‹ Mélange oratoires (volume 2)Chapitre 20 sur 27 · V. — A PARAY-LE-MONIAL · texte numérisé non relu

V. — A PARAY-LE-MONIAL

Redite, prœvàricatores , ad cor:<L Pécheurs, revenez au cœur de Dieu*. »

A qui s'adresse. Messieurs, cette invitation du prophète? Aux pécheurs. Ahî je vous en prie, prenons-la pour nous. Pécheur, qui de nous ne l'est pas ? Et puis l'invitation est si douce ! il est si bon de l'écouter comme venant droit du cœur de Dieu au nôtre ! Redite ad cor, revenez au cœur. Là est tout le centre des choses divines et des choses humaines.

L'amour est le seul lien qui rattache le Créateur à la créature. Car, s'il n'avait aimé, Dieu n'aurait pas

* Is. JCLVII, 8.

créé. L'amour devm douc^tee joiâsi le lien qui ralta-

ciisni la créature au Gréataor, car Ae Dieu qui aime veut «b faire aimei*.

L'amour qui descend de I>Jo& ii JUmmiuey qui remonte de ]*homme à Diau^ c^esi âoffic toute la religion. L'iiumauité l'avait trop oublié. Inepss le jour néfaste où elle rompit le pacte de la ypeamère alUance, elle a gardé le besoin du commerce a^(^ec Dieu, mais die en a perdu le secret. L'amour a iail pii^oe à la crainte. On a vu des religions de terreur^ àont Fobjjdt était une divinité maliaisante, dont le coite coosistaît en sacri- Uces harlmres. Le progrès des ciTLLtsaîioas n^a délivré Thumanité de cet esclavage, qu'em roanpaat toute relation avec le ciel. Mais le scepticisa»e ne comble pas les vides du cœur, il les élargit. La T^ie ne devait revenir qu'avec- la religion de ramom*.

L'amour divin va donc reprendre le cbemîn de la \i\m\. 11 iora tout d'abord une première station dans un ca'ur d'homme-, où il retrouvera toutes les excellences de Iheu. L'Incarnation a rendu possible cette merveille. Le cœur de Jésus est Tasile où se repose l'amour étemel avant de se répandre. Pécheurs, vous qui a^'iez desappris le véritable amour, venez à ce cœur : c'est là qu'on le retrouve. Redite, prœvaficaUh rcSj ad cor.

Messieurs, vous avez entendu cet appel, et vous êtes venus. Durant huit jours, vous avez délibéré sur les intérêts de ce peuple qui vous est cher, car c'est votre sang, votre race ; et vous Lavez trouvé malade , malade d'égoïsme et de haine. Vous vous êtes dit :

On ne le sauvera qu'en Taimant; mais comment l'aimer? Allons à la source de l'amour. Ohl vous avez bien fait.

£n cherchant un lieu où l'amour de Jésus se manifeste , vous avez bien choisi votre rendez-vous. C'est ici qu'a retenti cette parole : a Voici le cœur qui a tant aimé les hommes ! » C'est donc ici qu'il faut venir pour le connaître. C'est ici que le christianisme apparaît ce qu'il est réellement : la grande école de l'amour.

L'histoire du christianisme, c'est l'histoire des manifestations de l'amour rédempteur. Le premier témoignage qui lui est rendu , c'est le témoignage du sang : après le sang du Christ, voici le sang des martyrs; trois siècles en sont inondés. Puis vient le témoignage de la doctrine. L'hérésie voudrait amoindrir la personne du Sauveur pour déprécier son amour; l'Église veille et rétablit les droits de la Rédemption. Un troisième témoignage est celui de l'action civilisatrice : les sociétés chrétiennes , pétries par les mains de l'Église, offrent au regard un type nouveau, où brille l'empreinte de charité qu'y a gravée la main du Rédempteur. Enfin nous touchons aux derniers âges. Le monde vieilli et blasé a besoin d'une provocation nouvelle pour rapprendre la leçon de l'amour. merveille ! Il semblait qu'à ce siècle douteur il fallût des signes éclatants, des prodiges extérieurs, quelque chose qui eût frappé les sens pour réveiller la foi. Mais non. La charité de Jésus lui réserve une révélation tout intime; ce qu'elle montrera, cène sont

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jilus ses effets, c'est sa source même : « Voici le cœur qui a tant aimé ! »

Et reconnaissez ici la puissance de Dieu. Cette révélation discrète^ silencieuse, conÛDéeau dedans, fera son ch(»Tnin à travers les gloires bruyantes du xvii® siècle, à travers les railleries impies du xvui«, à travers les n^ations éhontées du xik«; et die atteindra les âmes, elle multipliera les conquêtes de la grâce , elle donnera à la piété contemporaine sa forme la plus expressive et sa plus haute intensité, elle triomphera des préjugés^ des défiances; la dévotion au sacré Cœur s'installera en %ictorieuse dans une citadelle devenue le plus illustre de ses temples, et dont la coupole couvrira bientôt de son ombre tutélaire tout ce qui s'agite de douleurs et d'espérances au sein de la plus orgueilleuse et de la plus coupable des cités.

cœur de Jésus, vous savez vaincre : vous nous avez vaincus. Nous ne résistons plus. Nous sommes venus vous demander ici le secret de faire du bien à nos frères , et confier à votre protection les desseins que nous avons formés en leur faveur. Ah! remplissez-nous de votre charité rédemptrice, afin que les ignorants et les égarés, qui ont oublié votre loi et qui ne savent plus en juger que par nos œuvres, y reconnaissent et y bénissent de nouveau la loi d'amour. Ainsi soit -il.

ALLOCUTION

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