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ardue qui incombe aux maîtres des écoles supérieures. Leur mission ne va à rien moins qu'à développer et à diriger les forces latentes qui meuvQnt les sociétés et décident du sort d'une civilisation. Pour jouer ce rôle, la science et le dévouement ne suffisent pas ; de grandes ressources sont nécessaires.
Ceux qui ne voient rien de mieux à faire que d'ajouter cçtte sollicitude à toutes celles dont on a chargé l'État moderne, cet émule malheureux de la Providence, ne sont pas embarrassés pour réunir les voies et moyens. Quelques chiffres très gros inscrits dans la loi de finances mettent à leur disposition l'argent de tout le monde. Et l'on voitles chaires s'élever, les bibliothèques se garnir, les laboratoires étaler leurs instruments de travail. L'émulation des chercheurs a pour stimulants les encouragements prodigués à quelques-uns aux frais de tous. Mais ce caractère d'intérêt public devient pour le haut enseignement officiel une cause de faiblesse morale. Sous prétexte que la richesse commune ne doit pas servir des croyances particulières, on en fait la servante de la négation, mal déguisée sous le masque de la neutralité. De peur de gêner les impies, on opprime les croyants. Pour être bien sûr que l'école ne sera pas une succursale de l'Église, on en fait le vestibule de la Loge. Une science vide de philosophie, une philosophie vide de Dieu, voilà le milieu délétère où devront respirer les âmes de vingt ans.
Nos pères ont vu ce péril, et ils ont tremblé pour l'avenir du pays. Désespérant de convertir le monopole, ils ont juré de le détruire et de plantçr à côté de l'État
enseignant, dépourvu de principes, Tarbre vigoureux de la liberté. Ils sont morls à la peine et nous sommes entrés dans leurs travaux. Nous flattions-nous, par hasard, de pouvoir exploiter sans effort le domaine dont l'acquisition leur avait coûté si cher? Ce rêve pusillanime nous rendrait indignes d^eux. Non, cela ne doit pas, cela ne peut pas être pour les chrétiens une surprise que de voir la haute éducation intellectuelle s'offrir à leur généreuse ambition comme une âpre et laborieuse conquête. Il s'agit de reconstituer par le sacrifice les moyens d'action que la puissance publique demande à la contrainte. C'est bien encore l'impôt qui alimentera notre budget, mais l'impôt volontaire que la foi sait ajouter à l'impôt forcé. Tous les chrétiens comprennent cette nécessité, quand il faut créer et entretenir les écoles populaires. 11 leur reste un progrès à faire pour la reconnaître en matière d'enseignement supérieur.
A cet égard, Messieurs, nous avons beaucoup à apprendre de nos voisins. Certes, nous envions â nos frères de Belgique les succès croissants et soutenus de la cause catholique dans leur pays. Ils ont su défendre la liberté, conquérir le pouvoir, s'en servir, non pour opprimer les vaincus, mais pour affranchir les consciences : tout cela est beau à voir. Mais comment y sont-ils parvenus? C'est en usant largement du droit que la Constitution leur assurait de fonder des écoles. Et Ton n'a pas commis en Belgique la faute que beaucoup de Français commettent depuis vingt ans. On n'a pas dit : faisons des écoles prijnaires, cela suffit. On n'a
pas dit : faisons des collèges, pourvu qu'ils équilibrent leurs budgets. On n'a pas dit enfin : à quoi sert une université qui coûte des centaines de mille francs pour produire quelques médecins, quelques ingénieurs, quelques professeurs et quelques avocats? On a tout mené de front. Et quand le parti appelé libéral — par antiphrase — a réussi à bannir la religion des écoles publiques, sans doute, par un héroïque effort, on a
ouvert dans chaque commune aux enfants du peuple une école libre et chrétienne; mais on ne s'est pas borné là. On a créé des collèges catholiques, on en a mesuré le nombre, non pas aux ressources qu'ils procuraient, mais aux besoins des familles croyantes ; et là où les pensions ne couvraient pas les frais, on y a pourvu par des subventions. Et tant d'efforts n*ont pas épuisé le courage des Belges.
L'Université de Louvain était là, reste vénérable du passé, grande par ses traditions et sa renommée, mais pauvre désormais, et recrutant avec peine quelques centaines d'étudiants. On Ta soutenue, dotée, fortifiée de toutes manières, parce qu'on savait bien que de là partiraient les hommes qui prendraient en main la direction scientifique de leur temps et relèveraient le parti catholique du discrédit intellectuel et moral où il était tombé. Aujourd'hui l'Université de Louvain compte 2.000 élèves ; les hommes qu'elle a formés sont devenus les autorités sociales de leur pays. Médecins, avocats, juges, propriétaires, industriels, législateurs, administrateurs, membres des assemblées provinciales, ils font rayonner autour d'eux Tinfluence
qu'ils ont acquise par leur savoir et le mettent au service du bien.
