D'UNE STATUE DE SAINT PIERRE
Lahia sacerdotis custodient sctenttam , et legem requirent ex ore ejus.
Les lèvres du grand prêtre seront les gardiennes de la science ; sa bouche sera l'interprète de la loi.
(Malach. ii, 6.)
Excellence * , Messeigneurs^, Messieurs ,
Le Roi -Prophète a décrit avec un charme divin la douce majesté du père de famille : « La crainte de Dieu est la règle de ses voies; l'aisance dont il jouit est le prix de son glorieux labeur; son épouse est pareille à la vigne féconde dont les fruits sont Tornement et la richesse de sa demeure; comme les jeunes pousses de Tolivier environnent la souche d'où elles prennent leur
* Mflr Meglia, archevêque de Damas, nonce apostolique. 2 Mar Richard, archevêque de Larisse, coadjuteur de Paris; Mgr Raviriet, ancien évêque de Troyes.
K L-i^H t ri = ■ 1 Ai ' . K fc.=
. "Iltan
J^' LT'.a'Trr.:
.icrey.
— :a" .-r^li—
ii'-
.i -lU
attendu jusqu'à ce jour pour prendre sa part de la joie commune. Déjà, répondant à nos vœux les plus chers, réminent représentant du Saint-Siège a daigné transmettre lui-même au souverain pontife l'hommage unanime que chacun de vous a voulu souscrire, et qui confond dans un même sentiment les maîtres et les disciples. Mais , pour donner à notre piété filiale toute l'expression qu'elle réclame, il nous fallait la présence du prélat qui figure, au milieu de nous, la personne du successeur de Pierre. Cette faveur nous est faite aujourd'hui, et ce serait assez déjà pour réjouir nos cœurs. Toutefois là ne se bornent pas nos désirs. A votre entrée dans cette église, Monseigneur, un objet a frappé vos yeux : vous avez aperçu la statue du prince des apôtres, assis, comme dans la basilique vaticane, sur la chaire qui symbolise sa mission de docteur infaillible. Nous venons vous demander de consacrer, par une bénédiction empruntée au cœur de Pie IX, l'image qui doit présider désormais aux prières et aux travaux de cette religieuse et studieuse maison. Et vous, Messieurs, qu'attendez -vous de celui qui a l'insigne honneur d'être aujourd'hui votre interprète, sinon qu'il justifie la demande qu'il vient de formuler en votre nom? Eh bien, oui , je le dirai sans crainte, nous avons un droit véritable à posséder parmi nous cette représentation de la chaire de Saint- Pierre: le droit qu'a toute institution à traduire au dehors la pensée qui l'inspire. Longtemps appelée par les vœux de tous les catholiques, admise à Texistence par DOS législateurs, créée par nos é^'éques, cette Uni-
M» \aà^A\t^£s^ t«ATOIB£S
ipi nMT^xii .11 »!i^uuh ioi: : donner à la jeunesse fi; ^.-«tH*.^ :*i .: .^lanTuxi: .u mu àcmner à la patrie des
<jr^ -f-iT^ /^^ .M*-.-- :M pxraani u Tî^diâe des Pliants
.H*-***^ '•^■— T- nn fitrr .'luurr domine toujours
•fV •►^ii-r'^ ;• .ajfc- -ituimiifc^ SUIS il acteindre ces deux
E^t*^ «Mt-.^utianii:Mi lu^m umiuuAiu viuisufiârontànotre
. .M^k^^v^*-.)**. .<*«?>«fc7«j»»w \ :^- .*:■ :wimi li. Messieurs., un 4*1^1 .tfviî î- *i.jiiii»àin: >»i^?rï^ * llseiieui: mais que de «Ar> i* ^Wi >8-' .iî*.i i. iniiv .otjcoKiiv! Sans doute,
>^> •! *r ..', 'V .'.iAi. -Mf»! :v.. .*f :Tiouje\Tu'un pauvre
•;■• »» \.-. - ■ -^ .- . .v«>^- ;• "v^jUMt*. -i :'a choisi.
