‹ MéhulChapitre 7 sur 12 · ARIODANT. — LE CHANT DU -25 MESSIDOR. — L'IRATO. LA MESSE SOLENNELLE · texte numérisé non relu

ARIODANT. — LE CHANT DU -25 MESSIDOR. — L'IRATO. LA MESSE SOLENNELLE

Tandis qu'Adrien combattait vaillamment sur la scène de l'Opéra, les mêmes auteurs préparaient pour rOpéra-Gomique un ouvrage tiré de Roland furieux : « Les personnages principaux tiennent à l'ancienne chevalerie, écrivait MéhuI, et j'ai éprouvé plusieurs fois qu'il était plus aisé de faire c/iafiter des paladins que des sénateurs et des consuls, » Il aurait été intéressant de connaître les raisons de celle facilité relative. Une circonstance curieuse rappela ce qui s'était passé pour la Caverne : TOpéra-Gomique reçut en même temps que VAriodant d'Holïman et Méhul un opéra de Dejaure et Berton écrit sur le même sujet: Montana et Stéphanie. Ce dernier fut joué le 15 avril 1799, et son rival six mois plus tard, exactement le 11 octobre. L'analogie des livrets n'empêcha nullement ces beaux ouvrages d'obtenir le vif succès qu'ils méritaient tous deux, et que constata l'unanimité de la critique. Cherubini, à qui la partition était dédiée, en louait la mélodie « aimable et chantante ». Tout en reconnaissant que les situations dramatiques étaient traitées avec « les couleurs sombres » qu'elles nécessitent, il félicitait néanmoins l'auteur de s'être « beaucoup modéré dans l'emploi de ces transitions d'harmonie, brusques et disparates »,

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donl il lui r«^prochait d'avoir abusé avec Mélidore et Phrosinv. Borlioz, dans ses Soirées de rorcheslre, place Ariodiuit « j)arnii les très beaux ouvrages de Mt'diul (jui réussirent peu ». Cepciidaul Ircule-liuil rt'jirt'SL'iilalions consécutives et une reprise ["année suivante prouvent heureusement l'inexactitude de cette assertion.

Deux jours avant lapparition d'Ariodnul le iiénéral Bonaparte, revenant d Kpryptc, mettait le pied sur le sol tVaneais. Peu sen était fallu, nous raconte Arnault, (lue M('diul eût été son compaiinon d'expédition. En etl'et, l'auteur de la Feuille a\ait été chargé de trouver « un poète, un compositeur de musique et un chanteur» qui consentissent à tenter l'aventure. Ducis, Méhul et Lays étaient même désignés par le grand capitaine. Toutefois la proposition ne séduisit aucun d'eux, et la scène du Conseil tenu par les rats se renouvela de façon assez comique :

J/un dit : «Je n"y vas point, je ne suis pas si sot : » l/autre : «Je ne saurais... » si bien que sans rien faire On se quitta...

Ducis se trouvait trop âgé, Lays redoutait un rhume, et Méhul s'e.\(Misait sur « les devoirs qu'il avait à l'eniplir ».

Il n'est pas nécessaire de s'arrêter longuement sur Épicure. Écrite sur un médiocre poème de l'aimable auteur des Lettres à Emilie, ce Demoustier (jui, bien que descendant de Racine et de La Fontaine par son

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P K E M I È K E PAGE DE LA P A K T ITI 0 \ D ' O R C H E S T H E DE J OSCp h (Bibliollicque du Conservatoire).

père et sa mère, évitait modestement de les rappeler et se bornait à continuer Dorât, — la musique était due à la collaboration de Mébul et deClierubini : « Notre association ne fut point lieureuse, constate philosopbiquement ce dernier, car la pièce fut impitoyablement siftlée. »

Cet opéra avait été donné pour la première fois le 14 mars 1800. Juste trois mois plus tard apparaissait la Dansomanie^ « folie-pantomime » en deux actes enfantée par l'imagination du danseur Gardel, et qui forme évidemment, avec la Chassoynanie mentionnée ci-dessus, la Mèlomnnie de Grenier et Gbampein et la Mètromanie de Piron une téti'alogie définitive sur le ridicule où peut entraîner la manie des vers, de la musique, de la cbasse et de la danse.

Presque au même instant se produisait au Jour l'une des plus belles œuvres de Mébul, le Chant da ^5 messidor an Vf II, ou du 14 juillei 1800. Répondant aux intentions du premier Consul, Fontanes avait écrit un poème dans lequel, si l'on ne trouvait pas le meilleur de son très réel talent, on pouvait du moins reconnaître la prudente et ingénieuse souplesse de son caractère. 11 sut y célébrer les exploits de nos armées (Moreau venait de triompber à Hœscbtaedt et Bonaparte à Marengo), les bienfaits de la paix qui les allait suivre, la défaite des Italiens et des Germains, la confusion de la « Tamise rivale», et aussi évoquer les ombres des béros morts pour la patrie.

Alors, par une transition naïvement babile, Gondé,

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