‹ Mélanges africains et orientauxChapitre 102 sur 105 · Cf. Itevue des Traditions populaires, \)d.i?,\\u · texte numérisé non relu

Cf. Itevue des Traditions populaires, \)d.i?,\\u

3. Cf. une version berbère qui oiïrc Jes rapprochements, ruais (pii paraît altérée dans Mouiiéras, Légendes et contes nierceilleiKJC de la (Irande Kabijlie, fe partie, fasc. V, Paris, 1896, in-8, conte LX, Ali benimou, le

Moluques, les Bracelets d'or. Sur le conseil de son père, le fils d'un orfèvre a enseveli un mort privé de sépulture à cause de dettes qui sont acquittées par le jeune homme. Celui-ci recommence dans un second voyage, ce qui lui permet de rendre à un olougia (prince) la fille qui lui a été enlevée par les pirates et que le héros finit par épouser. Il est à remarquer que dans ce conte, les créanciers impitoyables sont appelés Cro?/an^5 (Musulmans?) Il finit par un trait sauvage : Tandis que le jeune homme ramenait la princesse à son père, il a été jelé à l'eau par l'ancien fiancé de la jeune fille. Il est sauvé par deux inconnus à condition de partager avec eux ce (}ui lui serait donné. Quand un fils lui est né, ils viennent réclamer l'exécution de sa promesse : il partage l'enfant en deux et le leur donne; ils disparaissent aussitôt. Il est probable que, dans la version primitive, ces deux personnag-es devaient être les deux morts à qui il avait donné la sépulture, qui lui avaient sauvé la vie, avaient voulu mettre à l'épreuve sa fidélité à sa parole et qui disparaissent au moment où il va s'acquitter.

Un autre conte d'origine javanaise, V Aplaaisseur de montagnes (p. o-Q), est curieux en ce qu'il renferme un trait qui, sauf une exception ', appartient uniquement à la mythologie ou au folk-lore des peuples Scandinaves ou germaniques. Pour empê-

ffénie qui eiilèrt> les fiancées et la lioiiri Hit Soleil. On sait que chez les Grecs, la version la pins ancienne esl liiistoire de Sinionide. devenue plus tard la fable <lo Simonide préservé par les dieux (La Fontaine. I, 14). I. En Gascogne : Le diable dupé (Bladé, Contes populaires de Gasrogne, Paris, 188G, 3 v. p«l. in-8, t. III, j». 221). Mais il y a eu probablement emprunt.

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cher Raksasa (le Rakchasa de l'Inde) de terminer avant que le coq chante la tâche qu'il lui a imposée pour mériter la main de sa fille Djuwitô, à savoir d'entourer d'une mer le domaine de Mahaméru, le dieu de cet endroit, au moment où l'œuvre va être achevée dans les délais voulus, se met à piler du riz comme le font le matin les jeunes filles: le coq, trompé par le bruit auquel il est habitué, se met à chanter et Raksasa ayant échoué est changé en pierre pour mille fois mille ans.

La forme la plus ancienne, quoique différente dans les détails, nous est fournie par le récit d'une aventure de Loki. « Après le premier établissement des Dieux, quand ils eurent élevé le Midgardr et construit le Vallhœll, il y vint un artisan qui leur offrit de leur bâtir, dans l'espace de trois semestres, une forteresse si excellente qu'on y serait en sûreté sans crainte des Bergrisar et des Hrimthusar, même quand ils seraient déjà entrés dans le Midgardr ; il demanda pour prix d'être mis en possession de Freyia; de plus il voulait avoir le soleil et la lune. Là-dessus les Ases allèrent délibérer et se consulter sur la résolution à prendre ; et l'on conclut ce marché avec l'artisan qu'il serait mis en possession de ce qu'il demandait, s'il parvenait à construire la forteresse dans l'espace d'un hiver. Mais si, le premier jour d'été, il restait encore quelque chose à faire à la forteresse, il perdrait le prix. Il devait, pour cet ouvrage, ne recevoir le secours de personne. Quand ils lui annoncèrent ces conditions, il les pria de lui permettre d'avoir l'aide de son cheval nommé Svaldifari, et Loki fut cause que cela lui fut accordé. Il

