Reinisch, Texte der Bilin-Sprache, p. o
7. Reinisch, Texte der Bilin-Sprache, p. 6-8. Voici la traduction de ce passage ; « Les premiers (?i habitants du pays furent les Rôni ; dan? leur
LE NORD-EST DE l'ÉTHIOPIE 281
nation fut suivie de l'émigration des Barias, qui passèrent bientôt dans le Barka. Enfin, une invasion en Ethiopie d'une reine du Sud * à la tête de populations Galla, Sidama, Djiratom et Gourag-uech, chassa dans le Sennhaït la tribu tigréenne de Segrina, suivie bientôt par un Agaou du Lasta, Gabra- Tarqi, l'ancêtre des Bogos 2. En admettant même qu'El Edrisi ait confondu les Rôm et les Bilèn dont l'établissement dans le Sennhaït eut lieu à des siècles de distance, il n'en est pas moins vrai que si l'on adopte l'hypothèse très vraisemblable que je viens de rappeler, les Bilèn occupaient le pays où nous les voyons aujourd'hui antérieurement au xe siècle, époque où vivait El Edrisi. Ce ne serait donc plus aux guerres d'Ahmed Grâîï qu'il faudrait attribuer cette poussée vers le nord-est ^, mais aux
orgueil, ils blasphémaient contre Dieu et lançaient leurs javelines contre lui : Dieu leur fit au sommet de la ttHe de sanglantes blessures. Alors arrivèrent des aigles qui dévorèrent leur chair rouge de sang... Réduits au désespoir et pour trouver du repos, les Rôms se creusèrent des grottes et s'y cachèrent ; chacun se creusa son tombeau ». Cette dernière légende est destinée à expliquer l'origine des tombes curieuses qu'on trouve dans cette partie de la Nubie et près de Massaoua (Cf. D. de Kivoyre, Mer Rouge et Ahi/ssinie, Pa.r'is, 1S80, in-18, jés. [Conti-Rossini, Sludi su popolacioni deli Etiopin, Rome, 1914, in-8, 1. Gli Irob e le loro tradizioni, p. 'l-^i.\ Do nos jours, les Irob-Saho se prétendent tous issus des Grecs (Reinisch, Die Sprache dev /rob-Saho, Wenne, 1878, in-8, p. 4) et M. Reinisch incline à croire ([ue cette tradition indique qu'ils descendent des Rùm. TCf. aussi ces légendes dans Enno Littmann, Publications nfthe Princeton Expédition, t. I, p. 83-88 ; t. II, p. 89-94 |.