‹ Mélanges africains et orientauxChapitre 71 sur 105 · I. Reinisch, Texte der Bilin-Sprache, p · texte numérisé non relu

I. Reinisch, Texte der Bilin-Sprache, p

i'. Reinisch. Texte der Bilin-Sprache, p. 12-14 [Cf. aussi Conti-Rossini Harconti e Cnnti Bileni, p. l.")-i9 ; 21-47, 33-64]. L'étymologie de Bnr/os par Roas-qer (fils de Boas), proposée par M. Miinzingcr, (Sitten und fterht der Boyns, p. 7) et que semble accepter M. d'Abbadie {Sur le droit hilin, p. 'i) ne paraît pasexacte. Le nom de Bogos n'est pas national, de l'aveu m'jme des deux auteurs, et par conséquent Bogos doit être emprunté à une langue étrangère. Aussi doit-on tenir plus vraisemblable l'étymologie donnée par M. Reinisch, qui fait venir ce mot d'une altération du tigré Baourjous « pillard » de la racine baquasa.

3. Antérieurement aux incursions de Gràn. Alvarez connaissait sur les frontières d'Kthiopie le peuple des Belloi qui parait désigner les Bilen.

liitles qui déchirèrent l'Ethiopie pendant la courte durée de la domination falacha i vers le milieu du x» siècle. M. de Rivojre a donné dans son livre des spécimens de chansons qu'il a recueillies chez les Bilèn ; elles sont toutes en tigré 2, Il faut aussi mentionner quatre contes dont M. de Rivoyre, qui avait cependant d'excellents modèles dans les textes de la Bilhi-Sprache de M. Reinisch, affaiblit l'intérêt en les ornant de ses fleurs de rhétorique et, çà et là, de quelques erreurs historiques. Le premier, La prieure de Debré-Sina, est imité du conte arabe: La femme injusteynent soupçonnée, dont nous avons deux versions différentes dans les recensions des Mille et une nuits de Boulaq et de Breslau. C'est à cette dernière recension, la moins ancienne, que se rattache le plus le récit éthiopien 3. Le second

1. Cf. mes Etudes sur l'histoire d'Ethiopie, Paris, 1882, in-8, p. 227, note 6 et les auteurs cités. La reine mentionnée dans le texte bilin serait Esat, appelée aussi Terdàë-Gobaz, de la Chronique éthiopienne.

2. 11 y aurait à corriger quelques erreurs de transcription, p. 177, V. 4, lire aïnabo, ses dents, au lieu de ainab : id. Oueid a.u\\en de ouelde iii. bebddlé, pigeon blanc, au lieu de bétulé ; v. o asdra ses gencives, à la place de assar. (i.240, v. 1 : letim orphelins, au lieu de Jettim: id. min au lieu de nini : nd' pour na ; mendgist au lieu de manguel, portes; deb'ou à la place de deblou, fermez. Les noujs propres sont également maltraités dans le courant du livre. .Vaacucto-Laab (p. 228. 230. 232, 23:i, 236, 237, 238, 239. 240, 241). doit être rétabli ainsi : Xaakueto Laab (Louons le Père); /ro/t Amiac (p. 242), à corriçcer en Vehouno amldk ; Ahrendroop (p. 270) pour Aarendrup : Arakiel-bey (p. 277) pour Arakelbey; Wolesley (p. 278i pour Wolseley, etc.

3. Tausend und Eine Nacht, t. XI. éd. Habicht (Breslau, 1843), p. 190-20.Ï. La femme sollicitée au mal par son beau-frère. Dans celte version, elle fait partie du recueil intitulé, Histoire du roi Chdh-Bahht et de son vizir Er Rahoudn. Ce recueil, qui manque dans l'édition de Roulai[, paraît avoir passé du persan en arabe. Dans le texte égyptien, la forme du conte est plus primitive et plus siuiple, et je ne serais pas éloigné d'y voir une légende d'origine juive, ou du moins venue par lintermédiaire d'un livre hébreu. On la trouve encore, mais très altérée, d.ms le dialecte tatar de Khodja Aoul ^Sibérie méridionale), sousle titre de : La femme devenue prince (RadlofT, Proben der Volkslitteratur der tiirkischen Sùd-Sibiriens Stdmme. t. lV,Saint-l'etersbourg. 1872, in-8, p. 14 1).

