Ibn KhaMoun, op. lan/L, l. II, p
mourut probablement en Egypte en 734 hég-. (1333- 1334), et ne survécut qu'un an à son parent ; mais on ig-nore s'il eut des relations avec celte branche de sa famille établie à Tunis. Quant à son poème, il est difficile de savoir s'il nous est arrivé complet <• Es Soyouti ne devait pas avoir beaucoup de scrupules pour abréger les morceaux trop longs pour son anthologie 2. On doit savoir gré à Ibn Saïd en Nâs de n'avoir pas reproduit les métaphores singulières, les expressions détournées de leur sens, les termes recherchés, en un mot de n'avoir pas puisé dans l'arsenal poétique des auteurs de qasidahs de celte époque de décadence, trop fidèles imitateurs de Motanabbi. Le vide des idées se cachait sous la pompe de l'expression et je ne crois pas que le cultisme de Gong-ora, l'euphuisme de Lvlv, les conceltis de Marini aient rien à envier, sous le rapport du mauvais g'oùt, à la littérature arabe ou persane des derniers siècles, surtout lorsque l'introduction du soufisme vint en précipiter la décadence.
On peut reprocher à Ibn Saïd en Xiis quelques fautes de goût dont son époque est plus coupable que lui ; l'antithèse factice de la mort physique et de la continuation de l'existence morale chez l'amant, par exemple : quelques métaphores galant l'idée heureuse d'associer la nature entière aux regrets que cause la disparition de l'amoureux ; mais, malgré ces défauts, ce poème est élégant, touchant même,
1. [Le texte complet est donné par el Kotobi, Faouàt p.I Ouafaydt^ Boulaq. 1299, in-4", avec une courte notice biographique et rl'autres poésies du niêinu auteur].
2. FJie est divisée en cinq chapitres subdivisés chacun en cinq sections: le poénio se trouve dans la première section du premier chapitre.
UNE ELEGIE AMOUREUSE D IBN SAll) EN NAS lO/
et peut être placé parmi les meilleures productions de ce £»enre au xive siècle de notre ère.
1. L'amant a disparu sans avoir accompli» les volontés de son amante alors que passait le souffle légèrement agité du zéphyr.
2. Satisfait des souff'rances causées parla passion, il avait pour lot en ce monde ce que donne et ce qu'enlève l'amour.
3. Ne t'imag-ine pas qu'il soit vraiment mort, celui que tue sa passion : il a vécu selon la loi d'amour et la sincérité de ses sentiments l'a rendu célèbre.
4. Dans le paradis où l'absorbe la contemplation immatérielledela beauté, sa meurtrière, il ne soufl're ni mal ni douleur.
o. Il n'est pas vraiment mort celui qui a succombé à sa passion : il n'a pas disparu, mais il a accompli le devoir qui lui incombait.
6. Les nuag-es le pleurent, ou plutôt ils arrosent sa tombe pour la protéger ; pourquoi pleurer un amoureux dont les désirs ont été réalisés '".