‹ Mélanges américainsChapitre 57 sur 86 · I. Ix Correipondant, 3J iiuspiiiitrv Djlo, |>|>. 7ir>-7^i · texte numérisé non relu

I. Ix Correipondant, 3J iiuspiiiitrv Djlo, |>|>. 7ir>-7^i

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ont embrassé tout le domaine de la science américaniste, archéolof(ie, linguistique, mais plus particulièrement l'anthropolofrie et l'ethnographie. Les fêtes très brillantes du centenaire coïncidaient avec la réunion du congrès, dont les travaux n'ont pas été interrompus un seul jour et même ont dû être prolongés à cause de l'abondance des sujets traités. Toutefois on ne me croirait pas si je disais que notre congrès ait fait sensation : une réunion dans laquelle une centaine de personnes dissertent de l'Amérique précolombienne ou même de médecine, voire de féminisme, — il y avait également un congrès de médecine et un congrès de féminisme, — ne saurait beaucoup intéresser une population en pleines fêtes de son indépendance : l'arrivée d'une Infante d'Espagne ou du Président d'une république voisine, les uniformes des marins ou des diplomates étrangers, le défdé des troupes, la procession des délégations, sont choses autrement actuelles et passionnantes,

Mais, au seuil de cette étude, il ne sera sans doute pas sans utilité de résumer en quelques lignes l'histoire du pavs dont nous allons nous occuper. Le roi d'Espagne, Charles III, avait créé, le 8 août 1776, l'année même de la Déclaration de l'Indépendance des Etats-Unis, la vice-royauté du Rio de la Plata qui s'étendait, d'une part, du haut Pérou et de la Bolivie au détroit de Magellan, de l'autre de la Cordillère des Andes à l'Atlantique ; cette vice-royauté comprenait l'Argentine, l'Uruguay, le Paraguay et la Bolivie. La déclaration de l'Indépendance des Etats-Unis, le 4 juillet 1776, eut une répercussion profonde dans les deux Amériques et causa un frémissement qui amena plus tard l'indépendance des autres colonies européennes, frémissement qui n'a d'égal que celui que produisit de nos jours, parmi les populations asiatiques, le triomphe des armes japonaises ; les idées de la Révolution française achevèrent l'œuvre d'émancipation. Profitant du bouleversement général pendant les guerres de l'Empire, les Anglais, déjà maîtres du Cap qu'ils avaient arraché aux Hollandais, rêvant

HUENOSAIRES IKJ

de créer dans l'Amérique du Sud un établissement semblable à celui qu'ils possédaient dans l'Afrique australe, envoyèrent le général Beresford s'emparer de Buenos-Aires en i8u(), tandis que le vice-roi St»bremonle fuyait lâchement à Cordoba. Mais le Français Jacques de Liniers, au service de l'Espagne, amenait mille soldats de Montevideo qui, réunis à des volontaires rassemblés dans la campagne de Buenos-Aires par Puveredon, forcèrent les Anglais à se rendre. En 1807, une seconde invasion de 12000 Anglais fut complètement ic pdusséc pur Liniers, mais celui-ci était Français et les démarches, infructueuses, il est vrai, faites auprès de lui par le marquis de Sasscnay, envoyé de Napoléon, pour le détacher de la cause des Bourbons, le rendaient suspect ; il fut remplacé en 1809 par Cisneros, qui fut le dernier vice-roi espagnol. Le 20 mai 1810, la population chassait ce dernier et établissait au Cahildo (Municipalité) de Buenos-.Vires une assemblée gouvernementale (^Jiinta) présidée par (>. Saavedra. Les généraux Balcarce et Belgrano et plus tard San Martin consolidèrent le nouveau régime et, le y juillet i8i(j, des députés de presque toutes les provinces de l'ancienne vice-royauté, réunis à Tucuman, proclamaient l'indépendance du Sud Amérique et nommaient Puveredon, directeur suprême île la République Argentine.

