mars 1896. Tome 134, p
.rhreiif*nne. ie <rxtenù ivee ceçret, ^ cause de Testiine 4i 'le \sk -yvnipatiiie '[ail m Inspire, on jeune philo- <sv9phe .lijar. a >liêse sur r^rûn cepiésente on effort poissant ^t sineèrt? poor i.*onàiier les exigences de la pensée modeme nvec la •ioetrine réyêiée. Dans des travaux p^istèneors. M. Mamiee Blondel a laissé paraitr? <le trooblantes ijonipiaisances pour on certain !fonisme dont ;b a aperr;ois pas L'accord possible ayee Uidffe «lu ^umaLoreL Alnai «: est à resprit moderne tont entier, c est à ane vaste eunspication des intelligences 'pie le tlhnstionisnie intellectnel aura bientôt affiûre, s'il veut défendre ses principes essentiels. Pins qne iamais, une philosophie chrétienne forte et savante aoas apparaît «.'i^maie une nécessité de saint. Cette philosophie existe-t-elle ? Quelles sont, à Thenre présente, sa situation et sa force? Cest ce qu'il faut examiner rapidement^ avant d'esquisser le rùle qui lui est réservé dans favenir. Lan^ 'ji^iautiissemênts,^
La Philosophie chrétienne n*est pas Tabdication de la raison devant ta foi. Si le G>ncile du Vatican a reconnu à tontes les sciences humaines le droit de garder, dans le domaine qui leur est propre, l'auto- Domie de leurs principes et de leurs méthodes, comment refuserions-nous ce droit à la science des Rciences qui s'appelle la Philosophie ?
C'est encore le Concile du Vatican qui, résumant avec rautorifé décisive d'une Constitution dogmatique,
les enseignements de la tradition théologique et notamment les principes impliqués dans la condamna* tion antérieure du Traditionalisme par Pie IX, a établi la priorité chronologique de l'usage de la raison sur Tacte de foi et la valeur de cette même raison pour établir les fondements naturels sur lesquels s'appuient les enseignements révélés. Or c'est là une reconnaissance expresse de l'autonomie de la Philosophie dans sa sphère, qui est celle des connaissances rationnelles.
Mais, en même temps, le saint Concile affirme la distinction des deux économies naturelle et surnaturelle, le caractère surnaturel de la Révélation, le caractère d'acte libre et méritoire qui appartient à l'assentiment de la foi, enfin l'impossibilité à priori d'un antagonisme objectif entre les vérités philosophiques et les vérités dogmatiques.
Une philosophie est donc chrétienne, d'abord quand elle est une vraie et franche philosophie, ne faisant appel qu'aux ressources natives de l'esprit humain pour asseoir les principes et délimiter le domaine de la connaissance rationnelle: — ensuite quand elle respecte tout ce qui la dépasse, tout ce qui se présente à l'intelligence avec les signes reconnus d'un enseignement surnaturel et divin. Ces signes, dont les principaux sont les miracles, non pas tous les miracles que la crédulité acclame, mais ceux que les Écritures nous présentent comme les preuves du témoignage divin, ces signes, dis-je, ne peuvent pas être ramenés de force dans les cadres naturels où voudrait les enfermer
L'»2 DISCOURS SUR LËDUCA-nUff
le Monisme, i^t i:'est tincore un devoir de La Philosophie chnUienne de les maintenir à leur vraie place.
Au début de oe siècle, il y avait des Philosophes chrétiens, dunt r«cuvre a laissé dans la littérature reli- ^{ieuae une trace brillante ; on peut dire qu il aV aïait pas de philosophie (;hn^ tienne. Ua spiriLualisme inspiré de Descartes avait traversé tout le xvm* siècle sans se renouveler ni s'enrichir: il avait rei.u radhésion de Voltaires et de Rousseau, les hommages des GiroDdins et de Robespierre. Et c'est là tout ce que nous avions à notre service pour la défense de la religion. Bonald, Biiutin *^i Lamennais trouvèrent avec raison qne Grêlait trop peu, mais ils ne furent pas heureux dans leurs tentatives de renouvellement philosophique par la pensée chrétienne. Ils aboutirent au Fldéisme et au Traditionalisme, et l'Ëgiise n^maine. plus soucieuse de maintenir la vérité que d'épargner ses amis — magis arnica vêritas — n'hésita pas à condamner leurs S}*»tèmes.
