Le samedi, à 4 h
eniendroat l'exposé de Tantique doctrine chinoise sur la faute et le repentir, le pardon et le châtiment. On sait avec quel dédain les modernes historiens des religions écartent la vieille donnée d'une tradition religieuse unique et primitive. Nous sommes convaincu que, même au point de vue scientifique, ce dédain est injuste, et que l'étude des anciens documents chinois peut beaucoup servir à le démontrer.
J'ai fini de glaner dans le champ de l'enseignemenl. Il me reste à passer rapidement en revue ceux des événements de notre année qui intéressent la marche générale de l'œuvre, et qui, pour cette raison, n'ont pas trouvé place dans les rapports spéciaux.
La maison de famille, inaugurée l'année dernière, a été pleine toute l'année ; elle était de nouveau remplie dès avant la rentrée; il a fallu déjà y ajouter une annexe; et, malgré cela, plus d'un postulant s'est vu fermer la porte, faute de place. L'expérience a donc justiûé cette utile création, qui reste placée sous la tutelle de M. le vice-recteur, secondé et suppléé au besoin par un sous-directeur ecclésiastique.
L'influence de la maison de famille s'est fait sentir au dehors ; sans nuire aux autres groupements qui réunissent les étudiants catholiques de diverses provenances, soit au Cercle du Luxembourg, soit à la Conférence Olivaint, soit à celle de Notre-Dame des Écoles, elle a donné au personnel propre de l'Institut catholique plus de cohésion, en formant le noyau autour duquel la nébuleuse des étudiants externes venait se condenser et se résoudre.
Un des signes révélateurs de cette concentration a été l'institution dnpunchmensml des étudiants. Aujourd'hui, Messieurs, l'humble salle qui nous rassemble, — en attendant mieux, — s'est parée, pour nous recevoir, d'une décoration sévère. Si vous veniez passer en ce même lieu la soirée du premier jeudi de décembre ou, en général, d'un premier jeudi du mois, vous vous trouveriez en face des conceptions les plus fantaisistes en fait d'ornementation. Le crayon des caricaturistes rivalise avec la plume des chroniqueurs improvisés ; le musée de zoologie fournit quelques échantillons de ses types simiens les plus grotesques ; on voit un chimpanzé, la pipe entre les dents, et tenant à la main une banderole où des paroles lui sont prêtées qui viennent plus directement du boulevard que du pays des cocotiers. La musique est de la partie, tantôt grave, plus souvent joyeuse, accompagnée dechant, de déclamation. L'actualité politique n'est pas bannie : ce qu'on a chanté le Panama, l'hiver dernier, ne se pourrait dire. Enfin le punch, les rafraîchissements circulent à travers la fumée des cigarettes et achèvent de donner à cette réunion de la jeunesse son caractère de libre et innocente gaieté. Les anciens élèves se joignent aux nouveaux pour leur apprendre Tesprit de corps ; les professeurs eux-mêmes ne dédaignent pas de sourire à la joie des étudiants et d'apporter l'honneur et l'encouragement de leur présence.
Deux pèlerinages ont marqué dans les souvenirs de l'année écoulée. Avant tout, parlons du pèlerinage de Rome. A l'occasion du jubilé pontifical, M. le vice-
recteur ol moi, nous avons eu la joie de conduire, pendant les vacances de Pâques, une députation d'élndiants jusqu'aux pieds du Saint-Père. Notre Bulletin^ par la plume élégante d'un des jeunes pèlerins, a rendu compte on détail des douces émotions de 1 audience, de la bonté paternelle du Souverain Pontife, prenant la main de chacun dans la sienne et l'interrogeant sur ses études et sur son avenir. Le même chroniqueur a raconté la découverte de l'Italie et de Rome par celle hnnde d'intrépides pionniers. Je n'y reviendrai que pour redire, au nom de tous, la reconnaissance de l'Institut catholique envers le père commun que nous sentons être particulièrement le nôtre.
