CHAPITRE I
De l'origine du monde de la chute de l'homme et de la promesse du Rédempteur
Article I
De l'origine du monde
25. St Thomas écrit: « Il convient d'établir une distinction entre les vérités qui appartiennent au domaine de la foi.
Il y a des vérités qui sont par elles-mêmes de la substance de la foi ; telle la vérité que Dieu est un en trois personnes et autres vérités du même genre; elles exigent une adhésion absolue. D'autres n'appartiennent au domaine de la foi que par contingence, c'est-à-dire pour autant qu'elles sont contenues dans l'Ecriture sainte que la foi suppose avoir été rédigée sous l'inspiration de l'Esprit saint, vérités qui peuvent être ignorées sans danger par ceux qui ne sont pas obligés de connaître les Livres saints; tels sont beaucoup de récits historiques renfermés dans l'Ecriture. Les saints Pères eux-mêmes n'ont pas été toujours du même avis sur les vérités de cette seconde catégorie, et ils ont interprété les Livres saints de différentes manières.
Ainsi, touchant l'origine du monde, on trouve une vérité qui appartient à la substance même de la foi : c'est que le monde doit son commencement
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à Dieu par création. Tous les Pères sont unanimes sur ce point.
Mais la manière et Tordre de la production du monde n'appartiennent à lafoi que par contingence, en tant que cette production est décrite dans l'Ecriture; et les Pères, interprétant de façons différentes la vérité de ce récit, ont exprimé des opinions diverses. » (In 2 Sent, d. XII, a. 2).
Le premier verset de la Genèse affirme nettement que le monde a commencé par création, c'est-à-dire que Dieu est le Créateur de tout ce qui existe en dehors de lui.
Les exégètes et les théologiens catholiques le montrent clairement par le contexte même du verset. Il y est dit que Dieu, au commencement — donc avant que rien n'existât — a produit d'une manière absolue l'universalité des choses. Il ne les a donc pas tirées d'une matière préexistante, éternelle, non faite par lui, mais il les a produites de rien. Les mêmes interprètes le confirment encore par le mot « bara » qui indique la création.
Cette vérité demeure irréfragable quelles que puissent être les interprétations des versets suivants.
Quelques auteurs enseignent que le premier verset de la Genèse est une synthèse dont l'œuvre des des six jours est l'analyse, soit historique, soit idéaliste.
D'autres disent que ce même verset nous présente la création première des choses à l'état chaotique et rudimentaire, et que la narration des versets suivants en expose ensuite la distinction, l'ordonnance et le merveilleux décor.
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D'aucuns enfin affirment que ce même premier verset indique la création d'un monde ordonné et orné de créatures distinctes, dont l'harmonie aurait été détruite par un bouleversement que le deuxième verset décrit, et que, par après, la restauration et l'ordonnance définitive de l'univers sont racontées dans l'hexaméron.
26. Il nous paraît hors de conteste que selon les règles d'une saine interprétation la seconde manière de voir concorde seule avec le texte de la Genèse. En effet, en suite de l'affirmation du premier verset où il est dit que Dieu a créé toutes choses sous l'expression connue, admise et sanctionnée par l'usage biblique, à savoir le ciel et la terre, (comme on dirait par rapport à nous, habitants de la terre, les deux parties constitutives de l'univers), l'écrivain sacré reparle aussitôt de la terre comme nous concernant plus directement, et il nous la montre, à ce début de la création, non pas telle que nous la voyons à présent, organisée et ornée, mais informe, déserte et dans un état de confusion.
Une remarque s'impose ici, et on la néglige trop souvent. C'est qu'il importe de ne pas confondre la signification d'un terme avec ce que les philosophes appellent sa supposition, c'est-à-dire l'objet matériel désigné par ce terme. C'est ainsi que le mot terre signifie toujours et partout la terre, mais ce qui est supposé sous ce terme terre peut être multiple et divers. Ainsi dans le premier verset il désigne une moitié de l'univers par opposition avec le ciel, et indépendamment de l'état confus ou ordonné de la terre. Au verset deuxième, le mot « terre » désigne
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la terre à l'état de chaos. Au verset neuvième il représente la terre ferme par opposition avec les eaux de la mer.
De même, l'expression eau signifie toujours l'élément liquide bien connu ; mais aux versets deuxième et sixième de la Genèse il indique l'état chaotique de l'univers, qu'on ne pouvait mieux décrire qu'en l'assimilant aux eaux. En effet, l'eau présente, d'une part, l'aspect d'une chose corporelle (1), et, d'autre part, celui d'un corps liquide, dépourvu de consistance, susceptible de recevoir diverses formes accidentelles, et représentant en conséquence fort bien l'état primitivement informe et rudimentaire du monde (2).
