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L^^ X'Cteuri Vu ! : ist lui surtout [ail faut plaindie! Le malheureux '. Il ae peut :se ^ustraire â L'obsesnoa Ile la ieuille i m sou qu m lui <.Tie aux oreilles, qa'oD lui met iamr la main. II 5n aciièie 'ine, il »^n achète dix^ il les [it i^umme -k -)!leî* iionienaienk «çueli|Tie «-'hose^ et ifuond il Les i lues. W ne sait nen. mais il est satoré de mo»:s. 'fade «ît pas aouiri. «lomme serait un. afEimé à •£iii. i^Q ^iiise 'i'iiiment». on .luraifc lîiit absorber pla- «LHiirs iiei:ttjlitr»^s 'ie mousse de bière .
En vérité, à i!e réîdme — et Li ne fera i|ue s'aggraver — je me demande L'e qu'il restera, dans vingt anSy de rinteLIia:en]i!e humiiine!
Ajoate2-y la conrespondonce à outrance, le flot de papiers multicolores que déversent^ à jets continiis, sur le malheureux habitant des villes^ la poste, le télé- ^fr:iphe, les agences. Ajoatez-y Tappel irritant du téléphone; les voyages multipliés que toutes ces invitations prov<'>qaent^ et quî^ arrachant incessamment le citoyen
à son domicile, le séparent de ses occupations, grossissent Tarriéré de ses affaires, secouent ses nerfs et font vibrer son cerveau! Tout cela, c'est l'inévitable; c'est la vie moderne. Ni vous, ni moi, nous n'y pouvons rien changer. Il y aplus : une fois embarqués sur cette galère, nous sommes les premiers à vouloir qu'elle marche vite ; autrement nous serions dépassés et écrasés. Mais le résultat, quel est-il pour la sérénité, pour la fécondité de la pensée, pour la santé de l'être physique et moral? Et si l'on songe que les tares ainsi contractées sont héréditaires et que les causes du mal suivent la loi d'une progression rapide, comment se représenter l'avenir d'une race qu'on mène en pareil train?
Pourtant, Messieurs, le temps où les choses se passent ainsi, est le nôtre. C'est donc un beau temps pour nous, car la vie est bonne puisque Dieu Ta faite; et la vie pour chacun, c'est celle qu'il peut vivre, c'est la vie contemporaine.
Nous sommes de notre temps: mais nous sommes chrétiens aussi ; chrétiens, c'est-à-dire hommes de l'éternité. Y a-t-il donc dans les conditions de la vie moderne quelque chose d'incompatible avec les exigences de la vie chrétienne? Non, mille fois non, et nos croyances ne nous obligent pas de nous réfugier au désert, ce qui serait vraiment trop commode pour nos ennemis à qui nous laisserions ainsi la place libre pour achever de pervertir le monde. Ce que notre foi demande de
134 DISCOURS SUR l'éducation
nous, c'est seulement que nous apportions quelque remède aux maux que je viens de signaler.
Voyons donc quelle sera l'attitude du chrétien en face des tendances caractéristiques de la vie moderne.
Notre siècle aime la science? Il a bien raison. Aimonsla autant que lui, et davantage s'il se peut. Aimons-la de la bonne manière, non en la vantant sans la connaître, à la manière de M. Homais, mais en la cultivant à fond, en prenant place parmi ceux qui font reculer ses frontières. Jeunes gens, n'est-ce pas ]à une belle ambition? Elle vous est permise, elle vous est conseillée par TËglise. Et je ne puis l'oublier, parlant dans cette enceinte où se réunissaient il y a six mois, forts de la bénédiction du Pape et des Ë vaques, des croyants éclairés, accourus de toutes les parties de l'Europe et même du nouveau monde pour tenir les assises du haut savoir chrétien.
Aimons, cultivons la science, ne parlons pas de sa banqueroute. S'il y a eu une banqueroute, ce n'est pas la sienne, c'est celle des imprudents qui ont promis en son nom ce qu'elle ne pouvait pas donner.
Mais aimons et cultivons aussi la philosophie, qui est la science rationnelle de l'absolu. Ne permettons pas qu'on fasse table rase de la métaphysique, qui fournit à la pensée un substratum nécessaire et offre aux enseignements supérieurs de la révélation divine le fondement intellectuel dont ils ne peuvent se passer.
Alors, alors seulement, nous pourrons ouvrir nos ailes au souffle d'un mysticisme véritable qui donnera satisfaction aux aspirations les plus élevées de nos
âmes, sans qu'il en coûte aucun sacrifice à notre raison justement exigeante.
