‹ Mémoires de chirurgieChapitre 79 sur 121 · Arcltivcs de médecine, 1853, 1° série, t. II, p · texte numérisé non relu

Arcltivcs de médecine, 1853, 1° série, t. II, p

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ressantes, c'est-à-dire le moignon d'un homme amputé deux ans auparavant par son procédé ; il y joignit bientôt après une observation détaillée renfermant également la description d'un autre membre amputé par lui-même.

Je fus chargé de disséquer la pièce et d'en montrer les détails à la Société; j'aurais dû depuis longtemps m'acquitter de cette tâche; mais j'ai pensé qu'il ne serait peut-être pas sans intérêt de réunir plusieurs faits inédits sur ce sujet important. Les deux premiers sont dus à M. J. Roux; le troisième m'a été communiqué par notre excellent collègue M. Gosselin ; le quatrième enfin n'est autre que celui dont la dissection a été mise sous vos yeux, et qui a au moins le mérite d'avoir provoqué l'envoi de notre savant correspondant.

La description de cette dernière pièce et les réflexions qui l'accompagnaient n'ont jamais été publiées, ni même exposées avec détail; je crois donc utile de reproduire cette partie de mon travail d'autrefois, on pourra par là se convaincre qu'il n'y a aucune dissidence entre M. J. Roux et moi.

Je ne veux pas apporter de nouvelles considérations théoriques pour ou contre l'amputation tibio-tarsienne, ni même faire une histoire complète de cette opération. Je me contenterai d'exposer ces faits inédits, et quelques remarques qui en découlent naturellement.

Observation I. — Écrasement du pied. — Amputation tibio-tarsienne immédiate. — Guérison. — - Déambulât ion facile sur le moignon. — Fièvre typhoïde deux ans et demi après. — Mort. — Dissection du moignon.

Le 10 mai 1850, le nommé Etienne, âgé de trente-six ans, d'une assez forte constitution, reçut sur le pied gauche une énorme pièce de bois qui broya les parties molles et dures des deux tiers antérieurs du pied.

L'amputation tibio-tarsienne fut jugée indispensable et pratiquée immédiatement par M. Jules Roux; ce chirurgien mit en usage son procédé plantaire latéral. La tibiaie antérieure, les deux artères plantaires furent liées, on réunit la plaie avec des points de suture e) des bandelettes de collodion l.

Quelques douleurs dans la plaie, une hémorragie veineuse peu abondante, mais très tenace, se montrèrent dans les premiers jours. Plus tard survint de la tuméfaction, et quelques points peu étendus

1. J'extrais cet abrégé de l'observation publiée dans Y Union médicale, 1851. p. 157, et qui contient des détails plus circonstanciés.

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des bords de la plaie et de sa surface interne furent frappés de sphacè le On enleva les moyens unissants, et bientôt les ligatures tombèrent' les parties gangrenées furent éliminées, des bourgeons charnus Sent de toutes parts, à l'exception du point du lilna recouvert par le cartilage articulaire; le 25 juin, le lambeau fut reapphque de nouveau et contenu avec des bandelettes. ■

Une nouvelle inflammation nécessita plusieurs incisions et des iniections diverses. Le 10 juillet, la guérison était complète; cependant un eczéma retarda encore les essais de déambulation.

Le Octobre, près de cinq mois après l'acculent, le blesse commença à marcher sur le moignon sans se servir de beqmlles. Depuis eue époque, la marche est devenue de plus en plus sur ; u T vie e mois elle se faisait sans douleur, sans claudication, a 1 aide S bottine grossière, et le malade servait comme infirmier; plus S en -t la guerison était solide, il avait été remis aux travaux de feflP* ^ » fut aUeint d'Une f'èVre t!'P " vq

26 septembre 1852, deux ans et demi après 1 ampu-

* Voici ce que l'examen auatomique m'a permis de constater .

