Diwdn, lil
r,. Diwdn, XVm. IG.
(J. Diicdn, V. 17.
expression drrivée du mol oiiard pour dépeindre les panaches rouge-sang- des litières s'éloig-nanl dans les montagnes et emmenant les femmes de la tribu. Cette observation, bien entendu, n'a pas pour objet d'infirmer la thèse de l'origine persane de la roseï, mais de montrer qu'elle tut connue des Arabes avant le milieu du premier siècle de l'hég-ire.
C'est surtout à propos de la rose dans la littérature arabe, que M. Joret s'est montré incomplet et cette partie de son livre devra être remaniée. 11 serait injuste de lui reprocher de n'avoir pas connu les pièces de vers qui n'ont pas été traduites jusqu'ici dans une langue européenne 2. Mais il existe des traductions de poésies arabes qui lui auraient fourni de nombreux exemples ; j'en citerai quelques-uns
1. Déjà El Djaoïiàliqi {Movrab, éil. Sachan, p. 151), citait l'opinion d'après laquelle le mot ouard, rose, n'était pas d'origine arabe.
2. La Chrextomathia arabica de Kosegarten (Leipzig, 1828, in-8) renferme sur ce sujet un certain nombre de petites pièces dignes de l'Anthologie grecque. Ainsi, p. 170, les vers d'El Khàlidi sur la rose qohàbi (variété non citée par M. Joret) :
'I. C'est une rose qohàbi du parterre, ornée de beauté de deux sortes. Son extérieur est une enveloppe de rubis, son intérieur est d'or pur.
« On dirait ma joue sur celle de mon amie, quand nous nous unissons le matin de la séparation ».
P. 169, vers d'un anonyme :
« On dirait les rosiers du parterre, quand ils commencent à porter des fleurs et qu'ils sont secoués par les vents du nord et la brise.
'. Sont des t'-meraudes formées de rameaux agités, montrant des soleils de rubis incrustés d'or ».
Vers d'un autre anonyme sur la rose et le narcisse :
M Dans une réunion, le narcisse s'est trouvé en face de la rose dont la beauté inspire celui qui le décrit. ^
« La joue de l'une a rougi de pudeur devant le regard de l autre, et l'œil de celui-ci a été stupéfait de la beauté de celle-là !
P. 171, vers d'El Mozhafîer lavpugle sur l'églantine blanche :
« C'est une fleur dont la couleur est surprenante ; blanche avec du jaune triste.
« On dirait le disque d'une pièce d'argent, au milieu duquel serait un
point d'or ».
pris au hasard dans V Anthologie de Grang-erel de la Grange *.
N" XI, p. ol, vers tirés d'une pièce de Klialil ben Eibek es Safadi :
« L'éclat de son front virginal me sert de flambeau ; ses joues sont le parterre où je cueille mes roses ; son haleine est le vin dont je m'enivre. »
N° XXXV, p 69, énig-me sur l'églantine [nesrin)-.
Quelle esl la chose qui exhale une odeur exquise, dont le nom, quand on y fait une faute d'orthographe donne un mois de raniiée (tichrin). Supprime les deux cinquièmes de ce mot, tu les trouveras alors au ciel et au nombre des oiseaux (nasr, aigle, nom d'une constellation). La première et la dernière lettre sont pareilles (nesrin) et ma conscience m'ordonne de garder le reste (serj', secret).
P. 77. Jouis de la rose ; son existence est de peu de durée ; ([uilte-la avec des caresses, des baisers et des larmes, comme on quitte un ami qu'on ne doit revoir qu'au bout d'une année.
Ibid. :
Le printemps et la rose sont arrivés et la nuit et le jour sont égaux. Ne cesse point de cueillir la rose, jouis-en et souviens-toi que la saison des roses n'est qu'un prêt.
1. Paris, 1828, in 8. L'Anthologie arabe d'Huiiibert (Genève, 1819), in-8, aurait pu aussi fournir à M. Joret la traduction d'un certain nombre de vers arabes sur la rose.
2. Cette pièce, ainsi que les deux suivantes, est extraite de la Ha/bat ei Komaït, d'En Naouàdji, publiée ensuite au Qaire en 121)9 hég., in-8 [On trouvera aussi un certain nombre de pièces consacrées ii la rose dans le Hosnel Mohàdharah dKs Soyouti, Le Qaire, s d., 2 v. in-4, t. II, p. 217- 222 : Ibn \\AÛ]\d.h, Snukkevddn es Soltàn, en marge dF.l Amili, Kitàb el Mikfiinb. Le Qaire, in 4, 1817, p. 235-252 ; Mille et une nuits, éd. de llcyrnul. I. IV. |i. :!9:'>-?.9i; .
Au matin, lorsque je vois la rose me présenter, en s'entrouvrant, une bouche merveille, elle me fait souvenir des baisers que se donnent les amants à l'heure de leurs tendres caresses. Le matin passe, je trouve la rose cliang"ée en une joue au milieu de laquelle le soleil a fait impression.
On peut encore citer une pièce d'IbnerRoumi sur la couleur des roses 2.
Les extraits des auteurs persans sont plus nombreuxs; il y aurait cependant à y ajouter, même parmi les auteurs qui ont été traduits. Ainsi, par exemple, ces vers de Behichti Emeli :
Ta joue rosée, ô cyprès qui marche, est une rose qu'on a apportée des jardins du Paradis.
Cherif Eddin Rami, qui cite le distique *, remarque qu'en persan, le mot arabe {puard) était employé par métaphore pour désigner le visage.
La rose joue encore un grand rôle dans la littérature djaghataï ou turke orientale. x\insi c'està cette fleur qu'est comparée l'œuvre de Mir Ali Cliir Nevàï, le plus g-rand poète djag-hataï, dans une piècede vers qui se trouve en tête de VAbouchka, dictionnaire spécial des œuvres du poète :
« Mes pas m'ont conduit vers un jardin dont je me suis mis à contempler les merveilles ; ses roses
l.Ces vers sont cités d'après les Analec.tex sur l'Iiistoire et la littérnture des Arabes d'Espagne, il'Kl Maqqari.