MORTALITÉ
manière effrayante la gravité des suites de couches, en provoquant surtout ces épidémies formidables qui souvent franchissent les limites de rétablissement hospitalier pour se répandre dans la ville. On a démontré d'une manière incontestable la bénignité relative des accouchements sporadiques, si je puis employer cette expression; on a montré enfin que la misère, le dénùment, l'insuffisance des soins médicaux et des ressources matérielles, réunis tous ensemble dans les quartiers populeux, ne contre-balançaient pas l'unique influence délétère de l'agglomération nosocomiale corrigée pourtant par l'hygiène bien supérieure et les services éclairés que l'on trouve dans les maternités officielles. Tout cela a été dit et bien dit, et cependant, puisque cette question revient indirectement à l'ordre du jour, je ne crois pas inutile d'y ajouter une nouvelle confirmation.
L'hôpital de Lourcine, consacré, comme on le sait, aux affections vénériennes, est, de plus, le théâtre d'accouchements assez fréquents. Lorsqu'une femme enceinte est affectée d'accidents syphilitiques, de blennorrhagie intense, ou de végétations nombreuses, elle est ordinairement dirigée sur cet établissement, soit du bureau central, soit de la Maternité ou même des au 1res hôpitaux. Lorsque la grossesse est avancée au moment de l'admission pour maladie vénérienne, la malade reste à Lourcine pour y faire ses couches, et si l'enfant, ce qui est très-commun, est atteint de syphilis congénitale, on le conserve avec sa mère pendant deux ou trois mois, quelquefois plus. On sait encore que sous l'influence de la diathèse syphilitique les avortements sont très-fréquents; nos salles renferment donc souvent des femmes qui accouchent d'une manière prématurée, et qui sont soumises, en conséquence, à toutes les éventualités de l'état puerpéral.
Sans atteindre donc un chiffre total bien considérable, les accouchements à Lourcine sont encore assez nombreux pour qu'on puisse tirer parti de leur chiffre. Yoici les résultats que j'ai relevés pour les neuf dernières années.
Totaux . .