‹ Méditerranée-Niger: Perspectives ÉconomiquesChapitre 12 sur 19 · DR LS · texte numérisé non relu

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fut étudié et appliqué avec un remarquable sens pratique. Ainsi, pour le coton, on est arrivé, après un certain nombre

d'expériences très difficiles, à fixer pour chaque région les variétés à adopter. En même temps, on a produit des quantités considérables de semences sélectionnées. Ces études expérimentales se sont poursuivies en même temps que les études techniques préparatoires aux travaux hydrauliques. Puis on est passé à la mise en pratique des résultats acquis dans les jardins d’essai.

Ceci a été fait près de Bamako, à la ferme de Niénébalé, en 1924. Il y avait là, autrefois, des terrains de 300 à 400 hectares en friche. On les a irrigués en se servant de petites rivières et de ces petits lacs que la crue laisse derrière elle en se retirant. On a défriché et puis on a fait venir des villages voisins un certain nombre de familles indigènes. On les a d’abord employées dans cette ferme comme ouvriers en leur donnant tous leurs vivres et en les payant. On les faisait cultiver à la charrue avec des bœufs au lieu de les laisser se servir de la simple « daba » (la petite pioche indigène).

Au bout de la première année on leur a demandé s'ils voulaient rester, ils ont tous dit qu’ils préféraient retourner dans leur village, quitte à être plus malheureux. Alors on leur a proposé de leur donner à chacun dix ou quinze hectares dont il deviendraient les propriétaires et où ils feraient des cultures vivrières et des cultures d’arachides, de coton et de riz, sous la direction de l'Ingénieur agronome, directeur des deux villages remplaçant la ferme. Ils ont accepté avec plus ou moins de bonne volonté et pas très convaincus, mais à la fin de l’année, quand ils ont remarqué que leur famille s'était bien trouvée de ce travail et de cette nourriture régulière, quand ils ont constaté que les volailles et le bétail étaient demeurés leur propriété, qu'ils avaient des cultures vivirières pour toute l’année, qu’en plus de cela et du partage

des produits, arachides, riz, coton on leur avait donné une

certaine somme d'argent, ils ont demandé à rester l’année suivante.

En même temps que se poursuivait cette expérience de Nienebalé, il s’en faisait une autre de caractère privé à Diré,

So

plus au Nord, sur le Niger. Une société qui avait acheté quelques milliers d'hectares, s’est mise à faire du coton. Au point de vue financier elle a abouti à un résultat déplorable, n'ayant pas assez sérieusement étudié le terrain, ni les semences sélectionnées à employer, ni la méthode la meilleure pour faire travailler les indigènes. Au point de vue agricole, par contre, sa production cotonnière s’est révélée d'excellente valeur. Quant à la main d'œuvre, elle a donné, à chaque famille, une certaine quantité de terrain et passé avec elle un contrat libre, la société fournissait les semences, les animaux, une petite partie de cultures vivrières et elle partageait les récoites de coton et d’arachides.

Ces deux expériences, Nienébalé et Diré, ayant été concluantes, on est alors passé à une expérience un peu plus importante à Sotuba. On a construit un barrage ouvert en 1920. Ce barrage permet de maintenir les eaux à une certaine

hauteur pour avoir les quantités Der à l'irrigation de 6000 hectares.

Après cet aperçu sur l’expérimentation agricole et sur l’utilisation des noirs, nous allons étudier l’état actuel des travaux du delta nigérien.

Section IT

Les travaux du Niger

Tout d’abord, jalonnons par des dates l’arrivée au stade actuel des travaux.

1919 — M. Belime dirige une mission d’études dans la vallée

du Niger.

1925 — Les premiers travaux commencent.

1931 — M. Belime obtient 300 millions sur le grand emprunt colonial.

1932 — Création de l'Office du Niger. Entre temps, les expériences du barrage de Niénébalé qui irrigue 800 hectares et du barrage de Sotuba qui irrigue 600 hectares, se révèlent comme un succès. Alors on s'attaque au «gros morceau », 1.200.000 hectares à

irriguer sur la rive gauche du Niger en aval de

Sansanding.

1936 — 6000 hectares sont en culture dans le Macina, elles font partie du «Casier de Boky-Wéré, de 20.000 hectares. Le premier village qui a reçu l’eau s'appelle Sangarebougou.