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récit, Le chien d'Ali, n'est pas rapporté plus fidèlement que le premier; la scène est placée chez les Dinkas du Fleuve Blanc, dans une de leurs luttes contre les Arabes Moselmièli. On reconnaît les mêmes données que dans un conte arabe publié par M. Dulac ; c'est à l'Egypte probablement qu'il a été emprunté *. Le troisième (L^i^ deua^ amis) se retrouve à l'extrémité opposée de l'Europe : une version bretonne le donne avec les mêmes détails 2; la recension allemande publiée par Grimm diffère davantage 3. Le quatrième (La fille du Negous), purement éthiopien, est un exemple de l'altération des faits historiques dans la tradition populaire. C'est le récit du rétablissement de la dynastie salomonienne sur le trône d'Ethiopie occupé par les Zagués 4, Le rôle joué par NaakuT'lo-Laab, Lalibala et sa prétendue fille Judith, est de pure invention. On peut regretter que M. de Rivoyre, tout en défigurantce conte dans

Dans l'édition des Mille et une nuits de Boulai], in-4, ce conte occupe les nuits 465-466 ; t. I, p. 639-640 (t. II, p. 3'J3-395 de l'édition du Qaire) ; dans celle de Breslau, les nuits 907-909 (t. XI. p. 190-205). [dans celle de Bombay, t. II. n, 465-466, p. 369-371]. [Cf. sur celle légende le mémoire de Wallenskold, Le conte de la femme chaste convoitée par son beau-frère, Helsingfors, 1907, in-4, qui n'a pas connu la version île M. de Rivoyre, non plus qu'une version berbère publiée par G. Mercif r. Cinq textes berbères en dialecte chaouia, Paris, 1900, in-8. p. 24 ."îo : Cf. mon article dans la Revue des Traditions populaires, 1901, p. 27 4J.

1. Contes arabes en dialecte égyptien, Journal Asiatique, 1885, t. I, conte, no4. Sur le même récit on touareg et dans le Maghreb, cf. Bulletin de Correspondance africaine. 1885, p. 192.

2. Luzei, Les Veillées bretonnes, Morlaix. 1879, in-12, Cochenard et Turpin, p. 258-281 : Le pont de Londres, p 281-284.

3. Kinder-und Hausmàrchen, Berlin, 1880, in-8, n" 107. Les deux voyafjeurs.

4. Sur les personnages mentionnés dans ce conte, cf. mes Etudes sur l'histoire d'Ethiopie, p. 9-iO, 98-99, 23i-232, noies 64 et 67 [Cf. aussi sur les Zagués, Confi-Rossini. Appunli ed osservazioni sui Re Zàgué e Tnkla //ài/mdnot. Home, 1895, in-8 ; id. Sulla dinastia Zàgué, Rome, 1897, in-8 .

sa traduction, y ait mrlé des frag-ments d'histoire qu'il connaissait mal et qui devaient être étrangers à l'Ethiopien Giorguis son conteur i. Le cinquième récit (Aissa) a pour sujet une aventure arrivée au conteur indigène. Ces contes n'ont rien de bilèn ; ils viennent du Tigré et il est probable que c'est dans la langue de ce pays que M. de Rivoyre les a recueillis. Je relèverai, en terminant, quelques jugements inexacts de l'auteur : (p. 159) M. du Bisson qui tenta inutilement de fonder une colonie à Koufit pouvait être un aventurier, mais il ne mérite pas le reproche de lâcheté qui lui est adressé. Le témoignage favorable de Lejean, contemporain des faits, est autrement sérieux que les racontars d'un voyageur crédule, et l'ouvrage de celui-ci n'aurait pu que gagner à être rédigé aussi simplement que l'itinéraire que nous a laissé M. du Bisson '-. L'accusation portée contre le négous Yohannës est tout aussi peu fondée. Si l'empereur d'Ethiopie ne profila pas des défaites sanglantes qu'il venait d'infliger aux Egyptiens et aux aventuriers européens et américains qui les commandaient, c'est que son attention fut immédiatement détournée par la révolte de quelques-uns de ses vassaux ; Dedjàdj Oualdé Mikâel, gouverneur du Hamasèn, qui avait appelé les Egyptiens ; le gouverneur du Gojjâm et les tenta-

1. L'avenfure d'Abrahah ot son nom même comme conquérant du Yèinen sont inconnus des Ethiopiens : c'est Kàleb qui a cet honneur. De plus, même dans la tradition arabe, Abrahah n'entra pas à la Mekke. C'est une nouvelle erreur — et celle-ci doit être attribuée M'u'eiuent au voyageur européen — de dire •.L'Ethiopie fut la première des na'ions chrétiennes contre lesquelles se tournèrent les menaces des Musulmans.

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