‹ Mélanges américainsChapitre 60 sur 86 · I. Voy. le f'.nrretpttnHnnl, m «oAt Hjlo · texte numérisé non relu

I. Voy. le f'.nrretpttnHnnl, m «oAt Hjlo

€t il est probable que celui-ci sera soumis avant longtemps au tribunal arbitral de La Haye. Qui sait si ce que les Argentins réclament aujourd'hui du droit, ils ne Texigeront pas plus tard jjar la force'.

Il n'est pas inutile de rappeler ici la part très active prise par M. Groussac à la rédaction de la loi sur la propriété littéraire, adoptée cette année même par le Parlement de Buenos-Aires. Je note que le dépôt légal voté par la Chambre n'avait pas encore été discuté quand j'ai quitté Buenos- Aires.

On ne manque pas non plus de faire visiter à l'étranger, dans la rue San-Martin, la bibliothèque du général Bartolomé Mitre. Né à Buenos-Aires le 20 juin 1821, Mitre avait pris part à la bataille de Caseros, qui mit fin à la tyrannie (le Rozas. 11 devint, après la bataille de Pavon (1862), Président de la République, et c'est depuis son époque que date l'appellation de République Argentine, donnée aux Ktats du Rio de la Plata. Mitre a eu comme successeur à la Présidence de la République : Sarmiento (1868-187^), Avellaneda ((87V1880), Roca (1880-1886), Juarez Celman (1 886- 1890), Sâenz Pena (1892-1895), Roca et Quintana. Dans le patio de la maison de Mitre, on a érigé en 1908 une statue en bronze, très caractéristique, du général par Correa Moralez; il est représenté en civil, le chapeau sur la tête, les mains dans les poches ; dans les pièces du rez-de-chaussée, outre les souvenirs de Mitre, il y a son portrait grandeur naturelle en uniforme, et à cheval, par Checa (1906); il est intéressant de rapprocher l'œuvre de l'artiste argentin du célèbre portrait de Prim par Henri Rcgnault, qui est au Louvre ; au premier étage, on a conservé la chambre mortuaire de Mitre, ainsi que sa bibliothèque. Le tout forme un musée auquel sont libéralement admis les visiteurs et les travailleurs. Je ne crois pas que la bibliothèque soit aussi riche en imprimés que la Biblio-

I . Paul Groussac, les Jlcs Maloiiiii:s. .\oiwel exposé d'un vieux liligc, liuenos-Aircs, 1910, in-8.

BUENOS-AIRES ill

ihèque nationale de Buenos-Aires, ou même que celle du bibliographe chilien, Torribio de Médina, à Santiago. Le <lirecteur du musée Mitre, M. Alejandro Rosa, vient justement de donner le premier volume du catalofruo raisonné de la section des langues américaines, qui forme ainsi une bibliographie spéciale intéressante ; mais la partie importante, à mon avis, de la collection Mitre se compose des Archives coloniales, dont on vient de publier l'inventaire, qui comprend les pièces de i5i4 à iSio.

Le Musée national historique, rue Defensa, est une construction élevée d'un étage sur sous-sol, ancienne habitation de la famille Lezama, dont le parc dans lequel elle est enclavée porte le nom ; le musée fut créé en mai i8<Sq et il est déjà trop petit ; on doit le transférer ii Palermo ; il renferme les portraits et les uniformes des hommes célèbres de l'Ariientine ; on v a reconstitué la modeslo chambre ii coucher de San Martin : un petit lit aux ridraux de cretonne blancs et bleus, un lavab<», un fauteuil tle velours rouge, un canapé de damas vert, quelques chaises, une cheminée avec pendule, quelques gravures encadrées pendues au mur ; on y verra aussi l'écritoire, le sabre recourbé et le lit de camp de San Martin ; l'encrier, en forme de sphère, rn métal, de Moreno ; l'habit déchiré au milieu du dos du IV {•'lorencio Varela, assassiné ;i Montevideo le HO mars i8'|8; la voûte crânienne de daspard Francia, tyran du Paraguay, don du D' Lstanislao S. Zeballos ; une portion i\v la dent canine d'un mastodonte Irouvi-i- en l S() i , <lar»s l«'s fouilles du port de; Buenos-Aires et donnée par (iarloH Pcllegrini ; les restes de l'irnprinitrie de <i Nifios l'xpositos I) (i-jGO-iMjo), etc.

