‹ Mélanges africains et orientauxChapitre 96 sur 105 · Revue des Traditinnx populaires, oelobre · texte numérisé non relu

Revue des Traditinnx populaires, oelobre

2. Le litre persan, emprunté à l'arabe, est traduit en arabe par Dolight nf Hearls, cju'nn compte remiu par Mélimne, t. VI, no-4 coi. 96, traduit par le « délire des cœurs ». Je n'aurais pas relevé cette méprise, |f mot (h-lire étant sans doute '^our délire, si, (lans le même numéro de

liuis de propos de dire quelques mots de ce recueil* ; tous les folk-loristes n'étant pas tenus d'être au courant de la littérature persane. De même dire (p. 9) que les autres contes sont tirés « d'anciennes et rares publications indiennes » ^ n'est pas une indication suffisante.

Le premier conte, le Pèlerin qui sauva sa vie par une ruse, expose comment un pèlerin égaré dans le désert parvient, non seulement à se défaire d'un voleur qui avait tué ses deux compagnons, mais même à se faire donner une forte somme d'arg-enl par la tribu du coupeur de route qu'elle croyait seulement prisonnier. Dans la seconde histoire, Aventures de Mirza Zain, celui-ci, chassé par son père excité contre lui par sa belle-mère, l'eprend à des voleurs ce qu'ils lui ont enlevé, en profitant de

Mélasuic, M. II. Gaidoz n'avait insinué en s'appuyant sur une l'autc (l'impression de la Revue des Traditions populaires [bretonnes ^o\iv bantones) que je rattachais des nègres du Gabon à la race celtique. En procédant comme M. Gaidoz, il serait facile d'avancer que celui-ci ne sait pas l'anglais, mais ce sont des façons d'agir qu'il vaut mieux lui laisser etqiie des critiques sérieux ne sauraient se permettre.

t. S'agil-il de l'ouvrage intitulé Amusing stories, translated from the persian by Kdw. Rehatsek, published by fJamoder Rabuiji Ivirke, Bombay, 1871, in-8 ; ou de celui qui a pour titi'e Fortune and Misfortune, two taies translated from the persian, published by Janardan Ramchandraji, Bombay, 1874, in-8?

2. Il s'agit évidemment de publications qui, dans l'original, étaient données comme traduites du persan On ne s'explique pas que ce fait si simple n'a't pas été connu de l'auteur du compte rendu que je citais plus haut et qu'il demande « Quelle î'aison a M. C. de considérer comme persans les trois contes qu'il a extraits de rares et anciennes publications de l'Inde. » Il est évident que M. H. Gaidoz ignore les nombreux ouvrages persans publiés ou traduits dans l'Inde depuis la fin du xviii* siècle, par exemple, les Classic sélections from some ofthe mostestee med persian writers, Calcutta, 1828, 2 v. grand in-4 : Soohrab^ a poeni traduit par Atkinson, Calcutta, 1814, in-8; The Secander Nama of iNizami, Calcutta, 1812, \n-i : le Bostdn de Sa'adi, Calcutta, 1828, in-4; l'édition des œuvres de Sa'adi, Calcutta, l"!Jl-17'.)b, 2 vol. in fol.; les Persians classicsde Cild-dwin, Gtticutia, 1800, in-4; The l'ersian Monshee, Galculla, 179!J, 2 vol. in-4 ; \e yew Asiatic Miscel lany, Ca.lcuUa., 178!J, in 4; et tant d'autres qu'il serait trop long d'énuiuérer.

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leurs terreurs superstitieuses; plus lard, il lait tourner à son avantage la fourberie d'un marchand de riz, puis celle de son propriétaire, le fait tomber dans la fosse que celui-ci avait préparée pour lui, et à la fin, échappe aux pièi^cs de sa belle-mère qui meurt à sa place. — La troisième histoire, le Qàdhi d'Emése, est une version orientale de l'épisode bien connu par le Marchand de Venise de Shakespeare, qui a sans doute emprunté son sujet au Pecorone de Ser Giovanni. — Le quatrième conte, le Vizir envieux, est une rédaction orientale de l'histoire à^ Ahmed Vorplielin qui figure dans quelques recensions arabes du Sindibad Nâmeh. — Le cinquième, la perfide vieille, renferme une fable : La fourmi et le grain de hlè ;\\ s'agit d'une femme qui voulant, malgré les représentations de son mari, assassiner son hôte, tue par erreur son propre fils à la place. — Dans le sixième, Anouchirioàn et le pauvre Arabe, on raconte comment un Bédouin qui n'avait jamais quitté le désert, apporta au roi de Perse les fruits d'une oasis qu'il avait traversée et qu'il prenait pour le Paradis. — Le septième, les deux Mogols, n'est qu'une anecdote insignifiante. — Le dernier conte, Hamid de Basra et son compagnon est le plus long, et, contrairement aux autres choix de M. Glouston et au plan qu'il s'était tracé, a pour élément principal le merveilleux. Le sultan Mahmoud le Ghaznévide, se promenant un soir déguisé, entend deux malheureux se raconter leurs infortunes : le premier, Hamid, après avoir fait vœu de donner le dixième de ses marchandises à un jeune honune échappé avec lui à un naufrage, manque à

