Depuis, cette ligne a été construite
entièrement exterminés, car ils seraient les ancêtres des Doiiair et des Smala, d'abord auxiliaires des Turks, puis nos premiers et fidèles alliés dans la province d'Oran.
Comme toutes les villes du Maghreb central, Moslag-anem passa au xui'^ siècle (vu" siècle de Thégire) sous la domination de la dvnastie zevanide de Tlemcen. Le premier prince de cette famille, Yaghmorasen, en confia le commandement à un de ses parents, Ez Zaïm, fils de Yahva, nu retour d'une de ses soixantedix expéditions contre les Magliraoua. Ez Zaïm s'empressa de trahir son maître et de fomenter une révolte dans celle tribu. Yaghmorasen réprima cette rébellion et blocjua étroitement Mostaganem qui finit par capituler (630 hég.) Le prince zéyanide accorda à Ez Zaïm la ])ermission de se rendre en Espagne où il passa le reste de sa vie à guerroyer contre les chrétiens.
Pendant le siège de Tlemcen par les Mérinid(\s, siège qui ne dura pas moins de huit ans, Mostaganem tomba au pouvoir du sultan de Pas, Abou Ya'qoub Yousof (699 hég.). Mais après l'assassinat de ce prince (jui mit fin à celte campagne, la ville fut rendue au roi zevanide Abou Zejân, fils d'Otlimân. Elle fut encore reprise par les Mérinides et, eu 742 de l'hégire (1342 de J.-C), Abou 'inàn Paris, fils d'Abou'l Hassan, y fit bâtir une mosquée. Mostaganem j)ailagea ensuite le sort de toutes les villes du Tell. En i.ilO, clb^ lut prise par Aroudj, et, après la mort de celui-ci, elle ac(juit sous les Turks, une influence considéral)le au j)oint de vue militaire. Deux fois le comte d'Alcaudete, gouverneur espagnol
10(i MÉLANGES AFRICAINS ET ORIENTAUX
d'Oran, chorrlia à s'en emparer (1548, looS); deux: fois il éelioua : dans la seconde tentative, il fui tué et son corps rendu à son fils par Hassan, fils de Kliair eddin.
Sous la domination ottomane, la richesse commerciale de Mostaganem ne tarda pas à disparaître. Autrefois prospère, puisqu'avec les deux annexes de Tidjdit et de Mazagran (Tamazghant), elle ne comptait pas moins de iO.OOO habitants, elle n'avait pas échappé à la satire de Si Ahmed ben Yousof :
Les s^cns de Mostao-anem relèvent leurs Lolg'has fpantoiifles arabes en cuir jaune).
Au hruit des mâchoires Pour courir plus vite à un hon repas.
A l'arrivée des Français, la g-arnison turke, augmentée de celles d'Oran et de quelques points voisins, entra à notre service et résista aux Arabes jusqu'à ce que, en 1833, le général Desmichelsy installa une g"arnison française.
La ville, d'où les constructions arabes ont presque entièrement disparu, est divisée en deux parties par le ruisseau de 'Aïn Sefra (la soiircejaiine) ; Mostaganem et Matmore {le silo) où se trouve la qoubbah renfermant le tombean de Mostafa bon Chelaghem qui prit et perdit Oran au xviii^ siècle. Sur une colline, à l'est, se dresse le village indigène de Tidjdit, forme berbère du mot arabe DJedidah, la neuve, qui n'offre rien de particulier que sa position pittoresqne.
Nous reçûmesThospitalité dans une maison appar-
tenant nii khalifah Si Laribi, mais notre séjour fut de courte durée. Ne trouvant pas les RifFains que je cherchais, je song-eai à pousser une pointe dans le sud et à aller estamper, si c'était possible, les inscriptions de trois sortes, sig^nalées dans les qsour de Tiout, de Mog-har et de 'Aïn Sefra.Je quittai Mostaganem que deux jours m'avaient suffi à visiter pour ^ao-ner à Perréi?aux le chemin de fer d'Arzeuà Mécheria. Là, je laissai mon compagnon de voyage. et, par un temps orageux, je m'engag-eai dans les steppes désolées qui régnent jusqu'au delà de Tizi. On sait que l'an dernier, la ru|)ture du barrage qui réunissait à Perrég-aux les eaux de l'oued el Hammam et de l'oued Fergoug- a ruiné la contrée qui n'est pas encore remise de ce désastre. Le paAS, jadis fertile, est aujourd'hui aride, et pendant plus de trois heures, on traverse des collines dénudées, d'aspect lug"ubre, sans vég"étation ni trace de vie. C'était autrefois la résidence des Béni Choug-ran qui jouèrent aux environs de Mascara le même rôle que les Had joutes dans la Métidja. Ils parlaient berbère et, selon quelques personnes, ce dialecte ne s'est éteint chez eux que depuis une vingtaine d'années.
