Tob., II
■ESSE DU SAINT-ESPRIT, ft NOVEHRE 1893
Messieurs, Mes chers Amis,
De toutes les rencontres où nous nous trouvons ensemble au cours d'une année, la plus douce, n'est-il pas vrai ? est celle qui nous réunit pour consacrer à Dieu les prémices de nos travaux. Je parle ici pour les maîtres et pour les étudiants qui nous reviennent. Ceux qui nous arrivent pour la première fois éprouveront, j'en suis sûr, le même sentiment à la rentrée prochaine.
Oui, il est bon de se revoir après la dispersion des vacances; et il est bon que le premier revoir soit au pied de Tautel, dans cette maison de Dieu qui est la nôtre à tous, comme la maison du père est celle de tous ses enfants.
Salut donc, salut affectueux à ceux qui reviennent; salut cordial aussi, et tout chargé de vœux, à ceux qui arrivent! Ce salut, je Tadresse à tous, et je l'adresse aussi au nom de tous, sûr d'exprimer dans ces paroles fraternelles le sentiment de chacun.
Mais vous attendez de moi autre chose encore que
des souhaits de bienvenue. Vous attendez des exhortations et des conseils, vous du moins, jeunes gens, qui avez encore tant à apprendre de la vie. Ces avis salutaires vous viendront de vos maîtres pendant Tannée tout entière; vous les trouverez dans leurs leçons et dans leurs exemples. Aujourd'hui, un privilège, qui m'est cher, me réserve l'honneur de vous les adresser.
Qui êtes-vous, jeunes gens, et que venez-vous faire ici?
Vous êtes des chrétiens commencés et des hommes inachevés.
Vous venez compléter en vous-mêmes et Thomme et le chrétien.
Et moi, je viens vous dire : abordez, poursuivez à la fois les deux tâches : elles se soutiendront Tune Tautre : la religion vous aidera à devenir des hommes; la virilité acquise vous aidera à devenir des chrétiens.
Faire un homme! N'est-ce pas le privilège de Dieu? Oui, s'il s'agit de cette création véritable qui donne le commencement de l'être, qui en fournit le fond, la nature, les puissances : Dieu seul fait cela. Mais l'œuvre qu'il commence seul, il ne veut pas seul la finir. L'homme est appelé à s'achever lui-même.
Il est vrai, jusque dans cet achèvement volontaire il reste tributaire de la libéralité divine; non seulement il lui est redevable et de l'existence et des énergies qui
sont en lui, mais pour développer ces énergies, pour les traduire en actes, il lui faut encore le soutien continuel du concours créateur. Qu*as-tu donc que tu n*aies pas reçu? demandait saint Paul à Torgueilleux ; quid hdbei quod non accepisiif Et pourtant, quand je tire de mon fond ce que Dieu y a déposé en germe, je mets quelque chose de moi dans cet effort; et il parait que ce quelque chose a du prix, puisque, pour l'obtenir de moi. Dieu a prodigué les merveilles de sa sagesse et de son amour, puisquUl le réclame en plaçant mon refus sous la sanction redoutable de sa justice.
Donc je dois faire ma partie dans TachèTement de moimême ; si je ne la fais pas, mon être reste imparfait, je suis moins homme. Je dois, par Tusage vigoureux de ma liberté, développer mes énergies naturelles.
Mais un développement quelconque ne saurait suffire : il y a dans mon être une harmonie, il ne faut pas la troubler ; il y a dans mes puissances une hiérarchie, il faut la respecter.
Ainsi je trouve en moi des puissances inférieures et des puissances supérieures. En bas, ce sont les appétits sensibles ; en haut, c'est la raison, c'est la volonté.
Si je développe par préférence les appétits sensibles, ils acquerront une force prédominante, ils prendront le gouvernement de tout mon être. Celui qui agirait ainsi aurait-il fait un homme ? Non, il aurait fait une bête.