• .->. V .> -i> .'. . :.i-Hk': :ù- :u >ii i»roiesîriou :
.' } .»:v »:'. ' «r .i.i.>cs-.:.i> , .. .u-v:c*ndra un pè-
•:•. •. •:> < I '....: -■: > .tiavilera plus
< ' •. - •:.'.•.. j.- -*: '.r-„-ji-r.i r:err>:*, ft tout ce
. : . . . -\ r . ...i.> : -/. > AL V UN rf >ur ce foude-
t":. s-s 'r^>: ".yj z.n s: .^r^À.. rvr.ifrmee dans les
•••■"<.-• > ;.; Â z '. ^*-.r'.if:j^ . ; .\ ::\uii hira Tespace et
■r>.. :"rj^. "S r- .'-■••v^>, : ;^c? !\.r.i <.;n ^iège dans la
»;*-■::.*. û^ r-NA,"-, ':'. . j-.;^"... Hiç' >.tv!t'S apvs iachute
" • i-'î'K-r A ;^.i-'«e, -ir > r-^ii' s^ ra er. ore det-C'Ut. Vous
\f*)'tA i/ipti 'lÀ^ Intsw a ie •in.nt de nous étonner par
-Off 'liOiK, -'j Kiira* îe est à st-s ortires jour justilier
l*t /riyst/:re *le sa conduite. O Pierre! vous que le Sei-
gneur a exalté de la sorte , nous sommes prêts à croire que vous présidez à la science ; mais comment?
Il y a, Messieurs, deux sciences parmi les hommes. Elles diffèrent par leur origine aussi bien que par leur objet. L'une est du ciel, l'autre est de la terre; celle-ci interroge les secrets de ce monde, celle-là révèle des mystères qui dépassent notre nature et qui cependant intéressent notre destinée. Ce dernier trait nous explique une anomalie bien étrange tout d'abord : de ces deux sciences, la plus difficile à conquérir, la plus rare à posséder, ce n'est pas la plus élevée; c'est, au contraire, la moins haute, la moins durable, la moins lumineuse. Pourquoi? Parce que c'est aussi la moins nécessaire.
La science humaine s'essaye à pénétrer l'énigme de la vie présente; déchiffrée ou non, l'énigme ccs.se avec cette Aie fugitive, et l'on peut se consoler de mal connaître une demeure qu'il faudra bientôt quitter pour toujours. La science surnaturelle nous donne le mot de la vie future, et nul ne fXïut se pa-sser de savoir ce qui doit décider de son sort éternel. Dieu donc est venu au secours de notre commune ignorance. Dieu a dit à l'humanité ce qu'elle ne pouvait ignorer sans déchoir de ses destinées immortelles. 11 le lui a dit autrefois par ses patriarches et ses prophètes : Olim loqiiens Deus patribus in prophetis * , et rhumanité ne l'a pas compris. .Mors il a envoyé son Fils fiour le lui dire : Novissime locutus est nobis in Fïlio, Et le Veribe
ï Hebr. i, 1.
^ .^ ;«î ^Yokr rv ;i '^ iTàt ^-vA«te a habité parmi
.s nii* ♦/ -jé Xlsâîtf ** Pwrv ivieste nous le dé- >5i^rfv- ■•>/»iitni>r-ff tn^tft. ff.uiÀ:f, i> qu'il enseigne, ce I .^ îtsïv iï <i/»n>i rmirtaiirif >v,)^ îes philosophes conlinnAfi r fT^nkn^^" if -TwfciiTdr ,V '*A tem? : pour lui il r-/»nf*Ah/»n >%r^ fi>;. mtrs ^rïir ,iî3 ïv^vaimie du ciel. Ce (tiu 7»tf*i i%Ai>^ -,^</.-'v /ur *^^iÀ V tombeau, ce que r»/ii:v /^/. 'nî:v ffli^ pr rtftTA.. .-V' ^iimjuK]ue;\ uotre indi- ^/in^^r /»■ .V f«iv ^ hfiriif nroî> 3*>nne. voilà l'objet, en Hr»f*ii^pn.v /v,«h>ci: . iîf >w^ fiiTûi^jên^ l^x>ns. Ses audi t/»ji-v /i-riirttii'*;^ ^in' »/*> j*iftïîtTfï> H It^s Simples: un vuT «il miur»J: A'iir /^TiînKTi^Tî i-Mn *ie douceur, le iifcjf rtrf^ ir.v«^*-/rrriTi^ . r»t . r|i: VlVjw^^iùiœ, il tressaille /btïs If >a*ir.''^^':srr'ri : « Tft*Txj ïVre. s^èi*rie-t-iU jevous Xx^ ,'• V vi-:^ K''r.:< > i\f,r,,vi:f*r,* Tihi . P*il^r. Quelle fx;. /«.'i-i. ;t :-s ,>^f :tf .v'^r f•.^■•.^îv•". i^uel ost Tobjet de :^»:';: «....is ic»' V vi..f,'-s jj; >;-: w" 4 1\mv quo vous A^r-'. .\^;N.' .\'x v^îr-^v^ ^/,\ xj^::*ï>> i^î aux s;ivanls de
Y'^ yo.:T'"A •: K-^ s*ia?r»> c<t Vt< sj^vAîU:^ no sont pas t\;?;> .>r s^'A-f r:>ruA>.v' -i-wv^^î^îNjtirt^ . i*ar eux ausi?i ovii ^iV«' Ar.v À sii^xY^îr 1«^ si^î^^s^ donc viendront ,î 'k'wr îk^iîT. "îv^^is ^ ^x ;\v>.3 îj^>:^ Jo M* tairv» ^vtits par ÏA iWi- it tV 5\>>|-nl t^l var rhwmnîïîè du cœur; ils apprt^^^dn^î-ïU aniv Ni.\>itiVît*. qu'îj faut Apprendre, à l'tVolt^ do J;^>u>-Ohrî>K «no :r.^3>c>iin<v nouvelle et une nouvelle onfcuuv. les >.^\anls wndr\>nt, mais ils ap-
« Luc. X, il.