En approchant de Saïda, on trouve quelques forets de thuvas, surtout dans la vallée de l'oued de ce nom. Il était six heures du soir quand les wag-ons peu confortables de la Compag-nie franco-algérienne me déposèrent à la g-are et je m'empressai de courir au télég-raphe pour savoir si les renseig^nements que j'attendais avant de m'engager dans le sud étaient arrivés. Point de dépêches. Je résolus d'attendre deux jours et, ce délai expiré, 'de revenir sur mes
pas jusqu'à Mascara. Eu attendant, je profitai de mon séjour forcé pour visiter le pays.
Saïda, qui n'est encore qu'à ses débuts, est l'embryon d'une ville européenne qui ne tardera pas à prendre une immense importance, car elle est située au centre des exploitations d'alfa, sur une ligne de chemins de fer, et c'est en même temps une des étapes de la roule stratégique connue sous le nom de route des Hauts-Plateaux: parallèle au Tell, elle part de Boghar pour aboutir à Sebdou et à la frontière du Maroc par Teniet el Had, Tiliaret, Frendali, Saïda et Daya qui deviendront plus tard les principales stations d'une ligne ferrée parallèle à celle d'Alger à Oran. Il n'existe guère à Saïda (flleureuse), qu'une seule rue ombragée d'arbres et aboutissant à la place près de la redoute renfermant la première Saïda française. Mais l'immense espace entre la gare et le point extrême de la ville sera rapidement rempli, et l'on peut prévoir qu'avant dix ans, Mascara sera détrônée au profit de sa rivale.
Celle-ci est de fondation toute récente. Lorsque, en 1844, nos troupes, à la poursuite de 'Al)d el Qàder, pénétrèrent dans le pays, elles trouvèrent un commienceinent de place forte, édifié par l'émir, à 2 kilomètres à peine en amont de la rivière. Les ruines sont encore visibles aujourd'hui. De ce côté, le paysage est beaucoup [)lus abrupt qu'au nord : Toued Saïda, dont le lit est encombré de lauriers roses, se fraie avec peine un passage au milieu des rochers à pic qui lui barrent la roule. C'est sur le plateau formé par ces derniers que s'élevait la Saïda arabe, appuyée sur les falaises du côté du fleuve, et
NOTES IJL VOYAGE lU'J
desceiidanl Jé^èiciufiit vers la vallée (jue traverse aujourd'hui la route de Géryville et le chemin de fer de Mécheria. On voit encore quelques paus de murailles de l'enceinte, et à l'angle sud-ouest, des voûtes presque entièrement comblées. En remontant l'oued, les rochers de la rive gauche se relèvent au niveau de ceux de la rive droite : c'est un peu plus loin qu'au dire des Arabes, il existerait des ruines romaines que je n'ai pas le temps d'aller voir.
Le délai était expiré et aucun renseignement ue m'était arrivé. Je me remis en roule pour Mascara, renonçant pour cette année à parcourir la région des qsour, sur laquelle je devais cependant trouver d'intéressants renseignements au moment où je m'y attendais le moins.
Mascara n'est pas située sur le chemin de fer d'Arzeu à Saïda ; c'est, dit-on, la punition d'un acte d'indépendance envers le fondateur de la Compagnie franco-algérienne, qui s'était présenté dans celte circonscription aux élections pour le conseil g'énéral et ne fut pas élu. On descend à Tizi (en berbère le Col) et les voyageurs expient par deux heures de diligence la rancune du candidat évincé *. Toutefois, je donne ce récit sans le garantir aucunement. On peut espérer que prochainement, Tizi sera relié à Mascara par une ligne qui se prolongera jusqu'à Tiharet.
Lorsque 'Abd el (Jàder, maître de l'ouest de l'Algérie, en vertu du traité de la Tafna, songea à
1. [Aujourd'hui, une iictilt' ligne tic chemin du l'ur ixdie Tizi à Mascara.j
recoiislituer roinpire des Béni Zeyaa, puis, à nos dépens et à ceux du Maroc, celui des Almoliades et des Mérinides, il choisit pour capitale l'emplacement de Mascara (en arabe, camp). 11 l'avait déjà possédée en 1832, puis évacuée en 1835; à ce moment, elle fut brûlée par les Français, le bey Ibrahim qu'ils voulaient y installer ayant refusé cet honneur périlleux. L'émir y rentra aussitôt et lut contirmé dans sa possession par le traité de 1837; mais en 1839, les hostilités recommenraiejit et, en 1841, la ville, conquise par le maréchal Bugeaud, faisait déiinitivement partie de l'Algérie française. Les Arabes ne l'avaient guère possédée que dix ans, après avoir massacré par trahison, en 1830, dans la plaine de l'Eghris, la garnison turke qui avait évacué la ville par capitulation. Les Hachem justihaient par là le dicton de Si Ahmed ben Yousof :
Un dirhem de cuivre (une pièce fausse) Vaut mieux qu'un tàleb de l'Eghris.