commença dès le premier jour d'hiver à construire la forteresse; et pendant les nuits, il transporta les pierres sur son cheval ; et cela parut très étonnant aux Ases, que ce cheval pût porter d'aussi grands rochers et que ce cheval fît deux fois plus de besogne que l'artisan. Mais le marché entre eux avait été confirmé par des témoignages solides et par beaucoup de serments, parce que l'Iotne ne serait pas cru en sûreté auprès des Ases, s'il eût été sans g-arantie lorsque Thor serait rentré. Celui-ci était alors allé dans V Aiistervegr (la région d'Orient) combattre les Ty^oU (démons). Lorsque l'hiver tira à sa fin, la construction de la forteresse fut vivement poussée, et celle-ci était déjà si haute et si solide qu'on ne pouvait pas l'attaquer. Et lorsqu'il n'y eut plus que trois jours jusqu'à l'été, le travail aux portes de la forteresse était déjà très avancé. Alors les Dieux s'assirent sur leurs sièges de jugement et cherchèrent conseil ; et chacun demanda àl'autrequi avait conseillé de marier Freyia dans le séjour des lotnes et d'endommager l'air et le ciel, de manière à enlever le soleil et la lune pour les donner aux lotnes et tous tombèrent d'accord que le conseil avait dû être donné par Loki, le fils de Lanfey ; ils le déclarèrent digne d'une mort misérable, s'il ne trouvait pas moyen défaire perdre la rétribution à l'artisan ; ils menacèrent Loki de lui courir sus. Lorsqu'il fut intimidé, il fit le serment que, quoiqu'il lui en coûtât, il arrangerait la chose de manière que l'artisan paierait la rétribution. Et le soir même, lorsque l'artisan sortit chercher des pierres avec son cjieval Svaldifari, voici que d'une forêt, une jument

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accourt vers le cheval et hennit vers lui. Quand l'étalon reconnut que c'était une jument, il entra en rut, rompit le lien et courut vers la jument. Celle-ci rentra dans la forêt et l'artisan courut après pour rattraper son cheval ; ceshennisseurs coururent toute la nuit; la construction chôma et le lendemain, il ne se fit pas autant de travail que cela s'était fait antérieurement. Et quand l'artisan vit que l'ouvrage ne serait pas achevé, il entra dans une rage d'Iotne ; lorsque les Dieux reconnurent pour certain que c'était un géant des montag-nes qui était venu chez eux, on n'eut aucun égard au serment; ils nommèrent Thor, et aussitôt celui-ci arriva et, tout de suite, le marteau Miœllnir s'élança dans l'air. Celui-ci lui paya la rétribution de l'ouvrage, mais non avec le soleil et la lune ; il lui refusa même d'habiter le séjour des lotnes ; il le frappa d'un seul coup qui lui brisa le crâne en petits morceaux et l'envoya en bas, au-dessous du Nilhel. Loki avait eu avec Svaldifari un tel rapprochement que, quelque temps après, il mit bas un poulain; c'était un petit étalon et il avait huit pieds, et c'est le meilleur cheval chez les Dieux et chez les hommes ^ Voici ce qui se dit dans la Vision de la Louve (Voluspa,y. 122-129).

1. Snorri, fils de Sturla, La fascination de Cul fi. idylfa fiitmivg) trad. Berpmann, § 42, p. H2-H;> ; Wagner et Mac Do val, Asfinrdsaïul Ihe (lods, p. 206-269. Il y est fait allusion dans un vers de la Petite Voliispa str. VI, V. I, Bergniann, /fig's Sprûche und das Ilijndlalied. Strasbouif^, d87(i, in-12, p. 162. Cf. aussi Bergmann, Alltceise's S]>ruche^ Thrijmssafjelied ; Strasbourg, 187(1, in-J2, p. (i-T : WuQ'^e, Studien uber die Entstehuvy der nordisrhea (!6tler-und Heldeitmgen, Munich, 1889, in-8, p 212-21 G ; Pineau, Lex Vieux chatits populaires Scandinaves, t. II, Paris, 1901, in-S, )). .'19-60. Ce dernier cite (p. 60, noie 2) les ouvrages suivants que je n'ai pu consulter: Simrock, Deutsche Mythologie, p. 67 ; L. Uhland, Der Mythus von Thor, p. 95,

Alors les grandeurs allèrenl sur des sièg-es élevés ;

Les Dieux très saints encor sur ceci discutèrent;

Qui avait porté la désolation dans l'airenlier,

Et, à la raced'Iotne, fiancé la vierg-e d'Odin?

Transj^ressés sont les serments, les promesses et les jurements;

Toutes les fortes assurances qn'on avait fait intervenir ;

Thùr seul obtient cela, enflé derag-e.