Or prenez-y garde : cette puissance inférieure n'a pas besoin d'être aidée pour se développer dans le sens de la jouissance ; elle y va d'elle-même. Le rôle de la
MESSfî DU SAINT-ESPRIT, 6 NOVEMBRE 1893 225
raison et de la liberté n'est pas de la comprimer outre mesure et de lui refuser ce qui convient, mais de la régler et de l'ordonner vers l'utile, au détriment souvent de l'agréable. Car il y a deux manières de soigner son corps : l'une pour le plaisir, l'autre pour le service. La seconde est souvent en opposition avec la première, et cependant c'est celle-là qui engendre la santé et la vigueur, l'autre est l'ennemie de la vie, qu'elle épuise en même temps qu'elle la déshonore.
Ainsi la première condition pour devenir un homme, c'est d'apprendre à soumettre la chair à l'esprit.
11 faut ensuite cultiver l'esprit lui-même : nourrir l'intelligence du pain dont elle est avide, la vérité; lui apprendre à la poursuivre, à la discerner, à l'étreindre, à la communiquer; nourrir la volonté de son aliment propre, le bien; lui enseigner l'art de reconnaître le bien véritable, de le préférer aux biens trompeurs, de le saisir, de lui soumettre ses actes.
C'est ainsi que l'on devient homme. Tel est l'apprentissage général de la vie : il y a pour chaque profession dans la société un noviciat particulier; mais je vous parle ici de ce noviciat qui convient à chaque homme parce qu'il l'aide à se faire.
Eh bien, le grand maître de ce noviciat, c'est Jésus- Christ.
C'est ce maître divin qui nous dit avec plus de force, plus d'autorité, plus d'efficacité que les autres : Soumettez la chair à l'esprit.
il nous le dit par sa loi, il nous le dit par ses exemples, par sa croix. Il ne se contente pas d'intimer le précepte,
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il le rend praticable par le secours de sa grâce,il le rend acceptable, que dis-je? aimable par son amour.
Cest encore ce maître qui inspire le culte de la vérité. Le christianisme est Técole de la certitude : la foi fait le chrétien, elle exclut donc le sceptique. Et le chrétien, nourri d'une vérité divine, sait Tapprécier plus que la vie et la défendre jusqu'à la mort.
Enfin Jésus est le grand initiateur du bien : non seulement parce que sa morale est la plus haute et la pins pure, mais encore, mais surtout parce qu'il a un secret pour la rendre efficace.
Il ne laisse pas la volonté de Thomme aux prises avec un devoir abstrait, en face d'un idéal aride qui ne parlerait qu'à sa raison. Il compose au bien moral une figure, et c est la figure d'un père, d'un ami ; il anime, il vivifie le devoir, il le personnifie, il en fait une affaire d'amour, il intéresse le cœur aux choses de la conscience ; et c'est ainsi qu'il achève l'éducation de la volonté.
La démonstration est complète : plus vous serez chrétiens, plus vous serez hommes.
Mais la contre-partie n'est pas moins vraie : plus vous serez hommes, plus vous serez chrétiens.
Il semble, au premier abord, que nous tournions ici dans un cercle vicieux. Si ces deux devoirs s'appuient l'un sur l'autre, ne vont-ils pas s'écrouler tous deux?
Non, mes amis, car il s'agit là d'efforts alternants^ dont chacun prépare et facilite le suivant.
Tout progrès dans la vie chrétienne accroîtra en vous la virilité.
Mais aussi tout accroissement de virilité fortifiera en vous la vie chrétienne.
Cette leçon est très importante et très oubliée.
On ne veut pas comprendre que le surnaturel est greffé sur la nature et que la grâce seconde les facultés humaines, les porte plus haut, mais ne les supplée pas.
Que de baptisés à qui, pour être chrétiens, il manque surtout d'être des hommes! Leur religion, leur piété même est toute reçue du dehors, toute faite d'impressions, toute réduite à des pratiques où Tâme ne met rien ou presque rien d'elle-même. Ces chrétiens-là sont la honte du christianisme, ils sont sa faiblesse, la cause de son décri devant les indifférents qui regardent et qui disent : Est-ce là le fruit de la Rédemption d'un Dieu? Ces inutiles, ces pusillanimes prétendent s'abreuver à des sources divines de courage, de pureté et d'amour, et voilà ce qu'ils donnent? C'est donc que leur foi est vaine. Passons.
