‹ MélangesChapitre 20 sur 59 · NAPOLÉON · texte numérisé non relu

NAPOLÉON

Ce que je veux peindre, c’est celte grande Révolution dans laquelle Napoléon a joué un rôle principal; la juger avec un esprit plus libre que ne l’ont fait jusqu’à présent ceux qui en ont parlé, et en profitant des lumières qui se répandent sur elle à mesure qu’elle dure : tableau qui peut être grand et original...

Bien saisir la physionomie française au milieu de cette Révolution générale, de cette phase de l’humanité; ce que celle Révolution a emprunté au caractère national ; point de vue nouveau, si j’y apporte la liberté d’esprit dont je suis capable; surtout aujourd’hui que

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE désintéressé de mon temps et dt; mon pays, je n’ai aucune passion qui me porte à embellir ou à charger, et n’ai plus d’autre passion que de chercher le vrai et de le rendre...

Nous sommes encore trop près des événements pour en connaître les détails. Cela paraît singulier, mais est vrai. Les détails ne s'apprennent que par les révélations posthumes, contenues dans les Mémoires , et sont souvent ignorés des contemporains. Ce qu’ils savent mieux que la postérité, c’est le mouvement des esprits, les passions générales du temps, dont ils sentent encore les derniers frémissements dans leur esprit ou dans leur cœur ; c’est le rapport vrai des principaux personnages et des principaux faits entre eux. Voilà ce que les voisins des temps racontés aperçoivent mieux que ne fait la postérité. Celle-ci doit faire l’histoire de détail. Les voisins de l’événement sont mieux placés pour en tracer l’histoire générale, les causes premières, le grand mouvement îles faits, le courant des esprits dont les hommes placés trop loin ne se font plus d'idée, parce que ces choses ne peuvent s’appremVre dans les mémoires.

« Sorrcntc, dêcrinbrc 18ô0.

« Ce que je voudrais peindre, c’est moins les

faits en eux-mêmes, quelque surprenants et grands qu’ils soient, que l’esprit des faits; moins les différents actes de la vie de Napoléon, que Napoléon lui-même : ce^êlrc singulier, incomplet, mais merveilleux, qu’on ne saurait regarder attentivement sans se donner l’un des plus

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