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STATISTIQUE DES HOPITAUX RUSSES

dernières. En 1856, les amputations et les désarticulations étaient distinguées par région, et l'on n'était point exposé à confondre dans un même total les amputations de la cuisse et celles de l'avant-bras. En 1857 et 1858, ces séparations importantes ont disparu.

Ne pourrait-on pas les réhabiliter, et même adopter pour les grands tableaux le plan suivi par M. ïïeyfelder pour l'hôpital de perfectionnement? Ne pourrait-on pas s'attacher à indiquer avec autant de soin que possible les causes de mort?

Il paraît évident que les opérations réussissent d'autant mieux que les hôpitaux sont plus petits, que les salles renferment moins de lits, que les villes elles-mêmes sont moins grandes ; mais, en pareille matière, il n'y a évidence que quand il y a chiffres, et encore une foule de circonstances accessoires modifient les nombres. Ne pourrait-on pas établir diverses catégories d'hôpitaux, d'abord ceux des villes grandes, moyennes et petites, puis distinguer ensuite les hôpitaux eux-mêmes en grands, moyens et petits? Sans multiplier à l'infini les divisions, et sans rapporter isolément les résultats obtenus dans les 4 ou 500 hôpitaux russes, on pourrait sans doute établir quelques groupes généraux qu'on analyserait plus tard si la nécessité paraissait l'exiger.

Nous soumettons ces desiderata à notre confrère russe, et nous sommes persuadé d'avance qu'il comprendra leur importance. S'il jugeait à propos de les remplir, il donnerait beaucoup de valeur à ses rapports, car ils serviraient à tous les pays du monde.

Nous en sommes réduits à demander de tels renseignements à l'étranger; car, dans l'organisation actuelle de nos hôpitaux français (je parle de toute Ja France), il serait impossible d'arriver à rien de ce que nous désirons savoir. On reçoit tous les jours par douzaines dos rapports sur la vaccination, sur les épidémies, sur les eaux minérales; ces rapports sont l'œuvre d'une foule de simples praticiens mus parle désir de se faire connaître et d'obtenir une modeste récompense ou une mention officielle. Il me semble qu'avec quelques médailles de bronze et d'argent on obtiendrait de même des renseignements précieux sur la statistique des hôpitaux de province.

A défaut de l'initiative du ministre de l'intérieur, l'Académie n'aurait qu'un mot à dire, un prix à proposer, et les mémoires afflueraient. Ainsi serait comblée une des lacunes les plus fâcheuses de notre organisation médicale.

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