Le 28 mai, un bataillon beaucoup plus nombreux se rendait à l'appel de M<^' l'évêque de Chartres, jaloux de relever la splendeur des antiques pèlerinages au sanctuaire de la Vierge Chartraine. Mêlés à beaucoup d'autres groupes de jeunes gens catholiques, les nôtres ont été discernés par la bienveillante attention du premier pasleur, el ont emporté de cette journée de prière et de joie chrétienne les plus doux souvenirs et les plus heureuses impressions.
Les amis de l'Institut catholique ne sauraient être indifférents aux progrès d'une œuvre sœur, qui intéresse autant la science chrétienne que la charité ; je veux parler de rhôpital Saint-Joseph. Sans être achevé, ce bel établissement présente aujourd'hui un ensemble imposant de constructions et de service admirablement coordonnés et répondant aux dernières exigences de l'hygiène scientiGque. âOO malades y sont actuellement
traités; en outre, les bâtiments affectés aux services généraux sont complètement terminés en vue d'une population double ; en sorte que désormais toutes les constructions nouvelles serviront à augmenter le nombre des lits. Des cours cliniques se font déjà dans les salles de chirurgie et de spécialités. Des laboratoires se préparent pour les recherches histologiques et bactériologiques. Un concours est ouvert chaque année pour l'admission des internes. Il y a donc là un embryon d'école de médecine, et de vastes perspectives s'ouvrent derrière ces débuts.
Ne cherchez pas, je vous prie, de lien logique entre mes paroles. Je suis un trop vieux rapporteur pour ne pas juger à sa valeur l'artifice transparent que les jeunes stylistes emploient pour coudre ensemble les morceaux détachés qu'ils doivent présenter au public. Quand j'étais écolier de rhétorique, je m'escrimais aux transitions; aujourd'hui, j'en ai reconnu la vanité; et si j'ai des choses disparates à dire, je les dis tout uniment l'une après l'autre.
Donc la reconnaissance m'interdit de passer sous silence une œuvre accessoire qui s'est greffée, l'hiver dernier, sur le tronc principal. Il s'agissait de subvenir aux frais du culte dans l'église Saint-Joseph des Carmes dont notre Université a la garde. C'est un grand honneur pour nous de veiller sur l'ossuaire sacré des martyrs de 1792 ; c'est un avantage considérable d'avoir à notre disposition, pour nos réunions religieuses, une église assez vaste et convenablement disposée. Mais c'est une grande charge que de Tentretenir et de faire
Uu-r :uj\ i)i*pfMi*«pv qirr!ntTainont la célébration ô^s^'îificea^
piihli«^ i>i lît <N>l(>t»ralinn qiiotidionne d*uae &*:«i3aasuiiiSr il.' miw*«ns ,;ir If'l nsl lo iiitmhro de prêtres- Viac ^-^mïliriMiv i-jin pr<irp<«)nnrs. qui y ri'lèbrentcliaqnc ;oT!cr^ 1a s;i,»rishi' ilpv Ciinnps n sun budget à elle, qai ii«"îîiiXE pitint piwnr viir «M»hii do rinslitul; mais ce bad^ei esazc »'n di'ih»ii pi I iii^nnisanco des ressources ordinaERS ini»n»rîiii «I l'Iurtrir \v tfouftpe. iTest alors qae sont interv,»ntipv .'(Olnv qui vinni 1rs mes5»agères et les ourrièr» nr'»pv ï!r In l'hwritp. I,ns dames du quartier se soni inhM'psvppv ;\ nnirr' pfluxTelé: elles ont associé leurs l»iinnf»^ v.»li»nh»s ]\ouv trouver de l'argent, fournir des ih»f>v»v iNinfoi'iionnor riles-mômos 4U1 réparer les omempîiiv cl Ipv lingps saerés. Chaque mois, une messe .'(•h^l.i'iM* ]\j\v M le supi^rieur du séminaire réunit nos hifn!'rnir*N»rv. < i «1 ordinaire une allocution de piété leur r(\'vi !, p;nTi .Ir I» pnrole on échange de leursaumônes.
i !'v ( ft riv ,1, ..pv liâmes on! ciô. si fructueux qu'en .jiïî !.|i!( V u>,Mv MPC dcllj^ de *.(KH> francs a été payée et »1( iT.*î>;li*rn\ ^^ImcK (Ml naiurc fournis à nc»lrc sacristie. \ :>! il pnv .jivjo qn Jolies recoivcnl dans cette solennité it :t!îv.'!cn?»»ic Je noirc gratitude?