Le système hydraulique prévu est orienté vers la partie septentrionale du delta et dépend d’un barrage situé dans la région de Sansanding. Ce système englobait des travaux d'une très grande importance que les moyens financiers de la colonie n’ont pas permis de réaliser en bloc. Les eaux du Niger n'ayant qu'une très faible turbidité, peuvent circuler lentement ou même demeurer stagnantes sans produire de dépôts appréciables. C’est là un avantage que l’on ne trouve ni en Egypte, ni sur la plupart des rivières de l'Inde utilisées pour l'irrigation. Rien, par conséquent, ne s'oppose sur le Niger à ce que les futurs canaux débitent à des vitesses variables des quantités d’eau augmentant au fur et à mesure de la mise en valeur des régions qu’ils seront appelés à desservir. Quant aux ouvrages de captage et d’adduction, il à fallu nécessairement les exécuter en entier avant d’entreprendre l'aménagement du premier bloc irrigable. C’est cet équipement fondamental qui a accaparé le premier effort financier de l’A.O.F. Une fois réalisé, on a établi les canaux de distribution, mais bientôt chaque kilomètre de canal arrosant les cultures par taxe d’eau ou impôt foncier, créera des recettes, les moyens ne manqueront pas alors de solder les frais de construction.

Commencés en 1932, les travaux du Niger réalisés sur

les fonds de l'emprunt de l’A.O.F. sont en voie d'achèvement.

Le plan de ces travaux de captage, d’adduction et défense a été inspiré par'‘trois principes :

1° Rendre la vie au système hydraulique naturel du pays

en débouchant les seuils ensablés des défluents retrouvés ;

29 Arroser le delta desséché par un ensemble de canaux artificiels ;

3° Protéger la partie du delta où l’eau pénètre encore par une digue qui la mettra à l'abri des crues.

Le captage du Niger a été réalisé par la construction du barrage de Sansanding qui a débuté en 1934 et a été terminé en 1941. C’est un barrage du type courant du Nil,

il se compose de deux parties, l’une rive gauche formée

d’une digue pleine, l’autre rive droite étant le barrage proprement dit, qui est mobile, composé de 14 pertuis de 55 mètres d'ouverture. Au total 1.800 mètres (1) d’une rive à l’autre. Le barrage réservoir d’'Assouan, sur le Nil, a 1950 mètres de long et 37 mètres de hauteur de retenue d’eau. Sur le barrage passera une route et la voie ferrée du Méditerranée-Niger. Une centrale thermique produira la force nécessaire à la manœuvre des vannes et au fonctionnement des ateliers d'entretien du delta. Ce barrage sert à relever le niveau du fleuve et une masse d’eau devient en permanence disponible pour alimenter par gravité le réseau hydraulique. Le barrage pourra donner de l’eau pendant huit mois de juin à février. Aux périodes de crue, les vannes permettent de laisser passer l’eau en excédent. Plus de 500.000 hectares de terres hautement fertiles, peuvent, avec la construction de ce barrage, recevoir les eaux d'irrigation dérivées par les canaux adducteurs.

Un canal de navigation de huit kilomètres sur la rive droite, reliera les deux parties du fleuve que le barrage va séparer.

À deux kilomètres en amont du barrage, se trouve la tête du canal adducteur, ouvert sur toute sa longueur de huit kilomètres, il a une largeur de 100 mètres. C’est lui qui, à la cadence de 500 mètres cubes seconde prendra l'eau retenue par le barrage, la conduira vers les deux défluents du Sahel et du Sansanding par une pente de 1/20.000 (2). Le canal adducteur à l’époque des crues draîne assez d’eau pour que durant trois mois des espaces distants de 60 kilomètres de la prise d’eau, soient abondamment irrigués.

Le canal du Sahel orienté Sud-Nord, qui mesure 24 kilomètres de longueur et que prolonge un défluent naturel corrigé et endigué, traverse le Falla de Molodo pour amener

(1) La longueur totale du barrage mobile est de 816 m., 56. (2) Le débit moyen de la Seine à Paris est de 160 m3.

l'eau vers le pays de Kala, le Kouroumari, le Mema. Le canal commandera 410.000 hectares de terres à coton, sur la rive gauche, il atteindra peut-être, plus tard, la région dite des «terres noires du Hodh » dont la richesse agricole reconnue depuis longtemps est, dit-on, comparable à celle des terres rouges de l’Indochine. Le canal du Macina plus court (180 kilomètres), mais apte à débiter 200 mètres cubes-seconde, a été mis en eau. dès 1035. L’irrigation de rizières est déjà assurée par les canaux distributeurs de Kokry et de BokywWéré.

