DISCOURS PRONONCÉ AU PETIT SÉMINAIRE D*ORLÉANS
On a vu s'allumer à la fois sur plusieurs points du vieux sol de France des foyers de savoir chrétien. Qui que vous soyez, saluez l'aurore des hautes écoles catholiques! Si vous êtes hommes de science, il ne peut pas vous déplaire que les études supérieures trouvent dans notre pays des centres nouveaux, et que des efforts indépendants provoquent partout l'émulation de la recherche. Et si c'est avant tout l'avenir des croyances chrétiennes qui vous intéresse, ah I comprenez que, pour sauvegarder cet avenir, il ne suffit plus d'affirmer l'accord possible de la vraie science et de la vraie foi, il ne suffit même plus de le prouver par des faits, il faut montrer à cette société idolâtre de son savoir des fruits de science nés et mûris sur l'arbre de la foi.
C'est ainsi, n'est-il pas vrai. Messieurs, que notre œuvre nous est apparue, quand, à la voix du Souverain Pontife encourageant nos évêques, à la voix de votre illustre pasteur qui vous conviait à ce grand effort, vous avez concouru pour une si large part à la fondation de l'Université catholique de Paris.
Eh bien! ce que je vous demande, c'est de ne pas abandonner une entreprise qui est la vôtre, qui profite à votre fils, qui a vécu de vos libéralités et qui a besoin aujourd'hui de votre confiance. Les remaniements législatifs qui ont modifié leur condition légale, n'ont porté à nos écoles supérieures qu'une atteinte légère. De quel côté pourraient-elles donc craindre une atteinte mortelle? J'oserai le dire, parce que c'est le moyen de l'empêcher : ce serait uniquement du côté de nos amis! S'ils aimaient mieux gémir sur les privilèges
perdus que nous aider à exploiter virilement la liberté qui nous reste; s'ils s'effrayaient mal à propos de périls qui n'existent pas; si, réservant à nos Facultés une sympathie platonique, ils confiaient leurs fils aux écoles rivales; si, non contents de cet abandon, ils en venaient à se désintéresser de nos travaux et à en ignorer la v^,leur, alors, alors seulement, il faudrait donner accès dans nos cœurs au sentiment de découragement que rhostilité d'adversaires puissants n'a jamais
pu y faire entrer 1 Aussi bien. Messieurs, ce n'est point une confiance
aveugle que je réclame. Quand je vous dis que les craintes qui pourraient vous arrêter sont vaines, je suis prêt à le prouver, et cette preuve, M«f^ l'évêque d'Orléans m'autorise à vous la fournir dans un petit écrit que je laisserai entre vos mains. Quand je vous invite à vous rendre compte de nos efforts, je suis en mesure de vous montrer des résultats qui attestent, mieux que des paroles, l'activité scientiûque dont notre Institut est le foyer. Sans parler des licenciés en droit qui sont sortis de notre Faculté par centaines, des docleurs en droit dont le nombre dépasse la quarantaine, nos écoles littéraires et scientifiques ont produit, depuis 1876, 90 licenciés es lettres, 4 docteurs, 3 agrégés et 37 licenciés es sciences. Elles avaient formé des professeurs pour la plupart des collèges libres et des petits séminaires des diocèses fondateurs. Orléans, La Chapelle en savent quelque chose, et c'est avec joie, avec orgueil que nous saluons aujourd'hui, jeunes gens, parmi vos maîtres 4 lauréats prêtés par ce diocèse