de raison encore que ne le fait Petau lorsqu'il remarque

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au sujet de l'union de la créature avec la personne du Saint-Esprit que : « L'autorité des Livres saints et des Pères de l'Eglise nous démontre l'existence d'une certaine union de cette nature ; cependant ils ne nous expliquent pas d'une manière nette et lucide le caractère et les conditions de cette union. Le champ reste donc ouvert à la conjecture et à l'interprétation ; mais celles-ci doivent être prudentes et circonspectes, afin d'éviter de nous faire une idée trop étroite d'un si grand bienfait, ou par contre de l'exalter à l'excès. C'est pourquoi je m'abstiens d'exprimer mon opinion personnelle parce que je ne possède pas encore suffisamment cette matière, ou du moins je ne veux pas l'exprimer ici. » {De Triait., 1. VIII, c. VI, n. VI.).

Quant à l'union du S1 Esprit avec les justes en cette vie, nous pensons avoir contribué à en élucider la nature et le caractère propre.

Au sujet de l'union béatifique avec le Verbe par la lumière de la gloire, nous croyons pouvoir affirmer que rien dans les sources de la foi n'est en contradiction avec notre opinion; et que, d'autre part, bien des arguments tirés de l'analogie de la foi et de la comparaison avec cette union à l'Esprit saint nous amènent à l'admettre.

On pourrait demander pourquoi nous ne parlons pas d'une union personnelle avec le Père, en sorte qu'il existe une union personnelle des trois personnes divines avec la personne de l'élu ?

La réponse est facile à donner et elle confirme la doctrine précédemment établie.

Le Père ne procède pas. Son caractère personnel

INTRODUCTION

est d'être le principe sans principe. Il n'est donc ni donné ni envoyé. 11 vient, il est vrai, à nous et il y habite de la manière commune au Fils et au Saint- Esprit ; mais il n'est pas envoyé dans le temps, il n'est pas donné, il n'habite pas en nous de la même manière personnelle que l'Esprit saint et le Verbe. Ensuite, quelle serait bien et de quelle nature serait la qualité surnaturelle communiquée par infusion à l'élu à raison de son union personnelle avec le Père ?

Ce n'est pas la grâce sanctifiante, ni la lumière de la gloire; et les sources ni l'analogie de la foi n'en indiquent aucune autre ; même je ne pense pas qu'il soit possible d'en désigner qui puisse cadrer avec le caractère personnel du Père. A moins de considérer dans la très Ste Vierge, en tant que Mère de Dieu, une certaine union spéciale, difficile à concevoir, avec Dieu le Père. Encore celle-ci seraitelle analogique plutôt que de même nature avec l'union susdite au Saint-Esprit et au Verbe.

Peut-être aussi cette union serait-elle dans la très Ste Vierge la plénitude de la lumière de la gloire, de même que la plénitude de la grâce lui appartient, puisque cette Mère admirable et bénie dans tous les siècles a été saluée par l'Ange comme pleine de grâce.

Une union personnelle de Dieu le Père avec une personne créée n'existe pas à proprement parler, mais seulement avec les autres personnes divines par la communication de la nature divine une et identique.

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