C'est sur le territoire de cette tribu, à Kachrou, que naquit 'Abd el Oàder au commencement du xix^ siècle.
11 ne reste plus guère à Mascara, ville toute française, de traces de la domination turque, si ce n'est une inscription d'un certain Sarmachiq, dans l'une des mosquées. De l'autre côté de l'oued Toudman, se trouve la ville arabe de Baba 'Ali où habitent presque tous les indigènes: on y fabrique des burnous noirs appelés zardanis et renommés dans toute l'Algérie.
.NOTLS UE VOYAGE 1 1 1
A Mascara où je passai qnelf|iies jours, je m'occupai de repreudre mes recherches sur les dialectes berbères, mais il n'était pas facile d'entrer en rapport avec les indigènes de l'ouest. On en jugera par l'anecdote suivante :
J'avais chargé le domestique arabe de l'hôtel de m'amener un individu du Gharb parlant chelha. Ce nom n'étant pas compris, je l'avais remplacé j)ar k^bilia/i. Quelques minutes après, je le vois revenir avec un marchand d'huile qu'au premier abord je reconnais pour un Zouaoua. Je n'étais pas venu dans l'ouest pour apprendre le dialecte des Kabyles du Jurjura : je renvoie mon homme en lui demaudant un mr'arbi (un indigène de l'ouestj. Bien pénétré de ma recommandation, il me ramène un vrai mr'arbi originaire deFas. Je ne pouvais pas désirer mieux, mais malheureusement ce Marocain ne savait [)as un mot de berbère. Désespérant de Faire entendre à l'intelligent domestique que je voulais un Marocain et un Marocain (jui sut le chelha, je pris le parti d'aller explorer moi-même les cafés maures, pendant que mes indigènes, ne comprenant lien à ce qu'ils pensaient être caprice de ma part, deujeuraient sur place tout ébahis. Mes recherches ne furent pas longues et je trouvai bientôt un Rifain rjui, outre un vocabulaire de son dialecte, me fournit la liste des tribus, villages, zaouyah et qaïds des Guelaïa, ce document fut complété par un ilinéi'aire de Fasà Melilla (jue je dois an [ils d Un nég"Ociant marocain établi dans la première de ces villes. Gomme le Uif est demeuré jusqu'à présent absolument fermé aux Européens, même aux Espagnols des présides, ces
ll'i MÉLANGES AIHICAINS ET OHIEMAUX
ioiiseit»iitMiienls ne laissent pas que d'avoir leur importance.
Je ne m'étendrai pas sur les incidents de mon séjour à Mascara : dhifFas arabes, conversations avec les qaïds et les qàdliis : mais je dus à un dîner chez le qaïd de Baba 'Ali de ne pas partir pour Tlemcen comme j'en avais l'intention. J'appris qu'à l'est et non loin de Frendali, vivait une tribu, celle des Bel Halima qui parlait encore le kabyle. Je résolus de vérifier le fait qui était extrêmement important au point de vue de l'histoire de cette langue. En effet, l'année dernière, me trouvant à Houmt et Souq dans l'île de Djerba, j'avais rencontré des gens appartenant à une population berbère de l'île, habitant à Houmt Ajini et j'avais recueilli d'eux un vocabulaire chelha que publie en ce moment le Journal asiatique^. Ibn Khaldoun nous a[)prend que lors de la destruction de Tiharet par Ibn Ghania, aventui'ier almoravide qui passa sa vie à guerroyer depuis les Baléares jusqu'à Gabès et depuis Gabès jusqu'au Maroc, une partie des tribus qui habitaient aux environs de Tiharet émigra dans l'île de Djerba (^541 hég., 1185 de J.-C.). Il s'agissait pour moi de constater si le dialecte des Bel Halima était le même que celui que j'avais étudié à Houmt et Souq.
Un mercredi, à quatre heures et demie du matin j'attendais, non sans impatience, le départ de la voiture qui devait m'emmener à Frendah. Les jours pré-