prendront, avec saint Paul, à n'estimer plus qu'une seule science : celle de Jésus crucifié. Et l'oracle du Sauveur demeurera vrai sans exception : la révélation du salut est le privilège des humbles : Et revelasti ea parvtUis.
Ainsi, 'Messieurs, le Maître divin semble renfermer son enseignement dans le domaine des vérités surnaturelles. La science humaine n'est pas l'instrument qu'il destine à l'œuvre générale du salut des hommes.
Elle demeure après la rédemption ce qu'elle était auparavant, un privilège; seuls les favoris de la fortune et du loisir, ou les héros de la patience et de l'étude, pourront lui arracher ses secrets. Par leurs efforts accumulés, le monde continuera de progresser vers son perfectionnement naturel; mais la grande multitude restera courbée sous la loi du labeur matériel, et les utopies des modernes rêveurs n'arriveront pas à faire de la culture scientifique le patrimoine commun des intelligences.
S'ensuit- il que le Sauveur se désintéresse de cette culture? Loin de là. Messieurs, car la vérité est indivisible; elle peut bien mesurer, suivant l'objet qu'elle montre et le sujet qui la contemple, l'intensité de sa lumière; ainsi le chrétien illettré reçoit, avec la formule dogmatique, ce qu'il peut concevoir de la doctrine cachée sous cette formule; mais la même mesure ne saurait suffire à l'esprit du savant. Chez celui-là, l'enseignement révélé trouve rarement la place vide. En se cultivant par l'étude, la raison a touché à tous
les problèmes, a essayé de toutes les solutions, s'est fait à elle-même sur toutes choses un commencement de science ou d'opinion. Quand une lumière plus haute vient à tomber sur cette pénombre, Tindifférence n'est pas possible ; il faut ou que la lutte s'engage, ou que l'harmonie s'établisse. Dès la première rencontre, l'esprit humain doit se prononcer: la révélation vient à lui au nom d'un Dieu personnel et créateur, auteur de notre être, terme de nos tendances, réformateur de notre condition présente, restaurateur de nos destinées futures. Si cet esprit est acquis d'avance à l'une de ces erreurs philosophiques qui mêlent la divinité avec la nature et noient l'ûme dans la matière, il repoussera la doctrine du salut, ou, pour l'accueillir, il devra brûler ses idoles et se refaire une raison chrétienne. Ainsi, quand Paul annonce le Christ devant l'Aréopage, seul le savant Denis reçoit la lumière en abdiquant sa trompeuse science; les autres renvoient avec dédain celui qu'ils appellent le semeur de paroles. Et s'il s'agit maintenant non plus d'une intelligence formée d'avance, mais d'un esprit qui se développe par l'éducation, là encore, là surtout il faut choisir. Vainement on essayera de faire de l'instruction deux parts : l'une où l'adolescent sera le disciple du Christ, l'autre où la sagesse humaine lui livrera ses secrets, sans égard comme sans opposition à l'Évangile. Pratiquement, il faudra que l'intelligence prenne parti. Ou elle donnera raison au Maître divin , et alors elle ne souffrira rien dans ses connaissances qui ne s'harmonise avec sa foi ; ou elle s'attachera de préférence à la science
séparée 9 dont le propre caractère est de varier sans cesse ses principes, et dès lors elle ne pourra longtemps supporter l'immobilité des bases éternelles sur lesquelles se dresse l'édifice de la doctrine révélée.
