ACCADIEN. MAGYAR
Pi, pil, fui; en ostiak, pet; en lapon, beale.
Si, szQTCi'y en finnois y sûtaêi.
Kha^ khan, hal ; /. kala.
Nab, lumière, nap, jour; en ostiak, nai, feu^ soleil;/, pUivâ.
Ad, atya; ju/r^ors isâ, Ose*
mar, mor, chemin (n'existe pasdans la langue magyare) .
Dim^ cours d'eau, to; ancienne /orme tav, lac, et non pas mer^
Avy région y orzâg, empire; mot slave autre/ois urusâg; or-
szâg. illyrien ; niszàg slave.
Si, szarv, szaru, corne.
Vai, glaive, pallos; palas illyrien; palos va/j^we ; pallasch
allemand, Sal (vulve), szîil, naître,
G]x,/endre, gereszd, entaille; recte gerezd =. grizd dalmate
et illyrien.
Uni, mâle, ur, seigneur, monsieur; autre/ois ura.
Uzu, chair, hus, mordvine kiske ; ostiak kossem.
Til, /înfr, Itlt, plein,
Khal,/rj;?/7er,/wer,hal, mort, mourir; finn, kuolo; ancienne/orme
magyare cholta.
ACCADIBN. FINNOIS.
Urud, cuivre, rauta
Ma, paySy maa, terre, pays.
Sa, champs, sia, lieu, espace,
Usar, rivage, syrjS, bord.
Permettez-moi, Messieurs, d'ajouter à cela quelques remarques qui ne paraîtront peut-être pas sans intérêt. Ayant étudié avec attention les publications de M. F. Lenormant intitulées Jï/z/i^^ accadienneSj j'ai été frappé d'une chose, c'est que cette langue accadienne présente beaucoup plus de points de contact avec les langues ougriennes qu'avec les langues finnoises. Les thèmes accadiens sont monosyllabes comme dans ces langues, tandis que le finnois, le mongol et le tongouse sont des langues qui ont un caractère éminemment polysyllabique. Les terminaisons accadiennes sont, comme dans les langues ougres, des consonnes, tandis que le finnois recherche même dans les mots empruntés à un idiome étranger ja terminaison vocale.
D'un autre côté la langue magyare, ainsi que ses sœurs le vogoul et Tostiak, sont d'une formation postérieure à celle de l'antique idiome finnois : chose qui est aisée à prouver. On n'a qu'à consulter les monuments de la langue magyare, une oraison funèbre de la fin du xn® siècle, quelques livres d'une traduction de l'Ancien Testament par des hussites magyares en Valachie (f 43 7-1 441) et une légende de Ste Marguerite du commencement du
xvi* siècle; on n'a qu'à suivre avec attention la construction grammaticale et les procédés de formation de mots^ pour se convaincre que le magyar était autrefois, comme le finnois, une langue polysyllabique, qui s'est contractée dans le courant des siècles : fait que nous rencontrons dans bien d'autres langues, l'anglais par exemple. Il y a longtemps que Kellgrén a constaté cette particularité dans la langue magyare, particularité qui a été également constatée par Castrén dans le zyrénien.En hongrois on dit encore aujourd'hui à volonté : békeetbéky paix; ipu etip, beau-père; Ôcse et ôcs, frère cadet, etc. Dans les monuments de la langue nous trouvons almu, aujourd'hui âlotriy le sommeil ; s{erelmu, l'amour, aujourd'hui s{erelem. ete. Pour d'autres mots on retrouve absolument, comme dans le zyrénien, leur ancienne forme dans la terminaison de l'accusatif : ainsi ho, jo, o, $o, s^Oy to, ho à l'accusatif : hav-atjap-aty av-at, sav-aty s{ap-at, tav-at, hepet,etp=iu;à preuve encore aujourd'hui falu ou falpa, hamu et hamp, s{aru ets{arp, etc. ; d'autres terminaisons se retrouvent dans les mots composés, par exemple fô de feje, voir; /eje-delem, prince ; urde urUy voir; ura-dalom, puissance, etc.
L'ostiak et jusqu'à un certain point le zyrénien peuvent être considérés comme des anneaux de transition entre le magyare et le finnois. Quant aux préfixes qui existent dans Taccadien, leur emploi est absolument inconnu aux
langues touraniennes, et les préfixes qui existent à rheure qu'il est dans le magyar lui étaient encore inconnus dans le xv' siècle, par exemple, •oraison funèbre : hol{, aujourd'hui, meghals^^ morieris; bulcsàssa = megbocs âs$a^ tndulgeat; loboducha = kisiabaditsa , liber et. Le superlatif préfixe fut inconnu avant le xv* siècle. Aujourd'hui, degs^ebby autrefois, mennél s^ebb {mind-nél), plus beau que tous; legjobb= mentôljobb (mind-tôl), le meilleur de tous, etc.
Voilà les quelques observations que je me proposais de vous soumettre à ce sujet; j'ose espérer qu'elles vous paraîtront concluantes.
Ce sont là seulement des questions de détails qui ne sauraient diminuer en rien le mérite de ce remarquable ouvrage. C'est une œuvre qui fera certainement époque par la nouveauté du sujet, par la hardiesse des vues de l'auteur, et par les vastes horizons qui y sont ouverts à d'autres -observateurs. La réputation de M. Lenormant, si justement acquise, y gagnera certainement, et on inscrira à l'avenir son nom à la suite de ceux des maîtres de cettescience, tels que Max Mûller, -Oppert, Rawlinson et Sayce.