Alors les chrétiens se rejetèrent de nouveau vers le Spiritualisme classique et. pour le rajeunir, imaginèrent de le rattacher à Malebranche et, par lui, croyaient-ils, à saint Anselme et à saint Augustin. Ce fut l'âge de l'Ontologisme, dont votre savant et généreux Ubaghs fut un des maîtres, en même temps que Kosmini et Gioberti lui donnaient en Italie des formes différentes, plus originales, semble-t-il. mais par là même — puisque le principe était faux — plus éloignées encore de la vérité.
Ces doctrines, aux tendances si élevées, avaient un
<H)HPËHEKCE AU COLLEGE DE KOTRE-DAUE DE LA [
k grave défaut : elles étaient artificielles et sans contact ||iTec les faits. Pour tenir tète au Positivisme naissant, e pouvait imaginer une tactique moins heureuse fte celle qui s'isolait de l'expérience.
Rome vit le danger : une seconde fois, et avec le me regret d'avoir à affliger de dévoués et éminents iteurs, le Saint-Siège fit comprendre aux enfants
e que le salut n'était pas de ce cùté.
Ijnéme temps, l'Italie du Sud, par les travaux de levenno, l'italie papale, par ceux de Liberatore, ■lient au Hosminianisme du Piémont une protes- [rigoureuse et salutaire en restaurant celte philo- BlradiUonnelle qu'on a nommée le l'éripatétisme
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néo-l Tyrol
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trop lAl peut-être pour juger le mouvement
Iraiste. Parti de Naples, il a gagné la France, le
Belgique, il a renouvelé l'enseignement des
Iséminaires, restitué à la théologie ses bases
, déterminé un immense elfort scientifique et
toute la littérature déjà, riche au sein de
je relève chez nous les noms de Freydeau, de
lAlbert Farges, de Domet de Vorges et de Gar-
vous ceux du P. de San, de M^' Mercier et de
M. Dup^t à Louvain, du P. Castelein et de ses colla-
iàNamur.
Il y a bien des nuances à distinguer dans cet les uns tiennent pour la lettre, les autres gardent lulement l'esprit et cherchent à le faire pénétrer d^ffles données positives de notre Age. Les uns défp , le bloc, comme on dit, les autres admettent
, ». • :* -t »^:*«y)>.>*r*»« 4i r««iiQÙiRRr dan» L'édifice.
;^i v^« n»'ji*r«* »'3*^''.*^4 •**">Hti>r "Wwit riioiiias. le» an- - • t >5 S.*, r.^ j, -t?» ^^ Lr^t ^:k .1" :r-ft.viti>T ,»t <!•* ftiirv} aiqounilmi •-• '; v' ■ *'*r*?* *'.' ' '•*J»'< * ?M.*<r»' jti^iDtix^ «ît Vil (iiapocnit de -mm^'**^* ^\*ynr^'-^ *}'*ni fr-^-*^* «onm <ii'>t'4»s tient (^incpiaiiie iftjffiM^ ^A i^f^ft^f f*'^f0n4 4^n* yVj-rttpï»' •!•» sciences eij^fvw^ft*;»!*^*. i>T'*«j^ 7^*' sfiM«^ «^mmlduâa- sont ponF '.t4 >rT/;^•^s >j f o-«<^ n^i»fiM>if»« «fWftttTBjft chose de dxe î « /ï'^/^/i^i* 'î^rf.» 3^ f^bïk**'*pbï*r «itiKj«bieiti»v «|m me parmi ^^-^éfff'.'T > y/j*.iiii<.-fïr fArnin pMjAor ta rwoojciiiatioii de la fu^^^*ih''.^\']ttt' «f 4*r 1^ «/ri^riee^ pour Ia r«»âiâtaiice ace* 'J^^^fîw^ f'iT»*'«t^»* qni n* JaM^Mmi pla* riem debout, •fffff^p'rfiiinl «?»it pr^mi*T^ principe» îe caraetère mohil*^ 'f«î «pp^Hï^Tït «»ii[ ph^Domènerf! ^l entraîiiaiLt Uafa- 5'J'i I«i'»-m^7n'»'l*ffi^ 1^ j^rpétiKfl ^eoakineikldesdiQ8e& O»» jf- f«^ tfompf^ f'»rJ. hn 1» Phil<r»opbie chrétieime a f>ii^ ^ft /-pfi*? ^în d«» ^i^'ck, comme la Philoâ«>ptLLe sépaf^ft : «îll** ftîi«i:tî f» Irofivé «a voie. Désormais il n'y a plus 'jfi'» d'rfït do^lrinen en préfwnee; et c eâi par nn dnei forrrïi'f^hï'? entre 'ren deux doctrines, le Monisme êvo- |iifionniî<le nS le f V-r H pB titisme chrétien, qne va s'inaa- ^iirer r/»j<e phiios/yphique dont nons voyons déjà blanchir T^urore. AjrplauflittHm^nlê.)