Ainsi, Messieurs, la science humaine a le devoir de se faire chrétienne. On a dit, je le sais, que du même coup elle se fait esclave : misérable calomnie qu'on a honte de réfuter encore, et qui pourtant se répète toujours. Si par la liberté vous entendez pour la science le droit de se mouvoir dans son domaine, de choisir ses procédés, de varier ses hypothèses, de les vérifier par l'expérience, d'enregistrer, de classer et de juger ses résultats. Messieurs, la science chrétienne est libre , et je défie qu'on trouve dans l'orthodoxie la plus rigoureuse une entrave qui retarde sa marche. Mais la science s'appuie sur des principes et se heurte à des limites. La religion veut que les principes soient saufs et que les limites soient observées. Ainsi, les sciences naturelles analysent les éléments de l'ordre merveilleux qui règne dans la création : nier l'Ordonnateur suprême, c'est attaquer le principe même de ces sciences. Est-ce là de la liberté? Ainsi encore, l'observation physiologique ne rencontre nulle part l'esprit au bout du scalpel : refuser à une autre science le droit d'affirmer ce que celle-ci ne peut découvrir, c'est nier la limite. Est-ce là de la liberté? Non, Messieurs, c'est de la démence; et la science chrétienne demeure la plus libre, parce que, maintenue sur ses vraies bases et contenue dans ses vraies frontières, elle est plus préservée des entreprises téméraires, plus
affranchie du caprice , plus assurée de ne relever jamais que de la vérité.
Eh bien, Messieurs, cette vérité totale, qui suffit à guider les simples dans la voie du salut , à éclairer les sages dans la conquête de la science, où la trouveronsnous? Est-ce assez de dire que nous la trouverons dans le Christ? Non, car le Christ lui-même a voulu être montré ; c'est le rôle de son Église de le rendre visible à tous les yeux, de mettre sa parole à la portée de tous les cœurs. Mais l'Église, à son tour, a besoin de se faire reconnaître. Parmi tant de sociétés qui se disent chrétiennes, je cherche à discerner le vrai troupeau de Jésus-Christ. Le Maître y a poun^u : c Je suis, dit -il, la porte du bercail : » Egosum ostium^. « Celui qui n'entre pas par cette porte est un voleur: i Qui non intrat per ostium, iUe fur est et latro. Et maintenant paraissez, Simon -Pierre! Vous êtes entré par la porte de Jésus. C'est à vous qu'il a remis ses clefs, c'est à Vous qu'il a dit : « Sois le pasteur de mes agneaux, le pasteur de mes brebis, i C'est pour vous qu'il a prié^ afin que la pureté de votre foi ne connaisse pas de défaillance : Ego rogavi pro te , ut non deficiat fides tua. « C'est vous qu'il charge à son tour d'affermir tous vos frères : Et tu confirma fratres tuos. Qu'un temple s'élève en l'honneur du Christ : avant d'y porter ma prière, je regarderai s'il a Pierre pour fondement. Qu'un débat s'élève entre les enfants de Dieu : avant de prendre un parti, j'attendrai ou que
* Joan. X, 9.
Pierre ait résolu mes doutes par son jugement, ou qu'il ait consacré ma liberté par son silence. Ainsi je ne resterai .jamais sans témoignage. Oh! que je plains les âmes demeurées chrétiennes dans leurs désirs, mais que le malheur de l'hérésie livre aux hasards de leurs propres recherches pour la détermination de leur foi! Elles ressemblent à des aveugles qui ont perdu leur guide et qui s'avancent à tâtons sur un chemin semé d'écueils. Grâces à Dieu, ce n'est pas ainsi que nous avons appris à connaître le Christ. Nos aiUem non ita didicimus Chiristum. Pour nous, le Christ est dans « l'Église, et l'Église se trouve là où est Pierre : » Ubi Petrus, ihi Ecclesia. Voilà notre signe. Et l'histoire vient nous donner raison , en nous montrant le sort fait à la pensée chrétienne, partout où le schisme a fait prévaloir sur les droits de l'unité dont Pierre est le lien l'usurpation des sentiments privés. Réduit aux proportions d'une philosophie inconséquente, ce christianisme mutilé poursuit tristement sa marche, laissant tomber pièce à pièce les articles de son symbole, jusqu'au jour où, mesurant l'espace parcouru depuis la première séparation, il est obligé de reconnaître qu'entre lui et l'incrédulité totale il n'y a plus que des pratiques qui ont perdu leur raison d'être et des mots qui ont perdu leur sens.
