‹ Mélanges africains et orientauxChapitre 15 sur 105 · UN PRÉTENDU CHANT POPULAIRE ARABE · texte numérisé non relu

UN PRÉTENDU CHANT POPULAIRE ARABE

Fille de Malik^ infcrroi^c les cavaliers si tu ignores mes exploits,

Ils te diront que je suis toujours monté sur un cheval àa haute taille, rapide et couvert de nombreuses cicatrices.

... P. 29. Mon fer impitoyable apercé ses vêtements ; l'homme généreux n'a point d'abri contre ma lance.

Je l'ai laissé en pâture au.v bêtes sauvages quile déchirent, rongeant ses belles mains et ses beaux bras.

... P. 30. Lorsqu'il me vit mettant pied à terre pour l'achever, ses lèvres, en se relevant, laissèrent apparaître ses dents, mais ce n'était pas un sourire.

... P. 31. On criait 'Antarah et les lances allongées comme les cordes d'un puits s'enfonçaient dans le poitrail de mon cheval noir.

... P. 38 : Sa Jeunesse ne s' éta\l pas encore écoulée ; il apparaissait comme un bracelet sous les plis de son manteau.

... P. 26. J'ai pou/- demeure Adya, un fort château avec de l'eau oit je puise quand je veux^.

On voit que, à part le burnous ot le liaïk, substitués aux cottes de mailles et aux manteaux pour donner un peu de couleur algérienne, M. Le Roux ne s'est pas mis en frais de changements considérables. Toutefois, je n'aurais pas insisté sur cet emprunt n\di\o\\î^^ si ces vers étaient réellement un poème populaire composé chez les Arabes du sud oranais ; mais il s'en faut de beaucoup ; ce sont des textes littéraires, connus et imprimés dej)uis longtemps pour tels. Les vers des i)ages 28-;{l de ma Poésie arabe sont tirés de la Md'allaqah de 'Antaraii"; ceux de la page 26 font partie^ d'un poème de

1. M. Le Houx a poussii l'oxaftitutlfi jusqu'à reproduire une l'auto d'iiiipression (jui change le sens du veis. 11 ià.\x\.\\vc:J' ai pour demeure, t)àti par Adya, un fort cliàleau. etc.

2. Vers 41, 43, 44. 49, 50, 53, 56 de l'édition d'Arnold, Septem Moallakdt, Leipzig, 1850, in-4 ; reproduits p. 79-81, de l'édition du

68 mi';l\N(;l:s mric.vins kt orientaux

SamaoLial hen 'AcJya ', el celui de la page 38 est tiré d'une élégie de la poétesse El Kliansà en l'honneur de son frère Sakli-. Tous trois vécurent avant Mohammed ; la dernière seule atteignit les premières années de l'islam. Nous voilà loin de la légende d'Embarka bent el Khass.

Que dirait-on, par exemple, d'un voyageur en Grèce qui prétendrait nous servir, en guise de chant populaire pallicare, des morceaux de l'Iliade, emprunté à une traduction française contemporaine?

Diwàn du même poète, Beyrout, 1881, in-12 ; et p. 47-48 ilc l'édition d'Ahlwardt. The Divans of tke six ancienl avabic poefs, Londres, 1870, in-8.

1. Vers cilrs par Nœldeke, Beilrâi/e air Kenntwiss su J'œsie der alten Aiahev. Ilanctvic, 18(13, in-8. p. fiO.

2. L;i pn'ce dojil elle t'ait partie a l'té ixiblite depuis dans le Diucin d'El Kiiansù. Beyrout, 1888, in-12, p. 24-28.

Page 1