Dans Tordre moral, développons les généreuses tendances qu*on déguise aujourd'hui sous le nom barbare d'altruisme et que nous connaissons de vieille date sous le nom plus doux et plus beau de charité. Toutefois gardons-nous de réduire à cela toute la morale et d'en exclure tout ce qui ne va pas directement au bien des autres. En vérité on est en train de nous faire une éthique assez bizarre, qui tient tout entière dans le sentiment de la solidarité humaine et dont les bonnes mœurs ne font plus partie! Quant à nous, persuadés que l'homme est comptable à Dieu de toute sa conduite, nous ne serons pas moins jaloux de nous faire une vie pure que de la rendre bienfaisante. Notre morale, plus complète, sera aussi mieux appuyée. Nous n'attendrons pas, pour la rendre efficace, que le perfectionnement problématique des instincts ait rendu les préceptes inutiles et vaines les sanctions. Nous trouverons dans la volonté de Dieu la raison de lui soumettre la nôtre, dans les promesses et les menaces de Dieu le supplément de force qui manque à nos débiles vertus ; nous demanderons à l'Évangile l'onction qui adoucit les rigueurs du Décalogue; et notre façon de pratiquer la vieille morale sera notre meilleure réponse aux prétentions orgueilleuses de la nouvelle.
Serons-nous démocrates? Il le faut bien. Les uns, parmi nous, le seront avec enthousiasme et par préférence, les autres par nécessité et avec résignation : c'est affaire de tempérament et d'éducation. Mais qu'importe
1% MSCOUIS SUR L^KDCCATION
qae les tendances de notre époque noos plaisent on nons déplaisent? (Test arec celles-là qa'il faut compter. Et rraiment notre qualité de chrétien ne saurait ici nous être one gène; car quj a-t-il de plus démocratiqae qu*ane religion faîte pour tons les hommes, annoncée d*abord et par prÎTilège anx petits et anx humbles; qu'une Eglise qui, aux plus beaux temps du régime féodal, a rendu électires les plus hautes dignités de sa hiérarchie et les a faites accessibles à des fils d'ouvriers comme Hildebrand ou Pierre Damîen ?
Mais si nous ne craignons pas la démocratie, nous ne la flatterons pas non plus. Ah! laissons la flatterie à ceux qui yeulent se servir du peuple pour édifier leur fortune. Laissons-la à ceux qui voient dans Touvrier une béte féroce et lui jet lent une pâture de peur d'être dévorés. Nous avons appris du Christ, notre maître, à respecter davantage nos frères. Nous irons à eux le cœur ouvert, et sors de les aimer, nous n^éprouverons pas le besoin de les aduler. Nous ne leur dirons pas que tout leur est permis, que leur volonté décide du juste et de rinjuste, qu'il n'y a rien au-dessus d'eux et que leurs arrêts sont irréformables.
Nous nous efforcerons de leur donner la vérité, de pratiquer envers eux la justice ; et si la justice paraît trop sèche, nous l'arroserons de charité.
On discute beaucoup aujourd'hui entre catholiques sur les limites de ces deux vertus. Il y en a parmi nous qui veulent restreindre le champ de la charité pour étendre celui de la justice. Dieu me garde d'entrer ici dans ces controverses, plus irritantes qu'utiles! La
justice est le fondement de Tédifice social, la charité en est le ciment. Et que servirait de vouloir tout réduire à la justice? Si Dieu en est absent, elle n'oflFre pas, à celui qui Texige, de garanties meilleures que la libéralité. Elle n'est plus qu'un pacte humain, soustrait au contrôle delà conscience, livré par conséquent de part et d'autre aux interprétations de l'égoïsme. Et si c'est Dieu qui l'inspire, elle déborde naturellement au delà de ses propres frontières et s'épanouit en charité , parce que Dieu est amour.
Enfin quelle sera l'attitude du chrétien en face des transformations que la vie moderne afait subir à l'existence privée? Ici encore, ici surtout, il prendra des conditions nouvelles tout ce qu'elles ont de bon, subira tout ce qu'elles ont d'inévitable, corrigera tout ce qu'elles ont de mauvais ou de périlleux.
^ Ainsi le disciple du Christ n'aura pas peur de ce que nous appelions tout à l'heure le Self-help, « Aide-toi^ le "Ciel faidem » est un proverbe chrétien. Ne pas voir dans la fortune acquise un privilège qui nous dispense de l'eflFort ; faire du travail la loi de la vie ; obliger le jeune homme à se faire ici-bas sa destinée à la sueur de son front, tout cela est très conforme à Tesprit de l'Évangile.
Il y a, je le sais, dans la conception américaine de la vie quelque chose qui inquiète les meilleurs d'entre nous. Le développement de l'individualisme semble menacer dans les âmes le respect de l'autorité paternelle. La précoce indépendance du jeune homme paraît contraire à la stabilité du foyer. Nous nous sommes
habitués à Yoir dans la famille-souche de Le Play un élément de civilisation chrétienne. Et de fait, dans la mesure oCi elle est possible, une telle institution favorise les mœurs patriarcales, si éminemment propices au développement des vertus domestiques.