1. Notea de lexicographie berbère {['^ séiiu', aviil-mai-juin 1883, p. 341-44i.
cédents, le courrier n'avait pu être porté que par un cavalier, et si l'on parlait, on n'était pas sûr d'arriver. Comme mauvais présag-e, nous n'étions pas sortis de la ville qu'une des roues se détachait et qu'il fallait la raccommoder sous une pluie battante. Du véhicule qui nous portait, je n'aurai pas grand'chose à dire, sinon qu'il y avait à peine de la place pour deux, mais qu'en revanche il y pleuvait pour six. C'était un ancien break transformé en tapissière, mais cette métamorphose n'avait pas été heureuse, car les rideaux s'écartaient à point pour laisser entrer la boue soulevée par les roues et faisaient assez bien l'office de gouttières sur nos têtes. Mais, si mauvaise que fût cette voiture, je ne tardai pas à la reg-retler quand je fus dans celle qui faisait le service entre Bou Nouai et Frendah. Tous les voyag-eurs en Orient connaissent Var^abah, instrument de torture et de locomotion à l'usage de ceux que leur humeur vag-abonde ou leur mauvaise étoile amène sur les bords du Danube ou dans la péninsule hellénique. La nouvelle voiture était précisément un de ces arabahs, une sorte de baquet monté sur deux énormes roues et couvert d'une bâche. Heureusenjent, la pluie avait cessé. Voyageurs, bagages, conducteur, tout s'entasse, se case, se heurte pêle-njêle au moindre heurt et les cahots ne maucjuaieut pas. .his(ju'au delà de Kachrou, la route était passable ; mais ce point dépassé, lorsque nous quittons les cultures pour entrer dans la région des forêts, le chemin se transforme peu à peu et devient une piste arabe. Le paysage d'ailleurs, autant que la pluie nous permettait de l'examiner, était magnilicjue : aux brous-
sailles (jiii couvraient les premières collines avaient succédé, depuis Aïn Guerg-our, de vraies forêts de thuyas, de lentisques, d'oliviers sauvag-es {zenbedj) et de caroubiers, à peine interrompues par quelques exploitations d'alfa ou des cultures arabes. Nous arrivons enfin au caravansérail, après avoir passé à g-ué l'Oued el 'Abd, et nous pénétrons dans une ferme dont l'incurie annonçait des habitants espagnols. Quelle que fut leur cordialité, elle ne suffisait pas à faire oublier leur manque de propreté et le repas qu'on me servit me donna lieu de regretter les dhifFas arabes. Bon Nouai est dans une éclaircie entre deux bois, au fond d'un vallon. Sur la colline de l'Est se voient la qoubbah de Sidi 'Abdallah et un cimetière arabe abandonné. C'est là que se fit le changement de voiture dont j'ai parlé plus haut. Les chevaux étaient dignes du véhicule et ne mirent pas moins de trois quarts d'heure à franchir une colline de 300 mètres. Bientôt, nous rentrâmes sous bois, rencontrant de temps à autre des Arabes qui allaient au marché de Frendah ou des charretiers espagnols qui font le service des transports. Le chemin s'allong-eaità perte de vue: à une monlag-ne succédait une autre montagne, à un taillis, une éclaircie ; de temps à autre, il f.ilhiit mettre pied à terre et faire quelques kilomètres dans une boue épaisse et tenace. Enfin, vers 6 heures et demie nous sortons de l'arabah et, en regardant en l'air, nous apercevons à dix kilomètres de nous, sur un plateau assez élevé une lig^ne claire que le soleil couchant nuançait de rose. C'était Frendah dont nous étions encore séparés par de nombreux ravins.
Arrivé au pied de la montagne, je descendis de voiture et escaladai l'escarpement, escorté de Taboiement des chiens arabes appartenant aux gardiens des silos. Enfin j'entre dans Frendah. Il était neuf heures du soir : l'administrateur, prévenu de mon arrivée, mais ne comptant pas sur un retard de trois heures, avait perdu patience à m'ai tendre et pensait, chose fort probable, que nous iivions été arrêtés au passage de l'Oued el 'Abd.Je me trouvais donc en pleine nuit dans une ville arabe où je ne connaissais personne et ne pouvant même trouver un lit dans le cabaret plus que modeste que les guides appellent audacieusement l'auberge de Frendah. Même, je m'estimai heureux d'avoir pu m'y faire servir à dîner : des œufs, rien que des oeufs, mais accommodés de trois ou quatre manières difïerentes. Il fallait cependant dormir, et la nuit était trop froide pour coucher dehors. Mais j'éprouvai une fois de plus (jue l'hospitalité supplée largement au manque d'h()tel. 11 se trouva que j'étais connu de nom de l'interprète militaire, M. Aklouch', qui, apprenant ma détresse, m'installa en toute hâte dans la maison d'un de ses amis absents et se fit mon guide et mon hôte pendant tout le temps de mon séjour.
Le lendemain était jour de marché, mais, par malheur, aucun Bel Halima ne s'y était rendu. Il fallut que l'administrateur fît mander plusieurs indigènes qui habitaient à 30 ou 40 kilomètres. Le
1. [Tué depuis ;i Goundarn, prés de Tonbouktou, avec la colonne Bonnier.j
116 MÉLANGES APHICAINS ET OHJENTAIX
vendrodi, après une visite faite chez le bacliaglia Si Oiild Oàdlii, je trouvais à m'attendre devant une porte, le qaïddesDjebeliasamenant trois jeunes gens, qui à eux troisavaient environ 240 ans. Le plus jeune, àgéau plus de 70 ans, se fit mon interprète auprès de ses compagnons et ce ne fut pas sans peine que je parvins à me faire comprendre de ce trio bi-séculaire dont les facultés intellectuelles avaient baissé au moins autant que l'ouïe. Les renseig-nements que je recueillis d'eux me prouvèrent que mon voyage, si pénible qu'il fût, n'avait pas été inutile, car je pus constater que le berbère est en train de s'éteindredans cette tribu où les vieillards seuls en ont conservé l'usage. Il est donc grand temps de le sauver de l'oubli.
