LÉGENDES DE PERSE
persan que la langue et leur adjoindre une analyse ou des extraits des romans arabes traités en persan: Laila et Medjnoun, Wamik et Asra, Yousof et Zohù'kha, Hàtim Ta'l, par exemple. Et je ne parle pas des recueils traduits en persan, comme X'Enrari Sohaili, le To7.cti Nàmeh, le Bakhiiiàr Nàmeh, le Sindihàd NàmeJu etc., qui pouvaient fournir les matériaux d'un volume d'extraits. Il n'était pas besoin d'être un orientaliste versé dans la connaissance du persan et de l'arabe pour composer un livre de ce sfenre. M. Montag-ne n'avait qu'à prendre pour modèle M. Glouston qui précisément lui donnait l'exemple avec ses Flowers of a persian garden^ son Group of Easteryi romances and Stories, ses Popular taies and Fictions, son Sindihàd Nanieh. Je me hâte de dire que le livre de M. Montagne ne répond à aucune des catég"ories que je viens d'énumérer, bien qu'on y trouve un amalgame et un mélange confus de tous les genres. Aucune des lég-endes qu'il renferme n'est reproduite d'une façon acceptable; empruntées pour la plupart à la Bibliothèque Orientale de B. d'Herbelot et aux Mines de VOrient, elles ont été ornées par l'auteur, ignorant des récents travaux, des fleurs de son style et de sa rhétorique et parfois aussi, de ses vers. Comme spécimens, j'indiquerai le premier récit [La planète de Vénus) qui n'est qu'un délayag-e de la légende de Harout et Marout; l'étonnant dialogue qui va de la pag-e 100 à la page 117, où l'auteur s'efforce, suivant ses expressions « de relever le g-oùt insipide du vrai par le condiment du merveilleux ». A côté d'une prose aussi épicée, je citerai des vers d'une rare pla-
litiide (p. 138"), de la pièce qui commence par :
Dans un bois touffu, par Vomhre attiédi (?) Je me promenais un jour à midi
on Ton est étonné de rencontrer un alexandrin isolé: Pas un chant d'oiseau, mais, sous la vaste ramure
au milieu d'une série complète de vers de dix pieds. Est-il besoin de relever les innombrables fautes d'impression des noms propres déjà défig-urés par l'orthog-raplie anglaise ? (p. 181 Hussanèah pour Hasanah), ou du xvn® siècle?. J'en citerai cependant quelques-unes comme échantillons ; p. 2, Saad Maghir pour Saad Saghir ; p. 3, Ronstern pour Roustem; p. 8, Ibn Schiethan pour Iblis Cheïtàn ; p. 5, Gangumelle pour Gaiigamèle ; p. 25, 26, les Oedites pour les '^c??ï<?5 ; ibid. HoJid pour Iloud, assimilé sans la moindre preuve à l'Héber des Hébreux (!) ; Zohank pour Zoliah ; p. 329. Aldagiapatou pour Oldja'itou ; p. 331, le Rostan pour le Bostân (notons en passant que l'auteur ignore la récente traduction de cet ouvrag-e par M. Barbier de Meynard, de même f{u'il ne connaît pas celle du Gulistmi par M. Defrémerj). Mais sont-ce toujours des fautes d'impression? Elles pullulent, c'est vrai; mais quand je lis à la page 329 : « Cet Hémam ou Hemmam Esdinn (?) surnommé Al-Tabrizi -> ; peut-on raisonnablement accuser l'imprimeur d'avoir altéré en Hémam Esdinn, le nom du poète Abou Tammâm et de l'avoir confondu avec le commentateur Abou Zakaryâ Et Tebrizi.On s'explique la confusion (et ce n'est pas la seule) commise par M. Montagne,