Mt ldSilLXà3i^ i^BJJXXMES
uc
j. t-^: (itmi 'vnji.^ Wfssituc^^ sUiCLt PTerre préside à la s^'iMD'te» ^; s^iL iJiiMf^e vfêc i^u^oj giilsictèe «iajQs une maison qui ^\^i^v^. Ktrf irm tM^tMt Jkt iluiiQctkt (L-uiËtiujre scientifiqae n\ r.UrnUnuni.. lAfJtnv sacpnàiÉiit tOÊOitadimiJ seienUam. Tu(jOr(i>:-L Jiisi^tBr kn^^asBimA. ^^Hmr établir la relatitni ik 4*^ *^^yi/i)i(»it :j«tfiwcttwir A^wec Tautre partie de yffKmTi qm miuf f»flcrt^lJ>!^'XlIt^ ad : Ikii foiiuatioD d'une jn(im<ss( '\'^irt4jfuist' '/ likî^«HieBïr^« Ika «dèoDiOBkstration est ihiu fi^^'iiîy^M' : iMî\. kiT^qxiktii <sfi tdlacks Ha vérité, la xKHTt^j ï*e fMr «îfwïre "pifc o£' ïk vOwwiiinucttL <>ue ceux qui <M!frj1 rj^Kfitii^ 4^ J'^armariujka^il «âffDuamider aux inconségrjr-.ri.-'/Js i'Vr^rif- nfe.tijr^' hôTjrj.c^T^ ï:ii rreiiEi/èie contre le ;i: !',<:,:. :h Hw.r> rK*iv'îîT;ri£S. î^fô v«LiiE;t^ de l'Église ."jR.:N.*>,.«crjr rrvyi/v^i;/. â^- îa T/jèT^'j^^ rjjjîin: lia régie du l»».f.r. T»f'.;j^-<r ^U k se^*>re.t de liian ^".'^nne- : El iege»H me-
ôrj :\k à A Avtv TArsc»!!. 1& -^^erta t^ ciKiiiiuuneyenient
l'-'i-jrc'itwflUTif'.. P^^Ajr^^ïïOi - Mfôtsifflîrs":' ïtovi? que la vertu àf-* c^wj^iose ik ifc^\ éiéiïierjti : la jxtî^e ajpf?«éciation cïu àe^-cwr ■£<! k- ^;c«ira^ àe Terrîtir&ss&r^ Or Hliumanité, jjTiTtV- h £'îik--Td>èjrie- iwvhjif' À ja fois ^îoir <:^î? deux en-
àr':fA<^. ■«.> r/c<û poirjl assciz ]X';:r oJ]e de- f^iy^r devant iii ." ■ L'.':/rjr.wi- : tvjJt- rj'cst c^Cfriu^ul^ q-i>r ^i e.îîe ]a défi- Çui'i-, jic/Ljr ja rt-iàirL^ k sa l:ailk, a\i p^- de ?es fiasiioTif Oli ai' sà iitcbcl^:'. iT^t^ j"lji>lûire du ^leare humaiij àTâLiiil jê Qiri^ï, Dieu! qiicjk' ^uijtriîe, quand 3e
moraliste divin ouvrit pour la première fois la bouche pour prêcher sur la montagne! Quel défi jeté à l'orgueil! quelle condamnation de Thypocrisie! quelle guerre déclarée à l'égoïsme! quel renversement des pensées et des désirs de l'homme! La morale païenne est flétrie , la morale pharisaïque est démasquée , tous les préjugés séculaires de la corruption humaine tombent l'un après l'autre devant l'austère et miséricordieuse vérité. Moïse lui-même ne suffit plus à diriger l'humanité rachetée dans les voies d'une perfection où le Dieu incarné veut en personne lui servir de guide, Audistis quia dictum est; ego autem dico vohis, A côté du précepte ancien, je vois le commandement nouveau : le mariage ne connaîtra plus de divorce , la haine ne sera plus permise, même contre les ennemis; la vengeance est interdite, l'injure n'a droit qu'à l'oubli, la pauvreté devient un honneur, la persécution un trésor, les larmes une béatitude. Maître divin! quelle grandeur! Et tout cela ce sera notre loi? Nous monterons à cette hauteur? Nous aurons en commun avec vous cette dignité divine ? Oui, dit le Sauveur, vous serez parfaits , comme votre Père céleste est parfait.
