Hemie dea Traditions populaires, '}a.n\]e
2. L'auteur s"est tenu sur le doiuaine hollandais. En y joignant les récits fies ïagals des Philippines, son livre eût été complet pour toute cette région.
3. Quelques-unes, il est vrai, nous étaient connues, mais souvent d'une façon abrégée par les traductions françaises fournies par L. de Backer, L'archipel Indien, Paris, 1874, in-8. J'en ai reproduit plusieurs dans mes Contes et légendes de l'Extrême-Orient. Ainsi, Bezemer, Pour- (/uoi il y a une nouvelle lune, p. 178-179 ; contes et légendes n" 183 : La lune, le serpent et le bouvier ; Bezemer, p. 34-37, L'origine de /'émïure Javanaise ; contes et légendes n» 149. Les aventures d'Adji-Saka ; Bezemer, p. 272 274, La légende de la descendance de la race royale de Bolaang-Mongondau; contes et légendes no 165, Origine de la population de Bolaang ; Bezemer, p. 304-305, Le singe et l'oiseau Wéris ; contes et légendes no 171, La vengeance du Héron; Bezemer, p. 311 313, Le singe et la tortue : contes et légendes n'^ 98, La tortue et le singe (d"après Kern).
UN RECUEIL DE CONTES DE l'aUSTRALASIE 363
Zendelinggenootschap te Rotter'dam; les Bijdragen tôt de Taal, Land en Volkenhunde van Ned.-Indié', la TijdscJirift voor de Taal-Land en Volkenhirnde van Ned.-Indié.
Dans ces contes qui ont subi l'empreinte des civilisations étrangères, quand ils ne leur ont pas été empruntés, on retrouve les vieilles traditions indigènes ; ainsi, dans la légende javanaise, les neuf Kasôngo (p. 27), le fait de considérer le riz comme une personnalité humaine (cf. les remarques, p. 417). Le culte des âmes dans le mois qui leur est consacré et qui porte à Java le nom arabe de Roiiafi (altération de arouàh, les âmes) est bien antérieur à Tiiitroduction de l'hindouisme et de l'islam (cL remarques, p. 419-420).
En général, ces récits portent la marque bien caractérisée d'une influence musulmane. Les Malais, qui l'avaient reçue de l'Ouest (la Perse, l'Inde et peut-être aussi l'Arabie) la portèrent à leur tour vers l'Est. C'est ainsi qu'on retrouve des versions altérées des contes musulmans chez les populations restées païennes comme les Bataks et les Dayaks. Quelquefois, en outre, l'exactitude des détails semble indiquer qu'il y a un emprunt à un texte écrit. Ainsi (p. 24) la légende de Nabi Isa (le prophète Jésus) est bien connue par les auteurs arabes ; c'est l'histoire de Jésus, Vhomme au pain et les trois voleurs^ ; le prophète égori»e et mange un chevreau, puis il lui rend la vie"^. Pareille chose
1. Cf. mes C'onlex et légendes arabes, n* 237, et les sourres, Reçue des Traditions pnjnilaires, t. XIV, p. 438.
2. Ce liait est attribué à Jésus par Eth Tha'alibi, Qisax el Anf/yà (Le Qaire, 1898, liég., in -8), p. 347-348, qui a sans liouie été la source
arrive avec une vache ; enfin, il tait trois las de sable qu'il change en or ; le troisième est pour celui qui a mangé le troisième pain*. Deux Bédouins (sic) veulent enlever ces tas au disciple; puis ils s'entendent pour se les partager entre eux trois, et envoient le compagnon de Jésus acheter des vivres; il les empoisonne et est assassiné par eux ; alors le prophète revient avec ses disciples et leur raconte toute l'aventure. Une autre légende javanaise, VEpoiise infidèle (p. 83-86) est également empruntée à l'arabe"-.
