‹ Mémoires de chirurgieChapitre 67 sur 121 · Bull. Soc. de chir., lre série, t. VIII, p · texte numérisé non relu

Bull. Soc. de chir., lre série, t. VIII, p

Cicatrisation de la plaie. — Perforation du moignon par le fémur. — Mort l.

D,.. Elisabeth, cinquante-sept ans, entre à l'Hôtel-Dien le 25 mars 1858. D'une bonne constitution, sobre, laborieuse, cette femme n'a jamais été malade. Elle a un fils de seize ans, fort et vigoureux. Il n'y a rien du côté de l'hérédité; son frère, qui vit encore, a atteint sa soixante-quatorzième année; ses parents ont toujours joui d'une bonne santé et sont morts à un âge avancé.

Il y a neuf mois, la malade constate dans le creux du jarret droit une petite tumeur indolente et arrondie. Pendant trois mois elle continue ses travaux, mais alors la tumeur augmente et devient le siège de légères douleurs (fourmillements, engourdissements continuels, pesanteur de toute la région, et de loin en loin quelques petits élancements); la jambe s'œdématia; la marche, d'abord facile, devint bientôt impossible et la malade fut obligée de s'aliter deux mois avant son entrée à l'hôpital; depuis lors, son état ne fait qu'empirer, ses forces s'épuisent, l'amaigrissement se prononce.

La tumeur, mobile, n'adhère ni à la peau ni aux os; elle semble occuper le tissu cellulaire de la région; on la déplace surtout avec facilité de dehors en dedans. Elle est ovoïde, avec saillie plus considérable vers la partie interne; inférieurement elle paraît bifide. Elle présente une fausse fluctuation très manisfeste auprès du bord interne du jarret. La circonférence du genou est de Om,30 sur le membre sain, de O^O sur le côté malade; mesurée en bas et en dedans, c'est-à-dire dans sa plus grande longueur, la tumeur a 0m,12 d'étendue. La jambe à demi fléchie est le siège d'un œdème qui empêche de sentir les battements des artères tibiales antérieure et postérieure. Les lymphatiques et les ganglions sont parfaitement sains; percussion et auscultation négatives.

On diagnostique une tumeur fibro-plastique à marche aiguë et par conséquent à pronostic sérieux. Amputation par la méthode à deux lambeaux, le 17 avril 1858. On choisit cette opération de préférence à l'extirpation, qui paraît plus dangereuse et moins sûre dans ses résultats.

La dissection de la cuisse prouve que la tumeur a pris naissance dans le tissu cellulaire du creux poplité. Parfaitement mobile, elle n'adhère à aucun des éléments de cette région. C'est une masse blanchâtre, molle, luisante, faussement fluctuante, qui rappelle assez exactement le tissu fibreux ramolli par la macération. Sur la

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