‹ Mérope, tragédieChapitre 31 sur 62 · GARDES DE POLYPHONTE · texte numérisé non relu

GARDES DE POLYPHONTE

ÉROX.

Madame , par ma voix , permettez que mon maître ,

Trop dédaigné de vous, trop méconnu peut-être,

Dans ces cruels moments vous offre son secours.

Il a su que d’Égisthe on a tranché les jours;

Et cette part qu’il prend aux malheurs delà reine.,, MÉROPE.

Il y prend part, Érox, et je le crois sans peine;

Il en jouit du moins; et les destins l’ont mis Au trône de Cresp honte , au trône de mon fils.

ÉROX.

Il vous offre ce trône ; agréez qu’il partage De ce fils, qui n’est plus, le sanglant héritage;

Et que , dans vos malheurs, il mette à vos genoux Un front que la couronne a fait digne de vous.

Mais il faut dans mes mains remettre le coupable-;

Le droit de le punir est un droit respectable 1 ;

C’est le devoir des rois : le glaive de Thémis ,

Ce grand soutien du trône, à lui seul est commis :

A vous, comme à son peuple, il veut rendre justice.

Le sang des assassins est le vrai sacrifice Qiii doit de votre hymen ensanglanter l’autel.

MÉROPE

Non; je veux que ma main porte le coup mortel.

Si Polyphonie est roi , je veux que sa puissance Laisse à mon désespoir le soin de ma vengeance.

Qu’il règne , qu’il possède et mes biens et mon rang;

Tout l’honneur que je veux , c!est de venger mon sang.

Ma main est à ce prix; allez , qu’il s’y prépare :

Je la retirerai du sein de ce barbare,

Pour la porter fumante aux autels de nos dieux.

i On sent combien cette expression est un droit respectable manque d’énergie et d’élégance , et quelle est la faiblesse de ce vers prosaïque.

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