Mais, Seigneur, y pensez -vous? Et notre infirmité native, et l'esclavage de nos iniquités? A ton tour, chrétien, tu oublies tes richesses. Ton péché a disparu, lavé dans le sang de l'Agneau : ta faiblesse subsiste, mais elle est dominée par une force d'en haut. Tu portes Dieu en toi; sa clarté t'illumine, sa grâce te soutient, et si c'est trop peu encore, qu'à cela ne tienne: Dieu fera davantage. Voici un pain du ciel
40 k MÉLANGES ORATOIRES
<iui va introduire la vie de Dieu dans ton cœur, [•ronds et mange : c'est le corps du Christ; prends et bois : c'est le sang rédempteur. Une sève divine fermente dans tes veines. Ce n'est plus toi qui vis: c'est Jésus-Christ qui vit en toi.
Je regarde maintenant autour de moi: je cherche ce que l'humanité a fait de cette beauté morale que le Verbe, en l'épousant, lui avait apportée en dot. Je vois les impies et les apostats : ils ont fait rétrograder la moralité vers le paganisme. Sans doute, en se séparant de la loi chrétienne , ils en ont gardé malgré eux conuTie une teinture; un certain sentiment du droit dos autres, un reste de compassion pour la souffrance, un vernis de douceur répandu sur les mœurs, une apparence de modestie qui oblige l'orgueil à se dissimuler quel(|ue 'peu, voilà ce qu'ils ont conservé de l'Évangile, v[ [c'est là de (|uoi ils sont fiers comme si c'était leur conquête. Au reste, la corruption n'y perd rien, le vice n est pas moins bas, Tégoïsme moins dur, la haine moins féroce, (|u'aux pires jours de la dépravation païenne. Sous la menace de cette perversité croissante, la société tremble sur ses fondements, et le péril dont naguère encore on affectait de rire, devient assez présent pour alarmer les plus frivoles.
Décidément la morale périt avec la foi chrétienne. Mais que devient-elle au sein du christianisme incomplet? Dieu me garde de méconnaître des vertus sincères et d'être impitoyable pour d'involontaires ignorances I Ce n'est pas l'hérétique que j'accuse; Dieu seul est le juge des consciences; mais je regarde les
résultats, et j*ai le droit de dire que, dans le domaine de la morale comme dans celui du dogme , Thérésie a diminué l'Évangile. Les grandes lignes subsistent encore; mais elles deviennent chaque jour plus indécises et plus obscures. On retient des vertus ce qui intéresse l'homme: la justice et la bienfaisance; on sacrifie sans peine ce qui ne regarde que Dieu. I/csprit (Je religion et de prière recule devant les préo<îcupations envahissantes des intérêts de la terre; l'humilité est traitée de bassesse, la pénitence d'inutilité, la contemplation de paresse, la mortification de folie. Pour sauver du naufrage la morale chrétienne ainsi entamée de toutes parts, il faudrait du moins une grâce puissante qui fortifiât la volonté contre les doutes de l'esprit. Mais la grâce, où est-elle? Si l'hérésie n'en a pas tari les sources , elle en a coupé les canaux; des sacrements qui la font couler jusqu'aux âmes, elle a supprimé les uns, réduit les autres à des symboles vides. Au sein du christianisme séparé, je trouve encore les vertus communes; j'y cherche en vain les merveilles de la sainteté. Et ce souffle divin qui s'exhale où il veut, ne s'y révèle par intervalles que pour soulever les âmes qu'il a touchées et les transporter, surprises et transformées, dans le bercail de l'unité catholique.