Rarement il reste assis, quand il entend pareille chose*.

Celte légende est extrêmement répandue en Alterna («"ne ; sous sa forme la plus ancienne, comme chez les Scandinaves et à .lava, c'est une jeune fille qui doit élre le prix de l'ouvrage ; tandis qu'en général, sous l'influence du christianisme, c'est une âme qui est en jeu. Le constructeur, dupé par une ruse, est le diable, comme dans la légende Scandinave, un lotne, et, dans le conte javanais, un Raksasa, correspondant, malgré son rôle sympathique d'amoureux à un Rakchasa, c'est à dire à un démon et à un être malfaisant dans la mytholoi^ie indienne à laquelle son nom est emprunté. La forme la plus ancienne se retrouve en Allemagne dans un conte de Thuringe : sur la montagne de Gleich, près de Hildburghausen, un comte a construit un château ; mais, s'apercevant qu'il n'est pas assez fort pour résister à ses ennemis, il accepte l'offre du diable d'entourer en une nuit, avant Je chant du coq^ la montagne d'une triple muraille. En récompense, le diable recevra la fille unique du comte. Celui-ci, attristé d'avoir conclu le marché, ne peut le cacher à sa fille ; elle va trouver sa nourrice et lui raconte l'aventure. La

1. Bergmann. Poèmes islandais tirés de VEdda de Samiind, Paris, 1838, in-8. p. 196 t97; E. Du Méril, Le chant de la Si/billc, ap. Histoire dr la /ini'sie uraiidinarp, |>aii?,l839. iii-8, p. 08 Pt note 3,

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vieille femme promet son aide et lorsque, dans la nuit, le démon et ses compagnons sont sur le point de finir leur œuvre, la nourrice va devant le poulailler, fait du bruit et le coq chante. Le diable dupé est obligé de se retirera

On remarquera que, dans cette version, comme en javanais, le chant du coq, dont il n'est pas question en Scandinave, joue un rôle ; il en est de même dans les autres textes g-ermaniques, qu'il s'agisse de la construction d'une maison, comme à Bisperode, dans le Brunswicka, ou danslaHesse -^ d'une grange comme àGallemarde dans les Pays-BasS ou dans la Basse Saxe 3, ou à Minden, en Westphalier-; d'une chaussée comme à Seeburg- en Thuringe?, à Paarstein 8 et à Galenbeck dans la marche prussienne»; d'une écurie, comme à Schwerin ^^ ; d'un moulin,

1. Witzschel et Schmidt, Sagen, Sitten und Gebvaiiche mis Thuringen, Vienne, 1878, in-8, p. 56-57.

2. Voges, Sagen ans dem Lande Braunxchweig, Brunswick, 1895, in-12. p. 93.

3. Lyncker, Deutsche Sagen und Sitten in hessischen Gauen, Casse!, 1854, i"n-lf., p. 22-23. Der Ha/tnhof ei p. 24-25, Der Tetifelals nniimeister. Cf. aussi Bochslein, Die Sagen der RluJngebirges,\\^ nv/.hourg, 1842, in-12, p. 260.

4. Wolf, Niederlàndische Sagen, Leipzig, 1843, in-8. p. 291-293.

5. Scliainbach Qi MiiWer, Niedersiechsisrhe Sagen iind Mierchen, Gùltin- «en, 1854. in-8. p. 152, Le diafife architecte. Dan^; un compte rendu, d'ailleurs sonimaire et peu bienveillant du livi« de M. Bezemer par M. J. Uerlol [Zeilschvif'tdei' dpulxchen viorgenlândischen Gese/lschafl, t. LVIII. 1904, p. 492-4 '.131, ce dernier n'a trouvé à rapprocliiM' de la léf,'etide javanaise fpi'une tradition de (irossenliain en Saxe.

6. Kuhn, Sagen, Gebraiiche und Màrchen aus W'etsphalen, Leipzig, 1859, 2 V. in-8, t. I, p. 248-249 et les notes.

7. Sommer, Sagen. Mrerchen und Gebràuche ans Sachsen und Thûringeu, Halle, 1840, in-12, p. 52-53. Ici le clianl du co<| n"a pas éti' provoqué, ce qui est un indice d'altération de la légende.

8. A. Kuhn, Mdrkische Sagen und Màrchen, Berlin, 1843, in-8, p. 210.

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