lîcnv.'nicr une sacrtstic, c e.?i hicn : mais refaire une mnistMi. ce sera H mieux, quand celle qu'on habite est ans^i l.ii'.le. aussi noire, aussi insulllsante que la notre. Nou> n\eu> ouverl à cette tïU une sousi^riplion, il y a InMS an>, elle a produit lOT.l U> francs. Le devis total ne di'p;^>sera pas ;* imlhons. Vous voyez que nous y sommes presque : il n*\ a plus que i millions 9tX).O00 franc> à trouver : une l>agatcllc: mais les temps sont si
durs que celte bagatelle ne se rencontre pas sur les grands chemins.
Nous avions donc pris le sage et douloureux parti d'attendre, lorsque l'excès de notre misère est venu à notre aide. Le sol s'est effondré sous un de nos bâtiments ; il a fallu le démolir. La chose faite, une autre masure restait sans appui, dans un isolement aussi disgracieux que déplorable. Pour la relier à ce qui subsiste et retrouver ainsi des salles qui nous sont absolument nécessaires, il eût fallu encore jeter de l'argent dans le gouffre des travaux provisoires. Notre conscience s'est révoltée à la pensée d'un tel gaspillage et nous avons résolu d'attaquer plutôt par une extrémité l'exécution du plan général, sauf à n'en effectuer qu'une fraction infinitésimale, la trentième partie de l'ensemble. Et voilà pourquoi, dans quelques semaines, les terrassiers mettront la pioche dans le terrain qui borde la rue d'Assas; voilà pourquoi, au printemps prochain, les maçons commenceront d'élever un bâtiment de dix-huit mètres de façade, que nous espérons bien vous montrer achevé dans un an à pareil jour. Nous emploierons là les fonds de la souscription; nous espérons trouver en chemin les 25.000 francs qu'il faudra y ajouter. Notre espérance va même plus loin; nous croyons que cette preuve de confiance dans l'avenir excitera le zèle de nos amis et nous permettra de continuer peu à peu l'œuvre de restauration enfin commencée.
Mais s'il faut de l'argent une fois trouvé pour bâtir, il en faut, qui est toujours à renouveler, pour vivre. C'est pour cela que, sans cesser de compter sur l'appui de
DOS vénérés patrons et fondateurs, nous leur avons offert de les aider de notre concours dans les efforts qu*ils font pour nous procurer des ressources. Trois sortes de comités sont en voie de formation : à Paris des comités de paroisse, en province des comités diocésains, à Paris encore un comité central de patronage.
Les comités paroissiaux de Paris fonctionnent depuis un an ; ils ont donné déjà des résultats importants, puisqu'ils ont relevé de 30.000 francs, cette année, la recette de la capitale. Et ils sont loin d'avoir dit leur dernier mot.
En province, l'organisation est à peine ébauchée; nous travaillerons activement à la compléter avec l'agrément et sous le patronage de NN. SS. les évêques, en désignant d'après leurs conseils, dans les principales villes de leurs diocèses, des correspondants diocésains chargés de prendre autour d'eux les intérêts de notre recrutement et ceux de nos finances. Nous échangerons avec ces correspondants et avec les comités qu'ils auront pu constituer, de continuelles relations, recevant d'eux rindication des meilleurs moyens de propagande locale et leur en fournissant les éléments. De ce côté de grands progrès sont possibles, de grands progrès se feront, et, avec l'aide de Dieu, nos ressources atteintes par la concurrence des œuvres, redeviendront, sans nuire à personne, proportionnées à nos besoins.
Enfin, le cardinal Richard, archevêque de Paris, a résolu d'intéresser au développement matériel et moral de notre œuvre l'élite de la société parisienne, représentée dans un comité central dont les membres sont
choisis dans les diverses catégories d^autorités sociales. Il y a quelques semaines seulement que ce comité est formé. Nous en attendons les plus heureux résultats.