directe de la légende javanaise. Il est curieux cependant de la retrouver chez les Bretons et les Scandinaj-es païens. Ainsi, dans VIfistoria Britonjim attribuée à Nennius, on lit que saint Germain étant venu dans la Grande-Bretagne, reçut, avec ses compagnons, riiospitalité chez un serf du tyran Beule, qui n'ayant qu'une vache et qu'un veau, tna ce dernier, le fil cuire et le servit. Saint Germain recommanda au\ siens de ne pas briser les os et, le lendemain, on vit le veau revenu à la vie auprès de sa mère (San Marte "^Schnlz"!, yenniu/i und Gildax, Berlin, 1844, in-8, p. 48- 49). Saint Germain est remplacé jiar Thor dans la Saga Scandinave. Dans le voyage qu'il fait dans l'Enceinte extérieure, il emmène l'Ase Lokiet ses propres boucs. Vers le soir, ils viennent chez un manant et obtiennent un gîte pour la nuit. Puis, le soir, Thôr prit ses boucs et les abattit tous les deux ; après cela, ils furent écorchés et mis dans la marmite. Quand tout fut cuit. Thôr s'assit pour souper, ainsi que ses compagnons. Thôr invita le manant, sa femme et leurs enfants à partager ce repas avec lui : le fils du manant se nommait Thiàlfi et sa fille RiJskva. Thor mit alors les peaux de bouc à quelque distance du feu et dit que le manant et ceux de sa maison devaient jeter les os sur ces peaux. Thiàlfi, le fils du manant, tint l'os de la cuisse d'un des boucs, le perça avec le couteau et pénétra jusqu'à la moelle. Thôr passa la nuit là, et au crépuscule, avant le jour, il se leva et s'habilla, prit le marteau Miolnir. le souleva en l'air et consacra les peaux de boucs. Aussitôt les boucs se levèrent, mais l'un d'eux se trouva boiteux à une jambe de derrière. Thôr s'en aperçut, et déclara que le manant, ou quelqu'un de sa maison, n'avait pas usé avec précaution des os des boucs, qu'il reconnaissait que l'os de la cuisse avait été brisé. Bergmann, La fascination de Gulfi. (Gylfar Ginning), Strasbourg, 1861, in-8, § 44. p \ 16-117 'Cf. aussi MacdowaI, Asgard aiid the Gods, Londres, 1887, in-8, p. 129-130]. Une légende kabyle raconte une aventure semblable du marabout 'Ali Ou Mousa. fondateur d'une zaouyah chez les Maatka (Devaux, Les Kabaïles du Juvjura, Paris, in-12, p 325-326) 'Cf. aussi l'aventure de Pélops et mes notes dans les Dictons attribués à Sidi Ahmed ben Yousof. Paris, 1890, in-8, p. 88-89;.
1. Cf. cette tradition altérée, pour expliquer l'origine des champignons, dans un cunte tchèque, ap. Zôrer, Oesterreichisches Sagen-und Màrchenbuc.h, Vienne, s. d.. in-8, p. 181.
2. Cf. mes Contes et légendes arabes, n° 287. Revue des Traditions populaires, t.XV, p, 631 et les notes.
IN UlîCUElL Di: CONTES Ui: l'aL STHALASIK 'M'h)
Les contes relalils à Ujoha ont pénétré jusque dans TAustralasie chez les Bataks (cf. p. 196-204). Il y est appelé Djonaha ce qui indique la provenance arabe et les Bataks racontent de lui un trait que nous trouvons, à part des modifications locales, dans le recueil berbère de Mouliéras*. Il fait croire que, grâce à un auxiliaire surnaturel (une sarbacane enchantée) il avertit sa mère de préparer un festin avec les oiseaux tués par celte arme qu'il cède ensuite comme paiement d'une dette. La fin de l'histoire (le serment sur le poulet) paraît empruntée aux coutumes locales. — Dans un autre récit, Djonaha fait périr tous les gens de son villag^e en leur faisant accroire qu'ils pourront aller comme lui dans le monde souterrain et en rapporter des richesses^. Mais on trouve une moralité qui n'existe pas ailleurs; en punition de ses méfaits, Djonaha est dévoré par un tigre.
A côté de ces contes, visiblement d'inspiration uiusulmane, il en est d'autres où la mention de l'islam apparaît comme accidentelle ; elle indique seulement (jue le conte, d'origine étrangère, a été apporté par des gens professant cette relig"ion. Tel est chez les Sangir, au nombre des Célèbes, celui du
1. Le.i fourberies de Si Djoh'a, Paris, 1002, in-12, n» 48, Le lièvre de Si Djoh'a. p. 143-148. Lr conle batak dilTérc sur plusieurs points des v(M'sions iiiusulmanes : arabe d'Algérie (Allaoua bun Yahya, liecueil de thémen et de versions, Mosta(,'aneiu, 18!l0, in-8, n" cvni), berbère (Mouliéras, op. laud.) et al^liau (Tliornburn, Bannu or one afghan froalier). Sur les autres versions, cf. mon Introduction aux fourberies de Si Djoh'a, p. 7t)-77, note 2.
2. Ce trait manque tians les diverses recensions des aventures de Si Djoh'a, mais il existe dans un grand nombre de contes occidentaux. Cf. les rapprochements cités par Gosquin [Contes populaires de Lorraine, Paris, 2 v. in-8, s. d. René et son Seigneur, t. 1, p. 113-120 ; t. il, p.3o4- 35.0).