La digue qui doit défendre les terres du Haut-Macina contre les inondations annuelles est achevée. Elle à une longueur de 69 kilomètres et une hauteur de dix mètres. Large comme une route, elle domine de 1 m. 50 les crues les plus fortes. Les canaux secondaires ne seront étendus à toute la zone irrigable, qu’au fur et à mesure des progrès de la colonisation.

Comme plan futur de travaux, les régions intéressées par | les travaux d'irrigation, se prolongent sensiblement vers le Nord, Nord-Est. Le Haut-Farimaké et le Méma actuellement inhabités la plus grande partie de l’année, sont particulièrement propres à la culture du coton égyptien ou américain. - Sur la rive droite du fleuve, les provinces de Karadougou et de Pondon offrent une surface de 2 à 300 kilomètres carrés favorable à la riziculture et qu’un adducteur branché sur le canal de navigation, près du barrage de Sansanding, irriguerait suffisamment. Plus au Nord, dans la région des lacs à l’amont de Tombouctou, une plaine longue de 250 kilomètres, large de 200 kilomètres, est traversée par trois bras du Niger qui, à l’époque des crues emplissent les dépressions. À la décrue celles-ci se vident dans le bief aval. La faible pente du terrain la rend peu propice à l'irrigation par gravité, seule utilisée actuellement. Il faudrait donc pomper l’eau au fleuve comme à l'exploitation modèle de Diré. Le secteur des lacs Telé, Faguibine et Daouna représente 150.000 hectares de terre où le coton égyptien prospèrerait. La masse d’eau dont on dispose permet d’envisager une telle extension future des aménagements agricoles. En effet, si on ajoute au flot du Niger l’appoint du Bani, on estime à 72 milliards de mètres cubes les eaux qui pénètrent dans la

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zone lacustre. Mais au seuil de Tosaye, à l'aval de Tombouctou, leur somme ne dépasse pas 33 milliards, 40 milliards environ ont disparu par évaporation, infiltrations constituant des nappes souterraines et fuites latérales dans les dépressions qui forment alors autant de défluents généralement orientés vers le Nord.

Comme entreprise à faire dans un avenir plus lointain, le pays d’Aklé à l’ouest d'Oualata, possède, estime-t-on, 60.000 kilomètres carrés de terres récupérables. Pour le moment, on entreprendra dans un avenir plus prochain, des travaux modestes sur le Bas-Niger au sud de Gao, région où les disettes sont chroniques.

Il n’est pas question, si nous envisageons le rythme économique possible du développement de l'irrigation, d’équiper et de mettre en exploitation en un tournemain des étendues de cette importance. La progression de leur aménagement et de leur peuplement se fera à la mesure des - possibilités locales, lesquelles permettent dès aujourd’hui, de prévoir deux étapes quinquennales successives (1942-1946 et 1947-1951) de 500.000 hectares et de 100.000 hectares.

On compte à la fin de la décade 1942-1951 sur une production de :

15.000 à 20.000 tonnes de coton - 50.000 tonnes d’oléagineux 10.000 tonnes de céréales.

L'ensemble, non compris les productions accessoires disponibles pour la vente, et dont l'évacuation se fera en attendant l'arrivée du Méditerranée-Niger par le réseau navigable des grands canaux adducteurs et du Niger. En effet, le profit immédiat que va retirer le Soudan Français du programme hydraulique agricole exécuté sur les fonds d'emprunt concerne aussi la navigation. Dans deux ans, près de deux cents kilomètres de canaux à large section seront ouverts en permanence à la grosse batellerie fluviale, cependant que sur le Niger, lui-même, grâce à la retenue du Sansanding, celle-ci trouvera toute l’année, sur une centaine de kilomètres en amont du barrage, le tirant d’eau nécessaire à sa circulation.

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Toutefois, entre ce réseau de voies d’eau et le terminus du chemin de fer de Dakar au Niger une lacune subsistera. De Koulikoro à Tamani ou Kouodimini, suivant les années, le régime du fleuve en basses eaux conservera ses caractères actuels interdisant tout trafic fluvial important. Afin d’améliorer la navigabilité dans ce bief, d’une trentaine de lieues, une étude a été entreprise et un premier essai de régularisation du lit tenté avec un réel succès, Il est permis de penser qu'au prix d’un effort technique et financier de médiocre amplitude, l'obstacle que constitue dans cette partie du fleuve, le régime de ses basses eaux pourra être rapidement abattu. Il existe également un peu au-dessous de Segou, une ligne de dépression qu’on avait songé à utiliser pour l’établissement d’un canal de jonction entre le Niger et le Bani. Ce projet, maintenant que le barrage dé Sansanding a relevé de cinq mètres les eaux du Niger, serait actuellement d’une réalisation aisée et relativement peu coûteuse, Il aurait pour effet de joindre au bief nigérien Koulikoro-Sansanding, le bief du Bani compris entre la Bagoe dans le cercle de Bougoni et le rapide de N’Talou dans le cercle de San, bief de 250 kilomètres de longueur, susceptible de draîner la production de provinces peuplées d’un demi-million d'habitants.