Tout cela, Messieurs, ne sent pas la mort; tout cela accuse chez nous une forte volonté de vivre, et vous savez que tel est le secret de ne pas mourir. Aussi bien, j'ai d'autres gages encore à vous donner de notre vitalité. Le plus sensible n'est-il pas cette belle rentrée qui nous ramène aux meilleurs jours de notre jeune passé; qui, dans la seule Faculté de droit, accuse déjà une plus-value de 30 inscriptions et nous promet, quand les dernières recrues auront rallié le drapeau, un effectif de 240 à 250 étudiants ; qui, dans Tordre scientifique et littéraire, nous montre les laïques, non plus réduits comme autrefois, au rôle d'accessoire négligeable, mais au contraire dépassant en nombre les élèves ecclésiastiques, et formant avec eux un bataillon de 120 candidats à la licence, bataillon destiné à grossir encore jusqu'à 130 et au delà? Avec le groupe, hélas! trop restreint des théologiens, c'est un total de 400 étudiants que nous pouvons montrer à nos amis et à nos ennemis.
Dans l'enseignement de l'Etat, si Ton met à part, comme il convient, Paris, Toulouse, Lyon et Bordeaux, il n'est pas une seule de ces Universités de province, dont on veut, paraît-il, ressusciter l'autonomie en leur donnant un nom, qui puisse se flatter de dépasser ce nombre ; il n'en est guère qui l'atteigne. Gardera-t-on, malgré cela, même dans les rangs de nos amis, Télonnante habitude de dire que les Facultés libres n'existent pas? Si elles n'existent pas, l'Université de Nancy,
346 ni^:0L'RS de re.itrée
cellp de Poitiers, celle de Montpellier^ celle de Lille ije |>arle de TUniversilé officielle), celle de Dijon, celle de Clermont, relie de Besançon existent encore moins. Si nos Farultés ne méritent pas, comme on ose le prétendre, les sacrifices quelles demandent à la charité catholique, les Universités qae je viens de nommer méritent beaucoup moins les sacrifices beaucoup plus lourds quelles imposent aux contribuables par Tappel contraignant de rirapùt. Or cependant les ministres et les députés de la majorité sont très fiers de ce qu'ils font pour l'enseignement supérieur avec Targent des autres; d'où vient que nous ne savons pas nous glorifier de ce que nous faisons pour un enseignement meilleur avec noire propre argent? D'où vient même que, par Teffel d'une timidité qui ressemble à une défection, nous sommes parfois tout près d'en rougir? Je vous le dis en vérité, une altitude plus fière nous conviendrait mieux. J'ai donc le droit, Messieurs, de clore ce trop long rapport sur une parole d'espérance. La théorie à la mode est, vous le savez, la théorie de l'évolution. Pour les modernes naturalistes, c'est le besoin qui crée les organes en vue de la fonction. Ainsi voulez-vous savoir pourquoi les girafes ont le cou si long? C'est parce que, dans les temps préhistoriques, une grande sécheresse, bien plus longue et plus fatale que celle de 1893, a sévi ou a dû sévir sur le monde végétal. Les girafes, dans ce temps-là, avaient ou devaient avoir le cou comme tout le monde ; mais quand elles eurent rongé le feuillage et Técorce des arbres aussi haut qu elles pouvaient atteindre, elles ont allongé leurs
vertèbres pour atteindre plus haut encore, et l'hérédité s'est chargée de transmettre cette disposition bizarre à leurs descendants .
Je ne voudrais point me porter garant de cette théorie dans tous ses détails. Ils sont vraiment trop précis. Toutefois, il ne faut pas se hâter de la condamner dans son principe. L'étude attentive des organismes vivants tend à prouver tous les jours plus clairement que la structure des êtres s'adapte au milieu dans lequel ils ont à vivre. Tel organe s'atrophie, tel autre se développe dans une même espèce, suivant que les conditions ambiantes en rendent l'exercice ou superflu ou nécessaire. Ce qui est absurde, ce n'est pas de constater cette loi de sagesse et d'harmonie qui préside à la marche de la nature, c'est de nier l'intelligence prévoyante et protectrice qui sert de support à la loi, et de charger le hasard aveugle de débrouiller le chaos.