Dans les versets neuvième et dixième, le terme eau est employé pour désigner l'eau sous sa forme propre par opposition à la terre ferme, et le rassemblement des eaux s'appelle mer.
En conséquence, prenant les mots dans leur sens
(1) Le nom d'eau convenait donc davantage au chaos que celui de vapeur ou d'air, parce que l'air ne se perçoit pas par tojs comme un corps. C'est si vrai que même certains philosophes l'ont pris pour le néant. V. S. Thomas, I, q. 68, a. 3.
(2) S4 Augustin s'exprimait à peu près de la même manière dans son traité De Gen. contra Manichaeos, 1. 7: « Il est dit : le ciel et la terre, parce que le ciel et la terre devaient en sortir. Il ebt dit : la terre était invisible et non ornée et les ténèbres couvraient l'abîme, parce que la terre était informe et qu'elle n'avait pas d'aspect ni de consistance, alors même qu'il eût existé une créature humaine capable de la regarder et de la manipuler. Il est dit : eaa, parce que cette première création était facilement malléable de façon à ce que toutes choses pussent en être formées. »
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obvie et naturel, le verset deuxième de la Genèse décrit l'état initial et informe de l'univers, c'est-àdire du ciel et delà terre que le verset premier mentionne comme ayant été créés par Dieu. Et l'écrivain sacré revient aussitôt à la terre comme nous concernant spécialement, pour éviter qu'on ne se la représente comme existant séparément et déjà revêtue de sa parure; immédiatement après il désigne l'univers entier sous le nom d'abîme et d'eaux. Il fait remarquer en même temps que tout étant informe et vide, il y avait absence totale de mouvement et par conséquent de lumière et de vie. Il passe ensuite à la formation et à la distinction des choses,en indiquant Dieu comme cause première et moteur premier par ces mots : Et l'esprit de Dieu (1) planait sur les eaux, c'est-à-dire sur l'abîme ou chaos immense, informe et fluide comme les eaux.
27. D'ailleurs, abstraction faite des sens divers que l'on peut attribuer à ces premiers versets, la vérité première et primaire de la création de toutes choses par Dieu demeure inébranlable.
Ensuite, de quelque manière que I on interprète ce qui précède et ce qui suit touchant l'œuvre des six jours et quelle que soit la connexion que l'on y trouve, il est certain qu'une seconde vérité de foi résulte du récit subséquent, et il importe de la bien retenir. C'est que Dieu est l'auteur de la distinction des choses créées et de l'ordre qui règne dans la
(1) Que l'on entende cette expression de l'Esprit saint ou d'une action motrice de Dieu, d'un souffle divin, ou bien encore d'un vent violent envoyé par Dieu, peu importe.
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création, soit qu'il ait constitué ou même créé les choses dans leur forme propre immédiatement par lui-même pour quelques unes, soit qu'il ait du moins veillé immédiatement par lui-même à ce que. par l'impulsion première venant de lui, l'univers se développât ensuite d'après les lois établies également par lui.
En d'autres termes, l'écrivain sacré affirme que, de même que Dieu est le créateur de toutes choses, il est aussi l'auteur ou le créateur de certaines choses sous une espèce ou forme déterminée, et que pour toutes il est le premier moteur et qu'il gouverne tout.
Cette vérité subsiste indépendamment de toute manière d'interpréter. Car. même ceux qui comprennent l'œuvre des six jours au sens idéaliste, comme le fait saint Augustin l'interprétant de la connaissance des anges, et ceux mêmes qui pensent que tout ce que l'univers renferme a été créé et produit simultanément au même instant, par suite de l'intelligence erronée du texte EcclL, XVIII, 1, affirment tous que Dieu a lui-même établi la différence entre les choses, c'est-à-dire qu'elles ont été créées distinctement dès l'origine du monde, ou bien en elles-mêmes, ou du moins dans leurs causes séminales qui leur permettaient de se développer distinctement selon les lois de la nature établies par Dieu.
28. Il semble que ce soit le moment de rechercher, au moins incidemment, ce que le livre de la Genèse rapporte au sujet de la création des esprits. Quelques auteurs pensent que sous le nom de ciel
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au v. 1 se trouvent compris les anges. Cela peut être pour autant que les expressions ciel et terre désignent l'universalité des choses dans laquelle sont comprises les créatures spirituelles qui ont rapport au ciel plutôt qu'à la terre, car on les conçoit comme habitant les cieux de préférence à la terre qui est le séjour de l'homme.
Mais on ne peut admettre ce dire au sens que les créatures spirituelles soient désignées sous le nom de ciel, et les choses visibles sous l'appellation de terre.
La Genèse ne dit rien spécialement ni expressément de la création des anges, tandis qu'elle rapporte nettement la formation du corps de l'homme et l'inspiration de son âme.