Bernardino Hivadav ia fut le véritable homme d'Etat de celle période; élu président le 7 février i8"iG, il fut obligé de se retirer en 1SU7 et mourut en exila (^adix. Rappelons seulement qu'une lutte longue et acharnée a été poursui\ie par les gens tie la campagne ou de la province (fédéralistes) contre les habitants de la ville (unitaires, portenott) pour la suprématie dans l'administration ; cette lutte eut pourpoint culminant la dictature de Juan Manuel <le Ro/as (jui prit le pouvoir en 1821), après l'exécution de honego |iar Lavalle. < hi pi'ul juger de la haine des partis jiar les exemples sui- \ants; au .Musce historique il y a une gravuri* tle la bataille de Catamarra gagnée le 2(j octobre i.s'n par le colonel Ma/a « sur les sauvages unitaires u I dans la même

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collection une ode est dédiée au même colonel D. Mariano Maza « dans la campagne contre les immondes sauvages unitaires Juan Lavalle et Pilon Madrid »! Lavalle fut d'ailleurs tué à Jujuv le ç) octobre i84i; une des plus belles places de Buenos-Aires porte son nom. Les troupes de Rozas furent défaites en i8Ô2 à Caseros parle général Urquiza, gouverneur de la province d'Entre-Rios, et le dictateur s'enfuit en Angleterre où il mourut en 1877. C'est pendant la dictature de Rozas que Buenos-Aires fut bloqué deux fois par les Français : en i838 et en i8A5. Les papiers du général de Rozas, qui n'a laissé qu'une fille, Manuelita, sont passés entre les mains de D. Adolfo Saldias, ancien vice-gouverneur de la province de Buenos-Aires, qui les conserve dans sa maison de la rue Suipacha'.

Finalement, ce furent les porle/los qui l'emportèrent, puisque Buenos-Aires devint capitale fédérale, occupant dans le sud de l'Amérique une situation semblable à Washington, aux Etats-Unis. Cette ville cessa, par suite, d'être capitale de la province de Buenos-Aires dont le gouvernement fut transféré à La Plata créée de toutes pièces, le 19 novembre 1882, à la place d'une vaste estancia^.

1. Ce collectionueui', en même temps leltrt^ distinjfué, était grand nmi de notre Gaston lioissier dont il admirait les ouvrages; pendant un séjour dans les l'vrénées, il créa une bil)liotliè(jue populaire à laquelle il donna le nom de « Sarniienlo « ; par ses soins, les principales pièces de la correspondance <ie Rozas ont été reproduites en fac-similé et réunies ilans deux volumes infolio, foi'mant ainsi une collection inestimable pour cette époque de l'histoire. D. Atlolfo Saldias est également l'auteur d'une Histoire de la Confédénition argentine, d'un livre sur Cervantes et Don Quii'liotte, et tout récemment il vient de publier Bucnos-Aii es en el Cenlenario de la Rcvolucion de Mayo.

2. La i'iala est aujourd'hui une fort belle ville, horriblement mal pavée, dont les rues sont distribuées en damier, mais qui a sur Buenos-Aires l'avantage d'être coupée par des voies diagonales ; les habitants de la ville prétendent d'ailleurs que son plan a été dessiné d'après celui de Washington, dressé, comme on le sait, par le Franoiùs Pierre l'Enfant. Sur la grande place de la ville s'élèvent deux superbes palais, l'un pour la Législature, l'autre pour le Gouvernement provincial, mais la gloire de La Plata est son Musée, fondé le 17 septembre 1884, par Francisco P. Moreno, au milieu d'un bois ; il jouit d'une renommée universelle et ses publications se trouvent dans toutes les bibliothèques de l'Europe; sans compter ses riches collections

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Quand on approche de Buenos-Aires ', rien n'annonce la ville qui s'étend dans une vaste plaine, et ce n'est (ju à une faible distance que l'on aperçoit des coupoles d'é<r|ises et une f]^rande cage de fer que j'ai découvert plus tard être un passage dans le genre de la galerie Victor-Emmanuel de Milan. Il apparaît que la cùte, jadis une véritable mer de boue, a été transformée parla main de l'homme et lespaquel)ots pénètrent dans un avant-port, désigné sous le nom de Darse du Nord, (jui communique avec la Darse du Sud par quatre bassins ou difjucs, construits parallèlement aux quais de la ville, dans lesquels s'amarrent facilement les nombreux bâtiments qui visitent le port. La Darse du Sud communifjue elle-même avec un cmirs d'eau nommé Riachuelo. à l'embouchure duquel se trouve le (juartier maritime de la Hoca. Les(|uais ont été transibrmés en jardins où s'élèvenl <le nombreuses statues et des nKmiimrnts, parmi lesquels la fontaine I.ola Mora, avec ses chevaux marins et ses sirènes, attire particulièrement l'attention. La ligne inférieure de la ville est formée pour ainsi dire par deux grands boulevards, le Paseo de Julio et le Paseo Colon, séparés par le parc Cristobal (!ol(»n, qui sert en quchpie sorte de jardin au palais du gouvernement, dont l'autre façad»' se trouve sur la IMace i\r Mai. d'où pai t l'Avenue, princi|)ale artère de laville ; c'est dans ce j)arc que, pcnd.int mon s«'jour. la colonie italienne lit poser la première pierre du monument élevé ala mémoire du grand navigateur génois. C'était remplacenient du