Pour nous, Messieurs, qui croyons à la Providence, nous avons le droit, plus que les autres, de nous confier à l'évolution. Nous dirons volontiers : va pour cet axiome que le besoin de vivre appelle et procure les moyens de ne pas mourir, pourvu que Dieu s'en mêle. Or notre œuvre a besoin de vivre ; la société chrétienne a besoin qu'elle vive; et comme Dieu s'en mêle, parce qu'il y va de son service et de sa gloire, notre œuvre vivra, eJle grandira, elle allongera son cou, elle portera plus haut sa tête, elle atteindra aux sources qui doivent lui assurer la durée, la force, la prospérité.
Mesdames, Messieurs,
La belle couronne de prélats, qui, chaque année, ajoute tant de lustre à notre solennité universitaire, s'enrichit aujourd'hui d'un joyau d'Orient.
Laissez-moi saluer- en votre nom Sa Béatitude M^' Yousseff, Palriarche de tous les Grecs-unis soumis à la domination ottomane.
Il arrive de Rome où naguère, aux côtés de son Éminence le Cardinal Langénieux et sous la présidence du Saint-Père, il prenait part à de solennelles délibérations dont l'objet immédiat touchait aux intérêts des Églises unies, mais dont la portée dans l'avenir pourra être beaucoup plus haute. Une grande espérance a traversé la chrétienté : celle de voir luire le jour où l'Orient tout entier, berceau de notre foi, reconnaîtra avec nous l'unique Pasteur. Dès aujourd'hui nous avons reconnu dans cette généreuse tentative la grande âme de Léon XIII.
séance annuelle du 28 novembre 1894 349
éminences,
Messeigneurs, '
Mesdames,
Messieurs,
Chacun des discours ou des rapports que vous venez d'entendre avait son objet propre. M^^'^Tévêque de Coutances vous a parlé de nos espérances; MM. Beurlier et Cauvière vous ont rendu compte de nos travaux. Que reste-t-il à celui qui, pour la quatorzième fois, est chargé de faire devant vous la revue générale de notre œuvre, sinon de glaner ce que les moissonneurs ont pu laisser derrière eux? Ne cherchez donc pas, je vous en prie, l'ordre et l'unité dans mes paroles et surtout résignez-vous d'avance à n'y pas rencontrer la nouveauté.
Quand on se retrouve après une dispersion de quelque durée, il est naturel de se compter. Ne manque-t-il personne au rendez-vous que nous nous donnions, il y a un an, en nous séparant? Hélas! il faudrait ignorer la vie humaine pour croire que, dans une assemblée nombreuse, douze mois ont pu passer sans faire aucun vide. Et cette fois encore, mon premier devoir est de saluer la mémoire des amis disparus.
Le cardinal Thomas, avant de monter sur le siège de Rouen, avait été, à la Rochelle, un de nos premiers fondateurs. Retenu, Tannée dernière, loin de notre assemblée par ses devoirs çl'é véque, il nous avait donné, après cette réunion, plus d'un témoignage de l'intérêt
qu'il portait à notre œuvre. Nous nous apprêtions à l'entendre et à l'admirer, en Téglise de la Madeleine où il devait prononcer le panégyrique de Jeanne d'Arc. Une indisposition, qu'on croyait légère, Tarrèta. Un autre lut en chaire le discours qu'il avait préparé. Et peu de jours après, Dieu le rappelait à lui.
N'est-ce pas aussi parmi les principaux patrons de notre Institut qu'il faut classer le prêtre éminent que pleure encore, avec la paroisse de la Madeleine, le diocèse de Paris tout entier? M. Tabbé Le Rebours avait, dès l'origine, recueilli parmi ses paroissiens le capital de cent mille francs qui représente la fondation d'une chaire. Le sentiment de la reconnaissance s'ajoute à celui d'une affection pleine de respect pour aviver les regrets que nous a laissés sa mort, si pleine de simplicité et de grandeur chrétienne et sacerdotale.