A l'aval de Sansanding l'équipement hydraulique en cours d’édification ne modifiera pas les conditions présentes de la navigation fluviale qu’autant que le canal du Macina, latéral au Niger, sera prolongé en direction de Diafarabé. Le jour où il atteindra ce point la batellerie de moyennes eaux pourra, sauf dans les très mauvais étiages, être utilisée sur ce bief en saison sèche jusqu’à Mopti. Au-delà la transformation du régime des basses eaux se trouve être sous la dépendance du rapide de Tondifarma.

On a calculé qu'il suffisait de construire sur ce seuil un mur d’un mètre cinquante ou de deux mètres de hauteur, pourvu d’une écluse, pour que les remorqueurs et leurs convois circulent en tous temps entre Mopti et Gao. La retenue ainsi créée provoquerait, en outre, l’inondation pérenne de défluents latéraux, particulièrement de celui qui va d’Attara au lac Tenda et de là, dans le Mema et le Farimaké, provinces dont la mise en valeur fait partie, ainsi que le Kareri du plan d'équipement général du delta central nigérien.

Tous ces aménagements faciliteraient l'exportation en provenance de ces territoires, qui est’ plus naturellement orientée vers Bourem que vers Koulikoro par suite du courant. |

L'Office du Niger. — Par qui furent conduits ces travaux dont l'achèvement du barrage de Sansanding marque une étape importante ? C’est ce que nous allons voir maintenant.

Après l'examen attentif du projet de 1929, un service technique spécial (S.T.I.N.) avait été chargé des travaux hydrauliques exécutés en régie directe. Sur les instructions du Gouverneur Général Carde, un Service du Niger rattaché à la Colonie du Soudan, avait été institué en 1930. L’instabilité du personnel de ce Service entraîna le Gouverneur Général Brevie à recommander au Ministre des Colonies,- la substitution au Service du Niger, d’un Etablissement public autonome. Cet établissement, l'Office du Niger, fut créé par le décret du 5 janvier 1932, auquel des modifications de détail furent apportées ultérieurement par les décrets du 26 mai 1932, 10 juillet 1936 et 4 novembre 1937. Doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière, l'Office du Niger est chargé de l'étude, de l’aménagement et de la mise en valeur de la vallée du Niger. Il est administré par une direction assistée d’un Conseil d'Administration, sous l'autorité du Gouverneur Général.

Les ressources financières de cet établissement ont été, à l’origine et sont encore pour une bonne part, constituées à l’aide de subventions du Gouverneur Général de l’A.O.F. et de la Colonie du Soudan Français. Elles proviennent également et dans une mesure croissante, des contributions versées par les colons nigériens au prorata des surfaces aménagées et mises en culture.

L'Office comprend les services suivants :

— Un Service de l'hydraulique chargé de toutes les opérations sur le terrain relatives à l'étude du bassin du Niger et à la préparation des projets généraux concernant son aménagement et sa mise en valeur.

— Un Service agronomique pour la détermination des cultures à améliorer, à développer ou introduire.

— L'Office dispose également de laboratoires dans lesquels se poursuit l'étude scientifique des facteurs locaux de la production.

Les essais se rattachant aux sciences agricoles. sont effectués dans les stations suivantes :

Soninkoura. — À 15 kilomètres de Segou, station spécialisée dans l'étude des arbres fruitiers et forestiers et des fourrages. .

Banankoro. — À 12 kilomètres de Segou, est la station centrale d'étude du cotonnier.

C'est là qu'ont été sélectionnées les variétés Allen et N’Kourala, dont la culture se développe actuellement dans les terres irriguées du Sahel Nigérien.

Kavo. — Station située dans le Haut-Macina : est spécialisée dans l’étude du riz. Les variétés de riz en culture à Niénébalé, Sotuba et Kokry, proviennent de sélections

effectuées dans cette station.