rlliiiO|;ru|iliiqii)>^ <>l iiiitlir<i|>oli>|>i(|iii-<i, !«• riiiisrf « Iicnl iiiif ««illcrlmii uiiiqiK*

(l'iinimaiK tn^siles. Cc|»mi((.iiiI, rc qui ii peul-i^trf .itlin- <lat4iiit4i|;c mon .lUeiilioii ù I..I l'I.ilii. f'esl II iiivcr«it<'- ^IhIiIic fl «liri|;<'i' p.tr Ir I)"^ lloreiicio (irvir (•<» 11/^1 II"», qui s'est iti«|iir<^ surtout «l'ijl^os frniiri(i%<>s «?t, eu |>iirlil'ulier, <le* |irinri|(C» dr la cnnlioii «lu collèi'c ilr Noruiaiulif, \>ar M t. l'cnioliiit. Je «uiii ron\tniiru «|uc rel i''liilili»M-»ieiil, MVec %»u •) tliMiie d'eutraineiiienl |dit»ique et d'édurnlioti iulellecturlle, le* jeui et le* exerricei en pleiii •lir rnmmr en Aii|;lelerrp, est ii|i|ieli- au |ilut liiillaiil avenir et riiuiiiicur «le er turrf^ reviendr.i entieiemeni au ritiiilnleur de l'I iiiversil^.

I. |)'a|irct le Hullfltn mriaurl </• êtiiliiliifiif miinirifHiU tir llurnoê-.Kirti. «Ptle ville e«( %ilu<'e y,»T 3î"3''i3<*' lulilu«le »ud ( (ilaee de .Mai) et jM-ii'ii/.l de lon|(. (), de (îrcennicli

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fort de Buenos-Aires, démoli en i854, qui a joué un vù\e considérable dans l'histoire de la ville. Comme la ville est construite comme un damier, les rues aboutissent aux quais, en sorte qu'en quittant le port, on se trouve dans la cité même.

Ces rues portent des noms de pays, comme Venezuela, Peru, Mexico, Estados Unidos, etc. ; d'hommes célèbres comme Carlos Calvo ; de provinces, Santiago del Estero ; de batailles, Suipacha ; de f^énéraux, Belgrano ; d'anciens Présidents, Manoel Quintana ; elles rappellent des événements importants : Boulogne-sur-Mer, à cause des fêtes de 1909 ; des étrangers qui ont joué un rôle considérable dans la politique américaine : Canning, Monroë. Les noms ne sont pas toujours placés au hasard : ainsi les rues qui rappellent les deux grandes victoires de San Martin : Chacabuco et Maipù, se font vis-à-vis dans Rivadavia, comme San Martin continue la rue de Bolivar. On a fait large part aux illustrations étrangères dans la banlieue de Villa Real, où nous trouvons les rues Molière, Victor Hugo, Lope de Vega, Calderon, Cervantes, Dante, Virgile, Byron, Manzoni, Mozart, Donizetti, etc.

Les rues, toujours fort longues, changent de nom, lorsque leur parcours dépasse une certaine distance ; ainsi, la rue Corrientes prend le nom de Triunvirato ; la rue Santa Fé devient l'Avenida Cabildo ; seule, la rue Rivadavia, qui s'étend des diques à l'avenue du Général-Paz, conserve son nom dans tout son parcours, plus de i5 kilomètres; elle est presque aussi longue que Broadway, à New-York, qui traverse toute l'ile de Manhattan, du Bowling Green à Yonkers line, sur une distance d'environ i^niilles. Rivadavia, qui suit une direction est-ouest, divise la ville en deux parties ; les rues parallèles et les rues perpendiculaires qui commencent ou aboutissent ii Rivadavia font, je le répète, de Buenos-Aires un véritable damier composé d'ilôts ou de pâtés de maisons, ciiadros ou manzanas, d'environ i3o mètres de côté ; il n'y a donc que très peu de pans coupés, aux coins des voies ; quand ils existent, ils forment des

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