Jusqu'ici, jeunes gens, vous n'avez reçu qu'une première initiation à la vie chrétienne. Vous ne la connaissez pas encore tout entière, parce que vous ne l'avez pas expérimentée seuls. Votre foi, votre vertu, ont été faites surtout de préservations. Aujourd'hui l'épreuve commence pour vous avec la liberté de la vie d'étudiants.
Certes, notre sollicitude ne vous abandonnera pas
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sur cette mer nouvelle où vous lancez votre esquif pour la première fois. Mais cette sollicitude ne se traduira plus par l'appareil rigide d'une discipline coactive; c*est à'votre loyauté que nous nous adressons en lui proposant un commerce de confiance réciproque.
Vous allez donc vous exercer au devoir et à la vertu, non pas sans secours, mais sans contrainte : et vous verrez que ce n'est pas toujours facile de rester ce qu'on veut être.
A quel moment de votre vie commencerez- vous celle entreprise? Est-ce seulement au moment de la lentalion, à l'heure précise où vous aurez besoin de trouver en vous des énergies accrues et doublées? Mais comment les trouveriez-vous alors si vous ne les aviez pas accumulées d'avance? Est-ce au jour de la déclaration de guerre qu'une nation, menacée sur ses frontières, songe à recruter des soldats, à les exercer, à remplir ses arsenaux, à armer ses forteresses? Non, l'axiome de l'expérience est aussi vrai en morale qu'en politique : Si vous voulez la paix, tenez-vous prêts à la guerre: Si vis pacem, para beîîum. C'est aux heures tranquilles, dans le silence des passions encore mal éveillées, qu'il faut discipliner vos puissances et assurer Tempire de l'esprit.
Un moyen s'offre à vous pour cela, dont l'emploi est plus facile, plus général, plus habituel que celui de tous les autres : c'est le travail.
Le travail est pour vous le moyen d'arriver; c'est son utilité la mieux comprise, ce n'est pas la plus haute.
Le travail est encore pour lui le devoir d'état, c'est-à-
dire, si vous êtes chrétiens, la forme pratique et continuelle du service de Dieu.
Enfin, le travail est Técole de la volonté. On ne travaille pas comme on s'amuse, par entraînement et sans le vouloir. Il faut renouveler à chaque instant la résolution une fois prise pour réagir contre les ennemis conjurés de l'étude.
Dans ce mâle exercice l'homme moral, Thomme de devoir s'élabore au jour le jour ; il devient vertueux.
Avez- vous réfléchi au sens de ce mot vertu! Il vient de vir.
Il signifiait originairement virilité, courage; il était prédestiné pour signifier dans le langage chrétien le courage par excellence, la vaillance contre soi-même, l'énergie du bien.
Jeunes gens, soyez travailleurs, vous serez hommes, vous serez chrétiens. •
C'est le conseil que mon amitié vous adresse, c'est le vœu qu'elle adresse à Dieu pour vous.
Oh! sainte Église de Jésus-Christ, haïe, persécutée, bafouée par tant d'ennemis, méconnue par tant d'indifférents, si mal servie, si peu honorée par des enfants lâches et sans vertu, si nous pouvions ici, dans cette maison vénérable, consacrée par la sainteté des moines solitaires et par le sang des prêtres martyrs, élever pour toi, pour ton service, pour ta gloire, une génération nouvelle de chrétiens qui seraient des hommes, hommes vaillants, hommes éclairés, hommes capables de marcher un jour à la tête de leur siècle, et qui te feraient honneur de leur mérite et de leur influence par
la fermeté de leur foi, la pureté de leur TÎe, la hauteur de leur caractère et la bonté de leur coeur I C'est là aotre rêve, ù mère ; c'est plus qu'un rÔTe, c'est une espérance, un désir ardent de notre cœur, un dessein de notre volonté, que dis-je? c'est une œuvre coounencée, qui se poursuit depuis dix-huit ans à travers mille entraves, et qi\e nous aimons plus que jamais. Bénis-la donc, ô Epouse du Christ, et reçois le serment que nous te faisons de la servir I
Non recepistis spiritum servitutis iterum in timoré; sed acce^ pistis spintum adoptionis filiorum. (Rom. viii, J5.)
