Jean, xvi
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Cest ainsi, mes amis, que vous devez redire la confession de saint Pierre. Jésus à son tonr ne vous laissera pas sans réponse. Vous savez celle qn'il a faite à son apùlre : « Tu es bienheureux, Simon, fils de Jean ; ce n'est pas le monde qui t^a révélé ce qae tu viens de proclamer, c'est mon Père qui est dans les cieux. Et moi maintenant je change ton nom : ta es pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. •
Eh quoi ! mes amis, y aurait-il quelque chose poor vous dans celte étonnante promesse? Gardez-vous d'en douter! Certes, il n'y a quune pierre angulaire qui supporte tout l'édifice de l'Église. Mais l'édifice luimême est fait d'une multitude de pierres qui reposent sur celle-là et dont chacun contribue à. la beauté, à la consistance de l'ensemble. Jeunes gens chrétiens, rendez à Jésus-Christ le bon témoignage, celui de l'esprit par une foi éclairée, celui de la volonté par une vie pure, laborieuse et féconde, celui du cœur par un tendre et fidèle amour. A vous aussi Jésus répondra : Vous êtes bien heureux, car ce n'est pas le monde qui vous a inspiré cette sagesse, c'est mon Père qui est dans les cieux. Continuez ici-bas d'orner et de soutenir mon Ëglise, en attendant que je vous fasse votre place, parmi les splendeurs de la gloire, dans la solidité des biens éternels.
miSSt DU SAINT-ESPRIT, 4 NOVEMBRE 1892
Messieurs,
Chaque année, nous nous réunissons au pied des autels, pour placer sous la protection de Dieu et Tinvocation de son Esprit la reprise de nos travaux.
Cette réunion coïncide d'ordinaire avec Toctave de la Toussaint.
L'idée m'est venue, cette fois, d'aller demander à l'esprit de cette grande solennité chrétienne les leçons et les exhortations dont nous avons besoin à l'entrée de la nouvelle carrière de labeur qui s'ouvre devant nous.
La Toussaint, pour la société de jour en jour plus païenne au sein de laquelle nous vivons, ce n'est plus une fête religieuse : c'est la fête des morts, la fête des tombes, la fêle des souvenirs et des pleurs. Par conséquent, ce n'est plus une fête, c'est un deuil. Car le passé a disparu pour toujours; si rien de ce que nous avons aimé ne doit revivre, c'est insulter à nos regrets que de donner un nom joyeux au jour qui les réveille et les rend plus poignants, en les laissant aussi stériles.
Mais, pour nous chrétiens, la Toussaint est vraiment
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un jour d'allégresse : c'est la fête de nos espérances, h fête de la vie future. C'est dans le sein de Dieu qnenov allons chercher nos morts : les meilleors, les pins dignes, ceux qui sont déjà purifiés ou n'ont pas e« besoin d'expiation, nous les contemplons dans la ^oiie, dans la béatitude dont ils jouissent; les autres, ceux* qui ont connu nos faiblesses et qui n'ont pas encore acquitté toute leur dette envers la justice et la sainteté de Dieu, nous les voyons par la foi aux prises avec les rigueurs miséricordieuses qui les feront bientôt dignes du séjour où rien d'impur ne peut entrer. Et, non contents de les voir dans cet état de transformation douloureuse, nous les y assistons de nos prières, nous leur envoyons, à travers le voile qui nous sépare, l'aumône de nos suffrages et de notre tendresse; nous faisons couler sur les flammes qui les consument la rosée rafraîchissante du sang de Jésus-Christ.
Ainsi la Toussaint est pour nous la fête de l'avenir. Elle nous rappelle ainsi l'un des principaux enseignements de la foi chrétienne, celui que formulait saint Paul quand il disait : « Vous êtes les concitoyens des saints; vous êtes de la maison de Dieu *. Vous n'avez pas ici votre demeure définitive; vous la cherchez dans l'avenir ^, »
Le chrétien, en efiFel, est l'homme du siècle futur. C'est sa gloire, c'est sa force, c'est sa joie parmi les tristesses de ce monde. Mais c'est aussi le reproche que lui adressent ses ennemis. Citoyens du ciel, nous dit-