Mais là ne devait pas se borner les fruits de mon excursion à Frendali. L'interprète militaire envoya un jour chez moi un indigène nommé Mohammed ben Tedjini, fils du qaïd de Bou Semr'oun, dans le Sud Oranais et interné avec sa famille à Frendah pour avoir pris part à la révolte du Sud avec Bou 'Amémah. Puisque je n'avais pu visiter Tiout^ Moghar, etc., c'était pour moi une occasion précieuse d'étudier la langue des Osour et je ne la laissai pas échapper. Tous les jours Mohammed venait passer plusieurs heures avec moi et, après m'avoir dicté un vocabulaire assez étendu, il m'apportait des contes en chelha que je traduisais en arabe sous sa direction. Je lui dois en outre unedescription géog-raphique suffisamment détaillée de la région des oasis qu'il avait visitées. Enfin, et ce n'est pas le moins curieux, il me remitun jour un mémoire rédig-é en ber-
}3ère, sorte de plaidoyer^ro domo siià, sous la forme d'un récit'. D'après lui, son père, qaïd de Bou Senir'oun, avait averti le comniandantdeGérjvilledes menées de Bou 'Amémah,mais les messagers avaient <lisparu sans exécuter leur mission. Lorsque le marabout arriva près du qsar, on lui amena leqaïd qui dut, bon gré, mal gré, pour sauver sa vie, feindre d'embrasser le parti des rebelles et attendit une occasion de s'échapper qu'il trouva plus tard. Pendant ce temps, des compétiteurs parents de cette famille suscitaient une nefrah (trouble) à Bou Semr'oun, blessaient grièvement les deux fils du qaïd dont l'un, lekhalifah, est aujourd'hui à Sainte-Marguerite et l'autre, le chaouch, n'est autre que Mohammed Tedjini. Le coup fait ou plutôt manqué, les cousins allèrent dénoncer leurs victimes au commandant de Géryville qui les fit arrêter et interner sur de simples apparences, ainsi que leur père qui était parvenu à s'échapper.
Je dois dire que, d'après les renseignements puisés à une autre source qui me paraît plus sûre, le qaïd, comme bien d'autres, aurait essayé de ménag-er Bou'Amémah et les Français, n'envoyantaucun renseignement sur les agissements des rebelles, mais, pris à son propre pièg'e, il aurait dû donner des g"ages à l'insurrection. C'est ainsi que son fils aîné aurait été reconnu parmi les partisans du marabout, et que la nefrah aurait été étrangère à sa blessure.
1. Ces (iocunienls ont paru dans mes Xolex de lexicographie berbère, in« série, l'aris, 1886, in-8 et dans mes Documents relatifs a la philolvçjie herbére, Wgcv, 1887, in-8.
Allah alatn. Dieu seul le sait, comme disent les Arabes.
En attendant, leqaïd et son fils vivaient à Frendali du produit d'un petit jardin qu'ils cultivaient, drapés dans leur misère et leur dignité et attendant patiemment la fin de la guerre pour bénéficier d'un armistice *.
L'histoire de l'insurrection de 188J est encore à faire, et les responsabilités à établir et attribuer à qui de droit.
Dès 1880, on avait signalé au gouverneur général les menées sourdes d'un marabout de Mor'ar Tahtani. Si Mohammed ben El 'Arbi, plus connu depuis sous le surnom de Bou ^Anièmah (l'homme au petit turban). Les dehors de sainteté et de saleté qu'affichait ce pieux personnage pour s'attirer des prosélytes, les prédications qu'il faisait secrètement à ceux dont il se croyait sur, enfin la maladresse avec laquelle, pour détourner les soupçons, il s'offrait pour surveiller et dénoncer les menées des dissidents réfugiés au Maroc, l'avaient désig-né comme un homme dangereux au commandant supérieur de Géryville. Toutefois, le g-ouvernement général - de l'Algérie refusa de s'assurer de sa personne et l'agitateur, levant le masque, s'enfuit au Maroc où il attendit les événements 3.
1. Une lettre que Molianinied ben Tiiijini m'adressait à Cran dans le courant de mai, m'apprit que le gouvernement les avait autorisés, lui et son père, à retourner à Bou Semroun,
2. A cette époque, M. Albert Grévy était gouverneur général de l'Algérie.
3. Les préludes de l'insurrection ont été exposés avec le plus grand détail par le colonel Trumelet dans le numéro de mars-avril 1883 de la Revue africaine.
