Delphin. Recueil, p
LES TOLli.V d'aLTHEIOIS 73
arrivèrent des marchands portant des panii^rs de figues sèches pour les vendre. Quand ils passèrent près du cimetière, ils prononcèrent la formule : Que la miséricorde de Dieu soit sur vous, habitants des tombeaux ! Vous nous avez précédés, nous vous rejoindrons. Ben Cekrân sortit, nu, un grand bâton à la main et leur dit : Attendez-nous, fils de chiens ! Les gens eurent peur et se sauvèrent en laissant sur la route les figues sèches sur leurs ânes. Ben Cekrân les déposa dans une tombe où il était caché et un peu plus tard vint les reprendre!. »
Les gens peu hospitaliers ont aussi leur compte : « Vjïï jour Ben Cekrân élait l'hôte d'un homme dont la femme ne voulait pas le recevoir pour la nuit. Femme, dit-il, je suis un malheureux, je ne mange rien, je ne veux pas de viande dans le plat, ni de graisse, ni de miel; je ne veux qu'un peu de galette et d'eau. Elle le laissa entrer, mit la soupe dans la marmite et s'en alla traire. Le soir, elle vida toute la viande dans le plat, car elle pensait qu'il n'en mangerait pas. Il se mit à dévorer tout ce qu'il y avait et les laissa sans souper. Le maître de la tente lui dit : Hé ! l'homme, tu prétendais que tu ne mangeais pas de viande ! — Je ne mange pas de la viande défendue, mais la tienne est permise; elle m'a été agréable et si tu en avais eu plus, je l'aurais achevée également. L'hôte dit à sa femme : S'il y a du lait aigre, apportes-en que j'en boive un peu pour me garnir l'estomac. — Elle répondit : Cet homme est ensorcelé, si nous en versons et qu'il nous entende, il boira