Nous croyons que l'auteur inspiré a évité à dessein de nommer les anges d'une manière expresse, se contentant d'énoncer la formule générale que toutes choses ont été créées par Dieu, afin de ne pas rappeler aux Hébreux le souvenir des démiurges des Gentils.
C'est peut-être pour le même motif que Moïse dépeint Dieu opérant par lui-même successivement et par ordre de jours, là même où certaines choses peuvent s'être développées simplement en vertu des jois naturelles, d'après les dispositions et sous la direction de la Providence.
29. Vnetroisième vérité vient se ranger ici comme appartenant à la doctrine de la foi. C'est que l'homme a été créé par Dieu immédiatement, selon le texte même de l'Ecriture sainte. Je veux dire que l'homme a été formé par Dieu, quant au corps, de
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la matière créée primitivement par Dieu, et qu'il a été créé, quant à l'âme, d'une manière immédiate.
Il faut ajouter une quatrième vérité contenue dans le même texte sacré, celle qui nous apprend que toutes les choses visibles décrites dans l'hexaméron ont été créées en faveur de l'homme.
Ce sont là les quatres vérités principales de foi à retenir qui ressortent du texte de la Genèse, de quelque façon que l'on interprète l'hexaméron.
La description que fait Moïse de l'œuvre des six jours tend surtout à affirmer ces vérités d'une manière plus claire et plus irréfragable, afin que Dieu seul fût reconnu comme créateur et ordonnateur de toutes choses, qu'il fût seul adoré comme Dieu et comme Maître, à l'exclusion des démiurges, des théories de la matière éternelle et incréée, du double principe bon et mauvais des choses, de l'idolâtrie des adorateurs des astres, des plantes et des animaux, en un mot à l'exclusion de toutes les erreurs des Gentils.
30. Si l'on désire savoir quelle corrélation existe entre le récit mosaïque et les sciences naturelles, quelle connexion est admissible entre ces deux termes, nous croyons qu'on peut répondre ce qui suit.
Tout d'abord nous ne considérons nullement la narration des six jours comme un traité scientifique de cosmogonie ; le dessein de l'écrivain sacré n'a pas été d'en composer. Il n'y a donc pas lieu à contradiction entre le récit mosaïque et les données de la science.
De plus, si l'auteur sacré a commencé à dépein-
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dre la succession des œuvres divines par la production de la lumière, et s'il l'a décrite sous forme de jours, nous pensons que cette manière de s'exprimer lui a été suggérée par l'origine même de ses connaissances, c'est-à-dire par la façon dont il les a perçues, et que cette manière lui a été inspirée par Dieu comme le moyen le plus propre à atteindre le but de son écrit.
En effet, ce but est de faire comprendre aisément et avec certitude par ses lecteurs de tous les temps les quatre vérités fondamentales rapportées plus haut ; et sommairement, que toutes choses ont été créées par Dieu ; que la distinction et l'ordonnance de toutes choses ont Dieu pour auteur, et non les démiurges ou un principe qui ne dépendrait pas de Dieu ; que, par conséquent, les astres, les plantes les animaux (Cp. Deut., IV, 16-19), l'homme lui-même sont des créatures de Dieu, qui seul doit être adoré et doit l'être d'une manière spéciale par la consécration à son culte du septième jour de chaque semaine.
Quant au mode par lequel l'écrivain sacré est parvenu à la connaissance de l'œuvre de Dieu, il ne peut être autre que la révélation divine qui lui a été faite directement, ou qui lui a été transmise par celui qui l'avait reçue d'une façon immédiate.
Cette révélation se conçoit, à juste titre et trèsprobablement, comme produite selon la manière habituelle aux prophètes, c'est-à-dire au moyen d'une série de visions dans lesquelles le prophète perçut Dieu à l'œuvre, travaillant à la manière d'un ouvrier sage, durant des jours ou espaces lumineux
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successifs, analogues à ceux où les hommes ont coutume de travailler, rendant par gradation son travail parfait, se reposant après son œuvre achevée.
Ce mode de révélation, parfaitement adapté au but de l'écrivain sacré, présente un triple avantage: celui de lui faire percevoir nettement et facilement ce qui lui était révélé ; de lui permettre de communiquer à autrui, avec la même facilité, les vérités révélées, les mettant à la portée de tous, sans crainte d'erreur, à l'exclusion de tout ce qui n'a pas de relation avec l'enseignement religieux ; enfin, de faire en sorte que la signification pratique des dogmes révélés en découlât spontanément, à savoir : qu'un seul Dieu, principe de toutes choses, 'doit être adoré, et que, en particulier, il faut lui rendre au septième jour, comme au Créateur et au Seigneur de toutes choses, le culte qui lui est dû.
31. Examinons maintenant la nature des jours mosaïques et les œuvres divines correspondant à chacun de ces jours, pour savoir s'il faut reconnaître au récit sacré un caractère historique ou un caractère idéaliste.