Mais si les nécessités économiques s'y opposent, c'est en vain qu'on voudra perpétuer dans la famille une même culture ou une même industrie. Mieux vaut chercher la fortune au loin que de trouver sur place la gène ou la ruine. Du moins en quittant le foyer où il a grandi pour aller en fonder une autre, le chrétien moderne emportera avec lui la tradition du respect et la transmettra à ses enfants. Il ne confondra pas Tinitiative hardie avec le mépris de l'autorité. Il saura tempérer l'âpreté de la lutte pour l'existence, par l'esprit de modération et de retenue qui fait contrepoids à Fentraînement des convoitises. A côté du go ahead, qui est la devise moderne, il maintiendra la maxime chrétienne renouvelée de la sagesse antique et pénétrée de l'austère douceur du Sermon sur la montagne : AbsUné et stcstine, Abstiens-toi et supporte.
Enfin, s'il ne peut se soustraire aux conditions agitées de la vie moderne, il trouvera dans sa foi, dans ses habitudes religieuses, dans le besoin de réflexion qu'elles créent, dans les ressources de recueillement qu'elles procurent, le moyen d'échapper au péril de la dissipation et de placer au-dessus des intérêts éphémères le souci des choses éternelles. L'homme qui prie tous les jours, l'homme qui réserve un jour sur sept au repos du corps et à la culture de Tàme, qui, au
SOaÉTÉ GÉNÉRALE DES ÉTUDIANTS CATHOLIQUES 139
cours d'une année, sait encore prélever sur les âpres sollicitudes du gain des heures sereines vouées aux saints loisirs, cet homme-là met en sûreté la liberté et la dignité de son âme. Au milieu de ces esclaves que Mammon courbe sous son joug de fer, il apparaît comme un être affranchi, supérieur à toutes les servitudes. 11 use de l'univers en maître et ne s'incline que devant Dieu.
Soyez de ces hommes-là, jeunes gens, et je ne craindrai plus pour vous les excès d'une vie enfiévrée qui se consume et se dévore dans d'inutiles soucis. Forts des principes que la foi vous garde, vous ne serez pas à la merci d'une opinion frivole et changeante. La presse, dont j'ai peut-être trop médit, tant je suis pénétré des périls qu'elle nous fait courir, ne sera pour vous qu'un instrument. Vous la réduirez à son vrai rôle en lui demandant des informations, et non pas une direction morale. Elle est faite pour servir; on la flatte et on l'égaré quand, pour payer ses services, on lui permet de commander. Ceux qui cherchent auprès d'elle des inspirations sont ceux qui ne savent pas en trouver en eux-mêmes. Et vraiment ils méritent d'être égarés par de faux guides, puisqu'ils ont perdu le secret de se conduire. Quant à vous, sachez vous recueillir, acquérir l'autorité, devenir des inspirateurs. Alors, au lieu de vous fournir des idées, la presse sera heureuse de répandre les vôtres. Et ce sera profit pour tous, parce que vous les aurez puisées aux vraies sources. Cette grande puissance de publicité, qui a tant servi à la propagation du mal, servira enfin, grâce à vous, à la diffusion du bien.
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C'est ainsi, mes amis, que je me représente, en ce tournant de siècle, le rôle de la jeunesse chrétienne. Elle est Tanneau qui rattache le passé à Tavenir. Profert de thesauro sm nova et vetera.
Et ce rôle grandira. Après toutes les banqueroutes de la fausse science, de la fausse morale, de la fausse sociologie, de la fausse civilisation, vous offrirez au monde désabusé un recours contre le mal du doute, un antidote de la corruption, un préservatif contre les remèdes mortels du socialisme ou contre les excès d une culture individualiste, génératrice de la barbarie.
Quelle mission, jeunes gens! Pourriez-vous payer trop cher l'honneur d'être appelés à la remplir? Travaillez donc. Unissez-vous. Hâtez-vous d'acquérir ce que vous ne possédez qu'imparfaitement encore : le savoir et la valeur personnelle ; gardez fermement ce que vous avez, cet héritage de foi et de vertus que vous ont légué vos pères. Quand la société moderne, qui vit sur ses restes de christianisme, aura épuisé ses dernières réserves, c'est à vous qu'elle devra recourir, génération montante, génération croyante et pure, savante et forte, phalange chrétienne demeurée compacte au milieu de l'armée universitaire; c'est à vous qu'elle viendra demander les éléments de la résurrection et de la vie, le secret de résister au mal qui passe, de mériter et d'atteindre le bien qui ne passe pas!