;j()(» Mi';i.ANGi:s AFiucAiNs irr omioMALX
Pi'ophcle Mohammed el de la pauvre Femme (p. "io4- 2o6), où un enfant trouve la solution d'une difHcullé, en faisant payer l'odeur par la vue. Cette anecdote est répandue dans tout le monde occidental, depuis la version citée par Plutarque, dans la Vie de Déméb'ios (p. 57), jusqu'à celle du Democritus ridens. 11 est à remarquer (jue celles qu'on rencontre dans l'Extrême-Orient: Inde, Chine et Japon, diffèrent de celle des Sangir, plus que les versions occidentales *.
D'autres contes ont été importés par les Musulmans, encore que le fonds soit indien. Ainsi chez les Javanais, celui du Crocodile ingrat où plusieurs prophètes sont invoqués^. Le récit présente de nombreuses modifications et semble un thème sur lequel s'exerce à son aise le talent du conteur-'. Le crocodile, écrasé sous un arbre, est délivré et transporté par un buffle jusque dans le fleuve où il doit dévorer la bosse de son sauveur. Des arbitres sont pris; une écuelle faite de feuilles de pisang-, un panier à riz déchiré et une vieille natte. Tous ces objets, entraînés par le courant du fleuve, déclarent
1. [Cf. pour ce conte et ses rapprochements, DAncona, Le fonti del .Vucellino ap. SludJ dicritica et sloria litteraria, Boloyne, 188U, in li' el mes Contes et Légendes de la (irèce ancienne, no 18, Le paiement de même nature. Revue des Traditions populaires, t. XVI, p. C3o-b3GJ.
'2. Cf. pour l'iiistoire de celte fable, mes Xouveaux contes berbères, Paris, 1897, in-18, notes, p. 191-192; Kennelh Mac Kenzie, An italiun fable, Chicago, 1904, in-8 et le compte rendu (jue j'en ai donné : Reçue des Traditions populaires, iuïWei [90i, p. 119.
3. On en trouve une version beaucoup plus simple chez les Minhasa, au noid de la Grande Célèbe (Le chasseur des sangliers et le grand Sei'pent, p. :2'J3--'9Gy. Le chasseur qui a délivré un serpent écrasé sous une niasse de pierres et de sable, va être dévoré par lui après avoir abandonne ses cinq chiens. 11 est condamné par l'arbre lawsa, par la vache (sauvage), les mêmes animaux que dans la fable de La Fontaine (1. X, fab. 2, L'homme et la couleuvre], mais un singe le lire d'atfaire en faisant remettre le serpent dans la même positiou pour mieux juyer.
UN RECLLIL DE CONTES UE L'ALSTKALA!?1E 06/
que Finjuslice el riiigratitude régnent dans ce monde. Le buffle n'est sauvé que par l'intervention du Kiclang (sorte de chevreuil), qui, sur les supplications de son ami, le Kantjil (moschus javanicus), vient près du fleuve, est accepté comme dernier arbitre et demande, pour se mettre à même de rendre un jugement impartial, que le crocodile se replace dans la position d'où il a été tiré par le taureau... Sous cette forme, le conte paraît présenter la plus ancienne donnée ; il n'y est pas fait allusion à l'ingratitude de l'homme qui est une addition postérieure, introduite pour donner plus de piquant à la controverse en montrant un ingrat se plaignant du manque de reconnaissance.
On peut encore ranger dans cette catégorie le conte javanais (Le Kantjil et le tiyy^e royal^ p. 87- 89) dans lequel le Kantjil échappe au tigre en lui faisant croire qu'il est chargé d'éventer la bouillie du roi Salomon. Il est sans doute d'origine indigène, mais l'influence musulmane se fait sentir dans la substitution du roi Salomon à une divinité, soit nationale, soit peut-être indoue. Je n'ai d'ailleurs pas retrouvé ce conte dans les innombrables légendes dont Salomon est le héros chez les Musulmans.
