CHAPITRE IX
Mon but principal était d'étudier le dialecte parlé par les descendants des tribus berbères qui, depuis les temps les plus reculés, occupent la partie occidentale du Sahara, et se sont progressivement rapprochés du Sénég-al, devenu aujourd'hui, sur une partie de son cours, le fossé de séparation entre les races noires et sémitiques. L'importance de cette étude s'explique par ce fait que, de nos jours, le zénaga est le plus accessible du groupe qu'on peut appeler méridional et qui comprend les dialectes des Touaregs Aoulimmiden ou loulenieden, campés près de Tonbouktou et hostiles à l'influence française, comme l'a prouvé le récent voyage du lieutenant de vaisseau Caron — des Sergous établis près du sommet de la courbe décrite par le Nig-er — et probablement des Guanches des Canaries dont la lang'ue s'est éteinte depuis deux siècles. Le zénaga lui-même tend à disparaître puisque, dans les trois grandes tribus maures qui vivent au nord du Sénégal, Trarza, Brakna et Ida Ou'Aïch, il n'est plus parlé que par les fractions de marabouts appartenant à la première de ces peuplades : les Oulad Dahman, les Koumleïlen, les Tender'a, les Iakfor'a Tachencha et