‹ Mélange oratoiresChapitre 37 sur 51 · Eph. IV · texte numérisé non relu

Eph. IV

i:S6 BOMÉLISS

vous fait crier vers Dieu : Père, Père. I^qva clamamm: Abba Pater.

Ouest-<!e donc qn'aa chrétien? Le savez-vous? Ce a'est pas sealement an homme vertneux: c*est nn homme qui sait reconnaître sous la loi abstraite du devoir la vivante Hgure du souverain bien. Pour lai, suivre sa Cfjnscience, c'est contenter un père ; Intter contre le mal, c'est combattre les combats de Dieu. Et il sait qu'il n'est pas seul au milieu des hasards de cette guerre où il trouve pour ennemis et Satan et le monde et lai-méme ; un ami divin est le témoin de ses efforts, l'inspirateur de son courage ; un allié puissant soutient sa faiblesse, le relève de ses chutes, le guérit de ses blessures: un juge équitable compte ses mérites et sertit sa couronne. Au plus fort de la mêlée, quand il semble près de succomber à la fatigue ou de tomber sous les coups, ne lui parlez pas de déserter le champ de bataille et de se rendre à l'ennemi, il sait trop bien quelles chaînes Tattendent et sa liberté lui est trop chère. Il mourra s'il le faut, mais il mourra vainqueur; la mort achèvera de l'affranchir, il entrera comme chez lui dans la cité où le Bien règne en maître et fait régner avec lui le bonheur, où il n^a plus ni larmes, ni deuil, parce qu'il n'y a plus de péché et que le temps de répreuve est passé : neque îuctus, neque dolor erii ultra, quia prima abierun t * .

Dans cette fête du ciel dont nous continuons Toctave, rfiglise a fait passer devant vos yeux cette vision ra-

i. Apoc. XXI, 4.

dieuse de la patrie d'en haut. Cette pairie, c'est la vôtre et vous êtes d'avance les concitoyens de ceux qui la peuplent : eséis cives smictorum. Oui, mes amis, il faut croire fortement que le dernier mot appartiendra à la vertu. Plus vous la verrez maltraitée sur la terre, plus vous devrez vous attacher à sa cause et lui faire un rempart de votre fidélité obstinée. En faisant cela, vous serez vraiment libres, libres comme le nageur qui sait remonter les courants ; courants de l'exemple, courants de la passion, courants du vice ; ceux qui les descendent, ce sont* de vrais esclaves.

En commençant, je vous disais qu'il me semblait inutile de parler à vos maîtres; en finissant, je sens le besoin de vous parler d'eux. Leur présence à votre tète est un bel exemple de la vraie liberté. Ils pouvaient ailleurs, dans les fonctions publiques, dans l'enseignement officiel, trouver les distinctions et les avantages que leur promettait leur mérite. Librement, ils ont choisi nos libres écoles pour les fonder par leurs sacrifices, les soutenir de leur dévouement, les honorer par leurs travaux.

Parmi eux, j'en puis nommer un, parce que, hélas! il est absent aujourd'hui. M. Claudio Jannet est de ceux à qui notre Institut est le plus redevable par l'éclat que leur renommée grandissante projette sur le corps auquel ils appartiennent. Une maladie cruelle le retient loin de nous en ce jour d'heureuse réunion. Ne pouvant prier avec lui, ce matin, je vous convie à prier pour lui. Demandons à Dieu qu'il nous rende ce maître

aimé^ ce saTUit qui a montré dans TépreuTe qa'îl est encart et surfont grand chrétien.

Enfin, mes amis, prions pour nous-mêmes. Qae char cnn présente à Dieu ses faiblesses ponr qa^il tes guérisse, sa bonne Tolonté pour qu*il raffermisse^ ses tra- Taux, son axenir en ce monde pour que la bénédiction d*en haut descende sur toutes ces choses terrestres et en fasse la matière de la félicité céleste! Amen.

Confiditey ego vici mundum.

a Ayez confiance, j*ai vaincu le monde. »

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