Le nom de Salomon permet aussi de reconnaître une influence musulmane dans un conte du Sangir, dialecle mongondau {Une nouvelle énigme de Samson, p. 2(37-272) dont quelques traits se rencontrent dans tous les récits de ce genre. Une princesse déclare (pi'elle n'épousera que celui ([ui devinera ses énigmes et lui en posera auxquelles elle ne pourra
'.\{)^ MKI.ANCJliS Al UlCAINS i: i URIK.NJALX
trouver de solution ; les prétendants qui échoueront seront mis à mort. Un prince Salmon (^Salomon) et son serviteur Louis {aie) se décident à aller la trouver. La mère du prince empoisonne le cheval qui devait les porter : deux corneilles mangent de cette chair et meurent. Les habitants du hameau où les voyageurs passent la nuit leur volent les corneilles, les mangent et périssent aussi. Salomon pose comme énigme : Un mort a tué deux vivants et deux morts ont tué quarante vivants. La princesse essaie de corrompre Louis pour avoir le mot de Ténigme ; elle ne réussit qu'à compromettre quatre de ses t'emmes et elle-même, forcées d'abandonner leur sarong et leur argent aux mains du prince. Quand il va être pendu, car le secret finit par être surpris, il n'a qu'à rappeler les tentatives dont il a été l'objet et les suites qu'elles ont eues pour obtenir sa grâce et épouser la princesse.
A côté de ces contes, il en est d'autres qui existent dans la littérature indienne et la littérature musulmane (sans parler des autres littératures) sans qu'il soit possible de déterminer à laquelle ils ont été empruntés.
Ainsi, dans le district de Galela, dans l'île de Djailolo, à Test des Célèbes, le conte des Oiseaux qui se choisissent unroi (p. 388-389) met en scène l'habileté du colibri, qui, se plaçant sur le dos de l'oiseau-rhinocéros, parvient plus haut que lui et se fait proclamer roi par les oiseaux. C'est un thème qu'on rencontre dans les littératures les plus diverses : dans les fables ésopiques, au Montferrat, en Gascogne, chez les Vendes des bords de la Sprée, chez
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les Kabyles *. Dans un récit du Miuliasa (la pauvre veuve et ses enfants, p. 309-310), nous rencontrons un épisode très écourté, mais bien reconnaissable, d'un conte très répandu en Orient et en Afrique : deux frères mangent la tête et le cœur d'un oiseau (ju'un prince s'était réservés ; l'un d'eux devient roi, l'autre reçoit la bénédiction, c'est-à-dire trouve en s'éveillant de l'argent sous sa tête -.
11 est probable que c'est l'Inde qui a fourni le conte qui sert de cadre au Soiika Saptati et qui, avec une légère addition au début, devient le conte malais de Radja Bayang [Le Roi des Perroquets, p. 137-140). Nous savons que le Touti-Nameh existe en malais sous le nom de Hikayat Bayàn ^, et aussi sous celui d^Histoire du perroquet prudent \ ou sous celui des Contes du perroquet ''. 11 est à remarquer que l'histoire qui sert de cadre se trouve également isolée dans un conte sicilienavec un dénoue-
1. Cf. mp^s Nouveaux contes berbères, noie p. 197; aux rapprochements in(Ji(|iiés, il faut ajouter un conte tchèque dont le roitelet est le héros. Cf. Ziihier, Oesterreichische Sagen tind Mdrchenbuch. p. 180.
2. Cf. les variantes de l'iiuic, «lu Pendjab, d'Allemagne, des Saxons de Transilvanie, de Sibérie, des Chell.ias du Tazeroualt, des Syriens, des Slaves du Suii, d'Italie, de la llaute-Brelagne, de l'Egypte arabe, des Kalmouks, dans les notes de me^ Contes populaires berbères, Paris, 1884, et de mes Nouveaux contes berbères, p. 219-225, L'oiseau merveilleux et le Juif.
S. Jac(|uet, Mélanges malais, javanais et polynésiens, part, ii, Bibliothé(/ue malaie, Journal asiatique, février 1832, p. 312.
4. Jacquet, Nouvelles additions au mémoire intitulé Bibliothèque malaie. Journal asiatique, ianvu'i' 1833, p. 69.
5. Cf. Marsden, Dictionnaire malai s. v. nouri. M. Brande a analysé les divers contes de la rédaction malaie du Livre du perroquet dans la Tijdschri/'t voor fndische Taal-Land-en Volkentîunde de batavia, t. XL). Pour la version sansciile, cf. la traduction des deux recensmns par Sclimidt, Die Sukasaptati (T(;x\us ornatior), Stuttgart, 1899, in-8 ; Die Çuka Saptati (Icxlus simplicitor), Kiel, 1894, in-8 [et llale Woilham, The enchunted l'arrot, Londres, 1911J pour les versions persanes, The Toolee- Nanieli, Calculla, 1782, in-8 ; The Tooti-Nameh, Lomhas, 18(il,in-8; Touti-Namek. lithographie à'i'ehriz, 1309 hég., in-4 ; M'i'e iMarie d'Heur (M"' Collin de Piancy), Les Trente-cinq contes d'un i)cr roquet, Paris, 1820, iu-8 ; Ikeu,
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nient différent : Le perroquet conteur ^ Le conte bien connu, la dispute des sauveteurs, existe dans les îles Sang-ir {Les trois princes, p. 25o-200) - ; un charpentier, un forgeron et un chasseur à la sarbacane se disputent la main d'une princesse que chacun pour sa part a contribué à sauver d'un garouda, mais la conclusion diffère de celle des autres versions ; ils doivent vivre avec la princesse comme frères et sœur, la protéger et la nourrir sans (|u'aucun l'épouse sous peine de mort.