>'OTES DE VOYAGE 119
Ceux-ci ne tardèrent pas à se produire. L'agha de Tiharet, Si Sahraoui, qui avait pris une part si activée l'insurrection de 1864 et sur qui retombe l'assassinat de Beauprêtre, songeait, dit-on, à reprendre, mais à bon escient, le rôle d'Abd el Qader. C'est le rêve de tous les agitateurs en Algérie depuis El Moqrâni jusqu'à Si-Slimân. Maintenu dans ses fonctions, malg-ré les réclamations de l'Algérie tout entière, l'agha n'avait pas cessé d'être en relations avec les dissidents du sud-ouest. On conçoit que Bon 'Amémah ait été regardé par lui comme un utih^ auxiliaire.
Sur ces entrefaites, une fraction de Tralis, les Djeramna, campés à Bou Zoulaï, près de l'Oued en Nâser, sur la route de Frendah à Géryville, ayant été signalée comme renfermant des personnages dangereux, le lieutenant Weinbrenner fut chargé de les arrêter et de les amener à Géryville, entre autres un certain Eddin, le plus remuant de tous. Il partit avec cinq spahis el prétexta un recensement des troupeaux du douar. Le premier jour, il s'acquitta de cette besogne; puis le lendemain, quand elle fut terminée, il commanda à Eddin et à deux autres suspects de le suivre ; ceux-ci refusèrent. Sans écouter leurs protestations, il se mit en route, laissant à son maréchal de logis indigène, Laklidar? l'ordre d'arrêter les trois individus désignés. 11 le vit bientôt revenir, apportant les excuses d'Eddin qui promettait d'obéir, et en même temps, celles de la tribu qui lui demandait de ne pas lui faire l'injure de partir sans prendre part à une dhifFa. Bien que rendu méfiant par ces tergiversations, le
120 MlÔr.WGES AFRICAIXS ET ORIENTAUX
malheureux Weinbrenner revint à contre-cœur sur ses pas et, à quelques mètres du douar, descendit avec ses spahis et s'assit sur les tapis qui avaient été préparés. Il avait à peine commencé de manger des dattes qu'Eddin, trouvant l'instant favorable, le tuait par derrière et s'emparait de sa montre qu'il porte encore, ainsi que de son cheval qu'il offrit à Bon 'Améniah avant Chellâla. En même temps, trois de ses spahis étaient assassinés avec leur officier * : seul, le maréchal de log-is et un autre cavalier, orig-inaire d'une tribu parente des Djeramna, parvenaient à s'échapper et à revenir à Géryville -.
Le meurtre connu, on devait s'attendre à voir les coupables fuir, suivant l'usag-e, dans TOuest ou le Sud-Ouest pour de là g-ag-ner le Maroc ou le désert. Au contraire, ils descendirent vers le Tell jusque cliez les Harrars, sur le terrain de commandement de Si Sahraoui, à 30 kilomètres des campements de ce dernier qui ne fit pas mine de les poursuivre. La nouvelle avait dû cependant parvenir dans le Nord aussi bien que dans l'Est, car elle était connue à Tadjmout et 'Aïn Mâdhi où je me trouvais alors, deux ou trois jours après l'événement. Cette conduite fit soupçonner un plan concerté d'avance, mais qui échoua parce que le mouvement éclata trop tôt. Je
1. J'ajouterai que le seul des ineiirlriers du lieutenant Weinbrenner et de ses hommes qu'on ait pu arrêter, condamné à mort par le conseil de guerre d'Oran, vit sa peine commuée par M. J. Grévy, président de la République.
2. Il est curieux de rapprocher cet épisode de l'afTaire de Vacca (Salluste, Guerre de Jugurtka, h\S\-h\W[\\) mutandis mutatis. Je me hâte de dire que Lakhdar n'eut pas les scrupules de Turpilius qu'il ne connaissait pas plus que les paroles de Salluste : llli in tanto malo turpis vita famâ inlegrà potior, improbus intestabilisque videtur.
ne ferai pas ici l'histoire de cette campagne, terminée seulement aujourd'hui, s'il est vrai que Si Slimân, le chef le plus actif des Oulâd Sidi Cheikh ail été arrêté ou tué chez les Berâbers*; je rappellerai seulement qu'à l'afïaire de Ghellâla, l'inaction plus que suspecte du g-oum commandé par le fils de Si Sahraoui permit aux insurgés de remporter un succès et d'emmener des prisonniers qu'ils massacrèrent plus tard, ce qui n'empêcha pas les Trafis, les Harrars, les Laghouatis Ksal, etc. de demander l'amân, quand leurs provisions furent épuisées. Un officier, connu pour son énergie dans les choses algériennes et qui, plus que personne, a contribué à venger l'honneur et le sang français, n'hésita pas à dire qu'il aurait fait fusiller comme un traître le fils de Si Sahraoui s'il l'avait eu sous ses ordres.