« L'esprit que vous avez reçu n*est plus, comme autrefois, l'esprit de crainte qui convient aux esclaves; c'est l'esprit filial, qui répond à l'adoption divine. »
Messieurs les professeurs,
Nous voici une fois de plus réunis au pied des autels pour inaugurer par la prière une nouvelle série de travaux. Dix- neuf années d'efforts communs, d'intimité et de confiance réciproque nous ont assez étroitement unis pour que je ne sente pas le besoin de vous parler aujourd'hui. Et que pourrais-je vous dire qui ne soit déjà dans vos cœurs, que vous n'ayez déjà traduit dans vos vies? C'est à cette jeunesse que je dois m'adresser: en le faisant, je ne fais que vous servir d'organe. C'est vous qui lui parlez en ce moment par ma bouche comme vous le ferez ensuite chaque jour vous-mêmes avec la triple autorité de votre savoir, de votre dévouement et de vos exemples.
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Jeanes ^ns, Tannée qui conunence est pour beaucoup ilVntre vous L'inauguration de la vie d'étudiant; p4)ur d'autres elle en est La continuation.
Les premiers ont à se mettre en garde contre les surprises d'une brusi^e émancipation: les seconds ont à surveiller les habitudes qu'une ou deux années d'existence indépendante Leur ont fait déjà contracter et qui peut-être ne sont pas toutes également bonnes. Pour les uns et les autres, il s'agit d'une épreuve à subir : l'épreuve de la liberté naissante ou de la liberté élargie.
Je viens donc vous parler de la liberté. Oh ! ne craignez pas que je vous en dise du mal. Ce ne serait pas habile de ma part^ car je sais que vous l'aimez, que vous en êtes jaloux. Ce ne serait pas sincère non plos; car je Taime aussi, et je la veux pour vous. Mais il ne suffît pas de l'aimer, il faut la bien connaître, savoir au juste de quoi elle est faite; cela est nécessaire pour la mettre en sûreté. Combien de jeunes gens l'ont perdue et sont devenus esclaves, pour n'avoir pas su la voir où elle est ! Ils cherchaient la liberté, ils ont cru l'atteindre en poursuivant la licence et ils ont rencontré la servitude.
La grande erreur de la plupart des hommes est de croire que la liberté réside hors d'eux-mêmes, dans les conditions extérieures qui enveloppent leur vie. Si l'on part de ce faux principe, le collège est une prison, parce que le dehors de l'existence y est encadré dans une règle étroite; en échappant à ce joug, Tétudiant devient libre, parce qu'il dispose à son gré de l'emploi
de ses heures : non pas que la règle soit absente, mais la sanction a presque disparu, ou plutôt elle est devenue moins immédiate et moins visible. La paresse de l'esprit, la mollesse des habitudes, les désordres de la vie, tout cela se paie chèrement, il est vrai, mais le paiement est h longue échéance; et le délai du châtiment se laisse confondre avec Fimpunité.
Ce qu'il importe avant tout de reconnaître, c'est donc cette vérité philosophique qui est aussi et surtout un dogme de notre foi : que la liberté a son siège au dedans. De là sans doute elle rayonne au dehors; mais c'est en vain qu'on la chercherait dans ses dérivations extérieures, si la source intérieure en était tarie. L'absence d'entraves matérielles favorise l'expansion de la liberté, elle n'est pas la liberté elle-même. Voyez saint Paul enchaîné à cette colonne que quelques-uns d'entre vous ont pu vénérer à Rome, dans la crypte de Sainte-Marie in via lata. Il ne peut pas aller où il veut, mais il peut vouloir, il peut aimer, servir, annoncer Jésus-Christ, lui gagner des âmes. Les fers qui enlacent ses mains et ses pieds n'arrêtent pas sa parole : Verbum Dei non est alligatum.