La provenance indienne est moins douteuse dans la légeudejavanaise des femmes-cygnes •^. Kjaj Agangépouse une nymphe du ciel, Dewi Nawang W alang-, après avoir caché ses vêtements pendant ([u'elle se baigne dans un puits [Le vêtement magique disparu, p. 46-50); quand elle les retrouve par la faute de son mari, elle s'envole de nouveau dans le ciel. Il en est de même de la légende : L origine de V écriture javanaise (p. 34-37) dont le héros Adji-Soko (Soko Caka) personnifie la colonisation indienne. Faut-il y joindre aussi le conte minhasa. Le papillon et les dix singes (p. 293) dans lequel, une lutte s'étant eng-ag"ée, les
ToutiNameh von Nekhchebi's, Slullgart, 18:22, in-8 : Fainj talea of a l^arrot, Londres, in-4, s. li. ; Clouston, Flowerx from a Persian Garden, Londres, 1890, in-8. p. 121-182; pour les versions turkes : Touti Nameh, texte luri<, Boulaq, 1264 héy., in-4 ; Das Papageienbuch, tr Rosen, Leipzig, 1859, 2 V. in-12: id. tr. Wickerliauser, Leipzig, 1858, in-8. Version hindoustanie de Seyid Haïdar Bakhchi, trad. en anglais par G. Clirist : The Tola-Kahani, Londres, 1875, in-8. CI', sur ce cycle, l'ertsch, Ceber Nachuchabi's Papageienbuch, Zeitschnft dev deutschen morgenldndischen (lesellschaft.
1. Marc Monnier, Ae.s* contes populaires eti Italie, Paris, 1880, in-18 jés., p. 63. l'our d'autres parallèles, cf. Clouston, Popular taies, Edimbourg, 1887, 2 V. in-8, t. Il, p. 190-211.
2. Cf. sur ce conte Benfey. Kleinere Schviften zur Màrchenforschung , éd. Bezzenberger, Berlin, 1894, in-8, p. 94-150.
3. Cf. Cliarencey, Le Folk-love dans les deux inondes, Paris, 1894, in-8, p. :^08-331 ; Clouston, Popular laies, l. 1, p. 182-191.
L>" HECL'EIL DE CONTES DE l'aUSTRALASIE 3/1
singes s'assomment mutuellement en voulant tuer le papillon qui se pose successivement sur chacun d'eux? — Ou encore, toujours chez les Minhasa, le singe et le crocodile (p. 287)? Le sing-e dont la patte a été saisie par un crocodile lui fait croire qu'il ne tient qu'un morceau de bois et lui échappe de cette façon. De même, dans un conte malais, Le pelanduk elle crocodile (p. lo7-lo8) ce dernier est dupé de la même façon et lâche la patte du pelanduk pour un roseau. On reconnaît là un trait des aventures du renard. Est-ce à l'Inde, ou peut-être à la Chine, qu'il faut rattacher le début d'un conte des îles Sangir, La sœur des 99 frères (p. 262-266) rappelant la légende des mille enfants' tandis que le reste du récit est une variante des Deux sœurs jalouses de leur cadette.
Enfin, il y a lieu de signaler plusieurs contes qui font partie du domaine de l'ancien monde ; l'un à Makassar, les Hollandais subtils (p. 380) nous montre les Hollandais s'emplojant pour s'approprier un terrain, les mêmes ruses que Didon et les Phéniciens en Afrique, Yermak Timoféiev et les Russes en Sibérie, etc."; un pfennig est substitue à la peau de bœuf traditionnelle, mais le procédé est identique.
Un autre est le conte du Mort reconnaissant que nous retrouvons aussi bien chez les Grecs que chez les Berbères"' ; c'est le conte de Ilolontalo, dans les
1. Cf. Beals, Travels of Fa-hian, Loii.lrcs, 188!), in-8, p. 97-09.