‹ Mélanges africains et orientauxChapitre 14 sur 105 · H. Le Roux, Au Sahara, Paris, s. d. (1891 !, in-18 jés · texte numérisé non relu

H. Le Roux, Au Sahara, Paris, s. d. (1891 !, in-18 jés

3, nie série. Paris, 1886, in-8.

LN PRÉTENDU CHANT POPULAIKE AHABE 65

puisque c'est moi qui le premier les ai recueillies et publiées d'après Mohammed ben Tidjâniben Yahya, fils du qaïddeBou Semghoun, interné avec son père à Frenda pour leur participation à l'insurrection de Bou 'Améma i.

Mais il y a un fait plus grave en ce qui concerne les vers intercalés dans la légende arabe de Bent el Ghass (plus correctement Bent El Khass), que l'auteur donne comme recueillie par lui dans l'oasis de Brézina. Disons d'abord que la légende de Bent el Khass, femme des Béni 'Amer qui se réfugia sur la garah de Si Hadj ed din pour échapper aux poursuites du sultan du Gharb, s'y défendit longtemps et Ht lever ce siège en persuadant aux troupes du prétendant qu'elle avait de l'eau en abondance, a été rapportée d'une façon complète d'abord par de Colomb'^, puis par Trumelel"^. M. Le Roux (jui raconte cette légende après ces deux auteurs y a inséré les vers suivants dont j'indiquerai tout à l'heure la provenance; ils sont soi-disant déclamés par des chanteurs du Sud oranais, en l'honneur de leur maître le Sultan Noir, devant Bent El Khass.

1. Ces contes, roproiiuils par M. Lo Roux, ont d'ahonl paru (ffxle Iji.'rbérc, transcription) dans mes .\otes de lexicographie berbère, puis (traduction) dans mes Contes populaires berbères. Paris, 1887, in-i8. Ce sont : r La femme et la fée (Le Roux, p. ?>7). Notes de lexicographie berbère, p. T'J ; Contes berbères, no XXV, p. b3 ; 2^ Le Présent de la fée (Le Roux, p. 54), Noies de lexicographie berbère, p. 82 : Contes berbères, n« XLIII, p. 90 ; à" La colline des Djinns (Le Roux, p. 59) ; Notes de lexicographie berbère, p. 86 ; Contes berbères, n° XXVIII, p. 78.

2. Explorations des K'sours et du Sahara de la province d'Oran. l'aris, 1858, in -8, p. 51-54.

6. Les français dans le désert, l'aris, 1863, in-18 jés., cii. vu, p. 212- 214. [J'ai étudié, depuis, celle légende dans un mémoire : La légende de Bent el Khass. Alger, 1905, in-8.]

1)6 mi':lan(;1'S aiiucvins i:t ouil;ntalx

l'. loT... (J lie de /''lis il il ('tendu su/- la poussière le ninri dune femme très belle, doiil la vie coulait par une blessure seniblable à une lèvre fendue. Bent el Ghass, interroge les cavaliers si tu ignores{\). 137) ses exploits. Ils te diront qu'il est toujours monté sur un cheval rapide et couvert de cicatrices.

Son fer perce les burnous : le héros na point d'abri contre sa lance.

\\ le laisse en pâture aux bêtes sauvages qui rongent ses belles mains, ses beaux bras.

Lorsqu'il met pied à terre pour achever un ennemi, les lèvres du mourant se relèvent sur les gencives, mais ce n'était pas pour sourire.

Sa lance s'allonge comme les cordes d'un puits pour .s'enfoncer dans le poitrail des chevaux ; sa jeunesse brille comme un bracelet sous les plis d'un haïk.

Bent el Ghass répond :

J'ai pour demeuie Adif a, xxnc cildàcWc avec de l'eau oii je puise quand je veux. Ma forteresse est élevée, les aigles (p. 138) eux-mêmes n'ij peuvent atteindre. Si une injustice me vise, je n'en souffre pas.

Cette poésie est évidemment sauvage et i^raiidiose, el la découverte de pareils versdans le Sahara serait une bonne fortune, autant pour le littérateur (jue pour l'érudit. Malheureusement, ce n'est pas dans le Sahara que ces vers out élé trouvés, c'est dans un })etit volume inlilulé: La poésie arabe antèislamique y (jue j'ai pulilié en J(S8() dans la UibUothêquc orientale elzèi'irienne d'E. Leroux. Four l'édification du lecteur, je souligne les passages copiés identiquement :

P. 28... Que de fois fai laissé étendu sur la poussière le mari d'une femme très belle, en lui ouvrant les veines du cou, par une blessure semblable à une lèvre fendue.

Page 1