‹ Mélange oratoiresChapitre 15 sur 51 · A LA DISTRIBUTION DES PRIX DE L'ÉCOLE SAINT-ETIENNE · texte numérisé non relu

A LA DISTRIBUTION DES PRIX DE L'ÉCOLE SAINT-ETIENNE

à Meauz, le 30 Juillet 1891.

Mes ghers Amis,

Je ne vous connais pas, et pourtant je n'hésite pas à TOUS donner ce nom : d'abord en vertu du proverbe : € Les amis de mes amis sont mes amis. » Or, vous êtes incontestablement les amis de vos maîtres, puisqu'ils sont vos pères et vous traitent comme leurs enfants; et vos maîtres sont pour moi des amis, puisque plusieurs d'entre eux sont venus à mes côtés perfectionner les connaissances et conquérir les grades supérieurs qu'ils mettent aujourd'hui au service de votre éducation intellectuelle, en même temps qu'ils dépensent, au profit de votre formation morale, les trésors de leurs cœurs.

Je pourrais invoquer d'autres titres encore à votre amitié. Vous êtes des enfants chrétiens, et le Maître que nous adorons, vous et moi, en nous appelant lui-même ses amîs^ nous a faits tous amis les uns des autres. Vous appartenez à un collège catholique, et la cause de l'enseignement libre et chrétien est celle à laquelle j'ai

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consacré ma vie. Vous recevez ici rinstruction ciassiqae, et les écoles sapérieores, dont la direction m'est confiée^ ne cessent d'affirmer leur solidarité avec les écoles secondaires par nn continuel échange de services.

Vons le voyez, de tontes manières Tamitié entre nous s'impose, et qnand même il nous prendrait fantaisie de nous haïr, nous serions encore forcés de nous aimer.

Quand on s'aime, on se veut du bien «t Ton tâche de s'en faire. Serai-je assez heureux pour vous faire un peu de bien? Ce serait attendre beaucoup de quelques paroles fugitives. J'essaierai néanmoins d'y mettre des conseils utiles. Ce qui est certain, c'est que, à votre manière et probablement sans le savoir, vous me ferez du bien à moi-même.

* Je consens volontiers à payer le premier. Si ma seule manière de vous faire du bien est de vous infliger un sermon, et cela au moment même où sonne pour vous l'heure de la liberté, le mieux n'est-il pas de brusquer l'opération? Vous serez plus tôt quittes.

Dans quelques instants, on va vous donner des prix. Tous n'en auront pas. Car j'imagine que les choses ne se passent pas ici comme dans certaines petites écoles, où Ton s'arrange pour que toutes les tètes soient couronnées. Alors, après les prix de composition, les prix d'honneur, les prix d'excellence, viennent les prix de sagesse, puis les prix de bonne volonté, ensuite les prix d'encouragement, enfin les prix d'espérance! Ici

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