Dus Historische in den Perseii, Vienne, ISliO, in
3. Die Pevsen des .Escliylos als Quelle fiir allpersisike Altcrthumskunde, Erlangen, 1877, in-8.
tillon d'histoire orientale. Il admet dans son ensemble le récit de l'avènement de Déjocès rejeté par MM. Maspéro, Grote et Rawlinson comme portant le cachet d'une légende hellénique. Cependant, le Bèt Dayakkou, conquis par Saryoukin, peut s'appliquer au canton mède administré par Déjocès (Déiokès) d'Hérodote, en ramenant, bien entendu, à des proportions historiques le personnag-e qu'avait transformé les traditions locales. Malheureusement, des préoccupations qui n'ont rien de scientifique ont porté M, Delattre à utiliser le livre de Judith et à y chercher une confirmation et un complément du récit d'Hérodote. Le chang-ement des noms propres est excusé par des erreurs semblables dans le canon de Ptolémée, bien qu'on soit en droit d'exig-er d'un livre révélé ou prétendu tel, l'exactitude qui peut manquer à un auteur profane. Déjocès s'appelle Arphaxad, Assourbanipal devient Nabucliodonosor, la conquête de la Médie, placée avant l'expédition de Bethulie, a lieu pendant la captivité de Manassé et l'apocryphe juif du premier siècle avant Jésus-Christ prend place parmi les sources de l'histoire médique. C'est le côté faible de la démonstration en faveur de l'existence de Déjocès. L'auteur discute ensuite quelques points de chronologie qu'il résout fort heureusement, grâce à la récente découverte de la tablette babylonienne relative à Nabonid et à Cyrus : la chute d'Astyage est fixée avant 548 av. J.-C. et la prise de Babylone à 538. Revenant ensuite sur ses pas, M. Delattre réfute, à propos de Phraortès, l'hypothèse plus que subtile de M. Rawlinson, qui croit
à une confusion commise par Hérodote, entre le second roi mède et un Pliraortès révolté contre Darius, fils d'Hystaspes, et mentionné par l'inscription de Beliistoun. Il est toutefois difficile d'admettre dans tous ses détails le récit de l'historien grec, sans se demander, avec M. Duncker, si la tradition en Médie comme ailleurs n'a pas g-rossi le rôle joué par les chefs de qui devait descendre la courte dynastie des rois mèdes. Les événements du règ-ne de Cyaxares prêtent moins à la discussion : ce n'est plus qu'une question de chronologie, la guerre de Lydie est reculée avec toute vraisemblance, postérieurement à linvasion des Scythes et à la prise de Ninive ; l'auteur place cette dernière en 000, en s'appiivant sur un svnchronisme fourni par l'histoire d'Egypte (date de l'expédition de Néchao)^ et sur les témoignag-es delà tablette babylonienne, d'Hérodote, du livre des Rois et malheureusement aussi sur le livre apocryphe de Tobie qu'il aurait mieux fait de passer sous silence; deux chapitres traitent ensuite de l'absolue destruction de Ninive et de la formation de l'éphémère empire babylonien , enfin, un tableau de lempire mède à la mort de Cyaxares termine ce mémoire qui s'arrête à l'avènement d'Astyag-e.
L'auteur a utilisé consciencieusement les sources qu'il a eues à sa disposition: on peut regretter cependant que la discussion de leur valeur ne soit pas présentée en une fois. On pourrait aussi relever un passag-e(p. 13) où il semble dire que le livre des Rois (Chah Xàiiieh) est une chronique. « L'histoire des Sassanides y est précédée d'un résumé des
événements antérieurs, à partir de la création du monde. » Loin d'être un résumé, cette partie est au contraire la plus importante du poème deFirdaousi. Je note également une expression bizarre (p. 13P) « Pliout et Loiid, deux pays qui vont d''ordinaire ensemble et que les commentateurs et les géographes situent un peu partout. »
En résumé, l'ouvrage de M. Delattre, par ses qualités de critique, méritait la récompense que l'Académie de Bruxelles lui a accordée ; on ne pourra plus écrire l'histoire des Mèdes sans le consulter, et ses résultats restent acquis à la science, mais l'histoire des Mèdes reste encore à faire ; celte lâche semble naturellement réservée à l'auteur qui a le mérite de posséder parfaitement les données nécessaires à ce travail et qui saura mieux que personne les mettre en œuvre.
LÉGENDES DE PERSE ^ Edouard Montaj^ne, Les légendes de la Perse, Paris, 1890, in-12.
Il existait plusieurs manières de traiter le sujet intitulé Légendes de la Perse ; l'auteur pouvait réunir quelques-uns des récits conservés dans les livres zends, pelvis et parsis, se bornant à l'Avesla, à l'Arlâ-Viraf Nainak, etc. et donner une série de traditions appartenant au plus ancien Iran. Ou bien, poussant ses recherches dans le domaine de l'antiquité classique, il pouvait rassembler d'après Hérodote, Ctésias, Diodore de Sicile, Justin, Plutarque et d'autres les légendes dont Cyrus, Cambjse, Zopyre, Darius et Alexandre ont été les héros. Ou encore le Châh-Nânieh, pour ne pas mentionner tout le cycle des Nàmeh de la littérature persane, pouvait fournir les matériaux d'un volume comme celui de Gœrres {Das Heldenhiich von Iran). Enfin, les littératures arabe et néo-persane sont assez riches en récits sur les Sassanides (Ardéchir, Kliosrou, Chahpour, Beliramgour, etc.), pour être utilisées par un écrivain consciencieux. Chez les écrivains postérieurs comme Sa'di, Nizâmi, Djami', etc., on pouvait trouver une série de contes, de fables et d'anecdotes, n'ayant de