Hcbr., XIII
Il gardez ce titre, si vous le voulez; repaissez- |Be celle chimère. Hais alors ne pFétendez plus F faire une place ea ce monde; ne parlez plus de ^Tosdroils individuels et sociaux; nous sommes fondés à tout refuser sur la terre & ceux qui se proclament citoyens dn ciel.
Eh bien I non, mes amis, nous n'accepterons pas cet ostracisme. Nous serons à la fois les hommes de la vie future et les hommes de la vie présente.
Nous serons d'abord les hommes d'outre-tombe ; pourquoi? Parce que c'estlàqu'estnotre fin. Quand Dieu a fait l'homme, il lui a assigné cette destinée sublime qni dépasse les puissances et jusqu'aux aspirations de notre nature. Nés pour le bonheur, nous l'aurions cherché dans la jouissance des biens que l'univers met h notre portée. Capables de déchiffrer l'énigme de ce monde et de deviner Dieu derrière ses œuvres, nous aurions tendu vers la Beauté invisible nos regards impuissants à la découvrir, nos mains incapables de l'étreindre; nous n'aurions contemplé, atteint, possédé le souverain Bien qu'à travers les créatures. Ne voyant, ne soupçonnant rien de possible au delà, ce pâle bonheur n'eût assouvi qu'imparfaitement notre soif de l'infini. Mais, à supposer même qu'il nous eût sufii alors, une chose reste certaine : c'est qu'il n'a pas suffi & l'amour de Celui qui trouve sa joie à se donner.
Tandis que le Créateur répandait à profusion dans la
il i HOMÉLIES
nature les imitations nécessairement imparfaites de ses perfections infinies, il se réserrait an dedans de laimême un trésor inaccessible, le trésor de sa vie. Cette connaissance que le Père possède de ses excellences ineffiELbles et qui se traduit dans son Verbe, cet amour que la connaissance excite et qui, s*échangeant du Père au Fils, produit le Saint-Esprit; cette béatitude pleine et débordante qui, pareille à un fleuve immense, dériye de la source originelle et y retourne, fermant le cercle où se déroule l'acte immanent de la divinité, voilà ce qui semblait incommunicable, voilà ce que Téconomie surnaturelle a communiqué aux favoris de Fétemel Amour. Une adoption nous a saisis et nous a faits enfants de Dieu.
Les enfants ne sont pas des étrangers dans la maison du père ; ils ont leur place à sa table, ils sont les convives de son festin. Tel est notre sort. Oui, dès maintenant, parmi les obscurités de cet exil, nous participons déjà à cet étonnant privilège : NuncfiUiDei sumus. Mais nous ne voyons pas encore ce que nous sommes : /SW nondum apparuit quid erimus. Quand les voiles seront tombés, nous le verrons en contemplalit Dieu face à face, et cette vision nous fera semblables à Tobjet adorable qu'elle doit nous révéler : Gum autem appanterit^ similes ei erimus^ quia vtdehimus eum sicuti est *.
Voilà le but de noire vie. Messieurs, voilà le terme où aboutit notre voyage. Ici-bas, c'est Tépreuve de la liberté, faite pour rendre notre fidélité méritoire, pour