On les Toit, aux jours de crise constitutionnelle, pressentir et servir les vœux du grand nombre. L'àme frémissante d'une démocratie consciente de sa force les trouve moins réfractaires au progrès que ces libéraux attardés dans les vieilles négations et les vieilles haines. Si l'extension du suffrage devient inévitable, c^cst k leur clairvoyante initiative que la nation sera redevable des mesures préservatrices qui protègent contre la tyrannie du nombre les droits de la famille et les intérêts de la société. Et quand un premier essai de Télectorat nouveau jette tout à coup, dans les assemblées législatives, un redoutable contingent de socialistes, les places occupées par ces hôtes inquiétants ne sont pas conquises sur les catholiques : ceux-ci, au contraire, forment à eux seuls une majorité décisive, dont l'empire s'assoit sur les ruines du libéralisme; ils sont seuls en face des modernes barbares, assez forts pour les contenir, assez généreux pour les désarmer.
Messieurs, je n'ignore pas que pareille victoire est pour les catholiques de France bien plus difficile à remporter. Mais ce que je sais également, c'est qu'il faut la remporter ou périr. Travaillons-y de loin comme ont fait les Belges. Préparons-la par l'école à tous les degrés, mais aussi, mais surtout par l'école supérieure. Le salut social est à ce prix.
Si quelque chose, Messieurs, peut vous encourager dans l'effort qu'il vous reste à faire, c'est de voir de
quels fruits ont été payés vos sacrifices passés. Je répondrai donc à votre attente en vous parlant avec modestie, mais avec vérité, des résultats dont nous sommes redevables à nos bienfaiteurs non moins qu'au bon vouloir de nos étudiants et au dévouement de nos maîtres.
Les Facultés catholiques travaillent sous les yeux de trois catégories de témoins : les amis bienfaisants : — vous en êtes; les ennemis — ils sont dans les rangs des adversaires de vos croyances; enfin les amis malfaisants.
Or ces deux dernières classes de personnes ont cela de commun qu'elles nous jugent sans nous connaître et sans nous regarder. Les ennemis s'en vont rééditant à notre occasion les vieux clichés sur l'incompatibilité de la science et de la foi : « Ces gens-là, disent-ils, veulent faire de la science, mais leur foi les en rend incapables; donc ils n'en font pas. »
Les amis que j'appelle malfaisants ne parlent pas du même a priori^ mais ils ne se monti'ent pas plus soucieux d'appuyer sur des faits leurs appréciations dédaigneuses.
Les universités catholiques, disent-ils, ah! ce serait une bien belle chose ; mais ce n'est pas viable. Voyez, voilà dix-neuf ans qu'elles existent, et elles continuent de végéter. Elles n'ont pas d'élèves ; elles n'ont pas de succès; de plus, elles ne mènent à rien. Les sacrifices qu'on fait pour elles sont donc stériles.
Pour répondre à ces sentences sommaires, laissons la parole aux faits.
Kiles n*ont pas d élèves? Eh bien, voici nos états de personnel certifiés par l'inspecteur d'Académie qui parafe nos registres. Pour Tannée dernière, la Facnlté de droit — c'est celle dont on proclame le plus haut rinutilité — a compté 343 étudiants. Ajoutez-y 135 aspirants h la licence es lettres, 36 à la licence es sciences, ii élèves de la Faculté de théologie, vous avez un total de 535 étudiants.
Quant à Tannée nouvelle, voici comment elle s'annonce : Faculté de théologie, 30 étudiants; Faculté de droit, 381 étudiants dont 119 nouveaux, 125 élèves de lettres, 3i de sciences, 18 de cours divers; total, 586. Les recrues que nous attendons encore nous feront certainement atteindre le chiffre de 600.
Or savez-vous. Messieurs, combien TUniversité de Franco compte de groupes de Facultés atteignant ou dépassant ce chiffre? 2 ou 3 à peine, en dehors du groupe de Paris qui en compte 10.000. Or, je n'ai pas entendu dire que les Facultés que l'État entretient à nos frais — et à grands frais — à Rennes, à Caen, à Nancy, h Clermont, à Poitiers, à Lille et ailleurs, soient des écoles mortes et qui méritent le dédain. Pourquoi le mériterions-nous, avec une population égale ou supérieure, alors que nous avons à remonter, pour arriver là, tant de courants contraires? Pourquoi ? Parce qu'on néglige de s'informer de ce que nous sommes et des progrès accomplis. Que des ennemis usent d'un tel procédé, c'est injuste, mais explicable. Que dire, quand ce sont des amis?
