Deutsche Literaturseituny, 1906, col
le roman éthiopien {Kêbra Nagast) a été publié et traduit par M. Bezold* niais la plupart des chapitres relatifs à la reine de Saba étaient déjà connus par la publication de M. Praetorius 2, dont la traduction a été mise en italien parM. Gabrielli 3 et résumée par M. Derameyi. Mais plus anciennement, le P. Paez lui accordait une place dans son histoire écrite en 1620''. Quant à la forme réellement populaire de cette légende, on en trouve la trace bien avant d'Abbadie (cité p. 85, note 3) car, en 1540, le P. Alvarez mentionnait les souvenirs qui, à Axoum, se rattachaient à la reine de Saba ^. Tout récemment, M. Litlmann publiait d'après une communication du missionnaire suédois Sundstrom, une version en tig-ré 7, dans laquelle l'histoire de la reine de Saba est singulièrement mélangée avec trois autres ; celle du serpent Aroué, celle de l'arrivée des neuf saints, enfin celle de l'obélisque d'Axoum. Si la princesse va trouver Salomon, c'est pour obtenir la guérison de son pied transformé en sabot d'âne lorsqu'il a été touché par une goutte de sang du dragon (Aroué) auquel elle a
\. Kehi'a-Nagast, Die Herrlichkeit der Kunige, Munich, 1905, in-8 ; l'introiluction contient (p. xliv-li), le texte arabe traduit par M. Amélineau
2. Fabula de Regina Sahaea apud ^"Ethiopes, Halle a. S., 1870, in-8, (av. trad. latine).
3. Fonti semitiche di una leggenda Salomonica, Rome, 1900, in-8, p. 34-37.
ik. La légende delà reine de Saba, Paris, 1894, p. 10-19. [Je ne mentionne que pour mémoire les deux publications de M. H. Leroux dont il a été question plus haut, p. 244-249 ]
5. Histovia de Fliopia, t. I, p. 29-32, ap. Bcccari. Rerum mthiopicarum Scriptores, t. II, Rome, 1903, in-8.
6. Vevdadeira Informaçdo, Lisbonne, 1889, cli. xxxvi, p. 27 ; Stanley of Aldernev, Narration of Ihe Portuguese embassy to Abyssinia, Londres, 1881, p. 70-78.
7. Biblintheca abisxinica, /, The legends nf Ihe Queen of Sheba in the tradition nf Axum, Dresde, 1004, in-8.
été exposée et dont les neuf saints l'ont délivrée. Les sources rabbiniques, mentionnées par M. Galtier, sont données plus au long- par M. Gabrielli *. Ce dernier cite aussi le fragment copte que M. Ermann a Fait connaître 2 et où on peut rencontrer, malgré la mutilation du texte, un trait qui manque dans les autres versions musulmanes ou chrétiennes : pour soumettre à ses désirs la reine de Saba, Salomon lui fait boire une coupe de vin dans laquelle il a jeté son anneau. M. Galtier a également raison de voir, dans la seconde partie du conte suivant, Histoire du roi Arménios, un emprunt à la légende d'Œdipe ; aux sources qu'il cite (en laissant de côté les interprétations mythiques de Bréal et de Comparetti), on peut ajouter une série d'articles de Littré : Légende sur le pape Grégoire le Grand à propos du texte publié par Luzarche^, le livre de Constans* et son édition du Uonian de Thèbes ^\ L'ouvrag-e se termine par un répertoire alphabétique des manuscrits chrétiens du fonds arabe de la Bibliothèque Nationale.
J'espère que ce court aperçu donnera au lecteur une idée de la variété des sujets traités dans le livre de M. Galtier et fera apprécier, en même temps que son érudition, la méthode et la précision de l'auteur.