Le membre se termine par un renflement analogue au pilon de la ïambe de bois. Ce renflement est arrondi, parfaitement regn her, Ca inférieurement de manière à offrir à la station une base étendue une mesure pas moins de 7 à 8 centimètres dans son diamètre hkm ï éohire et 6 à 1 centimètres dans le sens antéro -postérieur.

d ri e t'r solide, est fort éloignée du siège de la pression ; ell se reclait à une ligne déprimée demi-circulaire, et qui est au u où à 2 ou 3 centimètres du sol dans les points ou elle s en moins a - reconnaître le procède de

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uternfq"; infléchi ou plutôt soulevé en avant et en dehors, est venu ^ son bord libre se souder aux téguments de la région antérieure pt externe du cou-de-pied. .

Extrémité du pilon est partout matelassée d'une couche épaisse ae pÏÏL molles qui forme sous les extrémités osseuses un coussin h Sue, résistant, et très propre à supporter le poids du corps On

t o naît très facilement- la peau du talon avec ses ser.es pap.l- LK^TSto tégument qui répond au lambeau est recouvert d une

^JffTÏ^SS* malléoles en explorant u l Ji Eure du pilon, tant elles sont bien protégées par le lam- S èn résumé, ce'moignon réalise au plus haut degré tout ce que

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l'on peut désirer de plus parfait : largeur suffisante de la base de sustentation, éloignement de la cicatrice du lieu de la pression protection complète des extrémités des parties dures; mobilité' suffisante du coussin de parties molles sur ces extrémités.

Après avoir pratiqué les incisions nécessaires pour conserver toutes les parties importantes, je constate les particularités suivantes •

Peau de la jambe. - Saine partout, et doublée de son pannicule adipeux dans lequel rampent les vaisseaux et nerfs superficiels Adhérence assez notable à l'aponévrose d'enveloppe, surtout au voisinage delà cicatrice ; le tissu cellulaire sous-cutané a perdu sa laxité et l'aponévrose son brillant et son apparence nacrée; il est évident que i inflammation adhésive et plastique a déposé là ses produits ce qui rend la dissection assez malaisée.

Cette fusion des diverses couches, cet empâtement résistant du tissu cellulaire, ces adhérences enfin, augmentent beaucoup vers la cicatrice. A ce niveau, en effet, l'aponévrose d'enveloppe, le périoste du tibia et des malléoles sont confondus en couche inégale qui envoie de gros faisceaux fibreux à la ligne cicatricielle et à la face profonde des lèvres cutanées qui forment cette dernière : il en résulte que dans une zone circulaire d'un pouce de hauteur, la peau est solidement fixée à la terminaison du squelette, et que les mouvements que l'on imprime à la calotte terminale de parties molles ne se transmettent point au tégument de la jambe.

De la graisse, en assez grande quantité, empâte tous ces tracrus fibreux qui jouent le rôle de ligaments ostéo-cutanés. A l'extrémité du pilon, c'est-à-dire dans le point même où le membre mutilé repose sur le sol, la peau est doublée par une couche de tissu cellulograisseux qui a au moins 1 centimètre et demi d'épaisseur Ici s'of firent des particularités du plus grand intérêt : au niveau du sommet aplati de la malléole externe existe une vaste cavité qui remonte assez haut en dehors; c'est une véritable bourse séreuse anfractueuse, inégale, traversée par des brides fibreuses irrégulières et comme déchiquetées; la surface interne de cette poche n'a pas l'aspect brillant, lisse et nacré que l'on observe dans les cavités accidentellement formées dans les aréoles du tissu cellulaire; elle est tomenteuse, colorée par une matière rougeâtre et tapissée çà et là par des débris floconneux qui rappellent les produits d'exsudation qu'on rencontre si souvent dans les bourses séreuses enflammées chroniquernent. Le tissu graisseux qui double la paroi inférieure de cette ca vité ne paraît nullement altéré, mais les surfaces osseuses appartenant au péroné et à la partie externe de la mortaise tibiale, sont rugueuses

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