Les Universités catholiques n'ont pas de succès? Mais
ici encore je demanderai : qu'en savez-vous? Vous venez d'entendre les rapports spéciaux sur le droit et les lettres. Laissez-moi vous présenter en un tableau d'ensemble les résultats des examens pour Tannée écoulée.
La Faculté de théologie a fait 20 bacheliers en théologie et en droit canon, 24 en philosophie scolastique, 2 licenciés en théologie et 4 en droit canon.
La Faculté de droit a fait recevoir devant le jury de l'État 52 bacheliers, 45 licenciés, 2 docteurs, 7 capacitaires. Et comme chacun de ces grades s'obtient après plusieurs épreuves échelonnées, voici le tableau des examens : 169 étudiants ont subi dans l'année 331 épreuves dont 249 ont été couronnées de succès. La proportion des admissions est de 74 %,
L'Ecole des lettres a fait recevoir 45 licenciés, 2 agrégés et 1 docteur.
L'École des sciences a fait recevoir 8 licenciés, 3 en mathématiques, dont 1 classé premier, et 5 en physique.
Pour l'École des lettres en particulier, le résultat est tel que pas une Faculté en France, à part celle de Paris, ne peut en présenter un pareil. Pour toutes les autres Facultés ou Écoles, qu'il s'agisse des nombres absolus ou de la proportion des succès sur l'ensemble des épreuves subies, les résultats heureux sont égaux ou supérieurs chez nous à la moyenne de ceux que présentent les autres groupes des Facultés sans exception.
Voilà les faits. Messieurs. Et à ceux qui me reprocheraient de les faire valoir avec trop de satisfaction, je
répondrai avec saint Paul : c*est tous qui m'y avez forcé. Faetus sum insipkns : vos mê coeçistis.
Reste le troisième reproche : les Facultés catholiques ne mènent à rien. Traduisez : dans l'état actuel des choses, elles ne sont pas la meilleure voie à suivre pour devenir substitut ou sous-préfet. En dehors de ces deux paradis terrestres, elles mènent à tout, ou du moins elles préparent à tout. La Faculté de médecine de Lille et, à Paris, nos deux florissantes conférences d'étudiants en médecine ne suffisent pas à fournir de jeunes médecins les contrées qui nous supplient de leur en envoyer. Nos Facultés de lettres et de sciences recrutent le personnel enseignant de nos collèges et de nos petits séminaires et procurent à un nombre toujours croissant déjeunes gens Tavantage de remplacer deux ans de caserne par deux années d'études fécondes; notre Faculté de droit conduit ses licenciés et ses docteurs au seuil du barreau, elle les arme pour les concours du Conseil d'État, de la Cour des comptes, de rinspection des finances, du Commissariat de la marine; elles les met en état de gérer leurs affaires, celles de leur commune, de leur département ou de l'État dans les divers conseils oii nous les voyons entrer tour à tour.
Voilà ce que font nos Facultés pour leurs élèves. Mais, de grâce, que font donc de plus les Facultés officielles? Avez-vous entendu dire que les diplômes conquis hors de cette enceinte assurassent par eux-mêmes une carrière toute faite à ceux qui ont suivi les leçons d'autres maîtres? Certes, ce n'est pas moi qui mécon-
naîtrai l'âpreté chaque jour plus grande de la lutte pour Texistence, au sein d'une société qui semble organisée pour la multiplication des déclassés. Mais à qui la faute? Est-ce nous qui, par les bourses des lycées, attirons sans cesse aux études classiques ceux que leur naissance semblait destiner aux travaux manuels? Va-t-on nous rendre responsables de cette hypertrophie de lettrés et de demi-savants qui menace de devenir la maladie constitutionnelle de notre pays?
Rien ne serait plus injuste ; car, à part le clergé^ qui, en élevant les enfants du peuple aux honneurs du sacerdoce, reste fidèle à sa tradition séculaire^ à part le corps médical qui, aujourd'hui comme autrefois, ouvre ses rangs auxhumblesetvigoureux travailleurs pour les porter aux sommets du savoir et de l'influence sociale, le reste de notre clientèle studieuse appartient par ses origines à la classe élevée ou à la classe moyenne. Nous n^avonspasles ressources dont l'État dispose, nous ne partageonspas les illusions dont notre démocratie se grise à l'heure présente, pour acheminer la nation française vers la chimère dangereuse de l'instruction intégrale. Si donc il y a pléthore de candidats pour les emplois publics, pour toutes les professions libérales, nous ne sommes pour rien dans ce malaise. Nos enfants en souffrent comme les autres. Ils n'en souffriraient pas moins, s'ils n'étaient pas nos élèves. Ils rencontreraient les mêmes difficultés matérielles, ils n'auraient pas, pour les surmonter, les ressources morales que leur assure une culture intellectuelle pénétrée des influences de la foi. En sorte que, à le bien prendre, on fait grief
à nos Facultés d'un mal dont elles ne sont pas cause et auquel, mieux que d'autres, elles peuvent apporter quelque adoucissement.
