‹ Mélanges africains et orientauxChapitre 10 sur 105 · H. Stumme, Dichtkunst und Gedichte der Schluh, p · texte numérisé non relu

H. Stumme, Dichtkunst und Gedichte der Schluh, p

Je suis allé chez de vils animaux,

Ait Erbah est leur nom :

Je les ai trouvés étendus sur le sol comme des fig-ues non mûres;

Ils avaient tous l'air de malades ;

Ce sont des lézards entre des couleuvres ;

Ils n'inspirent aucune crainte, ils ne piquent pas.

Ce sont les gardiens de silos que j'ai vus à Tha 'chach ;

On ne met à ce poste que des infirmes indig-ents ;

Fiente de rats et de chats ;

Mettez une peau devant eux, ils vous l'arracheront des mains ;

Sans cesse leurs lèvres sont g-ercées;

Ils sont tous roueres et teicrneux.

Comme des vautours sur leur fumier,

Quand ils voient une charog-ne, ils s'abattent sur elle ;

Ils en arrachent les entrailles

Et ce jour est pour eux un jour de bombance;

D'après leurs calottes et les coifFuresde leurs femmes,

Je pense qu'ils sont d'orig-ine juive *.

Cette chanson, composée par Mohammed Sâïdn Aïth el Hadj est encore répétée aujourd'hui, quand on veut faire affront aux g-ens d'Aït Erbah qui tentèrent à plusieurs reprises d'assassiner le poète pour se veng-er.

Uneautre manifestation de la littérature populaire berbère et non moins importante que les poésies, ce sont les contes. Bien que l'on n'ait commencé à les recueillir que de nos jours, divers indices nous permettent de croire qu'ils ont été de tout temps en

i. Hanoteau, Poésies populaires de la Kabylie du Jurjura, p. 177-181.

honneur chez eux. Dans l'histoire de Psyché, qu'à U\ tin du II® siècle de notre ère, Apulée inséra dans son roman des Métamorphoses, onlit que Vénus infligea, entre autres châtiments, à Psyché, l'obligation de démêler et de rassembler en tas séparés, des graines de pavots, de pois, de lentilles et de fèves qu'elle avait réunies en un seul monceau. Cette tâche, audessus des forces de Psyché, est accomplie par des fourmis qui lui viennent en aide, et elle sort victorieuse de l'épreuve imposée par sa cruelle belle-mère. Cette épreuve, nous la retrouvons dans un conte berbère : c'est un épisode d'un conte kabyle de Mohammed ben Sollan qui doit, pour obtenir la main de la fille d'un roi, trier du froment, du maïs, du sorg-ho entassés et pour qui cette besogne est faite par les fourmis ^ Ce trait ne se trouve pas dans les contes arabes qui ont servi de modèles à la plus grande partie des contes kabyles : il est peu admissible que les Berbères aient lu les Métamo?'p/wses, mais il n'est pas impossible qu'Apulée, né à Madaure, aujourd'hui Mdaourouch en Algérie, ait retenu cet épisode d'un conte qu'il entendit étant enfant, et qu'il l'ait intercalé dans son récit.

Ces contes nous ont aussi conservé le souvenir de très anciennes coutumes, en particulier celle de l'adoption. Dans des contes recueillis en Kabylie par le g-énéral Hanoteau'-, le P. Rivière^ et Mouliéras^,

1. Hanoteau, Essai de grammaire kabyle, Alger, s.d., in-8, jip. 28iî et suivantes.

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