fil
Il rrcMt paH question ici de prédire l'issue de cette Intle. f.e rAle de prophète, k force d'être difficile, devient vrfliment trop aisé. On vaticine à longue échéance, le pliiH Hoiivent au hasard, et l'on se rassure contre le
démenti des événemenis par le mot du courtisan de La Fontaine : « D'ici là, le roi, l'âne ou moi nous mourrons. »
Mais il y a mieux que de vaines prophéties à faire : 1 y a un programme d'action à tracer.
La Philosophie chrétienne existe; elle a devant elle un redoutable ennemi. Que doit-elle faire pour mettre de son côtelés meilleures chances de victoire?
Avant tout, elle ne doit avoir peur d'aucune vérité; et dans l'œuvre de nos adversaires, dans ce chaos des écoles rivales enfin réconciliées sous la bannière du Monisme, il y a une bonne part de vérité à recueillir. Dans l'écrit que j'ai cité plus haut, M. Alfred Fouillée, poussant à l'excès le syncrétisme des doctrines, prétend montrer qu'il n'y a rien à rejeter de la partie positive de leurs travaux. C'est aller trop loin, c'est reprendre, sans l'avouer, la formule éclectique de M. Cousin: « Tous les systèmes sont vrais dans ce qu'ils énoncent, faux seulement dans ce qu'ils excluent ou ce qu'ils ignorent. » Mais, sans aller jusqu'à cette bienveillance banale à force d'être universelle, on peut et l'on doit reconnaître que ces hardis pionniers ont mis au service de théories contestables ou erronées une rare sagacité, un don merveilleux d'analyse, des vues parfois profondes qui ont renouvelé plus d'une province de la Philosophie. Comment contester, par exemple, que la psychologie soit redevable de véritables progrès aux observations psycho-physiologiques de Fechner et de Wundt, aux analyses de Taine, à la conception des idéesforces de Fouillée, aux recherches de Pierre Janet sur
I nntnmRttsmr*. niix immnmu»» trmTanxqa'oBtfimmiiiaK» l(>s phonnmpnns dp I hypnotisme et de la sm^sgESanml .If ri In do pTH^fpmnrp Ips sources françaises et ^uvms jsr pnrilf)nnnrp^ i\ un philosopho amateur à qui des •ôeinfàs d'fïHrps hioj) difTVSronts refusent les loisirs d*niie ^ias vnsfn lorhirr M«îs votre énidition complétera 4"*«ifr" mAmr. p«r Ips noms <)es mai'tres belges et ailei »n|Srlflisol iiftlions, nno nomenclature forcément fis«nlr O"^^"^foîs c'est moins par voie d% qup pnr voir do critiqnc et de réfutation que la phil(ïxi^phio s'onrichirjï aux dépens de la fausse: l>colc crimin«hsto des Ferri et des Lombroso, en Italie, on p PO ^oq n « n I d nrd en te^ cxm troverses, déterminera de v^ril«hlos proffr<^5! do l'ohser\*at4on et du savoir. On se fî«r«lor« do snixTo les modernes lorsqu'ils méconnaissent 1a diflPéronco essentielle, si bien marquée par Aristote el s^int Thomas, entre la connaissance sensible el b eonnaissï^nee inlellectnelle ; on contestera à des îirtVrtnL^. fn<isentols ehr^^liens d*in(ention et de conviction comme (iandry. remploi véritablement abusif qiiils font du mot intelligence, appliqué indifféremment rtu\ .-tnimanx et à Thomme. Mais on trouvera hentiroup A prendre dans la théorie des enchaînements du rt^gne animal.