D'autres deuils encore ont été pour nous pleins de larmes: la digne veuve de Frédéric Ozanam, bienfaitrice de notre Faculté de théologie, est allée rejoindre, après quarante ans de séparation, le compagnon de sa vie qui fut aussi le modèle du savant, du professeur chrétien, mais dont le nom surtout restera éternellement attaché aux origines de la Société de Saint- Vincent-de-Paul. M, Silvy, l'historien érudit de l'enseignement dans l'ancienne France, l'ami éclairé, le guide bienveillant de nos premiers pas dans la voie inexplorée qu'ouvrait devant nous Tabolition du monopole universitaire, a terminé dans une obscurité voulue une carrière pleine de labeur, de dignité et de modestie. M. Michel Cornudet, digne fils de cet admirable chré-
tien dont le cardinal Guibert, bon juge en fait de grandeur morale, déclarait n'approcher jamais qu'avec vénération, a, été terrassé en pleine maturité par un mal subit et ravi tout ensemble à cette famille dont il était Tâme, à ces œuvres dont il était le conseil et Tappui. Le collège de Vaugirard et l'Institut catholique de Paris ressentiront longtemps le malheur de sa perte.
Mais le deuil des deuils restera pour nous celui que nous menions ensemble, il y a trois jours, lorsque tous, maîtres et élèves, nous marchions, muets de douleur, derrière le cercueil de M. Claudio Jannet. L'un de nous redira ailleurs avec plus de compétence ce que fut chez lui l'œuvre du savant, quels dons de la nature l'avaient préparé à sa tâche, quel effort il a fourni durant trente ans pour s'en acquitter dignement, quelles furent l'étendue de son érudition, l'immensité de son labeur, la sûreté de son jugement; quelle autorité il avait acquise dans les hautes questions qui passionnent et trop souvent divisent, non seulement les adversaires naturels, mais ceux-là mêmes dont une foi commune fait des frères.
On vantera justement ses beaux écrits sur la francmaçonnerie, sur les États-Unis contemporains, sur le socialisme d'État, sur la spéculation et la finance, ses lumineuses chroniques sur le mouvement économique; on nous fera désirer la publication posthume de ce grand ouvrage, de cette Histoire du régime du travail^ dont notre Université avait eu les prémices dans un enseignement public de cinq années et dont sa main défaillante s'efforçait de tracer les dernières pages, quand déjà il voyait la tombe ouverte devant lui.
3S± DG^IQCH» OS HESTHÉS:
Aai«>ani*b.iii^ tDot eacienàLlIOtrf^<loccIes^^ WHiSKe po«foiL*§ 01)11:^ àiME^f^nir «pie di^ Usuai uei^mparalile ran à aA(;rf* .lift^tioa, (çue^ <ie L époos^ que du père dont aa«^ Ti>aTi> et <it»^ tîofzuits éésalé» aeeofDpa^eiit eo ce mcjaieat Les n»}ta» sœt eette iri^iHe terre de ProTence qa'ii a tint aun^ii^; surti^ot Boos-Toolofts çrarer an food de tk^y» *iatfsry le» e^iempLeâ ^H bcmis a taissés dans rarteueil pleLs dliérmqixe do«eear qa'îl a fait à cette inetit^a^p^ «ie Liea (|iii s'appelle la mort. Durant six mok§. CUadlo Jattnet Fa regardée en lace ; et qnand elle <est appn>ebée^. S a jeté S€>n ânke an-derant d eUe dané an cri âtial d'espérance et d'amonr. Que notre fin a toi» ressenib*le à celle de ce juste et que notre dernière heure soit rimiCation de la sienne! Mmaheramaia mm morte jmtônam êi fiani /wn^tma aua karwm JûnZia ' / Maïs la meilleure fa<;on d'honorer nos morts, n*est-ce pas de Doos montrer dignes d'eux en marchant sor lears traces? Tel est. j'ose le dire au nom de tous, notre commune résiliation au débat de cette année de travail. Vous Dous y aiderez, vous qui êtes nos amis. L'œuvre du haut eoseiguement est difficile entre toutes. Si Ton mesurait sou importance au nombre de ceux qu'elle intéresse directement. Je comprendrais qu'on marquât sa place bien au-dessous même de renseignement primaire qui a pour cliente la multitude, au-dessous même de l'enseignement classique qui a pour tributaires la classe élevée et la classe moyenne tout entières. Mais c'est là une façon bien imparfaite d'apprécier la tâche