Notr<' prrssc péritidiquf lait pâle figure u cAlé dr celle «If r.Vrgcntinc; pour s'asuurer de» dernières nouvelles, i-rlle ci déprnse de» »ommcH cun»idérablcH dont If chiffre

■2li MÉLANGES AMÉRICAINS

lerait frémir par son cnormité noslimides directeurs parisiens : j'ai appris h Buenos-Aires, vingt-quatre heures après qu'elle avait eu lieu, une élection ii l'Académie des Inscriptions et Belles-lettres, qui n'avait certainement pas révolutionné le monde. Il est vrai que le prix et la quantité des annonces couvrent largement ces débours. Les deux principaux quotidiens de Buenos-Aires sont la Nation, dans la rue San Martin, et la Prenso, qui occupe un palais monumental dans l'avenue de Mai. Le 25 mai, à l'occasion du centenaire, ces journaux ont lancé des numéros spéciaux. La Prenso a publié un numéro illustré de 48 pages, à 7 colonnes chacune, qui donne un résumé de l'histoire du pays avec une foule de renseignements, et la Nation, un énorme volume in-folio, formant une véritable encvclopédie argentine. Ces journaux ressemblent beaucoup plus aux publications similaires de Xew-York qu'à celles de l'Europe. D'autres quotidiens, comme El Diario, ont un fort tirage. Les reporters ne sont pas inactifs. Mon arrivée avait été télégraphiée de Montevideo à la Nacion ; à peine débarqué, j'ai été photographié sur le quai de la douane, et à 10 heures du soir, j'avais encore un « interviewer » dans ma chambre d'hôtel, qui me demandait ce que je pensais de la ville, que j'avais traversée en venant du port ! Les colonies étrangères ont aussi leurs organes, dont la plupart se bornent à reproduire les nouvelles parues la veille dans les journaux argentins. Toutes les semaines, paraissent deux périodiques illustrés: Caras r Ca/efas et P. B. T., pleins d'esprit, d'allusions aux faits actuels, et dont la note satirique n'est pas le moindre élément de succès. Je laisse de côté les nombreuses revues générales ou spéciales. Dans les kiosques, à côté des journaux, on aperçoit le j)rogramme des fêtes, formant une brochure d'une vingtaine de pages, le portrait de l'infante Isabelle et toutes les variétés de cartes postales. Le centenaire a fait éclore des cartes postales illustrées, qui représentent des scènes et des batailles de l'Indépendance: le 20 mai 1810, dans la maison de Rodrigue/ Pena ; la bataille de San Lorenzo (3 février i8i3);

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la charge des grenadiers it la bataille de Maipii ; San Maitin, debout sur un rocher, au bord de la mer, est salué par des nymphes qui sortent de l'onde, réminiscence d'un tableau représentant Victor Hugo dans une position semblable ; un Belgrano à choval, dans lattitudf de Bonaparte tranchissant le Mont Saint-Bernard, etc.

Les Argentins sont gens aimables et d'une grande courtoisie, très sensibles à l'opinion étrangère ; je n'ai pas l;i prétention de porter un jugement sur un peuple au bout d»quelques semaines passées dans le pavs et encore moins d»caractériser une population par Ifs (juelques personnes de la classe supérieure (jue j ai Iréijuenlées, mais l'impression (jue donnent la rue aussi bien que les salons est bonne. Les mendiants, qui ne sont ici que des industriels, car il n'y ;i pas devrais pauvres, sont fort rares : je n'ai pas rencontré de gens ivres, malgré le grand nombre de débits de boissons (despachosde hebidas); les cochers ne s'injurient pas comme chez nous. ()uant aux Argentines, on me croira quand je dirai qu'elles t»nt de beaux cheveux l'oncés, de superbes yeux noirs, une denlilion admirable (ju'elles gâtent trop souvent par l'abus des <( douceurs». C<mime les jolies fen»mes, elles aiment la toilette, et l'on m'a raconté que certaines d'entre elles emportent jus(ju';i loo chapeaux ii Mardel Plata, le Troiivillf de l'.Vrgentine. mais un Tniuvillc (pu éclipse le n»Mre p;ir son luxe. On m'a égaleiuriit cite le ca«. d'une voyageuse (pii rapport:iit (riùir<»pe l'jn malles de toilettes!

(îénéralemeiit b-s lemincs, laisant peu d'exercice après h' mariage, deviennent excessivement lortes, et j'ai rencontré (|ucl(|ueft personnes du a sexe faible » (jiii le cédaient ii peine en embonpoint aux femmes stéatopvgii|ueA de Kimberlev, mais, me dit-on, il v a aujourd'hui r«'action contre cette inactivité.

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