Bou 'Amémah entra en scène, mais pour peu de temps. Ce fut encore trop long, car il réussit, comme on sait, à ruiner les exploitations d'alfa au sud et au nord deschotts età menacer Saïda et Frendah 2. On se rappelle encore en Algérie les massacres des alfatiers etdes colons isolés et les atrocités commises à Khalfallah, mais lorsque le marabout fut rejeté dans le sud, que les troupes françaises rentrèrentà Tiout, à Mor'ar, à Chellàla et menacèrent P^iguig, l'asile de tous les bandits du Sud, l'agitateur fut rejeté au
1. Depuis que ces lignes ont été écrites, la mort de Si Slimân a été confirmée et sa tèle envoyée au sultan du Maroc.
2. Le 14 juillet 1881, jour de la tète nationale, il était à peu de distance de Frendali où la population française et indigène sous la conduite de l'administrateur et du bach agha Si Ould Qàdhi, se préparait à luiopposer une résistance acharnée.
second rang par les Oiilàd Sidi Cheikli *. Bon Amémah ne pouvait lutter contre eux ; il ne possédait pas leur autorité religieuse et ses défaites éloignaient de lui ses partisans. 11 rentra dans le Maroc, erra de Figuig- au Tafilelt, et d'autres disent au Touat où il vit encore dans la dernière misère, après avoir pris part, dit-on, à TafFaire du cliott Tigri, où une colonne française, commandée par M. de Castries, faillit être détruite, grâce encore à la trahison des goumiers et des 5oA7zar5 (conducteurs de chameaux^ La guerre recommença avec les Oulâd Sidi Cheikh et fut dès lors une phase de celle que nous soutenons contre eux depuis vingt ans.
Quel était le plan de Si Sahraoui? Voulait-il profiter des incursions de Si Slimàn et l'user comme celui-ci avait supplanté Bou 'Amémah ? La prochaine insurrection le fera connaître-. En attendant, il n'est pas inutile de faire remarquer qu'il est l'ennemi mortel des deux seuls grands chefs qui nous soient restés fidèles pendant les diverses insurrections, y compris celle de 1864 : le khalifah de la Minah, Si Laribi et le bachagha de Frendah, Si Ahmed Ould Qâdhi.
Je prolongeai pendant une semaine mon séjour à Frendah, dont la situation pittoresque est vraiment admirable, et mériterait d'attirer davantage l'atten-
1. On trouvera clans les Notes pour servir à l'histoire de l'insurrection dans le sud de la province d'Alger, que le colonel Trunielet publie dans la Bévue africaine, les renseignements les plus complets sur les divisions et les branches de cette famille. Cf. aussi les noies du capitaine Guérard, dans le Bulletin de la Société archéologique d'Oran (1882).
2. [Si Sahraoui n'eut pas le temps de continuer ses manœuvres. L'Algérie, une fois débarrassée de M. Albert Grévy, le nouveau gouverneur, M. Tirman, fit arrêter et interner Si Sahraoui qui ne revit plus Tiharet.]
tion des touristes. Du plateau sur le flanc duquel elle est bâtie, on domine la plaine où s'élève çà et là des garalis isolées, couvertes de forets ; elle est fermée au Sud par une chaîne de montagnes au delà de laquelle le désert s'étend à perte de vue.
La veille de mon départ, j'eus l'occasion d'assister aux réjouissances d'une noce arabe. La scène eut lieu dans une cour dont les moindres coins et recoins étaient éclairés par un beau soleil d'avril. C'était un dédommagement du froid dont nous souffrions depuis quelques jours. Les murailles étaient tapissées d'indig-ènes en costumes plus ou moins propres : les femmes, moins soignées encore, le visage dtcouveil, gloussaient de temps à autre des you-yoKS d'adnjiration, pendant que des petites filles, à la coiffure métallique ornée de pendeloques en argent, se glissaient à travers les moindres interstices de cette barrière vivante et ne perdaient rien d'un spectacle où elles devaient figurer dans quelques années ; comme premières loges, les terrasses des maisons voisines étaient couvertes de g^roupes d'indigènes, étendus, debout ou accroupis dans des poses (jui ne njauquaient pas de dignité, voire mrme de grâce. Au milieu du cercle, deux musiciens rt deux danseuses donnaient un échantillon de leurs talents. L'un d'eux, un nègre du plus beau noir tenait sous le bras, suspendue comme une vielle, une /'a^/a/i (sorte de tambour allongé), qui rendait sous ses coups de poings des sons monotones et cadencés; l'autre, assis sur ses talons, jouait d'une longue flûte en roseau. Les deux danseuses, serrées à la taille par
124 MÛLANC.ES AFRICAINS ET OfUENTAUX
une énorme ceinture dorée, les bracelets aux poignets et aux chevilles, les klialklials au cliquetis arg-entin, le visag-e couvert, mais pour la forme seulement, d'un foulard transparent, tenaient à la main un mouchoir d'étoffe voyante. Tantôt elles l'agitaient au-dessus de leur tête, tantôt elles feig-naient d'en repousser l'homme à la Ta/^/a/i qui, musicien et danseur, faisait sa partie dans la pantomime en même temps qu'à l'orchestre. Tantôt avançant, tantôt reculant, les danseuses mimaient une poursuite amoureuse, avec des balancements de hanches et des mouvements de reins, imités par le musicien et vivement admirés de l'auditoire. Cette admiration se traduisait en pièces de monnaie que les amis des arts et des artistes collaient sur le front en sueur de ces dernières : celles-ci les conservaient pendant cinq minutes sans cesser de danser, puis, brusquement, d'un coup de tête, les faisaient tomber dans le mouchoir qu'elles tenaient à la main. Ces exercices duraient depuis le matin, interrompus seulement de temps à autre pendant quelques minutes; le premier musicien, qui était en même temps l'imprésario, les employait à proclamer le chiffre des cadeaux avec les noms des donateurs, de manière à exciter, par l'émulation, la générosité des assistants. Par dessus les terrasses s'étendait comme un dôme, un ciel sans nuag^e et à l'extrémité du couloir de la maison, qui semblait donner dans un précipice, au bord du plateau, on apercevait le rideau de verdure de la g-arali la plus voisine.