Là seulement nous retrouvons l'intégrité de l'Évangile: une morale pure, qui ne connaît ni ménagements ni défaillances; une morale discrète, qui par la sûreté des préceptes bannit les excès du rigorisme et met les âmes ordinaires à l'abri du découragement ;
une morale généreuse, qui par la sublimité des conseils ouvre aux grandes âmes les champs infinis de la perfection. Là ce n'est pas seulement la vérité qui brille aux yeux , c'est la grâce qui coule à flots par les fontaines sacramentelles. Là l'héroïsme de la vertu devient une profession que l'Église consacre, qu'elle règle par ses lois, qu'elle gouverne par ses pasteurs, où elle recrute sans cesse la légion du dévouement de Tapostolat et du martyre. Là toutes choses sont mises à leur place, et Dieu au sommet. Le culte de Dieu inspire et motive le perfectionnement de l'homme. Pour Dieu, la vierge cultive le lis de sa pureté, le pécheur converti s'anime à la pénitence, et le juste prodigue les trésors de sa charité à tous ceux sous les traits desquels se cache l'objet de son unique amour. Quelle vision, Messieurs! Est-ce un rêve? Non, c'est sous nos regards ravis une vivante réalité. Voulez-vous savoir où s'épanouit dans sa fleur la perfection de la vie chrétienne? Regardez où est Pierre: autour de lui vous trouverez les saints... Vous les trouverez d'abord sur le siège où prennent place après lui, dans une longue et admirable série , cinquante martyrs ; où les Grégoire et les Léon se transmettent de siècle en siècle, avec l'héritage du nom, celui de la sainteté; où un Gélestin, un Urbain V, un Pie V, continuent d'écrire avec leurs vertus le martyrologe de la papauté. Les saints! Vous les verrez encore partout où brille dans sa pureté la vérité évangélique, partout où sont ouvertes les sources du Sauveur, c'est-à-dire. Messieurs, partout et là seulement où la voix de Pierre
est respectée, où sa parole est obéie, où sa main bénissante trouve des fronts inclinés , où son cœur paternel trouve des cœurs aimants et dociles. Ah! comme Dieu a éclairé les yeux de Pierre pour reconnaître la sainteté! Si loin qu'elle se cache dans le temps et dans l'espace , sous la variété des figures qu'elle emprunte, sous les traits d'un roi ou d'un pontife, d'un mendiant ou d'une bergère, le vicaire du Christ la discerne, son jugement la proclame, son autorité la propose au culte de tous ses enfants.
Quand les premiers chrétiens cachaient dans les profondeurs du sol les symboles proscrits de leurs croyances, ils peignaient sur les murs des tombeaux, et jusque sur les vases du sacrifice , l'image de Moïse frappant le rocher pour en tirer l'eau vive; puis audessous de cette figure ils écrivaient : Petrus,
Et nous aussi , héritiers de la foi des catacombes , nous vénérons dans le prince des apôtres un second Moïse, interprète de la loi et dispensateur de la grâce, celui dont la parole formule l'alliance, dont la main fait jaillir l'eau vive jusqu'à la vie éternelle.
Pierre, nous voulons donner à l'Église et à la France des enfants dont elles soient fières : une jeunesse pure et forte, ardente au bien, invincible au mal, éprise de savoir, de justice et d'honneur; supérieure au plaisir, supérieure à la souffrance, robuste dans sa foi, mâle dans sa vertu, nourrie de dévouement, prête pour le sacrifice, telle enfin que nous puissions fonder sur elle toutes les espérances d'un meilleur avenir. Ah! nous en avons trouvé le moyen.
408 MELANGKS ORATOIRES
Nous nous serrerons autour de vous. Votre image sacrée présidera aux efforts de notre vertu comme aux labeurs de nos études. Elle sourira à notre prière, encouragera les progrès de notre vie chrétienne , et sera pour nous le gage permanent de la bénédiction de Dieu sur cette maison.
