SCÈNE II
MÉROPE, 1SMÉNIE , EURYCLÈS,
MÉROPE
Eli bien! Narbas? mon fils?
EURYCLÈS.
Vous me voyez confus ;
Tant de pas, tant de soins ont été superflus.
On a couru , madame, aux rives du Pénée ,
Dans les champs d’Olympie, aux murs de Salmonée;
Narbas est inconnu : le sort, dans ces climats, dérobe à tous les yeux la trace de ses pas.
3 Ce récit, plein de mouvement, est en même temps une exposition fort habile. Voilà de la vraie poésie où tout est images et sentiments C’est ici une lutte contre Racine où la victoire paraît indécise. Mérope, comme Josabeth dans Athalie , retrace un événement douloureux dont le souvenir a toujours rempli et ému son àme. C’est la pensée unique de sa vie qu'elle exprime. On sait par cœur les vers de Racine ;
Hélas ! l’état horrible où le ciel me l’offrit Revient à tout instant effrayer mon esprit De princes égorgés la chambre était remplie, etc.
On peut comparer :
O mort toujours présente à ma douleur profonde !
J’entends toujours ces voix, ces lamentables cris, etc.
C’est la même vérité d’émotion, la même constance de souvenir, Je même accent.