Si la Philosophie chrc^tienne veut sortir des écoles ecclésiastiques pour paraître sur la scène du monde et y faire figure soit défensive, soit conquérante, il faut qu'elle prenne son parti de tout connaître, de tout éprouver, et, selon le conseil de l'Apôtre, de garder tout ce qui est bon : om^iia probaie; quod bonum est tenete.
Ainsi ouverte à tout progrès réel, cette Philosophie devra maintenir avec vigueur ce qu'elle ne saurait livrer sans trahison : la réalité et la transcendance de Tabsolu, l'antériorité de l'acte sur la puissance, le caractère objectif de la causalité, la notion si décriée et si nécessaire de la substance, celle de la liberté de l'homme à la base de la morale, de la liberté de Dieu à la racine de la création.
Et de même que, pour se rajeunir par des acquisitions heureuses, elle a besoin de se tenir en relation permanente avec la science, pour conserver le dépôt dont elle a la garde, il faudra qu'elle entretienne un commerce habituel avec les anciens maîtres, notaniment avec Aristote et saint Thomas, et qu'elle ne perde jamais le contact avec la théologie, non certes pour abdiquer son indépendance, mais pour s'assurer ellemême contre l'esprit d'aventure et la séduction des chimères.
Si elle demeure fidèle à ce programme, la Philosophie chrétienne pourra renouveler entièrement son appareil et présenter aux regards de nos successeurs un aspect assez différent de celui qu'elle offre aujourd'hui. Néanmoins, ceux qui voudront sonder ses profondeurs retrouveront dans les substructions de l'édifice l'intégralité des principes sur lesquels nous faisons déjà reposer nos convictions morales et religieuses. Ils constateront avec joie qu'il y a eu progrès sans révolution, acquisition sans pertes, développement d'une unité vivante sans cesse enrichie par la variété des apports que lui auront fournis toutes les branches du savoir humain.
I5B DISCOURS suB l'éducation
La solidité d'one telle œurre offirira un contraste chaque Jonr pins frappant ayec Tinstabilité des doctrines monistes, arec lenr insuffisance à fonder une morale et une science de la rie. Le besoin d'idéal qui tourmente la génération nourelle trouvera là une satisfaction pins saine et plus pleine que dans les conceptions artificielles et bizarres de la Philosophie séparée. La sociologie elle-même, cette science orgueilleuse qui, avant même d'avoir affermi ses bases, prétend déjà à tout absorber, viendra chercher dans notre synthèse de l'univers une consistance que d'antres lui promettaient et qu'ils n'auront pas su lui donner.
Telles sont, Messieurs, nos espérances : elles ne font qu'un avec nos devoirs. Elles deyiendront une réalité si nous ne restons pas au-dessous de notre tâche, si nous ne déclinons aucun effort et ne redoutons aucune lumière.
Ceux qui, comme vous, auront créé les premiers un foyer ardent de savoir philosophique, prendront la tête du progrès dont je viens d'indiquer la direction. Au jour de la moisson, quand nos neveux marcheront ployés sous le faix joyeux de leurs gerbes, ils jetteront en arrière un regard reconnaissant vers ceux qui auront labouré le sol et jeté la semence. Ce jour-là le nom du Collège de la Paix sera prononcé avec respect; et TËglise, glorifiée par la science et par la foi de ses enfants, bénira la mémoire des ouvriers qui, au prix de leurs veilles, lui auront reconquis sa place à l'ayantgarde de l'humanité toujours en quête d'une vérité plus pleine et d'une yertu plus haute dans une relation plus étroite avec le Dieu dont elle est l'image.
DISCOURS
PRONONCÉ
AU CONGRÈS DES CATHOLIQUES DU NORD à Lille, le 14 novembre 1883.