Je m'arrête , Messieurs. Je pense avoir dit assez pourquoi la statue de saint Pierrre prend aujourd'hui sa place, une place d'honneur, dans cette église vénérable où tant de saints ont prié, près de laquelle tant de docteurs ont travaillé , où le clergé de France vénère les restes sacrés de ses martyrs. Mais, si précieuse qu'elle soit , celte effigie ne saurait nous suffire. Il est une autre image qui , mieux que le bronze et le marbre, représente à nos yeux les traits de saint Pierre. Regardez Pie IX. Vous verrez un spectacle qu'ignorait rhistoire, et qu'une expérience de dix-huit siècles avaii déclaré impossible. Un homme fut choisi, il y a ti*ente et un ans, pour continuer dans la chaire romaine le i)ei"sonnage auguste du pécheur de Galilée. Et le temps a repris sa course. Un tiers de siècle a jeté dans les annales humaines les événements les plus inattendus. Tour à tour témoin et victime des révolutions qui renversent les trônes et qui n'ont pas épargné le sien, le pontife n a pas quitté la barque où Jésus l'a fait monter ; il n'a pas cessé d'obéir à Tordre divin qui lui enjoint de pousser au large et de mépriser la tempête. Duc in altum, lui disait le divin Maître en présence des erreurs qui menaçaient la raison humaine ; et Pie IX a répondu en affirmant fortement les droits
de la raison, pour mieux venger ensuite ceux de la foi. Diic in altum, répétait le Sauveur à la vue de la corruption débordante; et Pie IX a répondu en montrant à l'humanité le type de la pureté parfaite dans la Conception Immaculée de la Mère de Dieu. Mais l'esprit du mensonge ne se lasse jamais; cette fois, il avait réussi à glisser l'erreur au sein même du bercail : adorateurs du nom de liberté, plusieurs, parmi les meilleurs enfants de l'Église, allaient jusqu'à faire de cet instrument un but suprême et comme un objet de culte, auxquels ils ne craignaient pas de sacrifier même les droits supérieurs de la vérité : Duc in altum, dit Jésus- Christ; et Pie IX a lancé au milieu du siècle cette encyclique célèbre qui éclaira les humbles, affermit les fidèles, et contraignit une société orgueilleuse à reconnaître, par son trouble même, qu'une parole de Pierre est, en dépit de l'indifférence qu'on affecte, le plus grand événement qui puisse remuer le monde. Mais voici que, sous le poids de ses grandes œuvres , Pie IX voit plier sa barque et rompre son filet : comme Simon-Pierre, il appelle à lui les compagnons de son apostolat ; il les convoque des extrémités de la terre et donne à l'univers le spectacle oublié d'un concile œcuménique. Que ne pouvions- nous attendre de cette concentration de lumières au foyer de l'enseignement apostolique? Hélas! le cri des passions humaines, le tumulte des combats et des révolutions est venu trop tôt nous distraire de ces pacifiques assises où se discutaient les intérêts les plus élevés de l'humanité. Du moins, avant de se séparer de ses I 35
4r'> irClAVfiCS ORATOIRES
IWiTcs^ Pie 1\ A pQ ^«51widb^e le concert de leurs voix 7irnc}am«nt k Tacivi le ^iss jiiiguste des privilèges de pj^ïiTe. « Tierpie k ymrJé 3 aur Léon ^ Pierre a parlé par \p:Athon, ^ rï^il Tiio^iUmiltioii des anciens conciles. 3é>ui> fiark^m t >avïars yiar <on pontife^ et sa parole est intAillîh)^ c'esl rimTiwwliftl écho du concile du Vatican. f^ mhint^mLTiX \e tfurme (pue les vœux les plus aOectoeov osai^nl A pôine rèv-er pour U glorieuse carrière Af' T»i(' IX , ce lerme &A déçoisâé de six ans, et nous ne sommes point cnv[ihëi\rty< Si nous regardons les malti6QTS qm uni Tem-pli ses deraièness années, peut-être seïnons - tïoqs tentés ^îe dir^ qu^îl a trop vécu pour lui wrf^mes oe ïV<re vénéfré^ e4 q^^en prolongeant ses jours, )e SffigiMQar -n'a point assez ménagé son cœur. Mais pàlieiïrt^ ïjes desseins 4e Dieu lïe perdent rien à n'être piïs «ravaw^^ ]*u>Ti(Mra"bles ^^n ro^rd de l'homme. Ah! nt'' >'oyc7.->ons ]vis qac^ fatipîé d'une longue navigation, lo >i(^a\ ]HVbenr >-ouîait aborder au port? C'est il<>s\i< qiii \m intordil encore le repos. Duc in altum, j^ousse an laT^, A trax^rs les tempêtes : Celui qui semblait donnir sanra se réxeilîer un jour et commandoar aux xont;? et ^ la n>^, En attoudant , 6 Pierre , vous tiendrez, le g<>ux-email , et nous resterons dans votre baiviuo; nous écouterons votre |>arole, car elle est notre force; !H>us suivrons \x)s exemples, car ils sont saints : nous consolerons votre cœur, car il est jiaternel, et, sûrs de votre appui , nous l>annirons la x^rainte; car le roi" du rivage, si Dieu 1 ébranle, peut bien s'abîmer dans les flot;? ; mais Tesquif du pécheur^ si Jésus le conduit, défie pour jamais leur fureur.
ALLOCUTION
PRONONCÉB