‹ MéhulChapitre 10 sur 12 · LE 2^ JUIN 17Ô · texte numérisé non relu

LE 2^ JUIN 17Ô

MORT A Paris

LE 18 OGIOBRE 1817

Près de son tombeau se trouvent ceux de ses amis

' C'est la maison qui porte actuellement le n" 28. On sait que le nom de Méhul a été donné à, une rue de Paris.

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Cherul)ini, Grélr\ ,Lesueur, Hoiddicu. llcrold. ^ aiidaël, et ceux de Chopin et de Belliiii.

« Il me semJjle, » écrivail Aléluil à son ami Berlon pour le coniplinienter de sa parlition du C/icvaiier de Sénanye, « (jue tu as saisi avec un goût ex(|uis le point OÙ il faut sarnMcr pour ne pas déclanier sans inHodie, pour )ie pas chanter sans intention dramatique. » Il n'aurait pu mieux déllnir sa propre esthétique, et ces lignes pourraient servir d'épigraphe au jugement (ju'en a porté Berlioz :

« Son système en musique, si lant est (jue l'on puisse appeler système une doctrine semblahle, était le système du gros bon sens, si dédaigné aujourd'hui. Il ci'oyail ((Uf la musi(jut' de Iht'àlre, ou toute autre destinée à èti"e unie à des paroles, doit oliVir une corrélation directe avec les sentiments exprimés par ces paioles ; (juelle doit même (juelquefois, lorstjue cela est amené sans elloit et sans nuii'e à la mélodie, chercher cà l'ejiroduire l'accent de voix, l'accent déclamatoire, si Ion peut ainsi dire, (|ue certaines phrases, que certains mots appellent, et (jue Ion sent être celui de la nature' .. Il

' On sait que c'est autour do la définition du mot « nature » que se livrèrent toutes les batailles nmsico-littéraircs au xviu' siècle. « L'ait »,

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crovciit que pour certains élans du cœur humain il y a des accents mélodiques spéciaux qui seuls les expriment dans toute leur vérité, et qu'il faut à tout prix trouver, sous peine d'être faux, inexpressif, froid, et de ne point atteindre le but suprême de l'art.

« Il ne doutait pas non ])lus que, pour la musique vraiment dramatique, quand l'intérêt d'une situation mérite de tels sacrifices, entre un joli effet musical étranger à l'accent scéni(]ue ou au caractère des personnages, et une série d'accents vrais, mais non provocateurs d'un frivole plaisir, il n'y a point à hésiter. Il était persuadé que l'expression musicale est une fleur suave, délicate et rare, d'un parfum exquis, qui /te fleurit point sans culture et qu'on flétrit d'un souffle; qu'elle ne réside pas dans la mélodie seul^^ment, mais que tout concourt à la faire naître ou à la détruire : la mélodie, l'harmonie, le rijthme, l' instrumentation, le choix des l'Bgistres graves ou aigus des voix ou des instruments, le desrré de vitesse ou de lenteur de l'exécution, et les diverses nuances de force dans l'émission du son... que les vrais maîtres de l'art ont toujours été doués plus ou moins de qualités très musicales unies au sentiment de l'expression'. »

Oui, Méhul savait toutes ces choses, et par là il rele-

écrivait Le BaLteux, « ne peut pas sortir de la nature ; c'est un principe ». D'autre part, l'artiste devait, non « imiter la nature telle qu'elle est, mais telle i|u'elle peut être, et telle qu'on peut la concevoir dans l'esprit w. C'était plutôt vague, et chaque système y pouvait trouver son compte.

* Berlioz : Les Soirées de l'orchestre, deuxième épilogue.

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