Niono. — Station cotonnière située dans le Kala plus spécialement affectée à l’amélioration et à la multiplication des variétés de coton à cultiver dans les régions commandées par le canal de Sahel. Située en pleine zone de production cotonnière, Niono a remplacé les stations auxiliaires de Siguiné et de Sokolo, dont le rôle à pris fin avec l’achèvement des études générales.

Le Service des Travaux et Exploitation chargé de la préparation et de l'exécution des travaux et ouvrages d’hydraulique et d'aménagement des terres en vue de leur mise en valeur.

— Le Service de la Colonisation en vue du peuplement des terres irriguées, et qui comporte des centres de colonisation qui assurent l'instruction des colons, le contrôle des cultures, la concentration, la préparation et l'exportation des récoltes.

Un Service Sanitaire qui est chargé de la préparation et de l'exécution des mesures d'hygiène, de prophylaxie dans les territoires aménagés, assistance médicale aux colons indigènes, contrôle en ces matières de la colonisation européenne sur les mêmes territoires.

— Le Service de l’Elevage chargé de la constitution des troupeaux des colons indigènes et de leur vaccination préalable. “

Des travaux en cours dans le delta nigérien, l'Office du Niger n’est chargé que de ceux concernant l'aménagement, le peuplement et l'exploitation des terres. Les ouvrages incorporés dans le programme des grands travaux hydrauliques dont l’exécution fut faite en régie directe, ont été confiés au Service temporaire des Travaux d'irrigation du Niger rattaché à la Colonie du Soudan Français, A l’achèvement des grands travaux de terrassement, ce Service temporaire a été supprimé. Exécutés à l’entreprise les ouvrages hydrauliques de la région de Sansanding sont placés sous le contrôle de l'Inspection Générale des Travaux Publics de V’A.O.F. par l'intermédiaire d’un service spécial fonctionnant sous la direction d’un ingénieur en chef installé sur les lieux à Markala.

À l'exécution des programmes relevant des lois d’emprunt de 1931 et 1934, l'Office du Niger ne participe donc que pour la part relative à la canalisation et à l'aménagement des terres, à la colonisation et à la mise en valeur du pays.

Sans unité de Direction, sans personnel stable, possédant une grande expérience locale, sans une parfaite continuité dans les vues d'ensemble et dans l’action, une entreprise comme celle du Niger, ne saurait être menée à bonne fin. « Entreprise délicate et de longue haleine dont la réussite est subordonnée à la continuité dans les. idées et dans les programmes et qui ne peut sans inconvénients, rester à la merci des changements de direction et de personnel » (x).

Avant de passer à l’étude de la mise en valeur du Soudan et du Niger, qui résultera des travaux poursuivis parallèlement sur le Niger et à travers le Sahara, nous clôturons ce chapitre en donnant un court exposé d’une semblable coordination irrigations et rail sur cette même terre d'Afrique Nous voulons parler du barrage de Sennar en Egypte sur le Nil Bleu, terminé en 1925, qui retient 700 millions de mètres cubes d’eau. Cinq ans après son achèvement, une

(1) M. Albert Sarraut ouvrant la première séance du Conseil d'Administration de l'Office du Niger.

surface d'environ 100.000 hectares était déjà en irrigation et on pouvait exporter 30.000 tonnes de coton égrené. Les cultures intercalaires qui accompagnaient le coton et le trafic d'importation ont conduit à un trafic total de 300.000 tonnes en 1932 du chemin de fer qui dessert les régions irriguées par ce barrage. Le chemin de fer de 1.100 kilomètres laisse un bénéfice important à l'Etat et comme le Méditerranée-Niger, il traverse un pays désertique, très analogue au règ Saharien, mais après un parcours plus court, au bout duquel il aboutit à Port-Soudan sur la Mer Rouge.

Devant ce succès et pour accroître la capacité d’exportation, le gouvernement a construit un second chemin de fer de 800 kilomètres, de Sennar à Haiya.

Le rail paraît donc le seul moyen de transport susceptible d'assurer l'écoulement des produits de vastes régions irriguées comme celle de la vallée du Niger.

Quelle mise en valeur va résulter de cette voie de pénétration nouvelle, comment le Méditerranée-Niger viendrat-il compléter les travaux hydrauliques entrepris et ceux déjà réalisés ? C’est ce que nous verrons en cherchant à prévoir l’évolution agricole, industrielle, commerciale et sociale des régions que traversera et desservira le futur réseau transsaharien. |

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