Ces réjouissances étaient le prélude de plus considérables encore qui devaient avoir lieu la nuit
suivante, loi-sque selon l'usage, on amènerait la mariée dans la maison de son mari. 11 ne me fut pas possible d'y assister, car je devais partir le lendemain et je tenais à prendre du repos avant un voyage que je pensais devoir être aussi pénible que celui de Mascara à Frendah.
Heureusement, il n'en fut rien. Le grand vent avait séché les chemins, et, après avoir pris cong-é de M. Aklouch qui m'accompagna à cheval jusqu'à un ouadi dont j'ai oublié le nom, je traversai des collines mouchetées çà et là par quelques buissons et j'entrai bientôt dans une r'abah de broussailles et d'oliviers. Au sortir de cette miniature de forêts, j'aperçus trois des Djedârs avec le vif regret de ne pouvoir faire halte pour les examiner. Ils ont du reste été visités consciencieusement par MM. Bordin, Mac Carthy et Lelourneux ', maison n'est pas d'accord sur leur origine. On y a trouvé des traces de peinture et des symboles chrétiens : aussi a-t-on voulu en faire des tombeaux construits par une des petites dynasties qui [)araissent s'être établies dans le Maghreb depuis la décadence de la puissance romaine jusqu'à l'entière conquête arabe. Cette opinion a été combattue par ceux qui y voient une adaptation par les princes chrétiens indigènes de monuments païens. On les a comparés au Tombeau de la Chrétienne près de Tipasa et au Medr'acen dans la région de Batna : on aurait pu aussi les comparer aux singuliers monuments décrits par
1. [Cf. surtout, La blancliiTe, Voyage d'études dans une partie de la Mauritanie césarienne, Paris, 1883, in-8. Gsell. Les monuments antiques de l'Algérie, l'aris, 1901. t. II, p. 418-427].
M. Largeau qui les visita près de Ghadamès' où ils sont connus sous le nom des Idoles et qu'on croit être les tombeaux des anciens rois du pays. L'historien Ibn er Raqiq, cité par Ibn Klialdoun -, les mentionne en parlant d'une expédition du khalife fatiiiiite El Mansour contre les Hoouâra en 336 (947 av. J.-C.) Le même écrivain ajoute qu'il y trouva une inscription attribuée à Salomon, le g-énéral (serdeghos : strategos) de Justinien, qui aurait vaincu les rebelles sur les bords de la Minah. De nos jours, le général Dastugne prétendit avoir retrouvé et copié cette inscription mais elle était si fruste que M. de Slane ne put lire sur sa copie que les mots Salomon et strategos. L'authenticité en a été vivementcontestée: sans prendre parti ni pour ni contre, je dirai seulement qu'à Frendah, une personne digne de foi m'assura que la pierre aujourd'hui perdue fut apportée par un charretier, dont le nomme fut cité, qu'on pouvait y lire seulement Solomo et qu'elle fut mise en pièces par des soldats de la légion étrang"ère dans le poste desquels elle avait été déposée. Cet acte de vandalisme, s'il est vrai, n'est pas le seul que l'Algérie ait à regretter depuis la conquête française.
Après une courte halte à la ferme de Mellakou
aujourd'hui le village de Palat] qu'atteignit Bou
'Amémah en juillet 1881, nous arrivâmes bientôt à
Tiharet. La ville (ou plutôt les trois villes: le Bordj,
1. Lai'geaa, Le Sahara algérien. 2e éd., Paris, 1881, p. 237-238. Voir aussi Description de V Afrique par un géographe anonyme., éd. Kremer. Vienne, 1832, p. 32.