Regardez maintenant ses persécuteurs. Ils vont et viennent à leur gré dans la grande ville. Mais où vont-ils? Ils vont où la passion les pousse, où l'avarice, la volupté, l'intempérance ont marqué leur place, où l'opinion, la mode, la crainte de déplaire à César exigent qu'ils se rendent. Sont-ils libres? non, ce sont des esclaves. Car ce qu'ils font, ils ne l'approuvent pas; car s'ils voulaient cesser de le faire, ils n'en auraient pas la
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force; car s'ils paraissent se mouYcir et se conduire, en réalité, ils sont mas et traînés.
Vous voyez bien que la vraie liberté réside dans une Tolonté capable de commander aux puissances d*en bas parce qu'elle-même a su reconnaître la loi de la raison et la souveraineté de Dieu.
Est-ce donc que, pour trouver vos âmes plus libres, je souhaite à vos corps des chaînes? Loin de là! Je ne désire pas même que des règlements trop étroits viennent assujettir votre conduite. Cette liberté extérieure de Tétudiant qui faisait l'objet de votre ambition au collège, qui fait maintenant votre joie et votre orgueil, je l'approuve et je la protège. Cela est pour vous répreuve nécessaire, quoique périlleuse, parce que vous ne pouvez plus désormais Téviter bien longtemps et que, dès lors, il est utile de vous exercer à la surmonter. Voilà pourquoi, jusque dans l'intérieur de nos maisons de famille, nous ne voulons placer votre régularité que sous le contrôle de votre conscience. Mais, pour que cette latitude ne dégénère pas en abus, il faut que la liberté du dedans, qui ne fait qu'un avec la soumission à Dieu, régisse et modère la liberté du dehors. Or cela, mes amis, est d'une pratique difficile et austère. C'est là que nos chétives vertus naturelles ont bientôt fait d'expérimenter leur insuffisance et que le besoin se fait sentir d'un secours venu de plus haut que l'homme pour élever sa volonté infirme jusqu'au niveau du devoir.
Écoutez donc le grand apôtre, cet incomparable interprète de la doctrine du Christ, qui vous crie, en son
mâle et sublime langage, la noblesse de vos origines chrétiennes.
L'esprit de Thomme était tombé en esclavage, il su bissait la honte d'une domination qui Tavait rendu serf de la chair, il voyait le bien et il choisissait le mal, non par préférence, mais par défaillance. Alors Tesprit de Dieu est venu à son aide : il lui a élé donné comme un principe nouveau d'opération, comme un ferment de vie morale. L'esprit d'Adam pécheur était un esprit de servitude; l'esprit du nouvel Adam est un esprit de liberté, car c'est un esprit filial et l'enfant n'est pas l'esclave de son père. S'il obéit, c'est par choix et par amour.
Enfants de Dieu, vous l'êtes de par votre baptême ; vous l'êtes à ce peint qu'au sortir des fonts sacrés, avant même de pouvoir comprendre le mystère de votre régénération, déjà vous aviez votre place marquée dans la cité céleste. Vous n'étiez plus des étrangers, mais des membres vivants de la famille de Dieu : non hospites et advenœ, sed domesHci Dei^, Plus tard, au sortir de l'enfance, vous êtes devenus les convives du Père céleste, vous avez été conviés à son festin, et depuis lors vous n'avez plus cessé de vous y asseoir et d'y manger l'aliment régénérateur de la vie divine dans vos âmes . Maintenant que le Christ, par une croissance surnaturelle, est arrivé en vous à l'âge adulte, in mmsuram œtatis plmitudink GhrisH^^ il vous faut prendre conscience de l'esprit d^adoption qui vous anime et qui