‹ Mémoires de chirurgieChapitre 89 sur 121 · Bail Soc. dechir., 25 février 1857, t. Vif, p · texte numérisé non relu

Bail Soc. dechir., 25 février 1857, t. Vif, p

DÉSARTICULATION SOUS-ASTRAGALIENNE. 713 utile de publier la suite d'une observation importante, dont le sujet a été autrefois présenté devant la Société, et dont, à plusieurs reprises, il a été question dans les recueils périodiques.

Il s'agit d'un jeune homme auquel M. Nélaton pratiqua, au mois de mars 1855, l'amputation sous-astragalienne, pour une nécrose du calcanéum avec trajets fistuleux multiples dans la région du tarse et du métatarse. Ce malade avait alors seize ans, il était faible et chétif. Tout son corps était couvert de cicatrices, stigmates indélébiles de suppurations scrofule uses. Depuis son enfance il avait été sans relâche sous l'influence de cette diathèse. La lésion des os du pied avait, depuis deux mois, fait des progrès si rapides, qu'une opération parut indispensable Les suites en furent très heureuses, et le vingt-septième jour la guérison était presque achevée; elle ne fut néanmoins complète que vers la fin d'août.

Elle ne se démentit point de longtemps. Le 24 novembre 1852, M. Nélaton présenta le jeune homme à la Société de chirurgie. On avait employé un procédé analogue à celui que M. J. Roux (de Toulon) emploie pour l'amputation tibio-tarsienne. Le lambeau plantaire formait un coussinet solide sur lequel le malade pouvait, en marchant, s'appuyer sans crainte. Grâce à un très faible raccourcissement (2 centimètres), une bottine à talon élevé suffisait pour faire disparaître la claudication -.

Les choses allèrent ainsi pendant deux ans environ, et notre collègue M. Ad. Richard, qui a suivi cet opéré, vous dira qu'il Ta vu marcher, courir sur son moignon sans douleur et sans accidents. Par malheur, la maladie générale n'était pas éteinte, et à une époque que je ne puis préciser exactement, les parties dures furent envahies de nouveau, et à ce point qu'il fallut se décider à une nouvelle mutilation. Notre collègue M. Legouest y assistait, et il nous en a dit quelques mots l'année dernière. La Gazette des hôpitaux renferme, je crois, les détails de cette nouvelle opération, remarquable sous plus d'un rapport. En effet, M. Nélaton jugea à propos, de conserver le lambeau plantaire primitif, qui était resté tout à fait sain, et il coupa les os de la jambe immédiatement au-dessus des malléoles, c'est-à-dire plus près de la surface articulaire que du lieu d'élection ordinaire de l'amputation sus-malléolaire, qui siège à trois travers de doigt au-dessus de l'interligne tibio-tarsien.

J'arrive sur-le-champ au dénouement. Dans les derniers jours du

1. Je renvoie pour plus de détails à la Gazette des Hôpitaux du 20 mai 1852

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