Notre opinion personnelle est la suivante : quant à son objet ou à sa matière, nous considérons le récit comme historique ; par rapport à sa forme et à la manière de narrer, nous le considérons comme idéaliste, en ce sens que, par anthropomorphisme, Dieu y est représenté comme un ouvrier travaillant pendant des jours ou espaces de temps lumineux successifs, achevant son œuvre, et se reposant après sa tâche terminée.
Cette forme de narration, d'une part, n'empêche aucunement que les choses rapportées soient objectivement vraies et historiques ; d'autre part, elle permet de les mettre à la portée des lecteurs. Mais elles doivent être comprises avec discernement ; et si cette forme de récit n'est pas en contradiction avec le caractère historique, par contre, il ne faut pas non plus prendre le récit strictement à la lettre ni l'interpréter servilement, sans tenir compte de cette forme et du mode de sa rédaction.
En conséquence, selon notre manière de voir, le terme jour dans la narra* ion biblique tient à la forme de cette narration, et signifie véritablement le jour ou un espace de temps lumineux qui alterne avec les ténèbres. Par extension, on peut l'entendre aussi de la durée comprise dans la succession de la lumière et des ténèbres, recommençant à chaque nouvelle durée lumineuse que nous consacrons habituellement au travail, et à laquelle nous donnons le nom de jour. L'extension objective de la durée de ces jours n'est pas définie dans la Genèse. Donc, le mot jour n'y est pas employé pour signifier une époque mais bien réellement un jour, dans le sens analogue à celui du jour solaire, c'est-à-dire pour désigner une durée lumineuse pendant laquelle nous travaillons.
Cependant ce mot jour ne désigne pas non plus, à proprement parler, une époque ou une durée indéterminée. Il faut dire plutôt que cette désignation (suppositio) n'est ni définie ni indiquée par l'écrivain sacré, mais qu'il la néglige comme chose indifférente par rapport au but de sa narration.
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Nous empruntons tout ceci au texte lui-même et non ailleurs.
En effet, en ce qui concerne la signification du mot jour, nous pensons que personne ne lui attribue — au sens obvie et naturel de l'expression — une signification autre que celle que nous venons d'indiquer. Et que l'écrivain sacré ne désigne pas par le mot « jour » un espace de temps déterminé, nous le prouvons par le fait même qu'avant comme après l'apparition du soleil et des astres l'auteur de la Genèse parle également de jours sans indiquer aucune différence, et qu'il appelle aussi jour le septième auquel Dieu se reposa et qui dure encore.
Nous en concluons qu'il ne peut y avoir incompatibilité entre le texte sacré et les opinions des savants au sujet de l'antiquité du monde, des années et des siècles qui se seraient écoulés entre la production successive des êtres ; qu'il n'existe là pas même matière à contradiction, puisque l'écrivain sacré garde le silence sur ce sujet. S'il fallait admettre qu'il eût voulu marquer une désignation objective (suppositio) du mot jour, nous dirions que cette désignation n'est autre que celle-ci : les œuvres distinctes et successives du Créateur.
32. Tout ce qui précède convaincra le lecteur de ce que, en suivant les règles légitimes de l'exégèse, nous avons déduit le sens du récit mosaïque de son texte et de son contexte, ainsi que du but que se proposait l'auteur sacré. On verra aussi que nous ne nous sommes pas occupé d'abord — comme le font à tort certains concor-
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distes — des conclusions scientifiques afin d'y accommoder le sens de l'Ecriture. Nos Livres saints ne sont pas un manuel d'enseignement pour les sciences naturelles, pas plus qu'ils n'y contredisent. Par conséquent ils ne fournissent pas non plus d'arguments en ces matières.
Nous pensons avoir suivi dans notre exposé les règles indiquées par nous pour l'interprétation exacte et l'emploi des saints Livres, gardant pour ceux-ci le respect qui leur est dû, et faisant en même temps la part de la logique, de la philosophie et des sciences naturelles.
Article II
La création de l'homme son élévation sa chute et la promesse du Rédempteur
33. Tout ce qui précède au sujet du premier chapitre de la Genèse est suffisamment explicite pour répondre au but de ces méditations. Nous poursuivons maintenant le récit de ce même livre jusqu'à la prévarication d'Adam et la promesse du Rédempteur. Nous nous proposons toujours de démontrer que dès ces premiers âges du monde l'action de Dieu au dehors converge tout entière vers le Christ et vers son règne, vers la béatitude des hommes, et finalement, par le Christ, vers la plus grande gloire de Dieu.
Ajoutons d'abord quelques observations complémentaires sur la production de l'homme et sur la formation de la première femme, telles qu'elles sont relatées au chapitre deuxième de la Genèse. Nous