Theologische Litteraturseituny, 1890, p
6. Pachomiwi, p. 24-33. Il s'appuie aussi sur la lettre d'Ammonius.
Ses parents qui liabilaienl un villag^e aux environs d'Esneh, étaient païens et relevèrent dans le paganisme, mais, à plusieurs reprises, les démons témoig-nèrent leur haine contre celui qui, au dire des légendes, devaient être un de leurs plus redoutables ennemis. 11 ne connut cependant le christianisme que par une circonstance fortuite. Enrôlé de force avec tous les jeunes gens de son village pour combattre le roi de Perse, et traité plutôt comme un prisonnier que comme une recrue, ce qui est encore le cas des fellahs d'aujourd'hui, il fut secouru à Esneh par des gens compatissants qu'on lui dit être des chrétiens. A Antinoé, l'ordre arriva de licencier les nouvelles levées et Pakhôme, dont l'esprit avait sans doute été troublé par les spectacles nouveaux qu'il avait eus sous les yeux, au lieu de retourner dans sa famille, s'arrêta dans le village deChenasit, le Klienoboskion des Grecs {l'endroit où Von engraisse les oies) le Qasr es Saïad d'aujourd'hui*. Là, il s'installa dans un coin d'un templeabandonnédeSérapis et vécut du travail de ses mains. Les sentiments de charité et de douceur dont il faisait preuve lui attirèrent l'estime des chrétiens du village qui lui en donnèrent la preuve en l'emmenant de force dans l'ég-lise et en le baptisant. Le solitaire chrétien ne différa pas beaucoup du solitaire de Sérapis, mais, à la suite d'une épidémie où il montra un grand dévouement et qui ravagea le village, il résolut de mener une vie plus ascétique encore. Laissant son
1. Cf. Aniélineau, La Géographie de i Egypte a l'époque copte, l'aris, 1893, grand in-8, p. 430-432.
LES RÈGLES ATTRIBUEES A SAINT PAKIIOME 291
jardin et son ermitage à un vieillard, il alla trouver un ascète du nom de Palamon qui est considéré comme son père spirituel. 11 s'attacha à lui sans se laisser rebuter par l'accueil qu'il en reçut et, sous sa direction, il apprit l'Ecriture et reçut les leçons de mortification qu'il aimait à rappeler plus tard dans ses enseignements. Sous la direction spirituelle de Palamon, vivait un certain nombre de solitaires qui, n'étant astreints à aucun règ-lement, ne relevaient en réalité que d'eux-mêmes, exposés dans leur isolement à toutes les tentations. Il semble que Pakhôme ait conçu à ce moment, peut-être sous l'impulsion des souvenirs du couvent de Sérapis dont il avait habité le temple, le j)rojet de former un faisceau de toutes ces forces éparpillées, en les réunissant par le lien d'une règle assez étroite pour les maintenir, assez large pour ne pas imposer des efforts de sacrifice et de renoncement au-dessus des forces ordinaires de l'homme. La vie du saint est remplie d'exemples où il se montre hostile à l'exag-ération de l'ascétisme, tel que le pratiquaient Palamon et les ermites qui voulaient rivaliser avec lui. Un jour, il se laissa aller à dire à son frère Jean qui tenait pour ces doctrines : « Assez de folie ! » Le mot de Pascal « Qui veut faire l'ange fait la bête » trouve ici plus que jamais son application. Le maître de Pakhôme ne le vit pas s'éloig-ner sans reg'ret et ne survécut que peu de temps à cette séparation. Près de Tabennisi {les palmiers d'Isis *), sur le bord du Nil, Pakhôme se construisit une habitation. Là, il vécut