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Dans leur joie, les roses remerciaient Dieu

1. L'expression employée ici peut signifier également « chanter sur un luth )). Le premier sens m'a paru plus exact puisqu'il s'agit d'une colombe.

2. On peut rapprocher de cette image quelques vers d'une élégie de Robert Garnier en l'honneur de Ronsard :

Adieu, mon i-lier Ronsard, l'abeille en votre tombe

Fasse toujours son miel :

Que le baume arabi<|ue à tout jamais y tombe

Et la maune du ciel.

Le laurier y verdisse avecque le lierre.

Et le myrlhe amoureux :

Riche en mille boutons, de toutes parts l'e:iserre

Le rosier odoreux.

3. L'envoyé désigne très probablement le zéphir chargé (p. 10) de porter sur la tombe les parfums des diverses fleurs pour que l'amant puisse faire un choix. Il est très vraisemblable que la pièce ne nous est pas arrivée complète et qu'il faut supposer une lacune après le vers ii, car dans levers 13, il est très certainement question de l'amant.

CNF, KLÉGIE AMOUREUSE d'iBN SAÏn EN NAS 189

et les yeux des narcisses étaient baignés de larmes de pitié 1.

15. Plus de blâme, ni de sévère réprimande : que le critique soit près ou loin, c'est tout un.

l(j. Auparavant déjà, l'amant n'y prélait pas attention et jamais il n'a redouté les yeux des espions'".

17. Que de fois un prétendu consolateur a tourné autour de lui comme un démon, mais des yeux de l'amoureux sont tombées des larmes pareilles à des étoiles lilantes '.

i. Peul-.^lre vauilrait-il mieux traduire ; « Les joues des roses étaient empourprées (m. a. m. étaient confuses) de joie », ce qui serait une allusion à la couleur des roses. Un poète arabe a dit dans le mèrae sens :

La joue de la rose rougit devant l'œil du narcisse ; L'œil du narcisse est stupélail devant la joue de la rose.

Ibn er Roumi, mort en :283 héf?. (896) a employé la même image :

Les joues des roses ont rougi des éloges qu'on leur adressait bit cette rougeur était un témoignage de leur pudeur.

El Ma(iqari. dans les Analecles sur les Arabes d'Espagne, cite un poète

qui eiiqjloie une métaphore semblable dans des vers sur les coquelicots.

Au matin, des parterres de coquelicots étaient battus par le souffle du zépliir.

Je les ai visités alors que I ondée maltraitait ces fleurs dont la couleur surpassait celle du vin.

Quelle faute ont-elles commises ? ai-je demandé. La pluie m'a répondu : Elles ont dérobé aux belles la couleur de leurs joues.

Parmi les quarante-cinq objets auxquels, dans la rhétorique arabe et persane, on compare le visage des belles personnes se trouve la rose (Cl. Cheril'eddin Rami, .1/n's el 'Ochchdt/, trad. Huart, Paris, 187o, in-8), mais d'ordinaire, la rose est employée comme synonyme déjoue (Ibn Habib, Nasim es Saba, Boulaq, 1:289, liég., p. 43), Cheref eddin cite un vers persan de Bihichli limeli où celte métaphore est expliquée :

Ta joue rosée, ô cyprès qui marche,

Est une rose qu'on a apportée du jardin du Paradis.

Celte comparaison est commune du reste à presque toutes les littératures. Cf. une jolie pensée d'Arborius (vers 10-11) :

.Nulla tuos possunt .l'quare rosaria vultus Quum uec aJliuc spiuis sit vulsa rosa tuis.

Quant au narcisse, il est employé comme synonyme d'œil ; c'est une des quarante dénominations citées par Cherel' eddin Kami [op. laud., p. 29;.

2. Ce passage est à rapprocher des vers 4i-4o de la Moallacjah d'Imroul Qaïs (éd. Arnold, p. 20) où le poète se montre également indifférent au blâme.

3. D'après la tradition musuluiane, les cieux s'ouvrirent le jour de la naissance de Mohammed et les démons essayèrent d'y pénétrer pour surprendre les secrets divins, mais le Seigneur et les anges lirent pleuvoir

lUO MÉLANGES AFRICAINS ET ORIENTAUX

i8. J'aurais voulu servir de rançon à l'homme fidèle à son serment *, tandis que son amante brisait les siens ; à celui qui fut sincère dans son amour et qui ne mentait pas.

19. Il a pratiqué l'amour dont les ardeurs lui étaient chères, à ce point que les duretés lui paraissaient des douceurs.

sur eux des étoiles lilantes (Cf. Qoràn, sourate X\% verset 17-18). C'est à celte légende que fait allusion le vers B9 de la Bordah d'El Bousiri : Déjà à l'horizon, ils araieat va les éloiles tomber sur terre, comme leurs idoles.

Ibn Saïd en Nàs veut dire que les prétendues consolations d'un faux ami ne faisaient aucune impression sur le cœur de l'amant, dont les larmes écartaient ces mensonges.

1. L'expression de « servir de rançon » a en arabe le sens de « se sacrifier ». Ainsi un poète a dit :

Ton amaut t'a rachetée au prix de ta vie et, s'il avait eu quelque chose Je plus précieux, il

J'eùt donné pour ta rauçon.

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