‹ Mélanges africains et orientauxChapitre 40 sur 105 · Ibn Khalduiin, op. Iniid.. t. II. p · texte numérisé non relu

Ibn Khalduiin, op. Iniid.. t. II. p

Iroiipes llemcéniennes ; les deux généraux furent soupçonnés de sétre entendus aux dépens de leurs souverains : Mousa ne poussa pas vivement le siège de Bougie, et Mohammed laissa vaincre sous ses yeux un corps de troupes, commandé par Dliàfer es Sinân et Dhâfer el Kebir, et envoyé à son secours par le sultan, et ferma les portes de la ville aux fugitifs.

Néanmoins, avant même la retraite des Tlemcéniens, il fut rappelé à Tunis pour y recevoir le titre de chambellan d'Abou Yahya, sur le refus de Mohammed, aïeul d'ibn Khaldoun, d'accepter cette charge (moharrem 728, septembre-octobre 1327). Il fut en outre confirmé dans le gouvernement de Bougie et dans les fonctions de chambellan auprès du prince royal qui commandait cette ville nominalement. Il se lit remplacer dans cette dernière charge par Mohammed ibn Ferhoun, une de ses créatures, et son secrétaire Abou'l Qâsem ben El Merid i.

A Tunis, le crédit d'Ibn Saïd en Xâs ne fit que s'accroître et il usa sans mesure de la faveur du prince. « Il obtint un logement dans le palais et prit l'entière direction des affaires de l'empire. Profitant alors du vaste champ qui s'était ouvert devant lui, il donna pleine carrière à son esprit de domination : le sultan lui-même dut subir les volontés de son serviteur, sans avoir d'autre satisfaction que de prendre note de chaque trait d insolence qui échappait au ministre afin d'en avoir raison plus tard.

1. Iba Klialiloun, o/O. laiid., t. Il, p. 405 et suivantes; t. III, p, 406 Féraurl, Histoire de Bougie, p. 187-1!)Û.

UNE ÉLÉGIE AMOUREUSE d'iBN S«iÏD EN NAS 185

Au surplus, la jalousie des courtisans ne dormait pas ; on l'accusait d'avoir entretenu une correspondance secrète avec l'ennemi et laissé g-randirla puissance des 'Abd el Ouadites (de Tlemcen), afin de pouvoir maintenir l'influence qu'il exerçait sur l'esprit du souverain i « ; mais à la fin les attaques dirigées contre son favori ouvrirent les yeux d'Abou Yaliya ; la conduite de Mohammed pendant le siège de Bougie fut surtout le sujet des accusations pendant une expédition entreprise par le sultan contre le château de Tamzezdekt 2 et où l'absence du chambellan laissa le champ libre à ses accusateurs: déjà, le commandant des troupes de Tlemcen, Mousa, avait été disg-râcié par Abou Tâchtin ; le tour d'Ibn Saïd arriva. Au retour de sa campagne, en 733 hég'. (1332), Abou Bekr fit arrêter Mohammed. « Pour arracher au prisonnier les trésors qu'il avait amassés, on lui fit subir divers genres de tortures ; mais il n'en lâcha pas la moindre parcelle et, pendant ses souffrances, il ne cessa d'implorer la miséricorde du sultan en lui rappelant qu'ils avaient sucé le même lait, qu'ils avaient été élevés ensemble et que son père avait rendu de loyaux services à l'empire. Irrité enfin par l'intensité de la douleur, il se répandit en injures contre le monarque et, au milieu de ses invectives, on l'assomma à coups de bâton. Son corps fut traîné hors de la ville et jeté au feu ■^. »

Abou'l Fath Mohammed, comme nous l'avons vu.

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