Il y a quinze ans, Messieurs, que je vDus dis ces choses. Je vous promets de cesser de les redire le jour où de faux amis cesseront de nous adresser des reproches injustes pour se dispenser de seconder nos efforts.
MM. Beurlier et Cauvière vous ont fait voir une autre face de notre œuvre : c'est l'activité scientifique de nos maîtres. Ce n'est pas là le moindre service rendu par nos Universités à la société chrétienne. Certes elles sont avant tout des foyers de haute éducation pour la jeunesse ; mais elles sont aussi des foyers de savoir. Si vous les considérez du premier point de vue, tout en elles est subordonné à l'intérêt des élèves. Et c'est dans l'accroissement constaté du nombre des étudiants que nous sommes Iieureux de vous montrer nos progrès. Mais, si vous envisagez nos Facultés sous le second aspect, alors on peut dire que les élèves sont l'accessoire : la fin principale doit être cherchée du côté de la production scientifique ; et celte production elle-même a deux facteurs : le groupement des maîtres et la réunion des instruments de travail. S'il n'y avait pas d'étudiants à préparer aux grades, les hommes distingués qui les instruisent seraient demeurés dans leur isolement, ou bien ils auraient été fortifier de leurs concours les établissements publics. On ne verrait pas se former dans les régions supérieures de la pensée catholique ces noyaux lumineux destinés à répandre les clartés du savoir sur le peuple des croyants. Mais
ces maîtres eux-mêmes, pour s'acquitter de cette haute fonction sociale, pour en faire honneur à la vérité chrétienne, ils ont besoin d'avoir sous la main les outils du labeur et de la recherche, les livres, les collections, les appareils, les laboratoires. Ici encore, les élèves ont été Foccasion, le motif déterminant qui a provoqué les sacrifices : c'est la science pure, la science désintéressée et sereine qui en recueille le profit. Vous voyez quelle étroite solidarité unit toutes les parties de ce grand ouvrage; et j'ose espérer qu'ayant une fois compris et admiré cette harmonie, vous irez disant partoutà ceux qui trouvent que les Universités catholiques coûtent trop cher : elles coûtent bien peu, car elles sont nécessaires et ce qui est nécessaire n'est jamais trop payé.
Je compléterai donc le tableau qui vous a été présenté de notre activité scientifique, en servant d'interprète aux Facultés ou écoles qui n'ont pas eu aujourd'hui de rapporteur. La Faculté de théologie se glorifie avec raison des belles publications de M^^' Gasparri, dont le Traité de l'ordination, faisant suite à son beau Traité du mariage, a conquis, dès son apparition, une place d'honneur dans la littérature théologique et canonique de ce temps; elle est fière des travaux érudits que M. l'abbé Duchesne, membre de l'Institut, mène de front avec un double enseignement. Dans un genre bien différent, elle peut s'honorer du remarquable opuscule publié par le R. P. Terrien, de la Compagnie de Jésus, sur une des questions les plus abstruses de la dogmatique scolastique : la nature de l'union hyposta-
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tique dansTIncarnalion. A roccaâion de la découverte qu*il a faite d'un manuscrit inédit de Godefroy des Fontaines, contemporain et adversaire du Docteur angélique, le savant Jésuite pousse jusqu'aux limites extrêmes de lanalyse métaphysique Tétude de Tunité de personne dans la dualité de natures. C'est de Falgèhre théologique, dira-t-on. Soit! Mais pourquoi les mathématiciens auraient-ils seuls le privilège de s'élever assez haut pour n'être compris que des initiés? Knfin notre Faculté salue avec orgueil la mise au jour, longtemps attendue, du premier volume de cette Patrologie syriaque qui vient enfîn couronner la persévérance obstinée de M. Tabbé Graflln. Tout dans cette entreprise colossale eht son ouvrage, tout jusquàla perfection typographique due au choix des caractères qu'il a lui-même fait graver et fondre tout exprès, pour reproduire (»n une longue série de tomes la collection entière des 30.000 pages de manuscrits syriaques enfouis depuis tant d'années au British Muséum. La savante collaboration de dom Parisot, de l'Ordre de Saint-Henoît, et le concours précieux de la maison Didot (|ui a prêté, avec ses presses, Toutillage merveilleux qui est son patrimoine héréditaire, ne sauraient
enlever à notre jeune et docte confrère le mérite d'une si honorable initiative.
M. l'abbé de Broglie, dont le haut enseignement
intéresse toutes nos Facultés et écoles, vient d'ajouter
un nouveau volume, plein d'actualité, à la série déjà
longue de ses belles éludes apologétiques. Dans ce