sa promesse et persévère dans sa dureté jusqu'à ce qu'il tombe dans un piège tendu parle g-énie de la tempête, déguisé en mendiant. Transporté subitement à trois mois du Kachmire où il était établi, et provisoirement dépouillé de tout, il reconnaît sa faute et se remet en route pour Ghazna afin d'obtenir son pardon de son compagnon qui s'y est fixé : telle est la condition imposée pour qu'il recouvre ses biens. Son interlocuteur raconte à son tour ses aventures ; il a refusé un abri à un malheureux qui l'implorait un soir d'hiver ; il expie sa dureté en perdant sa fortune dans le commerce des perles ; au contraire, son voisin qui s'est montré charitable envers lemendiant,est récompensé plus tard lorsque ce dernier, qui était un prince fugitif, est remonté sur son trône. Depuis lors, il erre en proie à la pauvreté et au décourag-ement. Le lendemain, le sultan Mahmoud qui s'est assuré de la véracité de Hamid, le renvoie dans son pays après l'avoir réconcilié avec son ancien compag-non et lui avoir fait des présents considérables dont, instruit par l'expérience, il fait part à celui qu'il a rencontré en allant à Ghazna.

Il est à regretter que les exigences du format dans lequel ces contes ont été publiés n'aient pas permis à M. Clouston de les accompagner des notes qu'on était en droit d'attendre d'un auteur aussi versé dans la science du folk-lore comparé. Deux contes seulement sont, dans l'appendice, l'objet d'un rapprochement ; encore ceux-ci ne sont-ils satisfaisants que pour le premier ; pour le second, le Vizir envieux^ l'auteur, après avoir énuméré

(juclques litres, renvoie à sou Popular Taies et à son Book of Sindibad. Il y avait cependant beaucoup à ajouter à ces derniers, même en se restreignant aux versions orientales^

1. [Cf. mon mémoire sur Deux Manuscrits d'une n^rsion arabe inédile du Recueil des Sept Visirs, Paris, 1903, in-8, p. 13-:20 ; Chauvin, Bibliographie des ouvrages arabes, t. YIII. Liège, 1904, in-8, p. 143-147 : Cosquin, La légende du page de sainte Elisabeth, Paris, 1903, in-8 ; id. suite, Paris, 1903, in-8 ; i(i. suite, Paris, 1912, in-8].

Gh. Joret, La Rose dans l'antiquité et au moyen âge. Paris, 1892, in -8.

Faire l'histoire de la rose en Orient et en Occident jusqu'à la fin du moyen âg-e : montrer la place qu'elle occupe dans la littérature, les traditions populaires, les coutumes et la culture ; retrouver sa patrie et chercher comment du plateau occidental de l'Iran, elle se répandit en Europe, en Asie et en Afrique ; déterminer ses diverses variétés tant sauvag-es que cultivées, qui ont été connues dans l'ancien monde, tel est le sujet du livre où M. Joret a montré une t'ois de plus la variété et la solidité de son érudition. Son but était d'écrire un chapitre au plantlore, ou mieux encore, de la mythologie des plantes et de l'histoire naturelle et littéraire du monde végétal. Touten reconnaissant que celte étude est négligée en F'rance, ce serait aller loin que d'afhrmer comme le fait l'auteur (préface, page iU, note) qu'elle y est complètement abandonnée, à part un livre écrit par un étranger. Pour ne citer qu'un exemple, je rappellerai les Légendes des plantes et des o i seau j;'-^ de Marmier, sans du reste faire difhcullé de reconnaître qu'on n'y rencontre pas l'érudition judicieuse

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