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COMMENT LE PARLEMENT, A L'AIDE DES PRÉCÉDENTS, RENVERSA LA MONARCHIE

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Le gouvernement féodal dans les ruines duquel on habitait encore, avait été un gouvernement mêlé d’arbitraire, de violence et de grande liberté. Si us scs lois, les actes avaient été souvent contraints, la parole y était habituellement indépendante et fière; les rois y exercèrent toujours le pouvoir législatif, mais jamais sans contrôle. Quand, en France, les grandes assemblées politiques cessèrent, les parlements prirent en partie leur place; et avant d’inscrire dans le code qui servait de règle à leur justice la loi nouvelle que le roi avait décrétée, ils exposaient au prince leurs objections, et lui adressaient leurs avis.

On a beaucoup recherché quelle avait pu être la première origine de cette usurpation du pouvoir législatif

1 Variante : Comment le |tarlcinenl, en rrovant faire une opposition traditionnelle, faisait une révolution sans précédent.

IlE L’OUVRAGE L'ANCIEN RÉGLME ET LA RÉVOLUTION. 81 par le pouvoir judiciaire. Il ne faut pas la chercher ailleurs que dans les mœurs générales du temps, qui ne |>ouvaient souffrir ni même concevoir un pouvoir absolu et secret avec lequel il ue fut jws du moins permis de discuter son obéissance. L’institution n’eut rien de prémédité. Elle sortit sponlanément du fond même des idées des contemporains et des habitudes des rois aussi bien que de leurs sujets.

L’édit, avant d’être exécuté, était donc apporté au parlement. Les gens du roi en exposaient les principes et les avantages, les magistrats le discutaient; tout se passait publiquement, à haute voix, avec la virilité qui caractérisait tontes les institutions du moyen âge. Souvent il arrivait que le parlement envoyait à plusieurs reprises au roi des députés pour le prier de modifier ou de retirer son édit. Si le roi venait en personne, il laissait débattre avec vivacité, quelquefois avec violence, sa propre loi devant lui-même. Mais quand enfin il avait exprimé sa volonté, tout rentrait dans le silence et l’obéissance; car les magistrats reconnaissaient qu’ils n’étaient que les premiers officiers du prince et ses représentants, chargés de l’éclairer et non de le contraindre.

En 1787, on ne fil que suivre fidèlement et strictement ces antiques précédents de la monarchie. On remit en mouvement cette vieille machine du gouvernement royal; mais on s’apperçut alors qu’elle obéissait à un moteur nouveau et d’une espèce inconnue, qui, au lieu de la faire marcher, allait la rompre.

Le roi, suivant la coutume, fit donc porter au parle-

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